mardi 12 octobre 2021

Ascension de l'Alpe d'Huez

Vendredi, j’ai grimpé l’Alpe d’Huez. Je n’étais pas revenu sur cette ascension depuis 2013 et la 18ème étape du Tour.

J’ai toujours effectué cette ascension au mois de juillet, dans la chaleur (voir la fournaise), avec une végétation d’été, beaucoup de circulation automobile et des cyclistes par centaines. Un 8 octobre, nous étions peu de cyclistes et le paysage était bien différent : la neige recouvrait les sommets et les arbres portaient leurs couleurs d’automne. Je n’ai jamais trouvé de charme à cette ascension. Trop bruyante, trop fréquentée, trop chaude …

Ce vendredi, j’ai beaucoup apprécié cette montée ! Est-ce grâce à mes 8 années d’absence à cet endroit ? Est-ce lié aux couleurs d’automne et au calme d’octobre ? Est-ce lié au fait que j’y sois allé sans aucune pression, juste pour le plaisir ? Est-ce lié au peu de kilomètres que j’effectue à vélo en ce moment, qui me font profiter encore plus fort des kilomètres que je peux faire ? C’est probablement la combinaison d’un peu tout ça.

J'ai posé mon fils à l'école, ma fille chez sa nounou et me suis rendu à Bourg d'Oisans. Jusqu'à Grenoble, le ciel était très nuageux et il y avait parfois des bancs de brouillard. Je me suis dit que j'allais avoir une météo pourrie. Après Grenoble, le ciel s'est dégagé. La remontée de la vallée de la Romanche était très fraiche, 6° à peine, et sombre. Clairement, je n'aimerai pas y habiter.


Après un court échauffement dans Bourg d'Oisans pour rejoindre le pied de l'ascension, j'ai attaqué les choses sérieuses. Quand la pente s'est redressée, je ne me suis pas trop posé de questions et j'ai pédalé à mon rythme en prenant des photos.

La route était peu fréquentée, j'étais loin de la ferveur estivale. En un peu plus d'une heure d'ascension, j'ai doublé 4 ou 5 cyclistes, j'en ai croisé autant qui descendaient et n'ai pas été doublé. 10 cyclistes aperçus en une heure alors qu'au mois de juillet il faut moins de 20 secondes pour obtenir ce chiffre. Niveau circulation, il n'y avait pas de vacanciers donc la route était nettement plus calme qu'en plein coeur de l'été. J'avais la montagne presque pour moi. C'était génial.

J'ai fait beaucoup de photos et j'ai pris beaucoup de notes mentales, pour mon site cols-cyclisme.com. Ca m'a permis de mettre à jour le profil de l'ascension, afin de coller au mieux à la réalité. J'ai aussi beaucoup profité du paysage.

Comme je ne suis pas très entraîné ces derniers temps, mais que la forme revient petit à petit, j'ai pu me faire plaisir physiquement ... j'ai souffert mais je n'ai pas totalement subi. Avec mon braquet de 39 x 28, je m'attendais à peiner beaucoup plus dans les pentes les plus raides. Mais finalement, contrairement au Mont Ventoux depuis Bédoin qui est raide longtemps sans replat, ici la partie à plus de 10% ne dure que 2,5 kilomètres et les virages permettent de se refaire une santé. Mon poids autour de 58,5kg en ce moment a également dû m'aider à bien passer ces pentes au dessus des 10%.

J'ai atteint la ligne d'arrivée environ 1h10 après avoir traversé le rond-point à la sortie de Bourg d'Oisans. C'était exactement le temps que j'avais prévu. La portion chronométrée "officielle" débutant 700 mètres après le rond-point, je dois avoir un temps "officiel" autour de 1h06.

En haut, j'ai profité de la vue avant de redescendre. Le temps de manger une barre de céréales, de mettre mon coupe-vent, de faire des photos ... puis je me suis lancé dans la descente.

En descendant, je suis tombé sur un point d'eau potable qui n'était pas encore référencé sur le site eau-cyclisme.com. J'ai évidemment fait une photo et ai ajouté la fontaine d'huez sur le site le soir même.


