L'article du jour est rédigé par ma compagne, elle vous livre son expérience en tant qu'assistante / supportrice sur les classiques. C'est grâce à elle que des photos illustrent mes articles.
Le mois de février est, assurément, synonyme de classiques. Dès la fin du mois, je
prépare mon appareil photo, mon bonnet, mes gants et mon écharpe. Je suis ainsi parée
contre le froid belge. Depuis que je suis petite, mes week-ends et certains mercredis sont consacrés afin d'aller supporter les cyclistes professionnels sur les routes de mon beau pays. En 2014, mon rituel a légèrement changé : chaque week-end je me suis rendu sur les épreuves cyclo et non sur les épreuves pro.
J’ai passé de longues semaines à supporter Florent et à l’encourager dans sa démarche.
Voici le récit des classiques ; la course vue de l’extérieur.
Il y a plusieurs mois, Florent m’avait partagé son envie de faire les classiques belges.
Il voulait goûter aux pavés, à l’ambiance survoltée de mon pays et découvrir
véritablement ce qu’était le pays du vélo (pays soi-disant « plat », venez faire les classiques !
Vous découvrirez que la Belgique n’est pas si plate que ça). Je l’ai encouragé dans sa
démarche. J’avais envie qu’il découvre mon beau pays, sa culture et ses courses qui m’ont
tant fait aimer le cyclisme depuis mon enfance.
Mon réel et véritable atout, en vue de ces classiques, était ma connaissance du cyclisme. Je
ne suis pas pratiquante mais je m’y connais un minimum. Ayant grandi dans le pays du vélo,
il a été impossible pour moi de passer à côté.
Florent et moi parlons souvent du cyclisme. C’est une passion commune qui nous a réunis.
Lui est sur le vélo tandis que moi, je suis sur le bord de la route. S’est alors formé un
équilibre : lui était le coureur, moi la supportrice.
Mes connaissances en ce sujet m’ont précieusement aidées pour l’encourager. Néanmoins,
j’étais bien loin de me rendre compte de ce que c’était. J’ai du prendre mes marques.
Supporter Florent durant ces quelques semaines n’a pas été une contrainte. Je l’ai fait
par envie. Supporter rime avec motiver. Avant de se lancer dans une pareille
aventure, il faut se demander si on est véritablement motivé par l’envie de supporter
quelqu’un. La motivation est primordiale. Elle permet de ne pas se lasser, d’être toujours en
mouvement sur les épreuves, d’avoir le courage de se lever tôt.
Voici le scénario « type » en vue d’une classique…
La veille au soir, les préparatifs ont lieu. Après avoir mangé un plat de viande blanche (blanc
du poulet, …), le coureur se prépare d’un côté et la supportrice de l’autre. Lui prépare sa tenue,
ses gants, ses chaussettes, son casque, ses barres de céréales, les bidons qu’il remplira le
lendemain matin, … Voilà plusieurs jours qu’il demande à regarder la météo à la télévision afin de voir si le beau
temps sera de son côté ou pas lors de la course. Se pose alors un dilemme : tenue courte ou
tenue longue ? Il s’assure que son Garmin Edge est bien chargé. Ensuite, il part vers son vélo
afin de tout vérifier : cadre, freins, roues, …
De mon côté, je prépare mon sac réunissant quelques objets utiles : portefeuille, portable
rechargé, appareil photo, drapeau de supportrice, parapluie. Le drapeau de supportrice est un
simple drapeau aux couleurs tricolores françaises sur lequel j’ai écrit « Allez Florent ». Deux
simples mots qui suffisent à le faire sourire.
Une fois ceci terminé, nous nous retrouvons et nous passons plus d’une heure à programmer mon parcours.
Nous veillons à ce que je me positionne à des endroits stratégiques (sur un mont, près d’une
route me conduisant au prochain rendez-vous, aux ravitaillements…).
Le lendemain matin, le réveil est loin d’être facile. Le Tour des Flandres a fait sonner le
réveil à 3h du matin. Les autres classiques l’ont fait sonner à 6h. 3h du matin ? Avez-vous
idée de l’impact qu’un tel réveil peut provoquer sur vous ? Dès que le réveil s’est mis à
sonner, j’ai grogné. Pourquoi une course me fait lever si tôt ? Mon grognement de désespoir,
ne changeant rien au monde et à ma vie, je décide de me lever en sachant que c’est un jour
important pour Florent. Le petit déjeuner nous appelle alors. Pour le cycliste, il est simple :
céréales, tartine à la confiture, … Un silence s’installe. Je me suis rendu compte que tous les
matins, une angoisse différente nous envahissait. Lui, de son côté, pensait à l'épreuve et au
trajet qu’il allait devoir effectuer pour se rendre jusqu’au départ. De mon côté, je pensais aux
endroits où je devais me poster à une heure approximative.
Le soleil se lève et pointe le bout de son nez à l’horizon. Florent a pris le départ de sa course.
Pour ma part, je me positionne au premier endroit. Dans la voiture, il y a deux roues de
rechange, chacune se trouve dans une housse. J’ai également une pompe ainsi qu’un sac dans
lequel se trouvent des affaires de rechange. J’ai eu la chance d’avoir un chauffeur. Ainsi,
la voiture pouvait être parquée devant un garage. Il n’est pas impossible de supporter un
coureur seule mais ce serait bien plus complexe. Je pense notamment au Tour des Flandres, une épreuve sur laquelle la moitié des routes sont barrées. Sur cette épreuve ci, il m’a été indispensable d’avoir
quelqu’un pour me véhiculer.
