samedi 28 juin 2014

Nocturne de Villars les Dombes

Hier, je me suis rendu en spectateur à la nocturne de Villars les Dombes, (presque) parfaitement organisée par le club du Team des Dombes.


J'ai pu assister à la moitié de la première course (ufolep 3 et 4 mélangés), puis à l'intégralité de la seconde course (ufolep 1 et 2 mélangés). Malgré un parcours complètement plat et malgré l'absence de vent, la victoire s'est jouée entre un petit groupe d'échappés sur les 2 épreuves.

J'ai tenté de faire des photos, que vous pouvez consulter ici, mais ça n'a rien rendu. J'avais pourtant trouvé quelques situations amusantes, mais en photo prise avec un téléphone ça ne rend rien du tout. Dommage. J'en ai profité pour encourager mes coéquipiers et mes amis (dont Julien, 3ème de l'épreuve en ayant pris place dans la bonne échappée).

Assister en spectateur à un critérium m'a confirmé que ce genre d'épreuve n'est pas pour moi : le parcours faisait 1200 mètres et comportait 6 virages à angle droit. Sur 50 tours (à peu près) ça donne 300 relances, soit 300 chances pour moi de me faire lâcher.

mercredi 25 juin 2014

Des nouvelles à J+15

Voici déjà 15 jours que je suis sur le banc de touche. 15 jours que je regarde le ciel chaque matin et chaque soir en me disant "j'irai bien rouler, mais je ne peux pas". 15 jours que je me retrouve contraint à un repos physique forcé, repos physique que je ne peux même pas exploiter pleinement pour m'avancer dans mon travail.

L'évolution des plaies a été a l'image d'une étape vallonnée : j'ai eu des hauts et des bas. Le processus de guérison ne s'est pas très bien passé et ne se passe toujours pas très bien : 15 jours après les faits, il me reste encore 2 plaies qui suintent ... donc qui n'ont pas encore commencé leur cicatrisation. Je sens que mon embardée va me causer une immobilisation bien plus longue que ce que je pensais. Je suis loin des blessures superficielles.

Aujourd'hui, j'avais prévu une sortie dans les alpes en compagnie de cyclistes de la région lyonnaise. En prenant mon petit déjeuner sur ma terrasse, sous un grand ciel bleu et par une température agréable, j'ai été très déçu de ne pas pouvoir les accompagner. Mais avec des blessures, sans vélo (le nouveau est en cours d'assemblage, j'en reparlerai) et sans casque, rouler aurait tenu de l'exploit. Je dirai même plus : de l'exploit inutile.

Je prends mon mal en patience pour le moment. Je n'ai de toute façon pas d'autre choix, il faut faire les choses étape par étape sous peine de se prendre un retour de bâton. J'en ai déjà connu plusieurs, je préfère éviter de recommencer.

dimanche 22 juin 2014

Bordeaux-Paris : les enseignements

Je vous l'avais dit en conclusion de mon article sur Bordeaux-Paris, je tire en certain nombre d'enseignements de cette expérience. Je vais vous synthétiser tout cela dans cet article.


©extralagence.com


24 heures de selle, mais pas au delà !

Je vous avoue que j'ai découvert les limites de ma passion pour le cyclisme. J'ai envie de tout découvrir (route, piste, VTT, cyclocross, bicross, ...), dans tous les formats (de la randonnée à la course par étapes, en passant par les critériums) et sur tous les terrains / décors (du plat en bord de mer à la haute montagne) ... mais pas sur plus de 24 heures consécutives de pratique.

Mes expériences sur la Haute-Route, le Tour de Sardaigne ou lors du Tour, allant d'une semaine à trois semaines, ne m'avaient jamais poussé dans les limites de ma passion. Malgré quelques passages délicats, pour ne pas dire désagréables un bref instant, j'étais certain de faire ce que j'aimais. En revanche, sur la fin de Bordeaux-Paris, quand l'horloge a fait 2 tours de cadran (le soleil, lui, ne faisant qu'un seul tour de la Terre durant ce laps de temps), j'en avais marre de pédaler. Je voulais faire autre-chose, peu importe ce que c'était, mais j'étais lassé de pédaler.

