mardi 18 septembre 2018

Grimpée de la Croix-Régis

Samedi a eu lieu la grimpée "Condrieu - La Croix-Régis", dans le massif du Pilat. J'y ai participé pour la première fois, bien qu'il s'agisse de la 25ème édition de l'épreuve. Il est rare que je tombe sur une épreuve plus jeune que moi, la tendance étant à la disparition d'épreuves plutôt qu'à leur création.

Bien que situé au sud ouest de Lyon, il est rare que je m'aventure dans le Pilat. Les Monts du Lyonnais et le Beaujolais, respectivement à l'ouest et au nord de Lyon, sont suffisamment vastes pour que je puisse m'y amuser sans avoir besoin d'aller chercher plus loin mon bonheur. Je n'avais jamais emprunté l'itinéraire de cette grimpée, ni en totalité ni même un petit morceau. J'entrais donc dans l'inconnue du point de vue du parcours ... mais dans le parfaitement connu du point de vue physique. Une grimpée d'une vingtaine de minutes ressemble à une autre grimpée : on se met à fond et on y reste le temps nécessaire pour rejoindre l'arrivée.

Un dossard neuf, c'est rare

Je suis arrivé sur place, j'ai choisi mon heure de départ (car sur cette épreuve il n'y a pas de pré-inscription), je me suis changé puis j'ai enfourché mon vélo pour une première grimpée en reconnaissance. Ca m'a permis de prendre des repères, de constater les irrégularités de la pente, de regarder comment était le vent (défavorable tout le long), le goudron, les virages, ... bref, tout ce qu'il me fallait pour me rassurer et me permettre de me livrer pleinement. Le fléchage était vraiment bien, impossible de se tromper. En bonus, des panneaux indiquaient chacun des 5 derniers kilomètres et chaque hectomètre des 500 derniers mètres. En plus du repérage, j'ai profité de l'ascension pour m'échauffer physiquement.

Le Rhône en bas, les vignes en bord de route

La descente m'a permis de profiter du paysage : la route offre un panorama dégagé sur les alentours et plonge en direction du Rhône. C'était beau à la montée face aux collines, c'était encore plus beau à la descente face à l'horizon. La fin de la descente, donc le début de l'ascension, se fait dans les vignes de Condrieu (AOC). Tous les automobilistes les aperçoivent quand ils prennent l'A7 entre Lyon et Valence, juste après les vignobles de Côtes-Roties (AOC). Quand on est sur l'autoroute à cet endroit, on voit quelques petites routes qui grimpent droit dans la pente et on se dit qu'on aimerait pas les monter (ni les descendre) à vélo ... heureusement, ce n'était pas ces routes la qu'il fallait grimper.

Après la descente, quelques minutes de pause à la voiture pour me débarrasser du superflu, et me voilà parti en direction de la zone de départ. Impossible de la manquer : une multitude de barrières, un barnum jaune et des bâches publicitaires colorées matérialisaient l'endroit. Je me suis positionné dans le sas quelques minutes avant mon départ, j'ai regardé les 2 coureurs partant avant moi s'élancer, puis je me suis placé à mon tour et me suis concentré. Deux personnes devant moi à une minute d'intervalle, deux personnes à "chasser". Par chance, il n'y avait personne qui devait s'élancer derrière moi avant 5 minutes, donc personne pour me chasser.

J'ai pris un départ plus calme que la semaine dernière. J'ai immédiatement trouvé mon rythme de croisière et m'y suis tenu pendant les 3 premiers kilomètres à un peu plus de 5% de moyenne. La pente n'était pas parfaitement régulière, mais les variations de pente n'étaient pas trop importantes donc j'ai pu conserver mon allure sans soucis. J'avais bien fait de profiter du paysage avant que le chronomètre ne s'enclenche, car je n'ai rien vu du tout cette fois.

La partie vallonnée

Un peu après le 3ème kilomètre, une partie plus vallonée débutait. La route montait et descendait légèrement pendant un kilomètre et demi particulièrement exposé au vent. La vue étant dégagée, j'ai vu au loin les deux personnes parties avant moi et ai pu faire un pointage : déjà une minute de récupérée sur celle partie 2 minutes avant moi, et 15 secondes de récupérées sur celui parti 1 minute avant moi. A un tiers du parcours, c'était encourageant mais j'ai fait attention à conserver mon rythme de croisière : mon adversaire c'était le chronomètre, revenir sur eux trop rapidement et m'écrouler ensuite n'avait aucun intérêt.


Une petite descente rapide entre le panneau annonçant l'arrivée à 5 kilomètres et celui annonçant l'arrivée à 4 kilomètres, et me voilà reparti de plus belle. Désormais, il fallait grimper pendant 3,6 kilomètres à un peu plus de 5% de moyenne pour rejoindre la ligne d'arrivée. Au changement de pente, j'avais encore grignoté quelques secondes sur les deux personnes devant moi à qui il restait encore une bonne trentaine de secondes d'avance.

J'ai augmenté légèrement le rythme en sentant que la section légèrement descendante m'avait permis de récupérer un peu. Le panneau annonçant les 3 derniers kilomètres est arrivé, doucement. Les panneaux kilométriques en montée défilent toujours plus lentement que ceux en descente, malgré une grosse débauche d'énergie. J'ai doublé la cycliste partie deux minutes avant moi, puis après quelques coups de reins supplémentaires j'ai doublé à pleine vitesse le cycliste parti une minute avant moi. Les jambes et le coeur faisaient mal, il restait encore deux kilomètres et j'étais plus lent que mes prévisions, mais le fait de doubler d'autres concurrents m'a confirmé que je n'étais pas le seul à souffrir et que le vent faisait mal à tout le monde.

Je n'ai pas eu le temps de savourer longtemps mon plaisir de doubler : j'ai à peine eu le temps de vérifier que la personne ne s'était pas mise dans mon sillage que je voyais Anthony Cheytion me doubler comme une fusée. A plus d'un kilomètre de l'arrivée, il m'avait déjà repris les 5 minutes qui nous séparaient et vu sa vitesse en me doublant l'addition promettait de s'alourdir. Il me prendra finalement 5'52", son chrono lui permettant de remporter l'épreuve avec presque une minute d'avance (57") sur son plus proche challenger.