Soutenir, c’est prendre le risque de patienter sur le bord de la route pendant plus de 50
minutes dans le froid et sous la pluie. En effet, parfois Florent était à l’avance sur le
programme prévu. D’autres fois, il avait pris du retard.
De ce fait, quand je me suis trouvée à un endroit et que j’ai pris conscience que Florent
n’était pas là, je me suis posée quelques questions : faut-il partir au prochain point de rendez-
vous ? Est-il déjà passé ? A-t-il eu un problème ?
Certes, il a son portable sur lui mais il est presque impensable de le contacter durant l'épreuve. Parfois, je lui ai envoyé quelques messages mais je savais pertinemment qu’il aurait
peu le temps de les consulter. Je préfère qu’il fasse sa course et qu’il reste concentré.
Le meilleur moment, pour moi, est le ravitaillement. Il s’agit du seul moment durant lequel nous pouvons discuter et réajuster les futurs horaires de passage. Il met son vélo de côté,
mange et boit ce qu’on lui propose, notamment des gaufres au miel, des morceaux d’orange,
des boissons. J’en profite pour faire quelques photos et lui glisser quelques encouragements.
J’ignore si mes encouragements le motivent ou s’ils le laissent indifférent. Je sais, à la fin de l'épreuve, que je l’aurai encouragé par ma présence
au bord de la route et mes phrases de soutien. Ces phrases sont banales. Elles peuvent passer
d’un « Allez, Florent » à un « Tu vas y arriver ». Mes encouragements semblent être les
seuls éléments que je puisse apporter.
Une classique dure généralement plus de 6 heures. La journée passe vite ; je saute d’un
endroit à l’autre. Mon regard est posé sur l’heure, ma main droite tient fermement mon
appareil photo alors que ma main gauche ne lâche pas le plan du parcours. Le moment est
éreintant. Sur le moment, je suis concentrée. Parfois, une route barrée ou la présence de
gendarmes m’empêche d’accéder à un point de rencontre. Trois possibilités s’offrent alors
à moi. Soit je sors de la voiture et je cours vers le point de rencontre en espérant ne pas y
arriver trop tard. Soit je tente de trouver une autre route me conduisant à la classique. Soit
je décide de me rendre directement au prochain rendez-vous.
Généralement, je parviens à
accéder à la course. De plus, j’ai la chance de connaitre la région étant donné que je m’y
rends souvent depuis des années pour aller sur les courses professionnelles. Je parle aussi le néerlandais, ce qui me facilite la vie
pour demander une quelconque information à un passant ou un gendarme.
Ensuite, la course se termine. Florent a terminé toutes ses classiques avec un sourire
jusqu’aux oreilles. La joie d’être arrivé lui fait oublier la fatigue, les quelques douleurs dans
ses jambes. Au terme de l'épreuve, il rejoint sa voiture pour se changer. Je prête attention
à ce qu’il dit. La plupart du temps, il me décrit sa journée et son état physique. J’en profite
pour lui apporter toute mon aide ; je range ses quelques affaires dans son sac, je place un
bidon contenant de l’eau fraiche ainsi que quelques biscuits dans la voiture. A deux reprises,
j’ai pensé à passer par une pâtisserie pour qu'il mange dans la voiture un éclair au
chocolat ou une tarte au riz.
Ne dit-on pas : « Après l’effort, le réconfort » ?
L’après course est un moment de repos et de récupération. Le combattant du jour en profite
pour poster, sur sa page Facebook, quelques photos ainsi qu’un commentaire résumant son
était d’esprit d’après course. Ensuite, dans la soirée, il se lance dans l’écriture de son article
de blog. Qui a dit qu’il n’était pas un véritable passionné ?
Pour conclure, ma présence sur le bord des routes des classiques m’a faite vibrer. Je l’ai fait avec motivation, détermination et envie. Soutenir
Florent était, est et sera une belle aventure. Je serai sur le bord des routes jusqu’à Liège-Bastogne-Liège, qui
mettra un terme à son challenge belge.
Mais cette aventure n’est pas prête de se terminer …
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.
Je vais vous faire vivre au quotidien ma passion pour le cyclisme à travers mes entraînements, les compétitions auxquelles je participe, mes différents défis, ...
mercredi 9 avril 2014
mardi 8 avril 2014
Conseils d'entraînement
Jusqu'au 12 avril, Nicolas Elzeard vous propose d'accéder gratuitement à son programme d'entraînement "Booster votre début de saison".
Dans son programme nommé "4 heures par semaine", Nicolas vous donne des conseils en vidéo sur les erreurs courantes à éviter, sur la structuration et la programmation globale de votre entraînement, et sur la progression en montagne. Son programme s'adresse à des personnes "normales", des personnes qui ont un travail et une vie de famille, mais souhaitent profiter pleinement des quelques heures dont ils disposent chaque semaine.
Pour accéder gratuitement à son programme, cliquez ici
Dans son programme nommé "4 heures par semaine", Nicolas vous donne des conseils en vidéo sur les erreurs courantes à éviter, sur la structuration et la programmation globale de votre entraînement, et sur la progression en montagne. Son programme s'adresse à des personnes "normales", des personnes qui ont un travail et une vie de famille, mais souhaitent profiter pleinement des quelques heures dont ils disposent chaque semaine.
