jeudi 9 juin 2016

Des paysages qui changent

Mon dernier article traitait des 100 000 kilomètres répertoriés sur mes différents compteurs. Cette distance a été répartie sur environ 12 ans. Pendant ce laps de temps ma pratique a régulièrement changé. Pendant ce laps de temps le paysage a régulièrement changé lui aussi.


Bien évidemment, chaque saison, le paysage change plus ou moins radicalement. Les étangs de la Dombes n'ont rien à voir les dimanches matins en hiver quand ils sont gelés et à la fin du printemps quand la végétation est abondante. La vivacité des couleurs des vignobles du beaujolais en octobre n'a rien a voir avec l'image de ces mêmes vignobles en mars quand le soleil du printemps illumine une terre rocailleuse nue.


Ces évolutions au fil des saisons sont naturelles. D'autres le sont nettement moins : en 12 ans plusieurs de mes routes habituelles ont été englouties par des projets autoroutiers ou d'urbanisme. A l'ouest de chez moi, la route des crêtes entre Sarcey et la cave de Bully n'avait pas la configuration actuelle avant la construction de l'A89 (ouverte en janvier 2013). A l'est de ma position, les travaux de construction de l'A432 (ouverte en février 2011) ont longuement coupé mes petites routes campagnardes dans le secteur du Mas Riller / Tramoyes. En partant rouler vers le nord, plusieurs routes ont changé de tracé récemment à cause de la création de l'A466 (ouverte en juillet 2015). A chaque fois, la majorité des routes sont ré-ouvertes et subissent des modifications mineures : un S, un tunnel, un pont ... mais le terrassement effectué autour est stupéfiant. Des millions de mètres cubes sont déplacés, les butes existantes sont coupées en deux et le surplus de terre part boucher des cuvettes qui existaient ...


Sur le front de l'ouest, un nouveau chantier a été ouvert. La liaison entre l'A89 et l'A6. Les travaux de terrassement ont débuté et coupent plusieurs de mes petites routes favorites. L'intérêt commun va primer sur mon intérêt personnel, c'est bien normal. Je vais devoir me trouver des itinéraires de substitution en attendant la fin des travaux et la réouverture de mes routes. En espérant qu'elles réouvrent, car à chaque fois je perds une ou deux routes qui sont définitivement coupées, un tunnel ou un pont coutant trop cher pour maintenir la desserte de champs sur une route empruntée seulement par des tracteurs et des cyclistes. Si j'ai plus de chance, mes petites routes bénéficieront d'un goudron tout neuf.


Les constructions d'autoroutes sont longues et spectaculaires, mais sont tout de même rares. En revanche, dans une métropole lyonnaise en pleine expansion démographique, les terres agricoles sont progressivement grignotées par l'urbanisme. Les champs sont transformés en lotissements ou en zones d'activités. Qu'il s'agisse d'entreprises ou d'habitations, le réseau routier s'adapte à ce nouveau flot de véhicules : des ronds points se créent ou s'adaptent, des feux-rouges apparaissent, des voies de dégagement viennent remplacer des fossés. Vu qu'il faut nourrir / coiffer / loger travailleurs et habitants, des commerces (coiffeurs, agences immobilières, boulangeries, ...) et restaurants poussent ensuite (ou en même temps) dans le champ en face. Et pour ralentir ce nouveau flot de véhicules, des équipements dangereux pour les cyclistes sont ajoutés : quilles en plastique, rétrécissements avec une margelle de 2 centimètres, ralentisseurs biseautés ... ou pistes cyclables avec de beaux piquets métalliques au centre tous les 300 mètres.

Combien de temps résistera l'ascension du Verdun face à l'urbanisation ?

En 12 ans, la ville a grignoté la campagne de manière spectaculaire si on compare le début avec la fin de la période. Pourtant au quotidien, ça bouge très peu. Un lotissement par ci, une zone d'activités par la ... ça semble incroyablement lent car la surface de la périphérie lyonnaise est très vaste. Comme la majorité des travaux se passent sur le côté de la route, on le remarque nettement moins que quand une route est déviée. Quand je vois à quel point le paysage proche a changé en quelques années, je me demande à quoi ressemblaient mes routes actuelles quand j'étais gamin et à quoi elles ressembleront quand j'irai faire du vélo avec mes enfants comme mon père l'a fait avec moi il y a 20 ans. Trouver où ont été prises certaines photos risque de ne pas être simple.

jeudi 26 mai 2016

100 000ème kilomètre

Ce mercredi, j'ai passé le cap des 100 000 kilomètres répertoriés sur mon carnet d'entraînement. Il m'aura fallu près de 140 mois, soit 11 ans et demi, pour effectuer cette distance.