J'ai poursuivi mon effort sans me préoccuper de sa présence. Il a disparu tellement vite que de toute façon je ne l'ai pas vu longtemps. J'ai tout donné jusqu'au bout, le dernier kilomètre m'a semblé interminable. A chacun des panneaux placés tous les cent mètres dans les cinq cent derniers mètres, j'avais l'impression d'avoir parcouru deux cent cinquante mètres au moins. La dernière ligne droite ne semblait pas avoir de fin, j'ai explosé dans les cent derniers mètres. J'ai franchi la ligne d'arrivée et ai mis plusieurs longues minutes avant de récupérer. Aucun doute, je ne pouvais pas faire mieux. Mon temps de 25'44 m'a permis de prendre la 34ème place sur 66 participants. A la moitié du classement, comme la semaine dernière.


Après quelques minutes au sommet pour retrouver mes esprits et surtout ma lucidité, j'ai pu me lancer dans la descente. Je me suis changé, j'ai rangé mon matériel, j'ai rendu mon dossard puis je suis rentré chez moi. Je reviendrai avec plaisir sur cette épreuve car le parcours est sympa et qu'elle est très bien organisée. Le fléchage est excellent, aussi bien sur le parcours que pour les à-côtés (pour s'y rendre, pour la zone des dossards, ...), la sécurité est parfaitement assurée, la prise et le rendu de dossard est facile et rapide, les bénévoles sont accueillants, ...

Consultez mes données et le classement.

dimanche 9 septembre 2018

Grimpée de Chaussan

Ce samedi, j'ai participé pour la troisième fois à la grimpée de Chaussan, dans les monts du Lyonnais. Il s'agit d'un contre-la-montre en côte de 14,4 kilomètres, entre le village de Chaussan et celui de Saint-André-la-Côte, que les meilleurs avalent en 26 minutes.

Comme à chacune de mes précédentes participations, j'ai fait une première fois la montée afin de m'échauffer et de reconnaitre le parcours. J'ai fait le début de l'ascension en compagnie de Sylvain et de Shane, mais leur départ étant 20 minutes avant le mien ils ont fait demi-tour à mi-parcours. Les jambes répondaient pas trop mal. Après la descente et le passage par la voiture pour retirer le superflu, quelques accélérations plus soutenues m'ont permis de réveiller pleinement le corps et d'éviter que de l'acide lactique ne vienne me gêner en plein effort.

Je me suis rendu au départ dans les 5 minutes précédant l'heure prévue, après m'être assuré un quart d'heure avant mon départ que l'organisation avait bien la même heure que moi et qu'ils étaient dans les temps. Il m'est déjà arrivé par le passé d'arriver en pensant avoir 5 minutes d'avance et de me retrouver à partir dans la foulée car l'organisation était en avance. Il est aussi arrivé que l'organisation soit en retard et qu'il faille attendre 10 minutes en plus des 5 minutes d'avance que j'avais. Je préfère désormais toujours vérifier un peu avant et adapter la fin de mon échauffement en fonction du décalage réel.

Dans les 30 secondes précédant mon départ, je me suis rendu compte que j'avais oublié de remettre ma chaine sur le bon pignon. J'avais beaucoup trop petit puisque je venais de grimper une côte raide juste avant. Sans paniquer, j'ai changé de pignon et me suis reconcentré pour le décompte des 10 dernières secondes. Trois secondes, j'appuie sur la touche lap du compteur, deux secondes, une seconde, je lâche la barrière, TOP, j'écrase les pédales ! Une routine classique parfaitement maitrisée pour mon 53ème contre-la-montre.

En plein effort, merci à Thierry ou Solène pour la photo

Je suis parti un peu fort, comme presque tout le monde sur ce genre d'épreuve. J'ai tenté de me tempérer mais les jambes tournaient toutes seules. J'ai trouvé mon rythme de croisière au bout de 3 ou 4 minutes et ai continué ainsi jusqu'au sommet de la bosse de la première partie (3km à 5%). A la bascule, j'ai d'abord passé le gros plateau pour reprendre de la vitesse puis j'ai profité de cette section rapide (1km à -1%) pour boire un premier coup. Les occasions de se ravitailler sont rares, il ne faut pas les manquer.

J'ai poursuivi ma route, grimpant désormais en faux plat montant jusqu'à l'arrivée. 10 kilomètres à 2,3% de pente moyenne. Les quelques intersections étaient parfaitement sécurisées par des bénévoles efficaces dans leur travail et pas avares en encouragements. Un grand merci à eux, à la fois pour leur rôle de sécurisation et à la fois pour les petits mots d'encouragements. C'est toujours apprécié, même quand les jambes tournent bien et qu'on est pas (encore) en difficulté (pour le moment). J'ai également bénéficié des encouragements d'Hervé et d'Augustin, tous deux étaient présents sur le parcours sans participer à l'épreuve, puis de Sylvain et Shane qui ont donné de la voix en me croisant pendant qu'ils descendaient après avoir franchi la ligne.

J'ai connu mon traditionnel coup de mou au même endroit que d'habitude, autour de la 18ème minute à l'approche de la ville de Saint-Martin-en-Haut. Peu avant, un coup de sifflet dans mon dos à un carrefour m'a indiqué que le coureur parti une minute derrière moi s'était rapproché et devait être à moins de trente secondes derrière moi. Comme je faiblissais, je m'attendais à le voir revenir sur mes talons mais évidemment je ne l'ai pas attendu et ai tenté de maintenir l'effort le plus élevé possible afin de ne pas me faire rattraper. En tout cas, je ne comptais pas le laisser me doubler sans me battre.

Après le virage de Saint-Martin-en-Haut, j'ai retrouvé de la vigueur et ai pu reprendre ma marche en avant vers le sommet. A l'épingle à gauche, je n'ai vu personne derrière moi ... et n'ai pas entendu de coup de sifflet après mon passage. De quoi me conforter dans mon impression que j'ai réussi à bien gérer ce petit coup de moins bien. A l'occasion d'une grande combe, j'ai aperçu deux cyclistes au loin devant moi ... de la position de chassé, je suis devenu chasseur avec un point de mire devant moi. Bon, quand on est à fond et qu'on est pleinement concentré sur son effort, avoir un point de mire ne change pas grand chose. Le coeur et les jambes ne se multiplient pas, la route ne s'aplanit pas. Finalement, je ne reprendrai que treize secondes au coureur parti une minute devant moi et ne céderai que 9 secondes à celui parti une minute derrière moi.