Pour accéder gratuitement à son programme, cliquez ici
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Nicolas Elzeard
lundi 7 avril 2014
Les vidéos du Tour des Flandres cyclo
J'ai mis en ligne une playlist avec les vidéos filmées par l'organisation du Ronde van Vlaanderen cyclo en divers endroits du circuit.
Comme vous pouvez le constater, il y a du monde, beaucoup de monde.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.
Comme vous pouvez le constater, il y a du monde, beaucoup de monde.
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Belgique
dimanche 6 avril 2014
Les photos du Tour des Flandres
Les photos du Tour des Flandres sont en ligne au sein des albums photos de ma page fan Facebook.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.
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Belgique
samedi 5 avril 2014
Ronde Van Vlaanderen cyclo : récit
Le réveil a sonné à 3h15 en ce matin de Tour des Flandres cyclo. Le temps d'avaler un petit déjeuner, dont le mot "petit" portait bien son nom car je n'avais pas très faim à cette heure où mon corps dort profondément habituellement, j'ai chargé la voiture et ai rejoint Oudenaarde. Les routes étaient désertes même à proximité de la ligne de départ. J'ai pu me garer à une centaine de mètres du QG de l'organisation, d'où partaient les navettes pour Bruges.
Le chargement des cyclistes dans les navettes a été long. Il y avait 12 bus, les cyclistes étaient libres de se placer dans le bus qu'ils souhaitaient. C'est bien car ça permet aux personnes en groupe de voyager ensemble, mais du coup ça fait des bouchons un peu partout pour remplir les bus, car la phase de chargement du vélo dans la remorque était assez longue. Entre le moment où je me suis présenté aux bus et le moment où je suis effectivement monté dans le bus, il s'est écoulé 40 minutes à attendre debout par 6° avec un petit vent.
Arrivé au centre sportif de Bruges vers 7h, j'ai retrouvé @GplrPapaiye et ses équipiers. Je l'ai rapidement perdu de vue dans la foule des 4500 cyclistes qui prenaient le départ de Bruges (sur les 16 000 participants tous parcours confondus). Je l'ai retrouvé sur la place centrale de Bruges, dont le célèbre beffroi m'a rappelé des souvenirs du film "Bons baisers de Bruges". La température était fraiche, 6 petits degrés avec un léger vent et sous un ciel gris.
La traversée de Bruges est pavée, comme un symbole d'une longue journée qui nous attend. Ce seront les pavés les plus accueillants du jour. Les 20 premiers kilomètres ont été marqués par des bouchons. Des centaines de cyclistes s'entassaient à chaque feu rouge puis s'étiraient lentement sur les étroites pistes cyclables jusqu'au carrefour suivant. La police était présente en nombre conséquent pour veiller à ce que chacun reste à sa place et respecte le code de la route : chaque feu rouge et rond point était gardé par des policiers à pieds, les motards tournaient pour chasser ceux qui s’entêtaient à rouler sur la route.
A la faveur d'un bouchon dans les premiers kilomètres, j'ai été rattrapé par la patrouille des éco-cyclos. Rassurez-vous, la tape sur l'épaule que j'ai reçue n'était pas la conséquence d'un jet de plastique "biodégradable en 2500 ans" mais un simple geste de sympathie de la part de têtes connues. J'ai ainsi passé toute la journée en compagnie de Julien, Laurent, Didier et Pierre. Rassurez-vous, même à 5 français, on a été largement noyé au sein des néerlandophones.
Les 120 kilomètres à plat avant le premier mont ont été régulièrement agrémentés de petits secteurs pavés. Entre deux sections pavées, on a roulé en file indienne sur les pistes cyclables dont l'état n'est parfois pas meilleur que les routes pavées. L'étroitesse et la mauvaise conception de ces pistes cyclables ont créé de petites chutes idiotes, mais dans le fond assez peu en proportion par rapport au nombre de cyclistes. Le vent n'étant pas très fort mais tout de même présent, d'innombrables cassures se sont produites et on sautait parfois d'un groupe à l'autre lorsque l'envie nous en prenait.
Les premiers monts et premiers secteurs pavés se sont très bien passés. A ce stade, connaitre le terrain par coeur était intéressant, j'ai su exactement où placer mes efforts pour aborder les points stratégiques en tête : par exemple je me suis mis en tête de groupe 50 mètres avant le virage marquant l'entrée du Molenberg, le mont le plus étroit et le moins bien pavé ... idem sur le secteur pavé de Paddestraat, grâce à mes 3 passages avant l'épreuve je savais à quels endroits les pavés étaient bons sur le côté et me permettaient de doubler, il me suffisait de produire mon effort au bon moment pour passer sans subir. C'était parfait.
Photo prise par Laurent L.
Après le 3ème ravitaillement, je me suis retrouvé dans un groupe qui ne roulait pas. J'ai eu un petit coup de mou dans une montée non référencée (que j’appellerai désormais le "chochonerieberg"), quand je me suis refait une santé je me suis retrouvé avec une cinquantaine de personnes dans ma roue mais pas un seul qui n'a pris un relais pendant 8 kilomètres. J'ai eu beau me retourner, lever le coude, m'écarter sur le côté ... personne ne passait. Par contre, quand le Boigneberg s'est présenté face à nous, les attaques ont jailli de tous les côtés. La majorité d'entre eux ne semblaient pas connaître ce mont car ils ont tous explosé dans la partie la plus dure ... en haut, j'ai accéléré pour faire la sélection avant l'Eikenberg, j'ai tout fait en tête à vive allure et cette fois personne ne m'a remonté.