Le premier entraînement répertorié dans mon carnet remonte au 23 octobre 2004. C'est à cette date que j'ai commencé une pratique régulière du vélo, sans pour autant chercher à m'entraîner. Mes racines de cyclotouristes viennent de cette période : rouler pour rouler, sans notion de temps, sans notion de vitesse. Rouler le nez en l'air. Mon endurance aussi date de cette période, puisque j'y ai effectué de nombreuses sorties au delà des 180km en montagne, à travers les cols des Alpes, des Pyrénées et du Massif Central.

Le maillot de l'ASBM en 2007, au col de la Bonette (2715m)

L'arrivée en club pour faire de la compétition s'est faite un an plus tard, à la fin de l'année 2005, au sein de l'ASBM. Les couleurs de l'époque étaient différentes : le jaune, le rouge et le bleu étaient déjà présents mais dans des proportions différentes. Les sponsors ont en revanche peu évolué, ils sont peu nombreux mais fidèles. Les longues sorties ont progressivement disparu, mais la vitesse de ces sorties a été augmentée. J'ai appris à rouler en peloton, à prendre des relais et à me placer en fonction du vent. Bon, pour le vent et le placement dans un peloton, bien que je sache où il faille être pour avoir le maximum d'abri, ça fait 10 ans que je ne suis pas à l'endroit parfait ... vous me verrez plus souvent sur le côté, à un endroit où je ne suis pas enfermé et où je peux esquiver les mouvements du peloton, quitte à prendre plus de vent.

Lors du cyclocross de Bredene, en décembre 2015

Sur ces 100 000 kilomètres, j'ai pratiqué plusieurs disciplines. La très grande majorité de la distance a été faite sur route, mais j'ai quelques kilomètres en contre-la-montre (individuel ou par équipes), quelques kilomètres en cyclocross, des kilomètres sur des VTT (de location, dans les Alpes ou à Majorque) et quelques kilomètres sur piste (sur un vélo de route, à Lyon et Roubaix).

C'est moi il y a fort longtemps

C'est une des raisons qui me poussent à aimer le cyclisme : il y a tant de pratiques possibles, tant de disciplines, tant de raisons de pédaler. On peut faire du loisir (cyclotourisme) ou de la compétition (à plus ou moins haut niveau), sur tout types de distances (du 200m sur piste jusqu'à l'ultra-endurance pouvant dépasser les 10 500km pour la plus longue épreuve du genre à travers la Russie), sur tous types de terrains (des rochers du BMX Trial aux pistes en terre du VTT, en passant par les planches en bois de certains vélodromes). Il y a des épreuves d'un jour en compétition et en randonnée, mais aussi des épreuves sur plusieurs jours (courses à étapes de tous niveaux, que ce soit en VTT sur la Cap Epic ou en cyclocross ou sur route, mais également randonnées à étapes comme l'Ardéchoise en France). Le vélo combine tellement de possibilités qu'il est difficile de ne pas y trouver son bonheur.

Au col de Joux Plane, en 2007 ou 2008.

mercredi 25 mai 2016

Championnat départemental FSGT

Ce dimanche avait lieu le championnat départemental FSGT, disputé cette année à Rancé. Ce parcours est utilisé chaque année début mars pour le prix de la ville ; Cette année les conditions avaient été difficiles sur l'épreuve de mars avec de la pluie, du vent et une température proche de 0°. Aujourd'hui, la pluie et le vent avaient également coché la date du 22 mai sur leur calendrier, comme l'ont fait les coureurs des départements de l'Ain et du Rhône.

Arrivé sur place sous un temps gris mais sec, il n'aura pas fallu attendre longtemps pour qu'une grosse averse ne vienne ouvrir les parapluies des spectateurs. La pluie m'incitera à faire un échauffement réduit à une quinzaine de minutes. Après un passage à la voiture pour y déposer le kway et le gilet jaune (obligatoire pour s'échauffer sur le circuit, toute personne ayant été commissaire sur un podium sait pourquoi), j'ai rejoint la ligne de départ à quelques minutes de l'heure prévue pour le coup d'envoi. Il a alors fallu attendre vingt minutes car des signaleurs n'étaient pas en place : même si ce n'est pas agréable d'attendre autant, c'est quand même mieux que d'attendre plusieurs heures aux urgences après s'être fait percuter par une voiture entrée à contre-sens à un carrefour non gardé. En attendant, avec mon coéquipier Fabrice, on a cherché la provenance d'un problème dans sa transmission ... problème qu'on aurait surement eu le temps de résoudre avant le départ si on avait su que le report durerait autant. Dommage.