Je termine au sprint la dernière ligne droite, enfin un sprint ralenti sur un braquet bien trop gros pour mes cuisses fatiguées. Je franchis la ligne en 32'31", ce qui me place en 32ème position dans le classement. Je mets une quarantaine de secondes de plus qu'il y a deux ans pour le même niveau d'effort ... sachant que j'ai 4 kilos de plus qu'il y a deux ans, ce qui équivaut justement à une quarantaine de secondes à ce niveau d'effort.

La courbe de mon effort : 260w moy (262w NP) pour 176bpm moy

Je suis satisfait de ma performance. Il faisait beau et bon, j'ai retrouvé des amis, le paysage (observé à l'échauffement) est très beau. Tout s'est bien passé. Avec les travaux d'habitation et le déménagement, j'ai une forte fatigue qui se lit aisément sur mon visage. Inutile d'être un expert pour le voir sur la photo prise quelques heures avant la grimpée :


Bref, je suis satisfait et rassuré sur ma condition physique qui n'a pas trop baissé ces derniers mois. La semaine prochaine, j'irai découvrir la grimpée de la croix régis, à laquelle je vais participer pour la première fois.

Consultez mes données et le classement.

mercredi 5 septembre 2018

Equipement pour le nettoyage / entretien de mes vélos

Dans cet article, je vous présente mes outils et accessoires utiles pour le nettoyage et l'entretien de mes vélos. Personnellement, je passe environ 30 minutes par semaine l'été (quand il fait beau et sec, c'est rapide) et environ deux fois une heure par semaine l'hiver (l'humidité, le sel, la boue) à nettoyer mes vélos. Etre bien équipé facilite grandement ces opérations de nettoyage et d'entretien.

1 - le pied d'atelier (Décathlon, environ 60€)
Le pied d'atelier me permet de nettoyer et régler mon vélo sans me baisser. Le modèle que j'utilise permet de régler la hauteur et surtout de tourner la zone en contact avec le vélo afin de tenir le tube horizontal ou vertical ou le tube de selle selon la volonté de chacun. Par exemple, pour mon cadre de cyclocross je ne souhaite pas serrer le tube horizontal car les câbles de freins et de dérailleurs passent ici.




2 - l'outil permettant de tenir le cintre (Park Tool HBH-2, environ 25€)
Pour éviter que la roue avant ne tourne toute seule pendant le nettoyage / les réglages, ce petit outil est bien pratique. J'ai très longtemps fait sans cet accessoire, la roue qui tournait ne me dérangeait pas beaucoup ... mais depuis que je l'ai, je m'en sers à chaque fois. C'est un peu comme un léger bruit de chaine : ça ne gêne pas pour pédaler, mais quand la chaîne est silencieuse c'est plus agréable.


3 - le chiffon de nettoyage (Muc-Off, environ 10€)
Depuis que je l'ai reçu dans la box Pédaleur de mars, il est devenu incontournable. Contrairement aux chiffons en tissu que j'utilisais avant, il n'étale pas les taches de cambouis. Il capte vraiment bien les poussières et salissures, qu'elles soient sèches ou humides. Le seul endroit où je ne l'utilise pas, c'est pour le nettoyage de la chaîne : cette zone est plus sale, je préfère garder un chiffon propre pour les zones à peu près propres et utiliser mes anciens chiffons pour cette zone sale. Il faut avouer que comme je nettoie mon vélo très régulièrement, il est généralement relativement propre.


4 - les produits de nettoyage
Mon kit de nettoyage comprend du bio-bike (Squirt, environ 20€ le grand flacon) qui me sert à nettoyer l'ensemble du vélo sauf la transmission, un nettoyant Muc-off spécifique pour la transmission, une brosse (Décathlon il me semble mais je l'ai depuis tellement longtemps que je n'en suis pas certain) que j'utilise pour nettoyer la chaine et la cassette, ainsi qu'un verre en plastique (qui lui aussi me sert depuis de nombreuses années) que j'utilise pour diluer le bio-bike avec de l'eau. Parfois, quand le vélo est parfaitement propre l'été, j'utilise aussi du polish en bombe pulvérisante : ça permet de mettre une petite couche de protection qui facilite ensuite le nettoyage du vélo.


5 - les outils réguliers
Bon, sur la photo, j'ai oublié l'outil le plus indispensable : le jeu de clés Allen. C'est pourtant l'outil le plus utile à tout possesseur de vélo. Pour ma part, je m'en sers même plus que des démonte-pneus, puisque je ne crève presque jamais.
Sur la photo, vous pouvez retrouver : le niveau à bulle (pour l'inclinaison de la selle et du cintre), le chargeur Di2, l'outil de clipsage / déclipsage des câbles Di2, une clé à pédales, un maillet (pour extraire le pédalier, c'est parfois utile), un outil de mesure de l'élongation de la chaine (je vérifie tous les mois au minimum, et quand j'approche du 0,75 je vérifie tous les 10 jours), un fouet et un blocage de cassette, de la graisse à roulements et deux outils pour démonter les boitiers de pédalier.


6 - les outils qui servent moins
Je sors rarement ma mallette à outils (BBB BTL-91, environ 180€), principalement car elle contient des outils que j'ai déjà unitairement en dehors de la mallette. La clé dynamométrique (BTL-73, environ 70€) est en revanche utile pour le serrage de la potence, du guidon et de la tige de selle.
La mallette contient : un fouet à chaîne, un démonte-cassette Shimano, des clés Allen 6 et 8, une clé à rayons, une brosse de nettoyage pour transmission, un jeu de clé Allen 4, 5 et 6 mm, un jeu de clé torx T25, T30 et T40, une clé à vis cheminée, un extracteur de manivelles Campagnolo, un contrôleur d’usure de la chaîne, une pince coupe-câble, un dérive-chaîne, une pince de serrage de maillons attache rapide et deux démonte-pneus acier/plastique. Sur la photo, il y a aussi quelques accessoires que j'ai ajouté dans une zone "vide" (sans outils).
L'avantage, c'est que quand je voyage tous les outils sont regroupés dans la mallette. C'est plus facile à transporter qu'un sac avec mes outils unitaires en vrac. Mais comme j'ai rarement besoin de bricoler quand je voyage, les outils sont encore très propres !



