jeudi 30 septembre 2010

2 poids, 2 mesures

La planète cycliste est en ébullition aujourd'hui. A cause de la chevauchée fantastique de Fabain "Spartacus" Cancellara ? Non, soyons réalistes, l'exploit qu'il a réalisé sur son vélo de chrono ce jour était bien trop attendu ! Non, voyons, des "anomalies" dans les urines de Contador constitue un fait bien plus vendeur dans la presse spécialisée !

fabian cancellara

Pendant que les meilleurs rouleurs du monde s'affrontaient sur le parcours australien accueillant les Championnats du Monde de Contre-La-Montre, la presse sportive diffusait un scoop : Alberto Contador a présenté des anomalies dans le contrôle réalisé lors de la 2ème étape de repos du Tour de France. Des traces d'anabolisants ont été trouvé dans ses urines, certes en quantités infimes, mais sont tout de même présentes. Ce matin j'étais le premier à crier "attention, attendons la contre-expertise avant de crier au scandale". Puis sont venus les informations sur le contrôle positif de Mosquera (dont j'avais émis à plusieurs reprises des doutes concernant ses performances, notamment dans le CLM de la Vuelta), le contrôle positif de son coéquipier, puis la découverte par la police italienne de produits interdits dans la maison du sulfureux Riccardo Ricco (qui enchaine les affaires de dopage, malgré son jeune âge). Un "jeudi noir" pour l'image du cyclisme.

Au fil de la journée, certaines rumeurs sont confirmées par des communiqués de presse issus de divers organismes : l'UCI, l'AMA, les coureurs concernés, leurs équipes. Bref, regardons de plus près le cas d'Alberto Contador. Moi qui réclamais à grands cris l'attente du résultat de la contre-expertise, j'ai été vite fixé : l'UCI a expliqué qu'elle n'avait pas diffusé le résultat de la première analyse et qu'il s'agissait ici du résultat de l'analyse de l'échantillon B qui venait confirmer l'analyse du premier échantillon. On a ensuite appris que cette affaire était donc restée secrète pendant plusieurs semaines, mais qu'elle venait d'être dévoilée par les 2 parties concernées car la presse allemande avait eu des fuites et préparait un dossier sur le sujet.

Je reproche à l'UCI d'appliquer 2 poids et 2 mesures dans le traitement des cas de dopage :
 1 - Pour tous les autres cyclistes, lors de chaque contrôle positif l'information est directement diffusée à la presse sans attendre le contrôle de l'échantillon B. Pourquoi ne pas avoir appliqué la même procédure avec Contador ? Ils ont dit qu'ils voulaient éviter de faire un scandale, mais en 2008 avec Ricco, Basso ou encore Di Luca, tout a été diffusé. Idem en 2007 avec Vinokourov et Rasmussen. Leur excuse ne tient pas la route.
2 - Pour tous les autres cyclistes, on parle de contrôle positif. Pourquoi nous parle-t-'on ici de paramètres anormaux ? Là encore, il y a le cas Contador et les autres : les autres sont positifs, lui présente des anomalies ! je dirai plutôt que c'est le comportement de l'UCI qui est anormal ...
 3 - Pour tous les autres cyclistes, il y a un échantillon A et un échantillon B. Pourquoi les prélèvements de Contador sont en cours d'analyse par plusieurs (5 je crois) laboratoires européens ? Tous les cas de dopages ne sont pas traités de la même manière, c'est 2 laboratoires (et encore, il s'agit souvent du même laboratoire qui analyse les 2 échantillons) et non 5 (?) qui procèdent aux contrôles habituellement.

Finalement, il y a 2 cas de figure dans le traitement des cas de dopage :
- ceux dont l'analyse POSITIVE de l'échantillon A est révélée IMMEDIATEMENT dans la presse
- ceux dont l'analyse ANORMALE de l'échantillon B est révélée SOUS LA PRESSION dans la presse

Cette dernière hypothèse me fait penser à certaines théories selon laquelle certains cyclistes de renom, dont le grand L.A., auraient eu des contrôles positif mais l'UCI aurait détruit elle-même les preuves et aurait réglé le problème en interne sans que le cas ne s'ébruite. Je me dis que si le cas Contador n'avait pas été sur le point de s'ébruiter, l'UCI n'aurait jamais diffusé d'informations, aurait lavé son linge sale en interne, et que cette affaire serait passée inaperçue aux yeux du public. La véritable question est : combien y-a-t'il (eu) d'autres affaires dans le même cas ?