J'ai filmé mon ascension et réalisé un montage décrivant l'ascension :

Le temps de retourner à la voiture, de me changer, de rentrer chez moi, de prendre ma douche, de ranger mes affaire, je suis allé récupérer mon fils à l'école. Pour lui, rien n'a changé et la journée a été normale. Moi, j'étais heureux d'avoir grimpé l'Alpe d'Huez dans des conditions météo splendides.

lundi 13 septembre 2021

Retour dans les Monts d'Or

Comme beaucoup, j'ai repris le vélo par des sorties plates. Pour retrouver des habitudes de pédalage sans forcer, pour que le coeur et les muscles se remettent en route progressivement.


Le plat c'est bien, mais ce n'est pas ce qui me fait vibrer. Et ce n'est pas ce qui fait vibrer le coeur de la majorité des cyclistes. En dehors de l'étape des Champs Elysées, les étapes les plus prestigieuses et les plus suivies par les spectateurs sont les étapes de montagne.

J'ai donc repris les sorties dans les Monts d'Or. Pour recommencer à grimper. J'irai plus tard dans le Beaujolais ou les Monts du Lyonnais, quand mon emploi du temps me le permettra. Ces Monts d'Or, je les connais par coeur mais chaque sortie est comme une découverte. Ces derniers mois je ne les empruntais plus à vélo, mais je les franchis plusieurs fois par semaine en voiture pour aller travailler. J'ai envié des dizaines de cyclistes quand il faisait beau. J'ai eu pitié de quelques autres en les voyant à la recherche d'un abri quand il pleuvait des cordes. Je suis content de retourner les arpenter à vélo pour le plaisir. Ca me fait un bien fou, ça me ramène à ce que j'aime : grimper.

Le week-end dernier, je me suis testé sur la montée de référence du coin : la course de côte entre Limonest et le Mont Verdun. Je me suis battu comme un lion pour me tester et me donner un premier point de repère sur mon niveau. J'ai mis 9 minutes à grimper. Autant pour récupérer une fois l'effort terminé. L'effort a été violent, mais j'étais content de retrouver ce sentiment d'avoir tout donné. Je me serai bien passé de la douleur, de l'envie de vomir, de l'acide lactique qui brûle les jambes et force à se rasseoir sur la selle alors qu'on aimerait poursuivre encore un peu en danseuse. Mais je suis content d'avoir une première référence, et content de voir que je sais toujours aller au bout de moi-même.


Ce week-end, je me suis offert une sortie avec 1000 mètres de dénivelé. C'était ma deuxième de l'année, puisque je m'en étais déjà offerte une en mai un jour de beau temps où j'avais voulu me changer les idées. Pour les atteindre ce week-end, je voulais prendre un parcours classique que je connais bien, mais la course automobile du Mont Verdun m'a forcé à revoir mes plans. J'ai changé d'itinéraire et ai fait au fil de mes envies, ce qui m'a amené dans le vallon de Rochecardon.

Ce vallon constitue une partie de mon itinéraire pour aller travailler, une petite route étroite, en pleine végétation, qui débouche d'un coup dans une grosse zone industrielle. Bon, puisque je n'allais pas travailler je n'ai pas fini dans la zone industrielle donc j'ai pris les différentes routes du vallon. Le chemin du bois (au lieu du chemin du petit bois, que je prenais régulièrement autrefois), le chemin vert et celui de Saint-André. Le calme qui y règne est impressionnant.


Le passage dans la ville de Limonest n'a pas été une partie de plaisir. L'odeur sortant des véhicules participant à la course automobile n'était franchement pas agréable. Les Monts d'Or sont présentés comme un poumon de Lyon, une réserve de biodiversité ... ce week-end, les animaux ont du souffrir entre le bruit et l'odeur. Mais d'un autre côté, est-ce que les marmottes du Galibier ne seraient pas plus tranquilles sans le passage de centaines de cyclistes chaque jour tout l'été ? Et je ne parle pas du passage des 7000 cyclistes de la Marmotte, la faune doit elle aussi souffrir ce jour la ! Qui peut affirmer que le passage des coureurs de l'UTMB n'a aucun impact sur la nature ?