Après le 4ème ravitaillement, où j'ai retrouvé mes compagnons de route, nous avons attaqué la boucle finale et ses monstres. Le Koppenberg était le premier d'entre-eux. Au plus dur de la pente, j'ai été obligé de mettre pied à terre car un bouchon s'est formé. Les cyclistes devant ont mis pied à terre, bloquant ainsi le passage à ceux qui venaient derrière ... j'étais bien pourtant. Dommage. On a enchaîné sur le Steenbeekdries et ses pavés interminables en montée comme en descente. La descente, justement, a été rocambolesque : j'avais une main sur le guidon qui sautillait de partout, et l'autre main sur le bidon qui (pour la première fois depuis le début de la campagne des classiques) remontait vers le haut.
Dans le Taaienberg et le Kaperij, j'ai senti qu'on avait passé le cap des 200 kilomètres. Les jambes commençaient à tirer et je commençais à peiner physiquement. Pourtant, en terme de lucidité, j'étais encore parfaitement conscient de tout ce qui m'entourait et ma mémoire fonctionnait à plein régime, je me souvenais de chaque trou dans le goudron, l'importante rainure (de la largeur d'une roue de vélo !) entre les plaques de goudron de la voie de droite de celles de la voie de gauche. Le genre de trucs qui peut provoquer une chute bête si on manque de vigilance. Idem dans le Kruisberg et le Karnemelbeek, même si la difficulté était moindre.
Le 5ème et dernier ravitaillement, avant le Oude Kwaremont, a été bien apprécié. C'était le dernier repos avant le bouquet final : Oude Kwaremont puis Paterberg. Grâce à mes 3 passages sur ces deux monts, j'ai pu gérer parfaitement mon effort et doubler quand il le fallait les personnes. Ca a été parfait sur le premier, en revanche sur le 2ème j'ai été obligé de mettre pied à terre à 50 mètres du sommet, dans la partie la plus difficile. Le coureur devant moi sur le côté gauche s'est écroulé dans les barrières et je n'ai pas pu passer sur le côté droit pour l'éviter. Dommage.
Notre petit groupe s'est reformé en haut de ce dernier mont, pour aborder ensemble les derniers kilomètres. Les 8 derniers kilomètres ont été couverts à très vive allure, à près de 38km/h de moyenne malgré plus de 240 kilomètres et 2000 mètres de dénivelé au compteur. On a doublé des groupes complets sans que personne ne s'accroche dans nos roues : Laurent, Pierre et Julien tenaient à se disputer un sprint final, j'ai suivi le mouvement sans pouvoir prendre de relais.
Je me suis relevé dans les 300 derniers mètres et ai levé les bras au ciel. J'ai savouré ces derniers mètres jusqu'à la ligne d'arrivée. J'ai fini en étant bien physiquement et n'ai jamais été à la rupture. J'ai géré mes efforts toute la journée afin de me faire plaisir du début à la fin. La seule ombre au tableau concerne mes genoux qui m'ont tiré dans les derniers monts puis en conduisant pour rentrer chez moi. Une belle classique s'ajoute à mon palmarès de participations.
Consultez le parcours.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.
Le chargement des cyclistes dans les navettes a été long. Il y avait 12 bus, les cyclistes étaient libres de se placer dans le bus qu'ils souhaitaient. C'est bien car ça permet aux personnes en groupe de voyager ensemble, mais du coup ça fait des bouchons un peu partout pour remplir les bus, car la phase de chargement du vélo dans la remorque était assez longue. Entre le moment où je me suis présenté aux bus et le moment où je suis effectivement monté dans le bus, il s'est écoulé 40 minutes à attendre debout par 6° avec un petit vent.
Arrivé au centre sportif de Bruges vers 7h, j'ai retrouvé @GplrPapaiye et ses équipiers. Je l'ai rapidement perdu de vue dans la foule des 4500 cyclistes qui prenaient le départ de Bruges (sur les 16 000 participants tous parcours confondus). Je l'ai retrouvé sur la place centrale de Bruges, dont le célèbre beffroi m'a rappelé des souvenirs du film "Bons baisers de Bruges". La température était fraiche, 6 petits degrés avec un léger vent et sous un ciel gris.
La traversée de Bruges est pavée, comme un symbole d'une longue journée qui nous attend. Ce seront les pavés les plus accueillants du jour. Les 20 premiers kilomètres ont été marqués par des bouchons. Des centaines de cyclistes s'entassaient à chaque feu rouge puis s'étiraient lentement sur les étroites pistes cyclables jusqu'au carrefour suivant. La police était présente en nombre conséquent pour veiller à ce que chacun reste à sa place et respecte le code de la route : chaque feu rouge et rond point était gardé par des policiers à pieds, les motards tournaient pour chasser ceux qui s’entêtaient à rouler sur la route.