Voilà pour ce tour d'horizon de mon équipement pour l'entretien et le nettoyage de mes vélos.

jeudi 30 août 2018

Des chronos, sans grandes ambitions

La saison des contre-la-montre a repris le week-end dernier. Autour de Lyon, j'avais noté deux épreuves à mon calendrier : Saint-Cyr (près de Mâcon) le samedi, que j'ai utilisé ces dernières années comme course de reprise, et Trept (près de Bourgoin-Jallieu) le dimanche.


Ce week-end il y aura également la possibilité d'enchaîner deux épreuves, dont la traditionnelle épreuve de Corbas. Mais ce sera sans moi le week-end à venir, comme ça a été sans moi le week-end passé. Initialement, j'avais prévu de faire l'ensemble de la saison des chronos, mais j'ai été retardé dans ma préparation par des problèmes de dos tout le mois de juillet ... puis par des travaux d'habitation et un déménagement ce mois d'août. J'avais prévu de faire le plus gros de ma préparation en juillet puis de maintenir ma forme en aout pendant les travaux / déménagement, mais vu que je n'ai pas pu faire le gros de la préparation en juillet ni en août, le mois de septembre arrive sans que je ne sois vraiment prêt.

J'ai à peu près maintenu ma forme, roulant entre deux verbes du premier groupe : mesurer, protéger, porter, percer, clouer, visser, découper, scier, plier, couper, raboter, assembler, coller, reboucher, nettoyer, aspirer, ranger, emballer, déballer ... Ca n'est pas suffisant pour atteindre mon potentiel maximum, donc j'irai sur les prochaines épreuves avec l'unique objectif de tout donner et de me faire plaisir.

Les épreuves auxquelles j'ai participé ces dernières années subissent en 2018 une hécatombe. Les épreuves de Saint-André-de-Corcy, Saint-Georges-d'Espéranche, Saint-Bonnet-de-Mure, Chatillon-sur-Chalaronne et Taponas n'auront pas lieu cette année. Le championnat Rhône-Alpes FFC de contre-la-montre a disparu depuis plusieurs années. L'épreuve de Treffort a eu lieu fin mai. Du coup, le calendrier se retrouve clairsemé : certains week-end il n'y a rien à moins d'une heure et demi de Lyon ... et certaines journées, comme le 13 octobre, il y a deux épreuves aux portes de Lyon (la grimpée d'Yzeron et le gentleman caladois).

Bref, cette année, je ferai quelques chronos mais pour le plaisir, au plus haut niveau possible mais pas à mon meilleur niveau. On verra ce que ça donne, en espérant que la météo soit favorable.

jeudi 26 juillet 2018

Séjour au pied du Ventoux

La semaine dernière, j'ai passé quelques jours au pied du Ventoux. Affaibli par des problèmes de santé, je ne l'ai grimpé qu'une seule fois et ai profité des autres jours pour rouler au pied du géant de Provence sur des parcours moins difficiles mais splendides.

Après avoir retrouvé Nicolas, avec qui j'ai partagé mes 3 sorties du séjour, au centre de Bédoin nous avons filé en direction de Flassan. La route grimpe en douceur pendant 6 kilomètres et offre de beaux points de vue sur le Ventoux et les alentours; Il y avait peu de circulation ce matin la, c'était vraiment paisible. Après Flassan, 20 kilomètres de faux plat descendant nous ont permis de rejoindre Mormoiron puis le hameau de Serres sur de petites routes superbes, étroites et sans circulation. Des routes pour les vignerons je pense, sur lesquelles une voiture et un vélo avaient du mal à se croiser ... mais comme il n'y avait (presque) aucune voiture, l'étroitesse de la chaussée ne nous a pas gêné. Au milieu des vignobles, la vue était dégagée et nous pouvions admirer le paysage très loin autour de nous.

Au col de la Chaine, au fond les dentelles de Montmirail.

Après le hameau de Serres, nous avons poursuivi sur ces petites routes jusqu'à Beaumes de Venise mais sur un léger faux plat montant cette fois. C'est à Beaume de Venise que les choses sérieuses ont commencé : on a d'abord grimpé pendant 7 kilomètres jusqu'au col de suzette, puis 4 kilomètres plus loin nous avons atteint le col de la chaine. Jusqu'au village de Suzette, la route grimpe en fond de vallée et suit à peu près le cours d'un ruisseau. Sur la gauche, on a une vue imprenable sur les dentelles de Montmirail. Après Suzette, la route est à flanc de montagne, dans la roche. J'ai atteint péniblement le col : certes il était usant et pas si facile que ça, mais surtout car avec le dos et les cervicales en vrac, j'étais diminué et avais du mal à écraser pleinement les pédales. Ca m'a laissé plus de temps pour admirer le paysage, même si j'aurai préféré grimper légèrement plus vite et moins souffrir ... car pour grimper en 35 minutes, j'ai quand même du livrer bataille du bas jusqu'en haut.

A la sortie de Malaucène, en direction du hameau de Veaux

Après avoir posé chacun notre tour pour une photo, nous sommes repartis en direction de Malaucène. Pas pour y grimper la face nord du Ventoux, mais pour emprunter la route menant au hameau de Veaux et aux gorges du Toulourenc. C'était une route que je ne connaissais pas du tout, ça a été une agréable découverte. Enfin, agréable pour les yeux ... car physiquement, c'est une vacherie ! Ca monte et ça descend, le goudron est rugueux, on est constamment en prise. Mais que c'est beau. On change plusieurs fois de décor en quelques coups de pédale : on roule sur une route bordée de vignes avec une vue dégagée, puis subitement on plonge dans une gorge étroite bordée de pins et d'éboulis, avant que la route ne se cabre à nouveau pour remonter sur un plateau arboré. Prenez le temps de regarder sous le petit pont en traversant le Toulourenc, l'eau y est très belle. Puis prenez une grande respiration et appuyez fort sur les pédales car il faut désormais remonter en direction du col de Veaux.

Entrechaux 1 by JM Rosier.jpg
Par Jean-Marc Rosier from http://www.rosier.pro, CC BY-SA 3.0, Lien


Nous sommes rentrés à Malaucène par le village d'Entrechaux (et son château perché sur un pic rocheux). La route est belle et en petits vallons, c'est nettement plus facile que la route du hameau de Veaux mais il y a aussi nettement plus de circulation. Après avoir laissé Nicolas à Malaucène, je suis rentré à Bédoin par le col de la Madeleine, que tous les cyclistes ayant grimpé le Ventoux connaissent bien.