Ce Bordeaux-Paris était pour moi un test : je me posais des questions sur une éventuelle participation au Paris-Brest-Paris de l'an prochain (1200 kilomètres), et d'autres questions sur la RAAM (mon rêve ultime, 4800 kilomètres). J'ai désormais ma réponse : ça ne m'intéresse pas. Ca ne m'intéresse plus à l'heure actuelle, ce n'est plus à l'ordre du jour ... pour le moment.


Une nuit sur le vélo, ça se fait sans soucis

Je me posais des questions sur le fait de rouler la nuit : le sommeil risquait-il de frapper d'un coup sec ? Je me suis rendu compte, sur mon propre cas ainsi qu'en discutant avec les cyclistes autour de moi, que personne n'avait eu envie de dormir pendant la nuit. A aucun moment nous n'avons lutté contre le sommeil, on est tous resté éveillé sans peine.

Naturellement, nous avons tous mis ça sur le compte de l'effort qui nous tenait éveillé. Comment dormir quand nos cuisses se contractent 80 fois par minute et que les relais reviennent toutes les 5 minutes ? Le corps comme l'esprit sont mobilisés toute la nuit, l'un devant fournir le maximum d'énergie pour avancer, l'autre devant rester concentré sur la route et sur l'alimentation.

Même après l'épreuve, malgré 24 heures passées à pédaler, je n'avais pas spécialement sommeil. Oui j'étais fatigué, mais je n'avais pas envie de dormir. Sur les épreuves combinant plusieurs nuits, en revanche, je ne suis pas certain que ce soit toujours le cas, mais sur une seule nuit ça passe sans soucis (si on a bien dormi les nuits précédentes).


La fatigue, pire que l'alcool ?

Le lundi midi, après une nuit en région parisienne, j'ai pris la voiture pour rentrer sur Lyon. Ca a été le pire trajet de ma vie de conducteur. Par principe, je ne bois pas si je conduis, je n'ai donc jamais connu l'expérience de conduire ivre. Pourtant, sur l'autoroute, mes réflexes étaient totalement freinés : chaque décision à prendre était plus lente, chaque chose que je voyais et qui nécessitait une adaptation de la conduite mettait des secondes à remonter au cerveau.

J'ai enfin compris à quoi servait l'indication "A la prochaine aire, faites une pause !" qu'affichent les panneaux lumineux. J'en ai fait plusieurs des pauses, pour me détendre et reprendre des forces. Pour rester en vie. Une heure à dormir dans sa voiture sur autoroute, c'est mieux qu'une semaine à dormir à l’hôpital. Ces panneaux lumineux, que j'ai toujours snobé et pour lesquels je me suis toujours dit que j'étais suffisamment grand pour savoir quand prendre mes pauses, permettent en réalité à ceux qui doutent ("celle là ou la suivante ?") de faire un choix : si le panneau me le dit, alors je le fais. Je suis rentré entier, pas fier de moi d'avoir conduit dans cet état (mais fier de m'être arrêté plusieurs fois), en me disant que c'était la seule fois où je conduirai dans ces conditions. Plus jamais ça.


L'alimentation et l'hydratation : pensez à la diversité !

Lors de ma première sortie dépassant les 200 kilomètres de l'année, qui correspondait à Gent-Wevelgem, j'avais éprouvé une lassitude à la consommation de boissons énergétiques. Etixx, sponsor de l'épreuve, ne proposait qu'un seul parfum qui a fini par me dégouter. Au bout de 8 heures de selle, j'avais du mal à boire leur boisson énergétique. J'étais écoeuré. Découvrant cette marque, je pensais que leur produit était de mauvaise qualité ou mal dosé.