Photo de Fabienne Balland

Une fois le départ donné, j'ai sauté d'entrée : c'est parti à fond et j'ai eu un problème pour enclencher ma cale. Dans les premiers kilomètres, avec le fort vent de travers, tout le monde était en file indienne ... j'étais 5 mètres en retrait, sans abri, à cause de mon mauvais départ. J'ai fait beaucoup d'efforts pour rentrer une première fois. Puis de nouveau beaucoup d'efforts pour rentrer une deuxième fois : devant moi Pedro manque de tomber quand un mec a voulu lui prendre sa place dans la file. Déjà tombé la veille, il lâchera prise. 3 kilomètres de parcourus et déjà 3 coureurs distancés ... j'ai lâché à mon tour peu après, respectant ainsi la règle du "1 coureur lâché chaque kilomètre" de ce début de course. A faire l'élastique sans jamais pouvoir m'abriter, je n'ai rien pu faire. Je me suis résolu à attendre le peloton de 3ème catégorie, parti quelques minutes après nous, et en ai ainsi profité pour refaire mon échauffement. J'aperçois Pascal T au bord de la route, je m'assure qu'il va bien (une chute est si vite arrivée); c'était juste une crevaison, à part une chambre à air (ou un boyau), des cales (4km à pieds, elles ont du souffrir !) et surement la déception de ne pas pouvoir gagner l'épreuve, il n'y aura pas de mal.

mercredi 18 mai 2016

Un peu de chrono

Dimanche, j'ai enfourché mon vélo de contre-la-montre. Si ce n'est pas la première année que je monte dessus au cours du mois de mai, habituellement mes sorties sur ce vélo sont faites pour préparer le chrono d'une course à étapes. Il n'y en aura pas cette année pour moi : je n'ai pas pu me joindre à mes équipiers qui ont fait les Routes du Bourbonnais le week-end passé, et ne pourrai pas non plus participer au Tour du Ronnais qui aura lieu début juin.


Le dernier bloc de courses sur route débute ce week-end pour moi, jusqu'à la fin du mois de juin. La forme est bonne, les entraînements ces derniers temps se passent très bien. J'enchaîne les exercices spécifiques et les séances de récupération. Les derniers tests montrent une progression dans toutes les filières d'effort (hormis le sprint) : +10% sur 5 minutes, +13% sur 20 minutes et +13% également sur une heure par rapport aux tests effectués 10 mois plus tôt.

Je pense d'ores et déjà à la suite : si je préfère ne pas courir sur route en juillet / aout (c'est un choix personnel, les courses traditionnelles et cyclosportives ne manquent pas dans la région pendant l'été), j'ai d'ores et déjà prévu mon calendrier pour les mois de septembre et d'octobre. Cette suite, comme d'habitude, sera axée sur les contre-la-montre. Mon amélioration sur les efforts de 20 minutes à une heure est donc la bienvenue, et j'espère poursuivre ma progression sur ces durées d'effort au cours des mois à venir.

Le fil conducteur de ma saison de chrono devrait être le challenge des contre-la-montre du Rhône, un challenge sur 8 épreuves que j'avais bouclé à la 4ème place de ma catégorie en 2014. En étant plus fort, j'espère monter plus haut dans la hiérarchie ... sans aucune certitude cependant, car depuis 2015 les coureurs de l'Ain ont intégré le comité du Rhône. Or, parmi les coureurs de l'Ain, certains ont de fortes aptitudes dans l'effort solitaire face aux aiguilles. A défaut de pouvoir monter sur le podium d'une épreuve en particulier, le niveau étant particulièrement relevé dans la région, je compte sur ma régularité pour monter sur un podium.