Borne de limite départementale entre la Drôme et le Vaucluse

Quelques jours plus tard, j'ai retrouvé Nicolas pour une sortie faisant le tour du Ventoux. De Bédoin, on a rejoint Flassan pour nous attaquer au col de notre dame des abeilles. De Bédoin, c'est 19,6 kilomètres d'ascension à 4,5%. Ce n'est pas très pentu mais c'est long et usant. A partir de Flassan, la route était déserte et nous grimpions entourés par une végétation de petits arbustes et buissons, permettant généralement de profiter de la vue sur les alentours. Quelques passages en forêt nous ont rempli les poumons d'odeur de sève de pin. Avec l'effort, les poumons se déploient pleinement et à un rythme rapide, permettant à un maximum d'effluves de venir titiller nos capteurs olfactifs. En voiture, avec un rythme respiratoire plus lent donc un volume inspiré moindre, les odeurs ressortent nettement moins. En arrivant au col des abeilles, nous étions déjà ravis de notre sortie. Nous étions loin d'imaginer que ce ne serait qu'une mise en bouche et que le reste de la sortie nous réservait plein d'autres belles surprises.


Dans la descente entre le col des abeilles et Sault

Quelques kilomètres après avoir franchi le col de notre dame des abeilles, la route nous a amené sur une magnifique descente à flanc de montagne nous permettant d'admirer un plateau de champs de lavande sur notre droite. On en a d'abord pris plein les yeux ... puis plein les narines un peu plus bas dans la descente, quand l'odeur de la lavande s'est mélangée à celle des pins. J'aurais aimé pouvoir capturer ce divin mélange d'odeurs. On a pris notre temps dans cette descente, les coups de pédale n'ont pas été nombreux. Bon, nous n'avons pas freiné non plus mais si on avait pu la faire durer un peu plus longtemps on ne se serait pas gêné.

En bas de la descente, il a fallu à nouveau pédaler pour grimper jusqu'à Sault. Nous avons rejoint un cycliste en tenue Astana, nous l'avons doublé, il s'est mis dans notre roue. A cause de mes soucis de dos et de cervicales, on ne roulait pas très vite mais on ne roulait pas comme des tortues non plus, surtout que je suis moins gêné dans les ascensions courtes que dans les longues. Le cycliste doublé est resté un petit moment dans notre roue, puis est remonté à notre hauteur, m'a regardé et dit "tu dois mettre gros plateau" avec un accent de l'est puis nous a attaqué. On l'a laissé filer. "Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin."

Aurel 

Montbrun les bains

La route entre Sault, Aurel et Montbrun les bains a aussi été un délice visuel et olfactif. Jusqu'à Aurel la route permet d'admirer les champs de lavande dans une vallée qui se resserre de plus en plus au fil des kilomètres. Après Aurel, on rentre dans une gorge rocheuse avec quelques "bulles" surprenantes où subitement la roche laisse place à de l'espace permettant à quelques habitations entourées de champs de s'épanouir, avant de se refermer et de redevenir un espace rocheux étroit.

Reilhanette

Un peu avant Montbrun les bains, on a tourné à gauche pour poursuivre notre tour du ventoux au plus près. On est passé au bord des villages de Reilhanette, de Savoillan, de Brantes puis de Saint léger du ventoux. Ce sont des villages minuscules, comportant respectivement 145,  77, 81 et 37 habitants en 2015 ! La route permet de découvrir l'envers du Ventoux, son côté qu'on voit rarement en photo ou à la télévision. Après Saint léger, une petite ascension usante de 3,6 kilomètres à 4,2% permet de fatiguer l'organisme et de plonger sur le col de Veaux. Pour coller au plus près du Ventoux, il aurait fallu tourner à gauche au col et prendre la route du hameau de Veaux pour rejoindre Malaucène, mais on a préféré rentrer par la route plus facile via Entrechaux.


L'envers du Ventoux, vu entre Savoillan et Brantes

Après Malaucène, le retour à Bédoin s'est à nouveau fait par le col de la Madeleine. Ce parcours, si un jour vous êtes dans le coin, je vous le recommande vivement. Si vous êtes plus en jambes que moi, je vous conseille de rentrer par la route du hameau de Veaux après Saint Léger du Ventoux. Notre version du parcours fait 90 kilomètres pour 1400m de dénivelé, la version que je recommande doit ajouter 2 ou 3 kilomètres et environ 200 mètres de dénivelé.

Le Ventoux vu depuis Saint léger du ventoux

Merci à Nicolas pour ses longs relais et nos interminables conversations. Dans un paysage superbe, en bonne compagnie, sur ces deux sorties j'ai oublié que j'étais diminué, que j'avais mal et j'ai profité pleinement de chaque instant. Si c'était à refaire, je referai la même chose. Sans hésiter !

Consultez le parcours de la première sortie et celui de la deuxième sortie.

jeudi 12 juillet 2018

Fin d'une 4ème année d'encadrement au LSE

Le 4 juillet, jour de la saint Florent, j'ai effectué ma 30ème et dernière sortie d'encadrement de l'année (scolaire) auprès des minimes et cadettes du Lyon Sprint Evolution. Cette année, j'ai accompagné un groupe de 7 jeunes cyclistes : trois cadettes, trois minimes et un cadet.


En cette quatrième année d'encadrement, j'ai eu l'impression de faire moins de travail tactique / technique sur route que les années précédentes. Le groupe est fort physiquement, les 3 minimes sont des minimes 1 (leur première année dans cette catégorie) mais sont probablement les plus forts que j'ai eu jusqu'à présent. Pourtant, on a majoritairement fait des séances d'entraînement physique et peu de séances tactiques. Ca me donne un défi pour l'année (scolaire) prochaine : trouver comment intégrer des leçons tactiques au milieu des exercices physiques.


Je repartirai en septembre pour une nouvelle année, de nouveaux enseignements à distribuer à ces jeunes cyclistes et à recevoir pour moi. Car j'apprends aussi d'année en année et, comme le bon vin, je m'améliore avec le temps.

dimanche 27 mai 2018

Nouveaux objectifs

La campagne de classiques ardennaises s'est terminée avec succès il y a un mois. C'était mon objectif principal de l'année. L'année sportive étant loin d'être terminée, je prépare désormais d'autres objectifs.