Sur les longues épreuves qui ont suivi, notamment le Ronde van Vlaanderen (Tour des Flandres, 245km) et Liège-Bastogne-Liège (285km), c'était Aptonia qui était partenaire de l'épreuve et qui proposait deux parfums aux ravitaillements. C'est ce que j'ai toujours fait depuis des années : je pars toujours avec deux parfums différents (voir deux marques différentes, c'est encore mieux !) dans mes bidons, pour justement éviter toute lassitude. Sur ce bordeaux-Paris, j'ai découvert que je pouvais me lasser de toute boisson, y compris de l'eau plate. Ca peut sembler incroyable, mais ça a réellement été le cas. Croyez-moi, ne plus rien pouvoir boire n'a rien de drôle.

J'ai découvert le même phénomène vis à vis des barres de céréales. Manger les mêmes barres pendant près de 20 heures a fini par me dégouter. Je n'avais pas de problèmes pour manger en roulant, je n'avais pas de problème pour manger tout court, mais impossible de manger une barre de céréales supplémentaire. Mastiquer ça allait, avaler était impossible.


Pour finir un ultra, inutile de s'entraîner en ultra

405 finishers sur 450 participants, soit 90% de réussite. On pourrait presque croire à un taux d'élection "démocratique" dans un régime dictatorial. Pourtant, il n'y a eu aucune triche massive (*) ni aucune corruption : 90% des participants ont bien terminé l'épreuve dans les délais.

Pour la majorité des participants, il s'agissait d'une découverte de ce type d'effort. Pour la majorité des participants, les sorties d'entraînement se limitaient à 220 ou 260 kilomètres. Je n'ai pas fait exception à la règle : je n'avais que 3 sorties au delà des 200 kilomètres, dont une seule de plus de 250. J'avais environ 4000 kilomètres au compteur depuis le début de l'année, rien d'extraordinaire donc. Je suis (vraiment) très loin d'être une force de la nature. Je ne suis pas un surdoué de la petite reine.

Si je l'ai fait, n'importe qui peut le faire. Comme le montrent les chiffres au dessus, pour le faire il ne faut rien faire d'extraordinaire mais il faut tout de même se préparer. Il est évidement qu'on ne réussit pas une telle épreuve sans un minimum d'entraînement et sans un maximum de volonté. Cependant, ça reste à la portée de n'importe quel cycliste.


(*) selon certaines sources fiables, il semblerait tout de même qu'une poignée de concurrents ait triché pour améliorer son classement, notamment en prenant l'aspiration d'une moto ou en montant dans une voiture. Mais la triche de certains n'est pas spécifique à cette épreuve.


Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés à Bordeaux-Paris.

jeudi 19 juin 2014

[Livre] La belle échappée : Un Tour de France autrement

Au début du mois, le livre écrit par Eric Fottorino sur le Tour de Fête a été mis en rayon dans toutes les librairies. Pour ma part, j'ai lu pendant ma convalescence un exemplaire belge de ce livre, preuve que l'aventure du Tour de Fête a dépassée les frontières françaises, tout comme ce livre montre que notre aventure a dépassé les frontières sportives du projet.


Le livre est richement illustré. Sur les 192 pages du livre (selon l'éditeur, je ne me suis pas amusé à recompter), à peu près la moitié (la encore, je n'ai pas compté) contient une photo en pleine page. Une belle photo en général, le photographe ayant su immortaliser des scènes toutes plus belles les unes que les autres.

Sur l'autre moitié des pages, vous pourrez découvrir le texte rédigé par Eric, avec son point de vue à lui. Si pour ma part j'avais rédigé un récit factuel, précis, mon esprit scientifique donnant de l'importance à chaque chiffre, Eric a rédigé un résumé de chaque étape avec un point de vue grandement basé sur l'humain. Deux visions pour une même aventure.

Dans cet ouvrage, vous ne trouverez pas de temps de pause, de vitesse ascensionnelle, de température ni d'informations sur le vent. Vous n'y trouverez qu'assez peu de noms de ville. Mais dans le fond, est-ce essentiel de savoir qu'on a fait une pause de 8 minutes pour manger des galettes et remplir nos bidons devant l'école d'un petit village au fin fond des Pyrénées ?