Pour conclure, selon moi la plus haute des instances du cyclisme, instance censée traiter avec égalité chacune des personnes qu'elle chapeaute, ne traite pas les cas équitablement. Il y a un favoritisme évident. Je tenais à vous faire part de mon dégout profond vis à vis de l'incompétence de cet organisme officiel (vous connaissez déjà mon dégout du dopage). Tant que le cyclisme restera géré par des incompétents ne jurant que par le profit généré, il continuera de foncer à pleine vitesse dans le mur qui se profile devant lui.


Amis cyclistes, vraiment, s'il n'y avait qu'une seule information à retenir aujourd'hui, c'est assurément le 4ème sacre historique de notre cousin helvétique Spartacus. Donnons-lui la part de gloire et de médiatisation qui lui revient. Nous aurons tout l'hiver, une fois la saison terminée, pour débattre sereinement des problèmes de dopage et d'avidité des personnes au pouvoir.


NB : selon moi, Alberto Contador est bel et bien dopé. L'avenir me donnera tord ou raison, peu importe. Cet article n'avait pas pour but de le défendre ni de l'accabler.

mardi 28 septembre 2010

Le retour des images

Grande nouvelle pour tous les aficionados de mon site consacré aux cols : l'ajout d'images est de retour ! Vous l'attendiez impatiemment depuis le mois de mars, il est enfin revenu.

photos

Pour ajouter vos images, c'est simple :
1 - connectez-vous à votre espace personnel
2 - rendez-vous sur la fiche du col concerné
3 - cliquez sur le bouton "Je souhaite ajouter une photo" (attention, il faut préalablement déclarer avoir grimpé le col en question)
4 - sélectionnez votre photo, saisissez un commentaire puis cliquez sur le bouton d'ajout

Voilà, votre photo est en ligne ! Facile, non ? Alors, qu'attendez-vous pour publier la suivante ?
Il est à noter que vous pouvez ensuite partager la photo sur Facebook ou Twitter en un seul clic.

lundi 27 septembre 2010

Quelques nouvelles

Vous l'avez constaté, ces derniers temps je blogue moins. Depuis quelques jours, je suis plongé dans la lecture de livres passionnants en rapport avec l'informatique, l'économie et la sociologie. Je ne parle pas de ces livres sur mon blog car ils ne sont pas en rapport avec le thème cycliste que je souhaite lui donner.

Je profite également de cette période de repos pour me soigner tant physiquement (j'ai quelques blessures qui trainent) que mentalement (ces blessures sont différentes, mais il n'y a cette fois pas de pommade ni de médicament pour les soigner). Cette phase me permet également de méditer sur beaucoup de choses plus ou moins futiles.

En dernier lieu, je profite de ces instants de quiétude pour avancer sur mon site consacré aux cols. Depuis le temps que j'ai entamé ce chantier, il serait temps pour moi de le terminer proprement pour tourner la page et en écrire de nouvelles (une application iPhone ou Androïd par exemple), mais j'en reparlerai en temps voulu. Je vais d'abord m'attacher à finir l'existant avant de me lancer dans de nouvelles idées.

En résumé : je lis des livres, je médite et je me soigne. Tout va bien, ne vous inquiétez pas !

samedi 25 septembre 2010

Entre les gouttes

Aujourd'hui le temps était automnal : une température fraiche (aux alentours de 15°C), un fort vent du nord, et des averses de pluie entrecoupées par de beaux rayons de soleil. Par chance, et grâce à une bonne connaissance du terrain, j'ai réussi à éviter la majorité des averses : j'ai pris quelques gouttes sur le casque mais pas grand chose par rapport au sol qui était détrempé.

profil

J'ai eu des sensations bizarres tout le long de la sortie : vent de face je peinais pas mal et avais du mal à lutter. Vent de travers je subissais également le vent, je ne réussissais pas à m'en servir de point d'appui. Et une fois vent de dos, j'ai certes pu enrouler du braquet mais j'avais l'impression d'avoir les muscles endormis.

C'est un phénomène bien connu des cyclistes : la pluie à tendance à engourdir les muscles, mais habituellement je ne ressens pas cet effet (du moins pas de manière aussi nette). De plus, les effets se font en général ressentir qu'au bout d'un certain temps sous une forte humidité, or là je n'ai roulé qu'une heure et demi, et comme j'ai évité la majorité des averses j'étais relativement sec. Bref, les sensations musculaires et cardiaques n'étaient pas au rendez-vous.