Après une période de récupération, j'ai repris l'entraînement spécifique afin de préparer les contre-la-montre de fin de saison. Les classiques s'étant terminées fin avril, le temps de récupérer je n'ai repris l'entraînement sérieusement que mi-mai. Me préparer en urgence pour des courses Pass'Cyclisme / FSGT de 70km en juin / juillet alors que je m'étais entraîné ces derniers mois pour des épreuves de plus de 200 kilomètres n'était pas très logique. Le délai de préparation était trop court pour une période de course assez restreinte. Dans la région, au delà de la mi-juillet, il n'y a presque plus d'épreuves Pass' et presque plus d'épreuves FSGT non plus.

J'ai donc fait le choix de préparer la saison des contre-la-montre, que j'affectionne tant. Mon programme habituel commençant fin août, ça me laisse 3 mois pour basculer des épreuves de 10 heures en endurance vers des épreuves de 20 à 30 minutes au seuil.

(montée au soleil couchant)

Entre temps, en juillet, il est possible que je m'attaque à un défi intermédiaire sur les pentes du Ventoux. J'ai prévu d'y retourner pour tenter de faire tomber la barre des 1h30 sur l'ascension depuis Bédoin. J'ai un record en 1h37 datant de 2013, que j'ai approché en 2015 (1h38 et 1h39) sans me mettre à fond car ce n'était pas l'objectif de mes sorties. La hausse de mon niveau depuis 2015 me laisse penser que je peux grimper en moins d'une heure et demi désormais si je me mets à fond. Si je reste plusieurs jours dans la région et qu'il y a une journée pas trop chaude, ce qui est rare en juillet, je pense également tenter le défi des cinglés du Ventoux (grimper les 3 faces dans la journée, soit 140km et 4400m de dénivelé). Je ne suis pas certain de le faire, car en y allant juste "au talent" (sur les restes de ma préparation aux ardennaises), je ne suis pas sur que ce soit une bonne chose. J'ai encore deux mois pour me décider.

Bref, j'ai hâte de battre mes records, qu'il s'agisse de celui du Ventoux ou de ceux des contre-la-montre !

jeudi 26 avril 2018

Quelques chiffres sur les Ardennaises

Mes récits des ardennaises se basaient essentiellement sur mes ressentis et les quelques chiffres présents dans les articles concernaient les distances parcourues ou restant à parcourir.

Voici un tableau récapitulatif des trois épreuves :


Je constate que les dénivelés sont nettement moins importants que ce qui était annoncé par les épreuves. Il manque environ 20% du dénivelé prévu. Les distances sont conformes aux road-book. En 8 jours, du matin du samedi 14 au soir du samedi 21, j'ai passé 25 heures sur mon vélo rien que pour ces trois épreuves.

Les chiffres sont sans appel : Liège-Bastogne-Liège est la plus longue et la plus vallonnée des trois épreuves. J'ai eu la chance d'avoir une belle météo tout au long de la semaine.

Ceux qui connaissent un peu l'entraînement par la puissance auront surement remarqué ma régularité sur ces 3 épreuves. 188wnp sur les 9h de l'Amstel, 188wnp sur les 5h30 de la Flèche puis 186wnp sur les 10h30 de Liège. Je ne m'attendais pas à atteindre des valeurs aussi hautes et aussi constantes.

Ces données sont issues de mes 3 fichiers disponibles sur Strava : celui de l'Amstel, celui de la Flèche et celui de Liège.

mardi 24 avril 2018

Liège-Bastogne-Liège, la dernière ardennaise

Ce samedi, j’ai participé à la 3ème ardennaise : Liège-Bastogne-Liège. La doyenne des classiques. La plus dure selon moi, toutes classiques confondues (flandriennes, ardennaises, italiennes et autres). J’avais déjà participé à cette épreuve il y a 4 ans, je savais donc plus ou moins à quoi m’attendre même si le parcours a été légèrement modifié. Je savais que c’est un gros morceau à aborder avec humilité.


Il y a 4 ans, j’avais logé au centre de Liège. Je n’avais pas beaucoup dormi, il y avait eu énormément de bruit toute la nuit puisque l’hôtel était situé dans le quartier festif de la ville. Cette fois, j’ai dormi un peu plus à l’écart de Liège, ce qui m’a permis de mieux me reposer. Vers 5h du matin, l’hôtel rempli de cyclistes est doucement sorti de sa torpeur. Le soleil n’était pas encore levé mais des dizaines de cyclistes se préparaient déjà en silence pour une longue journée de vélo. J’ai anticipé les bouchons cette semaine et n’ai pas eu de soucis pour me garer sur un emplacement autorisé, prévu par l'organisation. A 6h15, alors que les parkings officiels étaient à moitié remplis, des dizaines de voitures se garaient comme des sauvages en vrac.

J’ai récupéré une plaque de cadre et un dossard. Habituellement, sur les épreuves de ce type on nous attribue un numéro de dossard à l’avance (quand on est pré-inscrit). Certaines épreuves en profitent pour personnaliser le dossard et/ou la plaque de cadre avec le nom du participant. Ici, les numéros de dossards étaient attribués au fur et à mesure des arrivées : avec le ticket justifiant de la pré-inscription et du paiement, ils nous donnaient la première plaque de cadre et dossard qu’ils avaient sous la main. Le système offre des avantages comme le fait de ne pas avoir de file pleine pour récupérer un dossard entre 4000 et 4500 quand les files des autres séries de dossards sont vides, mais il ne permet pas de personnalisation. Il m’aura fallu une dizaine de minutes pour récupérer mon kit. Retour à la voiture, mise en place du dossard et de la plaque sur le guidon et me voilà en route vers la ligne de départ.


Les premiers kilomètres pour sortir de Liège étaient sécurisés par des signaleurs. Randonnée oblige, les signaleurs nous faisaient respecter les feux rouges. Dans le flot des cyclistes coupés par les feux rouges, qui se suivent en gros paquets, les cyclistes de tête ont une obligation de vigilance puisqu’ils guident le troupeau et que tout le reste les suit sans réfléchir. A un rond-point, ceux en tête de mon groupe se sont trompés de direction. Ils ont voulu revenir sur le parcours "normal" en remontant à contre-sens la voie rapide du quai le long de la Meuse. Prendre une deux-voies à 70km/h à contre-sens, c’était du suicide pur ! Les klaxons d’un camion lancé à pleine vitesse et les panneaux sens-interdit vus en levant la tête en arrivant sur le quai m’ont incité à ne pas suivre les meneurs du troupeau. Le cyclisme est un sport qui nécessite de lever la tête du guidon. Personne n’a été blessé mais ça a été chaud ! On a fait le tour du carré de maisons et repris le parcours prévu.