En revanche, vous y trouverez de très belles phrases sur les phases d'un groupe qui se découvre, se jauge puis qui se soude. Eric a couché sur le papier l'histoire de personnes qui ne se connaissaient pas, qui avaient des vies différentes, mais qui le temps d'un été avaient un objectif commun. Le côté sportif de l'aventure sert de trame de fond, mais le coeur de son livre parle du côté humain. Un livre écrit avec le coeur et non avec les cuisses.


Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.

Vous pouvez consulter ici toutes mes critiques de livres et BD liées au cyclisme.

lundi 16 juin 2014

Ronde Cycliste des Avants Monts

Ce week-end j'étais sur la "Ronde Cycliste des Avants Monts", autrefois appelée "Ronde des Coteaux et Châteaux", afin d'assister mes équipiers sur cette course à étapes organisée par un club de Béziers. Les parcours étaient vallonnés et sympathiques.

Le week-end a été musclé et plein de rebondissements. J'étais chargé de conduire la voiture suiveuse, donc de dépanner en cas de crevaison et de fournir des bidons. J'ai eu ma coéquipière Sophie comme copilote sur les deux étapes en ligne, puis mes équipiers Thomas et Valentin lors du Contre-la-montre individuel. Deux épreuves se disputaient en parallèle sur les mêmes parcours : une course pour les catégories 1-2-3 FSGT et une pour les catégories 4-5. Notre équipe disposait de 5 coureurs sur la première épreuve et de deux sur la seconde.


Samedi après-midi, étape en ligne de 92 kilomètres

La première difficulté du week-end a été de trouver le départ de la première étape. Il aura fallu tourner 15 minutes dans un village de 2000 habitants, sans voir le moindre panneau ni la moindre flèche, et sans que les habitants ne soient au courant du lieu de départ. On a fini par tomber sur les motards en charge de la sécurité qui nous ont renseignés. Pendant que les coureurs préparaient leurs vélos, j'ai préparé la voiture : la glacière contenant les bidons a été placée aux pieds de ma copilote, les roues de secours ont été placées sur les sièges arrières, j'ai pris des notes sur quelles roues mettre à quels coureurs (entre le 9 et le 10 vitesses, entre Campagnolo et Shimano) et quels bidons donner à quels coureurs (certains utilisant des boissons énergétiques). Les roues étaient dans des housses de couleurs différentes afin de facilement les repérer, housses que j'avais préalablement ouvertes afin de ne pas perdre de temps en cas de besoin.


Le départ a été donné, je me suis engagé dans la file des voitures et j'ai profité d'une section un peu plus large pour remonter "à ma place". J'avais la voiture n°3 dans la file des directeurs sportifs, soit la 5ème voiture au total car il y avait devant nous deux voitures de l'organisation. 4 kilomètres après le départ, un de mes équipiers lève la main à l'arrière du peloton. Sophie a un sacré coup d'oeil car de loin elle a repéré que c'était une crevaison de la roue arrière. Je me suis garé proprement pour ne pas gêner les autres voitures, je suis descendu de la voiture aussi vite que mes blessures me le permettaient, je lui ai sorti sa roue sans perdre de temps (roue avant du côté avant de la voiture, roue arrière du côté arrière de la voiture; une bonne organisation, ça aide !), je suis remonté dans la voiture et j'ai tenté de redémarrer.

On est resté pendant près de 15 minutes sur le bas côté de la route. J'étais incapable de redémarrer. Mon équipier m'avait prêté sa voiture, 180 chevaux (soit le triple du nombre de cyclistes dans le peloton), 4 roues motrices (soit le quadruple d'un vélo), mais avec une boite automatique et une fonction d'auto stop/start du moteur. Après avoir touché à tous les boutons, avoir tenté 10 fois de redémarrer le moteur, j'ai fini par sortir le manuel d'utilisation de la voiture (qui se trouvait bien rangé dans la boite à gants). J'ai suivi les étapes une à une, avec mon calme caractéristique, et le moteur s'est mis à ronronner. Je suis reparti et j'ai "chassé" derrière le peloton pendant un loooong moment avant de revenir sur ses talons. J'ai repris ma place dans la file des directeurs sportifs, aucun coureur n'ayant eu besoin de moi pendant cette absence.