Le vélo de chrono devrait voir le macadam plus régulièrement que d'habitude. En tout cas, cette année, il est certain que je ne ferai pas comme l'an passé : j'étais monté sur ce vélo une seule fois avant le premier contre-la-montre ... et ce quatre jours avant l'épreuve pour vérifier que les vitesses passaient bien. Ca me permettra d'affiner ma position, notamment d'abaisser mon guidon comme me l'avait suggéré Tom Bossis l'an passé : s'améliorer physiquement c'est bien, mais si mon énergie est dissipée dans un mauvais aérodynamisme c'est dommage.

dimanche 15 mai 2016

Sorties d'encadrement du mercredi

C'est devenu un rendez-vous habituel des mercredis depuis à peu près 3 ans : les mercredis, j'encadre l'un des groupes de jeunes cyclistes du Lyon Sprint Evolution. Pour cette saison 2015/2016, je m'amuse à compter le nombre de mercredis passés à encadrer : j'en suis actuellement à 19 ... je devrais finir la saison à 25 ou 26. Sachant qu'il y a 52 semaines dans une année, ça fait un mercredi sur deux. Si on retire les semaines de vacances scolaires, pendant lesquelles il n'y a pas d'entraînement collectif organisé le mercredi, ça fait trois mercredis sur quatre.

(image d'archive, je n'en ai pas de récente)

J'avoue qu'en trois ans, j'ai appris beaucoup de choses. Sur le cyclisme d'une part, sur moi-même d'autre part. Lors des réunions entre éducateurs, je découvre également la face cachée de la vie d'un gros club. C'est passionnant, mais ça demande du temps et de l'énergie. Et encore, je suis très loin d'être le plus actif ni le plus investi.

Depuis 3 ans, j'alterne entre les groupes de différents âges. En général, je m'occupe du groupe des cadets mais il arrive qu'en fonction du nombre d'ados présents et des éducateurs, je m'occupe du groupe des minimes. Le groupe des juniors et espoirs est un peu trop costaud pour moi à l'heure actuelle (je pourrai suivre, mais pas me comporter en capitaine de route). Les groupes en dessous des minimes nécessitent un oeil que je n'ai pas encore acquis afin de leur apprendre à manier leur vélo et à se placer sur la route ... à partir de minime, l'apprentissage est plus axé sur le physique avec quelques bases de tactique. C'est passionnant pour moi de leur apprendre à se placer en fonction du vent, donc à détecter sa présence et sa direction. C'est intéressant de les séparer en deux groupes et de laisser chaque groupe choisir sa tactique, ou de leur demander de prendre des relais et de les laisser discuter entre eux du sens de rotation et de la méthode (une file ou deux files, relais courts ou relais longs, ...).

Au fil du temps, je me rends compte qu'être éducateur, c'est aussi être un modèle. Certes, ce n'est pas moi qui les fais rêver et ce n'est pas grâce à mes performances en Pass'Cyclisme qu'ils vont décider d'une future carrière professionnelle. Pour rêver, ils ont les professionnels actuels et l'ex-professionnel qui est en charge des entraînements au sein du club : Mickael Buffaz. En revanche, mon attitude sur la route forme la leur : ne pas répondre au téléphone qui sonne dans ma poche, ne pas m'énerver sur les automobilistes ne pardonnant pas l'écart d'un des adolescents, ne pas prendre de risques inutiles dans la circulation, redescendre chercher les derniers en haut d'une côte, porter des vêtements adaptés aux conditions météo ... des choses que je fais évidemment quand je roule seul, mais sur lesquelles je tiens à être exemplaire en présence de jeunes cyclistes. Ils feront ce que je fais par mimétisme, mes gestes conditionneront en partie les leurs.

formation de futurs commissaires pour la piste ?

Sur le plan personnel, j'ai aussi appris différentes choses utiles. Par exemple, j'ai appris à détecter les défauts des uns et des autres : entre celui qui bluffe en soufflant fort mais qui a encore une grosse capacité à accélérer, et celui qui au contraire ne veut pas montrer qu'il est en difficulté et tient absolument à rester dans les roues du groupe sans rien montrer, le coup de pédale ment rarement. Il y a des tics de pédalage qui ne trompent pas et qu'avec de l'expérience on finit par détecter. L'avantage de naviguer entre deux groupes d'âge, c'est que j'apprends à découvrir les aptitudes et défauts de ceux qui composeront le groupe cadet dans un à deux ans ... je vais pouvoir voir leur évolution sur une fenêtre de 4 ans en théorie. Les échanges avec les autres éducateurs après chaque entraînement me permettent d'être au courant de ce qui se passe dans les autres groupes, tout en apportant une analyse sur du plus long terme : ceux en charge du groupe des juniors peuvent ainsi avoir des informations sur le comportement d'une personne en cadet et en minime, voir benjamin. Chaque éducateur se retrouve concerné par ce qui se passe avant lui et ce qui se passe après lui, ce qui est enrichissant. C'est un travail de l'ombre nécessaire à un bon suivi des jeunes coureurs.