A la sortie de Liège, au kilomètre zéro des professionnels, commence la longue montée vers Chaudfontaine. Pour nous français cette ville n’est pas connue, mais pour les belges c’est une ville d’eau réputée. C'est l'équivalent belge de Vittel, que de nombreux français associent à de l'eau en bouteille mais ne savent pas forcément placer sur une carte. Dans l’ascension, j’ai remonté au train le long cordon de cyclistes. Quand on ne connaît pas cette ascension, elle surprend car elle est assez longue. J’ai géré l’ascension au train sans me soucier des gens plus lents ou plus rapides que moi. 275 kilomètres c’est long, celui qui se met dans le rouge au départ le paye plus tard. Au sommet, j’ai pris les roues d’un groupe qui roulait à bonne allure, ni trop rapide ni trop lent. Un long plateau puis faux-plat descendant nous a mené à Remouchamps, célèbre pour sa fameuse côte de La Redoute, que j’aurais à affronter dans 200 kilomètres. Pour ceux participants au plus petit des parcours, c’était ici que le retour vers le départ débutait.

mercredi 18 avril 2018

Flèche Andennaise Classic

Ce mardi, 3 jours après l'Amstel Gold Race, j'ai effectué la deuxième épreuve de la trilogie ardennaise : la Flèche. Si les professionnels partent de Seraing (à côté de Liège) et terminent au mur de Huy, les simples passionnés partent et terminent d'Andenne, à quelques kilomètres de Huy. Du point de vue de la logistique, c'est beaucoup plus facile de partir et de terminer au même endroit. Le parcours ressemble à celui des professionnels, une bonne partie des côtes prises par les meilleurs cyclistes du monde sont également empruntées par les cyclistes plus modestes.


La principale inconnue pour moi concernait ma récupération. Faire 150 kilomètres et 2000 mètres de dénivelé ne me pose aucun soucis, mais après le week-end épuisant au Pays-Bas je savais que je n'avais pas parfaitement récupéré. Il faut dire qu'après la version "toerist" de l'Amstel le samedi, j'étais le dimanche au bord de la route pour découvrir l'ambiance au passage des professionnels. Le réveil à 5h30 le dimanche matin, après être rentré à 21h le samedi (sans avoir mangé ni m'être douché), fait que la nuit a été courte. L'alimentation n'a pas été géniale le samedi puisque j'ai passé la journée sur le vélo, elle n'a pas été bonne non plus le dimanche. Mais la météo annoncée ce mardi me laissait présager une belle journée de vélo, peu importe le temps que je passerai sur le parcours.


Après avoir trouvé une place pour me garer sans trop de soucis (les parkings officiels étaient pleins mais le lotissement adjacent avait encore quelques places disponibles), je me suis rendu à la table d'inscription. Un bénévole a pris ma licence et a saisi mes données à une vitesse éclair. Le prix de l'inscription ? 4,50€ pour un licencié d'une fédération nationale (y compris étrangère, la licence FFC permet donc de s'inscrire à ce tarif) et 6€ pour un non-licencié. C'était moins cher que les 5€ réclamés pour se garer dans un champ boueux samedi sur l'Amstel.


J'ai retrouvé Aurélien (plus connu sous le pseudo de "dossard rouge") et son ami Pierre-Yves, tous deux venant de la région parisienne. Ainsi que François (un belge francophone) et Jef (un flamand), deux solides rouleurs avec qui Aurélien a l'habitude de faire des classiques printanières. Une fois que tout le monde s'est équipé, nous nous sommes lancés sur le parcours.

dimanche 15 avril 2018

Amstel Gold Race Cyclo


Ce samedi, j’ai participé à la version « toerist » de l’Amstel Gold Race. Le parcours recensait 17 ascensions dans le Sud-Limbourg, une étroite langue de terre néerlandaise coincé entre la Belgique et l’Allemagne.


Le réveil a été matinal. Le temps d’avaler le petit déjeuner, de charger la voiture et me voilà parti en direction du pays des tulipes. L’arrivée sur place a été compliquée : avec 15 000 participants, beaucoup venant comme moi par l’autoroute, la bretelle d’accès à Valkenburg était bouchée. Des signaleurs m’ont dirigé vers les parkings officiels, via un sens unique sur route étroite. A l’entrée d’un champ humide, un petit écriteau indiquait « Parking 5€ », ce que je n’avais pas anticipé. N’ayant pas de monnaie, l’organisation n’acceptant pas la carte bancaire et n’ayant pas la possibilité de faire demi-tour, je me suis embourbé pour traverser le champ et retrouver la route de l’autre côté. J’ai trouvé un hameau résidentiel, je m’y suis garé sans soucis à un emplacement autorisé, libre et gratuit. Ces bouchons et péripéties ont augmenté mon retard : je voulais me garer à 7h15 pour prendre le départ à 7h30, à 8h je n’étais pas encore garé.


J’ai rapidement sorti le vélo de la voiture, enfilé les chaussures puis le casque et ai rejoint la zone de récupération des dossards en suivant le flux de cyclistes. 15 000 personnes qui arrivent en même temps, on ne se sent pas seul ! Au bout de 500 mètres, je me suis rendu compte que j’avais oublié mes gants et que ma chaussure gauche ne clipsait pas dans la pédale. Deux jours plus tôt, je n’avais pourtant aucun souci.


J’ai retrouvé Arnaud, un ami lyonnais lui aussi inscrit à l’épreuve sur le grand parcours. On avait convenu de rouler ensemble, nos rudiments de langue néerlandaise ne permettant pas vraiment de faire la conversation avec les autochtones au cours des 10 heures de l’épreuve. J’ai récupéré ma plaque de cadre et mon dossard, puis nous nous sommes insérés dans la file de cyclistes marchant en direction de l’arche de départ. C’était impressionnant ce cordon humain continu, contenu entre deux barrières, marchant au pas.