Le peloton de la première course a bouclé la première boucle de 28 kilomètres sans incident majeur. On est repassé sur la ligne de départ où attendait le peloton de la deuxième course, qui n'effectuait que deux tours de circuit au lieu de trois, en plus de la montée finale vers un barrage. A peine les voitures passées, ils ont lâché la deuxième course dans notre dos. Depuis le départ, dans mon rétro, je surveillais la remontée des motos de sécurité qui bloquaient les carrefour le temps que les coureurs et le convoi passent, puis doublaient tout le monde pour filer sécuriser le carrefour suivant. Au début de ce deuxième tour, j'étais surpris que les motards restent derrière la dernière voiture et ne doublent plus. D'un coup, en surveillant mes rétroviseurs, j'ai vu débouler derrière nous le peloton qui se rapprochait de plus en plus.

Je me suis retrouvé sur une route étroite et sans aucune possibilité de me ranger sur le côté (à cause de rochers), avec tout un peloton dans le coffre de la voiture qui me suivait et quelques coureurs qui tentaient de nous doubler. Un y est parvenu, il s'est mis juste devant moi (entre la voiture n°2 et la voiture n°3 que j'étais), un derrière moi (entre la n°3 et la n°4) et ensuite tout le peloton. Je me suis retrouvé pris au piège, incapable d'accélérer (impossible de dépasser le coureur), incapable de freiner (sous peine de provoquer un accident massif) et incapable de me ranger sur le côté. La galère. Après quelques minutes stressantes, le premier peloton a accéléré et le second peloton s'est essoufflé, j'ai pu doubler le coureur intercalé et tout est rentré dans l'ordre. Croyez-mois, ça a été chaud et c'était vraiment dangereux.

A la fin du deuxième tour, j'ai pris un raccourci me permettant de doubler le peloton afin de me positionner dans la bosse principale du circuit. J'ai cherché un endroit pratique pour passer les bidons : dans une ligne droite permettant d'être vu de loin, avec un bas-côté permettant de se garer sans gêner, en montée pour que les coureurs ne passent pas trop vite (passer des bidons à 30km/h est plus facile qu'à 50km/h) mais sur une section pas trop pentue (car prendre des bidons en danseuse n'est pas facile). J'ai trouvé ce que je cherchais, j'ai garé la voiture, Sophie et moi nous sommes répartis les bidons qu'on a pu distribuer à nos coureurs ... ainsi qu'à des inconnus qui nous ont rendu nos bidons au tour suivant.

On est resté à cet emplacement afin de redonner des bidons au cours de la montée finale : les coureurs savaient où on était, c'était donc plus facile pour eux d'anticiper la prise de bidon. On avait un coin d'ombre pour se protéger du soleil. Quand les coureurs sont repassé, on a de nouveau effectué une distribution impeccable avant de remonter en voiture pour suivre la fin du parcours jusqu'à l'arrivée. Hormis la crevaison, il n'y a pas eu d'incident pour mes équipiers.


Dimanche matin, contre-la-montre de 8,8 kilomètres

Le dimanche matin j'ai emmené les deux premiers coureurs au départ. Le timing a été serré, le premier coureur (Thomas) s'est changé dans la voiture pendant que l'autre coureur lui épinglait son dossard. J'ai déchargé son vélo en quelques secondes après m'être garé le plus près possible de la ligne de départ (toujours à un endroit où je ne gênais pas la circulation). Il est arrivé au moment où son départ venait d'être donné. J'ai ensuite garé la voiture sur le parking prévu, j'ai monté le vélo du deuxième coureur (Valentin) pendant qu'il se préparait et lui ai mis son dossard. Aucun doute, il fallait être bien réveillé ce matin car ça a été speed. Pour atteindre la ligne de départ avec un minimum de retard, tous les chevaux de la voiture ont été sollicités.