TGV

En fin de sortie, j'ai croisé les hommes de tête du Raid Saucona (raid mélangeant entre-autres course à pied, canoë, VTT, courses d'orientation, roller, tir à l'arc et au fusil, ...). Un peu plus tôt dans la sortie, j'avais croisé un TGV et un écureuil qui faisait ses provisions pour l'hiver.

raid saucona

mercredi 22 septembre 2010

Livre : Geminiani - Mes quatre vérités

J'ai reçu début juillet, en même temps que le livre Les petites histoires de la grande boucle (écrit par JP Brouchon), le livre écrit par Raphaël Geminiani : "mes quarte vérités". Etant resté sur ma faim lors de la lecture de ce premier livre, j'avais mis de côté la lecture du second car je ne souhaitais pas le lire tout de suite en pensant qu'il ne serait pas très intéressant lui non plus. Aujourd'hui je regrette d'avoir patienté pour le lire car j'avoue l'avoir dévoré à une vitesse hallucinante tant il m'a touché et ému. Je crois que c'est le meilleur livre de cyclisme que j'ai lu ces dernières années !

Je suis jeune (j'ai 23ans), et pour moi Géminiani est un des grands de l'après-guerre : je connais en gros son palmarès en tant que coureur. J'ai vu tant de reportages et documentaires sur le cyclisme des années 50 et 60 que je sais qu'il faisait partie du gratin du cyclisme mondial à son époque. En revanche, malgré ma bonne connaissance de la légende du cyclisme, je ne connaissais que très peu son passé de directeur sportif. C'est avec grand plaisir que j'ai découvert cette face de sa vie.

Geminiani - mes 4 verites

Le livre comporte 243 pages (je ne compte pas les pages finales récapitulant son palmarès) divisées en 4 sections principales. Chaque section est divisée en chapitres d'une trentaine de pages, eux mêmes subdivisés en petites histoires de 4 ou 5 pages. Ce format est agréable à lire car chaque petite histoire se lit en 3 minutes, ce qui permet de moduler son temps sans avoir à se couper en pleine lecture d'un chapitre. On ne se sent jamais "otage" d'un chapitre trop long, et c'est agréable. Les histoires sont chronologiques, l'histoire du cyclisme défile au fil des chapitres.


La première section annonce la couleur d'entrée de jeu : elle est consacrée au dopage. Moi qui pensais maitriser relativement correctement le sujet, j'avoue avoir pris une claque dès les premières pages : il dénonce les abus du système actuel. Avec lui tout y passe : les instances dirigeantes qui font les autruches, ces mêmes instances qui truquent les résultats pour couler les coureurs qui dérangent (et sauver ceux qu'elle veut préserver), le dopage organisé (Vinokourov ne s'est surement pas transfusé tout seul du sang sur le tour 2007, Landis et Ricco ne se piquent pas seuls avec les bons dosages pour passer au travers des contrôles dans 99% des cas), le coureurs qui se tournent vers la solution de facilité, les médecins et laboratoires qui se servent des sportifs pour faire des tests humains ... chacun en prend pour son grade.

La lecture de cette section est vraiment intéressante, elle permet d'ouvrir les yeux sur un certain nombre de points auxquels on ne pense pas même quand on est relativement impliqué dans le milieu du cyclisme. Ce chapitre est d'autant plus intéressant qu'il est illustré de nombreux cas au cours du temps (des années 60 à maintenant) et que certes il tire à boulets rouges mais il propose des pistes pour corriger ce qui ne va pas. Et ça, j'apprécie : ceux qui ne font que critiquer mais ne proposent jamais de solutions m'exaspèrent.

La deuxième et la troisième section parlent de la vie de directeur sportif. On y apprends des détails croustillants sur comment il a contourné un règlement stupide du Tour de France (l'interdiction de changer de matériel), comment il s'est retrouvé en prison après avoir refusé de céder aux magouilles de la mafia cycliste italienne (le directeur de course lui interdisait de ravitailler son coureur dans l'échappée, le commissaire refusait de sanctionner des coureurs qui s'accrochaient aux voitures ... ledit commissaire a été jeté dans le fossé au motif qu'il ne servait à rien), sur comment il a fait circuler de mauvaises rumeurs (tel coureur est malade, tel autre est en forme) afin de permettre à ses poulains de gagner ...