Il va me falloir encore un peu de temps avant d'y arriver, mais je compte bien refaire un Conquistad'Or. 5000m de dénivelé dans mon petit massif que j'aime tant. 5 fois plus que ce week-end. Il va me falloir beaucoup d'autres entraînements, mais je sais que mon niveau d'antan va revenir et que je vais pouvoir le faire à nouveau. En préparation du Tour du Mont Blanc, ça me ferait une excellente sortie d'entraînement.

dimanche 22 août 2021

Nouveau départ

Me voici de retour ! 

Depuis plus d'un an, mes vélos ont pris de la poussière. Les pneus et les chaines se sont peu usés. Bon, les chaines se sont quand même encrassées avec la poussière, et la batterie du dérailleur Di2 s'est partiellement vidée de son énergie.


Début 2020, je préparais le Tour du Mont Blanc et jusqu'au 1er confinement tout se déroulait à merveille. 3000 kilomètres sur les 3 premiers mois de l'année, un niveau physique jamais atteint aussi tôt dans l'année et ce sans mettre d'intensité à l'entraînement ... le baromètre était au beau fixe. Comme la météo d'ailleurs.


Kilométrage mensuel en 2020

Puis le premier confinement est arrivé, avec son interdiction de rouler. 1 kilomètre et 1h autour de chez soi, ce n'est pas ce qui me plait dans le vélo. Mon activité professionnelle, comme pour beaucoup de personnes de mon secteur d'activité (l'informatique), a connu une vague immense.

La mise en place du télétravail, ce n'est pas juste fournir un ordinateur et un téléphone a des personnes. C'est aussi leur fournir des outils pour collaborer à distance, les assister dans l'utilisation, s'assurer que l'outil réponde bien aux besoins, éventuellement le faire évoluer ... puis gérer le retour au bureau du personnel, avec des versions de fichier différentes, des personnes restant en télétravail (plus ou moins) partiel donc des procédures et des outils à adapter. J'ai été submergé et n'ai pas eu le temps de m'entraîner.



Quelques jours après la naissance de ma fille

Le Tour du Mont Blanc a été annulé en 2020. Ca m'a arrangé, j'étais encore sous l'eau au niveau professionnel et je n'avais pas le temps de me préparer correctement. Mon deuxième enfant, une fille, est né pendant le deuxième confinement. J'ai été bien occupé en novembre et décembre.



Kilométrage mensuel en 2021

Ce début d'année 2021 a également été consacré à de très gros projets professionnels. J'ai travaillé dessus jours, nuits et week-end. J'ai peu dormi. L'édition 2021 du Tour du Mont Blanc a été annulée elle-aussi, ce qui m'a à nouveau arrangé. Avec 853 kilomètres au départ, je ne m'y serais même pas rendu.


Mon premier enfant, déjà passionné par les vélos ... et tout ce qui roule.

Avec 2 enfants en moins de 2 ans, les journées ont été bien occupées. Doubler le nombre d'enfants sans doubler le nombre de parents implique que les parents se retrouvent avec moins de temps pour d'autres activités. J'ai fait le choix de m'occuper d'eux au détriment de ma passion, mais je ne le regrette pas. Voir ses enfants grandir au quotidien est une source d'émerveillement. Le regard de mon fils quand je change les piles de l'un de ses jouets me donne l'impression d'être un super-héros venant de sauver le monde d'une pandémie mondiale. Ce même sentiment revient grâce au sourire de ma fille lorsque je lui donne une simple compote. Je ne suis pas certain que ce regard restera dans leurs yeux très longtemps donc j'en profite autant que je peux pour le moment.

En cette fin d'été, mes enfants grandissent et deviennent de plus en plus autonomes. Mes gros projets professionnels se terminent. Je commence à retrouver une vie plus proche de la normalité, je peux reprendre le vélo, il est temps de reprendre une activité physique.