Sur le plan technique, j'apprends à m'améliorer également. Les plus jeunes cyclistes du club, sous le regard de leurs éducateurs, effectuent des jeux de maniabilité et d'adresse. Leurs compétitions tournent d'ailleurs en partie sur ces thématiques. J'ai longtemps cru que si je ne réussissais pas à tourner autour des cônes disposés sur le sol alors que les enfants les passent sans soucis, c'était lié à ma taille (et celle de mon vélo). Plus un vélo est grand, plus les roues sont éloignées l'une de l'autre, plus c'est compliqué de tourner autour de cônes serrés. Cependant, à force d'essayer, j'ai fini par tourner autour de ces fichus cônes. Il y a quelques semaines, des gamins de 10 ans se sont moqués de moi car je n'osais pas passer sous une barre en bois que j'estimais beaucoup trop basse. J'ai fini par essayer après avoir regardé comment ils faisaient, et c'est passé avec de la marge.

dimanche 8 mai 2016

Prix de Domsure / Championnat du Rhône FFC

Ce dimanche 8 mai, à 6h30 du matin, les routes étaient désertes quand j'ai quitté les alentours de Lyon pour me rendre à Domsure. Le réveil une heure plus tôt ne m'avait pas dérangé, j'ai l'habitude depuis septembre de me lever vers 5h45 deux à trois fois par semaine. J'étais calme et reposé, parfaitement réveillé au moment de prendre le volant; les 14° affichés dès 6h30 par le tableau de bord avaient tout pour me plaire.

Sur place, après avoir salué les coureurs que je connais, après avoir récupéré le dossard et la puce de chronométrage, je me suis équipé et ai fait un tour de circuit en reconnaissance / échauffement. Le vent s'était levé tôt lui aussi, j'ai rapidement constaté qu'il ne serait pas à négliger. J'étais plutôt content de sa présence, il venait durcir la portion la plus facile du circuit. En revanche je n'étais pas du tout content des sensations que j'éprouvais : je ne me sentais pas bien, mon organisme refusait de répondre aux sollicitations. Le calme ressenti depuis le réveil n'étaient finalement pas un bon signe : mon corps était en jour férié lui aussi donc se contentait de livrer le service minimum sans broncher ... mais ne semblait pas enclin à faire plus que ça.

J'ai pris le départ de la course, avec une vingtaine d'autres participants dans ma catégorie (Pass' 3/4), en me disant que ça irait surement mieux après quelques centaines de coups de pédale supplémentaires. Je me suis dit que les premières attaques me débloqueraient surement. De toute façon, j'étais présent et sur la ligne de départ j'avais autant de chances que chacun des autres concurrents au départ de gagner.

Le premier tour a été fait tranquillement, au train, sans attaques. J'avais initialement prévu d'attaquer dès la première bosse du premier tour, pour faire la sélection le plus tôt possible et durcir la course d'entrée ... mais vu les jambes du jour, ce projet est resté au stade de l'idée. Au premier passage sur la ligne, le speaker s'est moqué de notre vitesse ... il ne doit pas savoir que l'important ce n'est pas d'aller le plus vite possible mais de franchir la ligne d'arrivée en premier. Mieux vaut gagner à 35km/h de moyenne que finir 2ème à 40km/h.

Dans le deuxième tour, quand un coureur de l'AC Femin'Ain a effectué la première attaque du jour, j'ai été le plus prompt a réagir. Bon, j'ai ramené tout le groupe dans mon sillage, mais les jambes ne répondaient pas si mal. Quelques instants plus tard, j'ai de nouveau été le plus vif a réagir sur la deuxième attaque du jour, mais de nouveau avec tout le monde sur le porte bagages. J'ai regardé du milieu de peloton les attaques suivantes, surveillant ce qu'il se passait, mais sans trop de craintes. Je me suis dit qu'il fallait que je garde des forces pour placer une bonne attaque permettant de faire la différence plutôt que de m'user à sauter sur tout ce qui bouge. J'ai eu raison car personne n'a pu sortir.

samedi 23 avril 2016

Liège - Ligney - Liège

Voila plus de deux ans qu'un passage à vélo dans un village au nord-ouest de Liège me trottait dans la tête. Deux ans que je traçais des parcours un peu dans tous les sens pour l'inclure au cours de l'une de mes sorties, mais deux ans que pour diverses raisons ça ne se faisait pas. Le village en question ? Ligney, comme mon nom de famille. Un groupement de maisons dans la province de Liège, très proche de la frontière linguistique (entre les belges qui parlent néerlandais et ceux qui parlent français) dont on fait rapidement le tour, entre 500 et 800 habitants à vue de nez.