J'ai ensuite suivi les coureurs qui ont pris le départ, avec une paire de roue à l'arrière du véhicule et deux copilotes (Thomas et Valentin). Les départs des coureurs étant espacés d'une minute et les niveaux étant assez proches sur un effort de 13 à 14 minutes, il n'y a pas eu de soucis de coureurs à doubler ou voulant doubler. La fin de matinée à donc été plus calme.


Dimanche après-midi, étape en ligne de 80 kilomètres

La dernière étape avait lieu le dimanche après-midi sur une longue boucle de 80 kilomètres. Cette fois, les deux pelotons avaient un lieu de départ différent, le peloton des catégories 4 & 5 débutant l'épreuve aux alentours du 15ème kilomètre. On s'est tous rendu au départ du grand parcours, puis j'ai conduit les deux participants du petit parcours à leur lieu de départ. Au passage, le GPS m'a fait passer sur une route ressemblant plus à une piste pour 4x4 qu'à une véritable route. J'avais plus de chance de croiser un sanglier que de croiser un cycliste. J'ai déposé Thomas et Valentin puis j'ai préparé la voiture comme la veille : bidons aux pieds de ma copilote, roues sur les sièges arrière dans des housses de couleurs différentes (housses préalablement ouvertes, roue avant côté avant et roue arrière côté arrière du véhicule).

Comme la veille, les coureurs de la deuxième épreuve ont emboité le pas aux coureurs de la première épreuve après leur passage. Je suis resté quelques kilomètres derrière eux avant de prendre un raccourci me permettant de doubler tout le monde et de rejoindre le premier point de ravitaillement. Toujours accompagné par Sophie, on a effectué une distribution de bidons à nos coureurs. Une fois tout le monde ravitaillé, on a filé à un deuxième point (sur lequel on n'a pu ravitailler que le premier peloton) avant de rejoindre un troisième point de passage. Ce troisième endroit a été plus compliqué à trouver : la montée était sinueuse et j'ai eu du mal à trouver l'endroit parfait où passer les bidons. J'ai vu des personnes positionnées à des endroits où, à moins de savoir que la personne était exactement à cet endroit, il était strictement impossible pour un coureur de prendre un bidon. L'endroit que j'ai choisi s'est révélé excellent, le peloton ayant été morcelé en plusieurs groupes, les coureurs nous voyaient tout de même suffisamment à l'avance.

Une fois tout le monde ravitaillé, on est remonté en voiture et on a suivi le groupe contenant nos derniers coureurs jusqu'à l'arrivée. Il n'y a pas eu d'incident, on a donc rien eu d'autre à faire que de suivre en veillant à n'écraser personne (coureurs, spectateurs ou passeurs de bidons).


Conclusion

L'expérience au volant d'une voiture suiveuse a été assez sympa. Je ne me suis pas ennuyé et j'ai été heureux d'aider mes coéquipiers, non pas sur le vélo mais d'une autre manière. Je vous avoue que je préfère quand même le rôle de coureur, c'est là que je me sens le plus à ma place. Cependant, je ne suis pas contre le fait de renouveler cette expérience dans le futur.

jeudi 12 juin 2014

Crash test, juin 2014

Hier en fin de journée, je suis allé rouler dans les Monts d'or en compagnie de Julien et de Patrick. La température étant chaude, on dépassait une nouvelle fois les 30°, j'ai eu l'idée de partir dans les montées boisées des Monts d'Or. Je savais qu'on y serait au calme et au frais.


Après avoir retrouvé mes compagnons de route sur les quais, on est repassé devant chez moi pour effectuer l'ascension du Mont Thou via Saint-Romain. Une belle ascension, bien ombragée, offrant quelques beaux points de vue, sans aucune voiture ... mais au goudron granuleux. Oui, on ne peut pas tout avoir dans la vie.