A la faveur d'un bouchon dans les premiers kilomètres, j'ai été rattrapé par la patrouille des éco-cyclos. Rassurez-vous, la tape sur l'épaule que j'ai reçue n'était pas la conséquence d'un jet de plastique "biodégradable en 2500 ans" mais un simple geste de sympathie de la part de têtes connues. J'ai ainsi passé toute la journée en compagnie de Julien, Laurent, Didier et Pierre. Rassurez-vous, même à 5 français, on a été largement noyé au sein des néerlandophones.
Les 120 kilomètres à plat avant le premier mont ont été régulièrement agrémentés de petits secteurs pavés. Entre deux sections pavées, on a roulé en file indienne sur les pistes cyclables dont l'état n'est parfois pas meilleur que les routes pavées. L'étroitesse et la mauvaise conception de ces pistes cyclables ont créé de petites chutes idiotes, mais dans le fond assez peu en proportion par rapport au nombre de cyclistes. Le vent n'étant pas très fort mais tout de même présent, d'innombrables cassures se sont produites et on sautait parfois d'un groupe à l'autre lorsque l'envie nous en prenait.
Les premiers monts et premiers secteurs pavés se sont très bien passés. A ce stade, connaitre le terrain par coeur était intéressant, j'ai su exactement où placer mes efforts pour aborder les points stratégiques en tête : par exemple je me suis mis en tête de groupe 50 mètres avant le virage marquant l'entrée du Molenberg, le mont le plus étroit et le moins bien pavé ... idem sur le secteur pavé de Paddestraat, grâce à mes 3 passages avant l'épreuve je savais à quels endroits les pavés étaient bons sur le côté et me permettaient de doubler, il me suffisait de produire mon effort au bon moment pour passer sans subir. C'était parfait.
Photo prise par Laurent L.
Après le 3ème ravitaillement, je me suis retrouvé dans un groupe qui ne roulait pas. J'ai eu un petit coup de mou dans une montée non référencée (que j’appellerai désormais le "chochonerieberg"), quand je me suis refait une santé je me suis retrouvé avec une cinquantaine de personnes dans ma roue mais pas un seul qui n'a pris un relais pendant 8 kilomètres. J'ai eu beau me retourner, lever le coude, m'écarter sur le côté ... personne ne passait. Par contre, quand le Boigneberg s'est présenté face à nous, les attaques ont jailli de tous les côtés. La majorité d'entre eux ne semblaient pas connaître ce mont car ils ont tous explosé dans la partie la plus dure ... en haut, j'ai accéléré pour faire la sélection avant l'Eikenberg, j'ai tout fait en tête à vive allure et cette fois personne ne m'a remonté.
Après le 4ème ravitaillement, où j'ai retrouvé mes compagnons de route, nous avons attaqué la boucle finale et ses monstres. Le Koppenberg était le premier d'entre-eux. Au plus dur de la pente, j'ai été obligé de mettre pied à terre car un bouchon s'est formé. Les cyclistes devant ont mis pied à terre, bloquant ainsi le passage à ceux qui venaient derrière ... j'étais bien pourtant. Dommage. On a enchaîné sur le Steenbeekdries et ses pavés interminables en montée comme en descente. La descente, justement, a été rocambolesque : j'avais une main sur le guidon qui sautillait de partout, et l'autre main sur le bidon qui (pour la première fois depuis le début de la campagne des classiques) remontait vers le haut.
Dans le Taaienberg et le Kaperij, j'ai senti qu'on avait passé le cap des 200 kilomètres. Les jambes commençaient à tirer et je commençais à peiner physiquement. Pourtant, en terme de lucidité, j'étais encore parfaitement conscient de tout ce qui m'entourait et ma mémoire fonctionnait à plein régime, je me souvenais de chaque trou dans le goudron, l'importante rainure (de la largeur d'une roue de vélo !) entre les plaques de goudron de la voie de droite de celles de la voie de gauche. Le genre de trucs qui peut provoquer une chute bête si on manque de vigilance. Idem dans le Kruisberg et le Karnemelbeek, même si la difficulté était moindre.
Le 5ème et dernier ravitaillement, avant le Oude Kwaremont, a été bien apprécié. C'était le dernier repos avant le bouquet final : Oude Kwaremont puis Paterberg. Grâce à mes 3 passages sur ces deux monts, j'ai pu gérer parfaitement mon effort et doubler quand il le fallait les personnes. Ca a été parfait sur le premier, en revanche sur le 2ème j'ai été obligé de mettre pied à terre à 50 mètres du sommet, dans la partie la plus difficile. Le coureur devant moi sur le côté gauche s'est écroulé dans les barrières et je n'ai pas pu passer sur le côté droit pour l'éviter. Dommage.
Notre petit groupe s'est reformé en haut de ce dernier mont, pour aborder ensemble les derniers kilomètres. Les 8 derniers kilomètres ont été couverts à très vive allure, à près de 38km/h de moyenne malgré plus de 240 kilomètres et 2000 mètres de dénivelé au compteur. On a doublé des groupes complets sans que personne ne s'accroche dans nos roues : Laurent, Pierre et Julien tenaient à se disputer un sprint final, j'ai suivi le mouvement sans pouvoir prendre de relais.
Je me suis relevé dans les 300 derniers mètres et ai levé les bras au ciel. J'ai savouré ces derniers mètres jusqu'à la ligne d'arrivée. J'ai fini en étant bien physiquement et n'ai jamais été à la rupture. J'ai géré mes efforts toute la journée afin de me faire plaisir du début à la fin. La seule ombre au tableau concerne mes genoux qui m'ont tiré dans les derniers monts puis en conduisant pour rentrer chez moi. Une belle classique s'ajoute à mon palmarès de participations.