Aujourd'hui aurait encore pu être l'un de ces rendez-vous manqué de l'histoire. La faute à une météo capricieuse et un emploi du temps chargé. J'avais chargé 3 parcours possibles dans mon compteur : le premier partait de Ligney et se terminait au centre de Liège, le deuxième partait du centre de Liège et se terminait à Ligney. Le dernier, celui retenu, partait de Liège, filait sur Ligney et revenait sur Liège. Liège-Ligney-Liège, la veille de Liège-Bastogne-Liège. Moins de prestige, mais un symbole tout aussi fort dans mon cas.


Avant de me rendre à Liège, alors que je retirais le siège-auto (enfant) du véhicule de ma belle-mère car il m'empêchait de rentrer mon vélo dans le coffre, sa voisine de 80 ans est venu me surprendre. Elle ne n'avait pas reconnu et elle pensait que j'étais en train de voler le siège-auto. Elle m'a reconnu de suite quand j'ai levé la tête et s'est excusée, mais le geste était touchant : vu son âge et son état de santé, un simple coup d'épaule me suffit à l'envoyer à l'hôpital. Pourtant elle est descendue dans la rue. Mon ancien vélo, qui vit une retraite paisible en Belgique, semble être sous bonne protection.

A Liège, j'ai pris le départ depuis la place centrale où avait lieu la présentation des équipes. Le départ des professionnels sera donné à cet endroit demain. J'ai suivi les flèches jaunes d'ASO, immanquables car nombreuses et bien placées, jusque sur les quais de la Meuse. J'ai eu le droit à 8 kilomètres d'échauffement sur les quais bétonnés en 2 x 2 voies urbaines (coupées par des feux et limitées à 50km/h). Il n'y avait pas de circulation donc ça allait, mais franchement ce n'était pas les plus beaux kilomètres de ma vie. J'ai récupéré des participants au Liège-Bastogne-Liège Challenge peu avant le pied de la célèbre côte de Saint Nicolas. Dans la légende belge associée à ce personnage, il apporte des cadeaux aux enfants sages ... il apporte également de la douleur aux cyclistes fourbus. Pour ma part, tout juste échauffé et sans fatigue, l'ascension a été tranquille. La côte de Ans qui a suivi m'a indiqué que mes souvenirs n'étaient pas tout à fait exacts. J'avais souvenir d'un gros faux-plat montant ... mais une fois en bas de cette interminable ligne droite, j'ai compris que ce n'était pas du tout un faux plat. Il faut quand même s'employer si on veut la monter sur le gros plateau.

(enfin un virage après 17km de ligne droite !)

J'ai passé l'arrivée officielle de Liège-Bastogne-Liège (contrairement aux participants du LBL Challenge) et ai poursuivi ma route en direction de l'aéroport de Liège puis de Ligney. Sur le plateau, j'ai compris pourquoi l'aéroport était ici : on est entouré par des champs à perte de vue, quelques éoliennes et quelques clochers dépassent, tandis que l'ensemble du plateau est balayé par le vent. Ce dernier aide les avions à décoller et à atterrir, l'orientation des pistes donnant une indication sur les vents dominants de l'endroit (elles sont orientées dans l'axe des vents dominants).


Après l'aéroport, j'ai entamé l'une des plus longues lignes droite de ma vie. 17 kilomètres sans le moindre virage ni la moindre petite courbe. Je craignais cette ligne droite, j'avais peur qu'elle soit monotone, mais elle est plutôt bien passé. D'une part, par un effet de vaguelettes, je ne la voyais pas en entier mais uniquement jusqu'au sommet de la vaguelette suivante. Les champs bordant la route laissaient une vue dégagée au loin sur des nuages aux teintes variées. Les jeux de lumière étaient plaisants à regarder. J'avoue que sans ces éléments, ça aurait surement été pénible. La circulation était très faible et le goudron globalement bon, je n'ai donc pas eu à regretter mon passage sur cette route.