Après cette première montée, on a poursuivi jusqu'au Mont Verdun afin de descendre sur Poleymieux via la base militaire. Si la montée est un calvaire quand il faut chaud (pas le moindre arbre apportant de la fraicheur), la descente ne gêne pas et permet d'aller chercher la montée "normale" qui elle est bien ombragée. Conformément à mes prévisions, on est arrivé au col de la croix de presles sans trop ressentir la chaleur, l'objectif était parfaitement rempli.


On a rejoint Limonest via l'ancien parcours de la Polymultipliée Lyonnaise. Patrick étant nouveau dans la région, ça a été l'occasion d'évoquer avec lui cette belle épreuve malheureusement disparue (comme tant d'autres), une épreuve que j'aimais bien car j'y jouais à domicile. On s'est arrêté prendre de l'eau à Limonest. La séance était presque terminée, une belle descente en direction de Chasselay nous attendait, avant de rentrer via les quais de Saône en bénéficiant d'un vent favorable.

J'ai commencé la descente en tête, comme souvent. Je me suis relevé dans un long virage en S car je savais que le vent y était latéral donc que je risquais de me faire déporter sur le côté, puis j'ai remis les mains en bas du guidon une fois sorti du virage pour aborder la longue ligne droite. Un bouchon de voitures se trouvait devant nous : elles étaient gênées par un tracteur et elles ne pouvaient pas doubler à cause d'un îlot central. La visibilité étant excellente dans cette immense ligne droite, j'ai décidé de passer de l'autre côté de l'îlot central et restait vigilant : le tracteur arrivait à la fin de l'îlot central et les voitures allaient se déporter pour le dépasser sans forcément faire attention à notre présence.

Une voiture s'est effectivement déportée, mais avant la fin de l'îlot central. Une route arrivant de la gauche, il y avait un trou dans l’îlot afin que les voitures puissent rejoindre cette route. La voiture m'a donc tourné dessus. Quand j'ai vu son clignotant et que je l'ai vu se déporter, c'était trop tard pour freiner. J'ai choisi l'option de passer le plus à gauche possible, en supposant qu'elle regarderait avant de tourner. Je ne pouvais pas la contourner par la droite puisqu'un panneau bleu était planté au milieu de l’îlot et m'empêchait de sauter dessus. Elle ne m'a pas vu, elle discutait et surtout elle ne s'attendait pas à ce qu'il y ait quelqu'un ici. Elle m'a coupé la route. Il m'a manqué moins d'un centimètre pour passer sans encombre, le coin de son pare-choc à effleuré mon pneu arrière, mais à plus de 50km/h ça a suffi pour me déstabiliser. J'ai fait un vol plané magnifique.

Si ça avait été une discipline olympique, les juges m'auraient mis 10/10 au critère esthétique de la chute. Une fois au sol, j'ai glissé sur le côté gauche la tête en avant, avant de glisser sur le dos puis de terminer ma course sur le côté droit avec les pieds en avant. J'ai bondi pour me relever, récupéré mon vélo à toute vitesse pour le mettre sur le trottoir en face de moi et récupérer mes affaires au cas-ou une voiture arriverait en face. Le vélo n'étant plus en état de rouler, le beau-frère de Julien est venu me chercher en camionnette et m'a ramené chez moi. Merci à lui.


De retour chez moi, j'ai été soigné par la soeur de Julien. Merci à elle. Le mondial de football commençant dans quelques jours, je bénéficie désormais de bleus, de blanc et de rouge sur tout le corps. N'ayant pas l'intention de regarder le moindre match, on pourrait également penser qu'il s'agit d'une forme de soutien à Arthur Vichot, qui s'est échappé avec son maillot de champion de France sur les routes du Critérium du Dauphiné.