Consultez le parcours.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.
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mercredi 2 avril 2014
Ultime reconnaissance des bergs du RVV
Ce mercredi midi, je me suis préparé un parcours afin de relier deux mythes du Tour des Flandres (RVV, Ronde Van Vlaanderen) : le Koppenberg qui sert d'épouvantail sur le parcours actuel et le Muur de Grammont qui servait d'épouvantail sur l'ancien parcours (de 1975 à 2011).
J'ai laissé ma voiture en Wallonie picarde et en quelques kilomètres je me suis retrouvé dans les Ardennes flamandes. Je me suis échauffé une trentaine de minutes sur de grosses routes pas trop pentues. La température était douce (une quinzaine de degrés) et un petit vent soufflait.
Le long de la route menant au pied du Koppenberg se trouvaient plusieurs bergs à emprunter samedi sur l'épreuve cyclo, dont 4 sur les 5 que je n'avais pas encore franchis, le 5ème étant justement le Koppenberg. Plutôt que de rouler sur les grosses routes, j'avais donc chargé sur mon GPS un parcours passant par ces bergs pour profiter de routes calmes tout en effectuant une reconnaissance. La technologie étant parfois capricieuse, mon GPS s'est mis à planter complètement avant le premier berg : l'appareil s'éteignait systématiquement dès que j'affichais la carte. Dans une région avec de minuscules routes de partout et tournant dans tous les sens, ça sentait la galère à plein nez !
Par chance, j'ai aperçu de grosses flèches roses comportant le logo du Tour des Flandres. Euréka, le parcours était déjà fléché ! Ca a été du pain béni, je n'ai eu qu'à suivre les grosses flèches roses tel le petit poucet suivant ses cailloux dans la forêt, avec en plus l'assurance d'emprunter le vrai parcours. Je n'avais plus qu'à me laisser guider.
C'est ainsi que j'ai enchaîné le Kanarieberg (un nom qui va bien avec la couleur des tenues de mon club), le Kruisberg et le Karnemelbeek. Seul le Kruisberg est pavé, les deux autres sont goudronnés. Frais ils s'enchaînent plutôt bien, mais samedi ils arriveront après 202, 210 et 216 kilomètres. Ce sera donc une autre histoire, je risque de les trouver nettement moins accueillants.
J'ai ensuite rejoint le Paterberg, que j'ai grimpé pour la troisième fois et dans lequel se trouvaient de nombreux photographes. J'ai été assez surpris car j'ai fondu rapidement sur l'équipe Lotto qui était en reconnaissance sur ce mont. Il est à noter que les barrières étaient déjà en place pour éviter que les pros ne grimpent dans la rigole d'écoulement des eaux, comme ils l'ont fait lors des épreuves précédentes (ce qui facilite considérablement l'ascension). C'est une bonne initiative, mais samedi certains cyclos risquent de maudire la présence de ces barrières.
Après quelques kilomètres de plat sur une piste cyclable dans un état impeccable, j'ai rejoint le pied du Koppenberg. Le Koppenberg est au Tour des Flandres ce qu'est la trouée d'Aremberg à Paris-Roubaix : un monstre sacré, un lieu qui fait peur et qui fascine en même temps, un endroit où la malchance sévit avec plus de virulence qu'ailleurs. Le Koppenberg en est surnommé "la salle des tortures", si le sujet vous intéresse je vous recommande la lecture de cet article très complet sur le sujet.
J'ai attaqué le Koppenberg comme j'ai attaqué les autres monts depuis le début : prudemment mais avec la ferme volonté d'arriver en haut sans trop subir. Au plus dur de la pente (22%) se tenaient de nouveau quelques photographes. Alors que j'arrivais lentement à leur hauteur, les pavés n'étant pas en très bon état et la gravité n'étant pas dans le bon sens pour m'aider à prendre de la vitesse, ils se sont tous mis à déclencher leur appareil photo. Je voyais bien que ce n'était pas moi qu'ils prenaient et je sentais que ma présence les gênaient. Un petit coup d'oeil derrière moi pour voir ce qu'il se passait, et je découvrais Tom Boonen grand sourire dans ma roue. Il m'a doublé tranquillement avec ses équipiers, je me suis mis sur le côté pour laisser passer sa voiture et j'ai poursuivi ma route normalement.
Voyant qu'ils ne roulaient pas plus vite que moi sur la partie goudronnée, je me suis glissé dans leurs roues pour profiter d'un peu d'abri face au vent. Ca n'a duré que quelques minutes, j'ai tourné à droite pour suivre le parcours cyclo tandis qu'ils ont filé tout droit pour suivre le parcours pro. Le parcours cyclo coupe de 2 ou 3 kilomètres pour éviter une grosse route. J'ai enchaîné avec le Steenbeekdries et ses 3 kilomètres de pavés interrompus (une vrai cochonerie ce truc, ça secoue dans tous les sens) puis avec le Taaienberg.