Nous avons franchi la ligne de départ un peu avant 8h30, soit avec une heure de retard par rapport à ce que je souhaitais. On a directement pris un bon rythme pour tenter de prendre les roues du groupe devant, puis de celui encore devant, puis celui encore devant … on a sauté de groupe en groupe pendant deux heures, jusqu’au premier ravitaillement.


jeudi 12 avril 2018

Ardennaises : fin de la préparation

Le week-end dernier, j'ai terminé ma préparation sur La Bisou. Dans cet article, je vais revenir sur ces 5 mois de préparation en vue des ardennaises qui commencent ce week-end.


Le graphique ci-dessus montre ma charge d'entraînement par semaine. J'ai repris l'entraînement fin octobre après mon voyage de noces à New York (correspondant à la semaine de "trou" sans entraînement dans le quart gauche du graphique). On voit bien que ma charge d'entraînement a augmenté petit à petit, avec une exception la semaine de Noel qui a été assez légère.


Ma forme (la ligne bleue) a suivi la même tendance progressive : plus je m'entraînais, plus ma forme progressait. Ma fatigue (la ligne verte, plus elle est haute moins j'étais fatigué, plus elle est basse plus j'étais fatigué) est toujours resté raisonnable. Les plus attentifs d'entre-vous auront remarqué que le premier graphique, celui présentant ma charge d'entraînement, comprenait toutes les 4 semaines une semaine moins chargée que les précédentes qui permettait de récupérer donc de diminuer ma fatigue. Donc de repartir sur un cycle de 3 semaines encore plus intensives sans être déjà fatigué, permettant une meilleure assimilation des séances.


Pour ceux qui aiment les chiffres plus traditionnels, je vous partage mes temps de selle et mes kilomètres parcourus depuis le premier janvier.


Vous êtes nombreux à me demander si je me sens prêt. Comme tout cycliste, j'aurai aimé rouler encore plus et avoir encore plus de temps pour me préparer. Mais comme tout cycliste, j'aime voir le bout du tunnel et je suis content que ces épreuves arrivent enfin. Ma préparation a été correcte, j'ai réussi à m'entraîner presque autant que j'ai pu malgré des conditions météo pas toujours faciles, mes jours de légère maladie hivernale ne m'ont pas trop gêné. Je ne sais pas si je suis prêt à 100% mais je n'ai aucun regret sur ma préparation.

Je pense que mon niveau et ma préparation vont me permettre de me faire plaisir. C'est le plus important. Je ne suis pas à 30 minutes de selle près, ces épreuves n'étant pas chronométrées. Bien sur, 30 minutes de gagné ce sera 30 minutes de récupération en plus en vue de l'épreuve suivante. Mais 30 minutes de selle en plus, ce sera 30 minutes de paysage et de souvenirs en plus.

En effectuant ma dernière sortie ce matin, je me suis rendu compte que samedi en pédalant aux Pays-Bas j'allais rouler dans mon 4ème royaume (après l'Espagne, l'Angleterre et la Belgique) ce qui dépassera le nombre de non-royaume dans lesquels j'ai pédalé (la France, l'Italie et la Suisse). Au passage, connaissez-vous le point commun entre le drapeau de tous ces pays ? Ils comportent tous du rouge. C'est d'ailleurs le cas de tous les autres pays qui bordent la France continentale, puisque l'Allemagne, Monaco et Andorre comportent également du rouge sur leur drapeau.

lundi 9 avril 2018

La Bisou : 102ème

Ce dimanche, j'ai participé pour la 4ème fois à la cyclosportive "La Bisou". J'avais participé deux fois au petit parcours (qui était vraiment petit à l'époque, seulement 56km) et j'en suis donc désormais à deux participations sur le grand parcours, après une première en 2012.

J'ai souhaité prendre le départ de cette épreuve pour me faire une grosse séance d'entraînement juste avant les ardennaises. S'entraîner seul c'est bien, s'entraîner en petit groupe c'est sympa aussi, mais en compétition on se retrouve à faire des efforts à des endroits / moments auxquels on ne se serait pas mis dans le rouge seul (ou avec des amis). Par exemple j'ai pour habitude de concentrer mes efforts dans les ascensions, d'éventuellement utiliser l'approche précédant l'ascension si celle-ci est trop courte par rapport à la durée d'effort que je souhaite, puis de profiter des descentes pour me ravitailler et récupérer de l'effort accompli en montée. En course, la montée se fait évidemment tambour battant mais la descente ne permet pas de récupérer ... les moments de répit me sont imposés par le comportement du peloton et non par mes habitudes.

Au départ, avec Sylvain

Je me suis donc présenté sur la ligne de départ, après un court échauffement, sans grosse prétention. Je venais ici pour finir ma préparation, ne surtout pas prendre de risques (les ardennaises commencent samedi prochain !) et prendre du plaisir tout en produisant un gros effort. J'avais rendez-vous avec mon ami Sylvain, venu lui aussi avec le même objectif : lui est en préparation du Tour du Mont Blanc. On avait prévu de faire l'épreuve ensemble, on s'est retrouvé comme prévu et on a patienté en discutant dans le sas de départ.

Bien placés au départ, on a passé les premiers kilomètres neutralisés dans les 20 premières positions. Ce n'était pas toujours facile de garder ma place, mais comme le peloton était compact ceux qui voulaient remonter de l'arrière étaient coincés par ceux derrière moi ... et globalement tout le monde a été civilisé, je n'ai pas vu trop de personnes prendre des risques. Tant mieux. Ca a été un petit peu nerveux, mais j'ai des souvenirs bien pires de situations semblables. Quand le départ réel a été donné, le peloton s'est étiré ... il faut dire que les coureurs de la BAC, l'équipe de DN2 locale qui vient chaque année signer un triplé, ont envoyé leurs hommes à l'avant dès que la voiture ouvreuse nous a libérés. La course n'a pas mis longtemps avant de démarrer. Je me suis maintenu autour de la 25ème place, je suivais le peloton sans chercher à m'échapper mais sans chercher non plus à me faire distancer.

Un peu avant le 15ème kilomètre, la petite bosse de Revonnas a commencé le travail de sape : le rythme était soutenu, dans un virage les coureurs devant moi ont fait une vague et ont failli tomber (il y en a qui n'étaient déjà plus totalement lucides) et j'ai du faire un bel effort pour revenir dans les roues de l'avant du peloton. Je n'ai jamais aimé cette bosse, d'autant plus qu'à chacune de mes participations le peloton avait avalé plein gaz le faux-plat juste après la bosse et m'avait mis dans le rouge. Ca n'a pas manqué non plus cette année.