Le bilan de ce crash test est à la fois léger et lourd. Je suis râpé sur une grande surface, c'est spectaculaire, mais aucune blessure n'est profonde donc ça ne fait pas spécialement mal. Ces blessures ne m'ont pas trop gênées pour dormir (ce qui devrait faciliter ma récupération) ni pour me raser ce matin, étendre la lessive ce midi et travailler toute la journée. Pour le matériel, c'est plus sérieux : le casque est mort (il a parfaitement joué son rôle protecteur), les gants et les chaussures sont bien abîmés, le cuissard et le maillot (ainsi que le sous-maillot) sont déchirés, les 2 poignées de freins sont râpées, la patte de dérailleur a cassée sec et la roue arrière est voilée.

J'ajouterai une mention spéciale à l'automobiliste et à sa fille, très choquées mais très correctes (elles sont restées jusqu'à mon départ, m'ont envoyé des sms pour prendre de mes nouvelles), et à un chauffeur de bus ... le seul être humain (sur la quinzaine de véhicules coincés dans le bouchon) a avoir pris le temps d'ouvrir sa vitre pour me demander si j'avais besoin de quelque-chose.

Bref, dans tous les cas, ça ne changera pas grand chose à ma pratique. Les accidents restent très rare et, comme dans toute activité, le risque 0 n'existe pas. En faisant les comptes, j'ai effectué 8 chutes en 10 ans de pratique. Je suis tombé deux fois en septembre 2005 dans le beaujolais (le même jour dans la même descente, mon vélo avait un problème), une fois en décembre 2006 dans la Dombes, une fois en août 2008 (dans la descente du barrage d'Emosson, ou sera jugée l'arrivée de l'avant dernière étape du Dauphiné ce samedi), une fois en novembre 2011 sur les quais de Saône (une voiture qui ne m'a pas vu dans un rond point), une fois lors du Tour de France 2013, une fois le mois dernier et enfin hier. Si cet enchaînement semble rapide, ce n'est pas lié à un changement de comportement de ma part : je reste prudent quand je fais du vélo, que ce soit à l'entraînement où en course. La statistique de 8 chutes en plus de 80 000 kilomètres et près de 10 ans montre bien que je ne suis pas un kamikaze.

lundi 9 juin 2014

La bataille des bidons

Je vous en avais parlé lors de ma journée à Oudenaarde à l'occasion du Tour des Flandres pro, j'avais été choqué par le comportement de certaines personnes collectant des bidons.

J'avais écrit dans mon article :  "En moins d’une minute, la glacière était vidée et son contenu par des enfants et adolescents. [...] j’avais l’impression d'être au milieu d’une horde de vautours dépeçant jusqu’aux os chaque proie (glacière) qui s’aventurait sur leur terrain de chasse. J’avoue ne pas avoir été très à l’aise dans ce spectacle où les personnes ne recevaient même pas un « merci / thank you / dank u »."

Lors de Liège-Bastogne-Liège pro, alors qu'une scène similaire se préparait, j'ai dégainé l'appareil photo pour réaliser une série de clichés illustrant mes propos. La scène se passe au sein de l'équipe Orica GreenEdge, la glacière arrive après les coureurs. Un mécano est déjà en train de nettoyer les premiers vélos au jet à haute pression.















Vous pourrez noter :

  • que le mécano reste imperturbable, il continue son travail comme si de rien était
  • que les 2 personnes de l'équipe qui ont ouvert les glacières se sont rapidement écartées
  • que les vautours étaient d'abord d'un côté de la glacière mais l'ont rapidement entourée, se penchant pour plonger directement leur main dedans afin de se servir
  • que certains ont déjà des bidons d'autres équipe dans la main ou, pour les plus prévoyants, dans des sacs

J'ai malheureusement loupé les photos d'une séquence encore plus incroyable : le tout premier bidon a être sorti de la glacière a été volontairement jeté au pied de l'arbre, en plein dans le jet à haute pression. Ce bidon ne sera resté au sol qu'une poignée de secondes : malgré la boue et la présence du jet, une personne s'est jeté dessus avant de filer sans demander son reste.