J'ai retrouvé dans ce mont les coureurs de l'équipe Quick Step et quelques photographes. Cette fois, Tom Boonen et ses équipiers étaient en plein exercice, même avec la meilleure volonté du monde je n'aurai pas pu prendre leur roue. J'ai poursuivi ma reconnaissance en suivant les flèches du parcours jusqu'au sommet du Kaperij. C'est ainsi que j'ai monté 8 des 15 monts du parcours de samedi, ce qui me permet de tous les avoir gravis au moins une fois avant le grand jour. Nul doute que je n'ai jamais été aussi bien préparé que pour cette épreuve.
Sans carte et sans trop savoir où j'étais, j'ai suivi mon instinct et je me suis servi du soleil pour me guider. Je savais que Grammont (Gerardsbergen) se trouvait à l'est de ma position, j'ai donc roulé sur une route en essayant de garder le soleil à ma droite vu qu'il était 14h (midi en heure solaire). En roulant à l'instinct, j'ai fini par arriver sur un panneau indiquant que Grammont était à 10 kilomètres. La route était un peu vallonnée et j'avais le vent de face, mais j'étais heureux d'être là et soulagé que tout se passe aussi bien depuis le début de ma campagne.
J'ai alors découvert le fameux Kapelmuur, le mur de Grammont en français, l'ancien juge de paix de l'épreuve. C'est ici que la course se jouait toutes les années, ici que les plus forts attaquaient et filaient définitivement vers la victoire. La montée n'est pas si dure que ça sauf dans les 300 dernières mètres : les pavés deviennent très mauvais, le chemin devient étroit et la pente y est à son maximum (20%). En haut, j'ai fait quelques photos de la chapelle et j'ai discuté avec des cyclistes locaux. Quand on me demande d'où je viens, que je réponds que je viens de Lyon, les yeux sont toujours grand équarquillés et la question suivante est systématiquement "et tu viens juste pour XXX ?" (remplacez XXX par un nom d'épreuve ou, dans le cas présent, par "le mur de Grammont"). Quand j'explique mon projet, les yeux deviennent encore plus grands, je me demande si je suis pris pour un type à moitié fou ou un type complètement fou.
J'ai pris de grosses routes pour rejoindre l'endroit où j'avais garé ma voiture. J'étais garé à Lessines, dans la partie francophone, mais je me trouvais dans la partie néerlandaise. J'ai suivi les panneaux "Lessen", par instinct et non par certitude, c'était ce qui ressemblait le plus phonétiquement. J'ai quitté les Ardennes flamandes et je suis retombé en Wallonie picarde.
J'ai mis fin à ma sortie après 80 kilomètres et 9 bergs. Je n'ai pas trop forcé afin de ne pas m'user à 72 heures de l'échéance. Je suis parfaitement prêt pour samedi, seul un incident mécanique pourrait m'empêcher d'aller au bout. Je connais chaque berg et chaque secteur pavé, j'ai la distance dans les jambes, mon matériel est adapté (il a fait toute la campagne de classiques à mes côtés sans le moindre incident).
Consultez mon parcours.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.
J'ai laissé ma voiture en Wallonie picarde et en quelques kilomètres je me suis retrouvé dans les Ardennes flamandes. Je me suis échauffé une trentaine de minutes sur de grosses routes pas trop pentues. La température était douce (une quinzaine de degrés) et un petit vent soufflait.
Le long de la route menant au pied du Koppenberg se trouvaient plusieurs bergs à emprunter samedi sur l'épreuve cyclo, dont 4 sur les 5 que je n'avais pas encore franchis, le 5ème étant justement le Koppenberg. Plutôt que de rouler sur les grosses routes, j'avais donc chargé sur mon GPS un parcours passant par ces bergs pour profiter de routes calmes tout en effectuant une reconnaissance. La technologie étant parfois capricieuse, mon GPS s'est mis à planter complètement avant le premier berg : l'appareil s'éteignait systématiquement dès que j'affichais la carte. Dans une région avec de minuscules routes de partout et tournant dans tous les sens, ça sentait la galère à plein nez !
Par chance, j'ai aperçu de grosses flèches roses comportant le logo du Tour des Flandres. Euréka, le parcours était déjà fléché ! Ca a été du pain béni, je n'ai eu qu'à suivre les grosses flèches roses tel le petit poucet suivant ses cailloux dans la forêt, avec en plus l'assurance d'emprunter le vrai parcours. Je n'avais plus qu'à me laisser guider.
C'est ainsi que j'ai enchaîné le Kanarieberg (un nom qui va bien avec la couleur des tenues de mon club), le Kruisberg et le Karnemelbeek. Seul le Kruisberg est pavé, les deux autres sont goudronnés. Frais ils s'enchaînent plutôt bien, mais samedi ils arriveront après 202, 210 et 216 kilomètres. Ce sera donc une autre histoire, je risque de les trouver nettement moins accueillants.
J'ai ensuite rejoint le Paterberg, que j'ai grimpé pour la troisième fois et dans lequel se trouvaient de nombreux photographes. J'ai été assez surpris car j'ai fondu rapidement sur l'équipe Lotto qui était en reconnaissance sur ce mont. Il est à noter que les barrières étaient déjà en place pour éviter que les pros ne grimpent dans la rigole d'écoulement des eaux, comme ils l'ont fait lors des épreuves précédentes (ce qui facilite considérablement l'ascension). C'est une bonne initiative, mais samedi certains cyclos risquent de maudire la présence de ces barrières.