Le passage qui m'a le plus ému a été le récit du fameux doublé "Dauphiné + Bordeaux-Paris" : la course Bordeaux-Paris est racontée de l'intérieur, avec forces de détails. A chacun des petits rebondissements racontés, le suspens montait, j'en avais des larmes de joie et retenais mon souffle comme si je le vivais en direct. Rien que d'y repenser en rédigeant ces quelques lignes, j'en ai les larmes aux yeux, c'est dire si ce passage m'a marqué ! J'ai sélectionné ce passage, qui à mon goût est le plus beau, mais je peux vous assurer que des dizaines d'autres passages mériteraient d'être cités tant ils sont vivant et bien écrit.

Enfin, la dernière section consacrée "aux hommes qu'il a rencontré" m'a paru la moins intéressante. Elle se lit bien, elle est rigolote par moments, mais j'ai du mal à comprendre sa place dans un livre de cyclisme : il nous raconte qu'il a rencontré des stars au cours de sa vie. Savoir qu'il a rencontré Johnny Hallyday, Jacques Brel, Koppa, Alain Delon, Line Renaud, et tant d'autres célébrités ... certes certaines anecdotes sont marrantes mais elles ne m'ont pas vraiment passionnées.


Conclusion : je vous recommande vraiment la lecture de ce livre. Il est passionnant ! J'aime bien lire, et je peux vous assurer que ce livre est très bien écrit, autant du point de vue de la forme que du contenu. C'est un véritable régal, un dessert que l'on peut dévorer sans modération jusqu'à la fin !

Vous pouvez consulter ici toutes mes critiques de livres et BD liées au cyclisme.

mardi 21 septembre 2010

Faites du vélo ...

Aujourd'hui, je vais vous partager des clichés exclusifs pris par des cyclistes australiens : à cause de la sécheresse qui règne dans certes parties du pays, les animaux ont soif. Même les animaux sauvages se tournent parfois vers les humains pour demander à boire, comme ce koala.

koala et cyclistes

koala et cyclistes

Conclusion : faites du vélo et levez la tête, la nature vous le rendra !

dimanche 19 septembre 2010

80km dans le Beaujolais

N'ayant pas pu rouler hier en raison de douleurs à la hanche, j'ai réussi à aller rouler aujourd'hui. Un long massage à l'arnica hier m'a en effet permis de retrouver un peu de mobilité, en tout cas une mobilité suffisante pour pédaler. Il n'empêche que la jambe se comportait comme un poids mort, un simple balancier destiné à conserver l'équilibre, mais avait une utilité réduite dans le pédalage : elle ne jouait son rôle qu'à 50% de son rendement habituel. Heureusement, ce rendement était obtenu avec une douleur faible.

vue sur les monts d'or depuis le beaujolais

Du point de vue météorologique, la journée était presque parfaite : le soleil était d'un bleu très pur, pas le moindre petit nuage à l'horizon (je suis monté en haut de la montagne pour le vérifier et avoir une meilleure vision), un vent léger mais pas gênant ... bref, des conditions idéales que je ne voulais surtout pas rater ! Grâce à ces belles conditions météorologiques j'ai pu bénéficier d'un paysage magnifique, incroyable, malheureusement très mal transmissible via des photos car celles-ci ne sont pas panoramique, ne retransmettent pas complètement les couleurs, ne permettent pas de montrer la profondeur du relief ... mais c'est mieux que rien.

vue entre oingt et le saule d'oingt

Sportivement le parcours était un peu corsé : les bosses constituent mon terrain d'expression favori, et les vignes du Beaujolais changent doucement de couleur afin prendre un manteau rouge/orangé. L'automne est proche, je veux suivre l'évolution du paysage semaine après semaine. Je me suis donc attaqué aux vignobles (et aux côtes afférentes) de St jean des vignes (le bien nommé), Charnay, Alix, Frontenas, Theizé, Oingt, Ville sur Jarnioux et Pouilly le Monial. Ca monte ou ça descend, mais ça n'es jamais plat dans cette région. Et tant mieux !

vue depuis le saule d'oingt

Le bilan de la sortie est bon : j'ai eu de bonnes sensations globales (si on enlève la sensation d'impuissance de ma jambe gauche). Je me suis régalé sur ces petites routes que j'adore, et j'ai profité à fond des paysages qui défilaient sous mes yeux.

profil de la sortie