Après quelques kilomètres de plat sur une piste cyclable dans un état impeccable, j'ai rejoint le pied du Koppenberg. Le Koppenberg est au Tour des Flandres ce qu'est la trouée d'Aremberg à Paris-Roubaix : un monstre sacré, un lieu qui fait peur et qui fascine en même temps, un endroit où la malchance sévit avec plus de virulence qu'ailleurs. Le Koppenberg en est surnommé "la salle des tortures", si le sujet vous intéresse je vous recommande la lecture de cet article très complet sur le sujet.
J'ai attaqué le Koppenberg comme j'ai attaqué les autres monts depuis le début : prudemment mais avec la ferme volonté d'arriver en haut sans trop subir. Au plus dur de la pente (22%) se tenaient de nouveau quelques photographes. Alors que j'arrivais lentement à leur hauteur, les pavés n'étant pas en très bon état et la gravité n'étant pas dans le bon sens pour m'aider à prendre de la vitesse, ils se sont tous mis à déclencher leur appareil photo. Je voyais bien que ce n'était pas moi qu'ils prenaient et je sentais que ma présence les gênaient. Un petit coup d'oeil derrière moi pour voir ce qu'il se passait, et je découvrais Tom Boonen grand sourire dans ma roue. Il m'a doublé tranquillement avec ses équipiers, je me suis mis sur le côté pour laisser passer sa voiture et j'ai poursuivi ma route normalement.
Voyant qu'ils ne roulaient pas plus vite que moi sur la partie goudronnée, je me suis glissé dans leurs roues pour profiter d'un peu d'abri face au vent. Ca n'a duré que quelques minutes, j'ai tourné à droite pour suivre le parcours cyclo tandis qu'ils ont filé tout droit pour suivre le parcours pro. Le parcours cyclo coupe de 2 ou 3 kilomètres pour éviter une grosse route. J'ai enchaîné avec le Steenbeekdries et ses 3 kilomètres de pavés interrompus (une vrai cochonerie ce truc, ça secoue dans tous les sens) puis avec le Taaienberg.
J'ai retrouvé dans ce mont les coureurs de l'équipe Quick Step et quelques photographes. Cette fois, Tom Boonen et ses équipiers étaient en plein exercice, même avec la meilleure volonté du monde je n'aurai pas pu prendre leur roue. J'ai poursuivi ma reconnaissance en suivant les flèches du parcours jusqu'au sommet du Kaperij. C'est ainsi que j'ai monté 8 des 15 monts du parcours de samedi, ce qui me permet de tous les avoir gravis au moins une fois avant le grand jour. Nul doute que je n'ai jamais été aussi bien préparé que pour cette épreuve.
Sans carte et sans trop savoir où j'étais, j'ai suivi mon instinct et je me suis servi du soleil pour me guider. Je savais que Grammont (Gerardsbergen) se trouvait à l'est de ma position, j'ai donc roulé sur une route en essayant de garder le soleil à ma droite vu qu'il était 14h (midi en heure solaire). En roulant à l'instinct, j'ai fini par arriver sur un panneau indiquant que Grammont était à 10 kilomètres. La route était un peu vallonnée et j'avais le vent de face, mais j'étais heureux d'être là et soulagé que tout se passe aussi bien depuis le début de ma campagne.
J'ai alors découvert le fameux Kapelmuur, le mur de Grammont en français, l'ancien juge de paix de l'épreuve. C'est ici que la course se jouait toutes les années, ici que les plus forts attaquaient et filaient définitivement vers la victoire. La montée n'est pas si dure que ça sauf dans les 300 dernières mètres : les pavés deviennent très mauvais, le chemin devient étroit et la pente y est à son maximum (20%). En haut, j'ai fait quelques photos de la chapelle et j'ai discuté avec des cyclistes locaux. Quand on me demande d'où je viens, que je réponds que je viens de Lyon, les yeux sont toujours grand équarquillés et la question suivante est systématiquement "et tu viens juste pour XXX ?" (remplacez XXX par un nom d'épreuve ou, dans le cas présent, par "le mur de Grammont"). Quand j'explique mon projet, les yeux deviennent encore plus grands, je me demande si je suis pris pour un type à moitié fou ou un type complètement fou.
J'ai pris de grosses routes pour rejoindre l'endroit où j'avais garé ma voiture. J'étais garé à Lessines, dans la partie francophone, mais je me trouvais dans la partie néerlandaise. J'ai suivi les panneaux "Lessen", par instinct et non par certitude, c'était ce qui ressemblait le plus phonétiquement. J'ai quitté les Ardennes flamandes et je suis retombé en Wallonie picarde.
J'ai mis fin à ma sortie après 80 kilomètres et 9 bergs. Je n'ai pas trop forcé afin de ne pas m'user à 72 heures de l'échéance. Je suis parfaitement prêt pour samedi, seul un incident mécanique pourrait m'empêcher d'aller au bout. Je connais chaque berg et chaque secteur pavé, j'ai la distance dans les jambes, mon matériel est adapté (il a fait toute la campagne de classiques à mes côtés sans le moindre incident).
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lundi 31 mars 2014
Les photos du week-end
J'ai mis en ligne sur la page fan Facebook les albums photo du week-end.
Photos de Gent-Wevelgem
Photos du Grand Prix E3
J'ai également ajouté un lien vers l'album respectif de chacune des épreuves sur la page de récapitulatif des épreuves flandriennes.
Photos de Gent-Wevelgem
Photos du Grand Prix E3
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