Ces dernières années, j'effectuais 12000 kilomètres par an avec une régularité tout au long de l'année : environ 1000 kilomètres par mois, en hiver comme en été. Mon poids était très stable, entre 62 et 62,5 kg. Pendant la grossesse, j'ai pris 4 kg. Environ 6% de mon poids. Mais avec une activité physique en forte baisse, la prise de poids s'est accompagnée d'une diminution importante de ma masse musculaire. Après l'accouchement, je me suis repris en main et j'ai perdu 8 kilos. Les 4 kilos en trop issus de la grossesse et 4 kilos supplémentaires issus de la fonte de ma musculature.

Au niveau des cuisses, le changement est impressionnant. Mes cuisses flottent dans les cuissards que j'utilisais habituellement, et des cuissards que je ne mettais pas car ils me serraient trop au point de me couper la circulation sanguine me vont désormais parfaitement.


Au niveau cardiaque, mes sorties de ce mois d'août m'ont rapidement montré que mon corps n'était plus celui d'avant. Le coeur monte très vite au moindre effort et redescends tout doucement. Les ponts de TGV ou d'autoroute que je passais sur la lancée, en conservant le grand plateau, nécessitent désormais que je m'emploie pour les franchir ... et pas question de passer le gros plateau directement une fois le pont franchi, j'ai besoin de récupérer. Psychologiquement, bien que ce ne soit pas facile, je n'ai pas eu d'autre choix que d'accepter de repartir au bas de l'échelle.


Un dicton dit "on ne peut pas être et avoir été". Beaucoup l'utilisent dans le sens de la descente, pour dire qu'ils étaient forts et qu'ils sont désormais plus faibles. Oui, je ne suis pas apte actuellement à faire un nouveau Bordeaux-Paris. Non, je ne peux pas m'élancer aujourd'hui pour un nouveau Tour de France. Mais au cours des 15 années précédentes, j'ai connu des hauts et des bas. De très belles journées et des mois de galère. Une Haute-Route et des blessures. Ce dicton, pris dans le sens de la montée et en direction du futur, indique que je si je suis faible maintenant je peux être plus fort demain. "On ne peut pas être (faible) et avoir été (faible)". Je serai plus fort demain.



Pour le moment, je reprends sans plan précis. Je veux juste reprendre un rythme, des habitudes, du plaisir et ne pas me blesser. Bien sûr, j'ai toujours envie de devenir "cinglé du ventoux", bien sûr le mois de septembre propose généralement une météo agréable la-bas, mais ce serait aller droit vers un échec et une blessure que de vouloir m'y lancer. Ca peut sembler bête au vu de tout ce que j'ai effectué, mais mon objectif actuel est de faire une sortie de 100 kilomètres, en y prenant du plaisir.


Cette longue période sans activité régulière m'a permis de reprendre en ré-écoutant mes sensations. Mon compteur ne m'affiche plus que 4 données : l'heure, la distance parcourue, le temps écoulé et mon rythme cardiaque. Mon coeur montant haut très vite, je tiens à vérifier que le rythme soit normal par rapport aux efforts que je lui demande. Mon capteur de puissance SRM étant arrivé à bout de batterie, je viens de m'équiper des pédales Assioma Duo afin d'avoir des données pour mesurer ma progression ... données que mon compteur enregistre mais que je ne consulte pas en cours de sortie.


Entre ma variation de poids (-6% !), le changement de capteur (Assioma VS SRM) et surtout l'absence d'entraînement régulier, regarder les valeurs en direct pour essayer de savoir où j'en suis en plein effort est impossible. Sur ma sortie de ce matin, j'ai tenu 3 minutes à 200w alors que sur ma dernière grosse sortie avant le premier confinement en mars 2020 j'ai tenu 4 heures à 201w (NP). L'écart est brutal. Il est intéressant après la sortie, mais en cours de sortie les données ne sont pas comparables et ne sont pas exploitables pour calibrer des entraînements. Il faudrait faire un test d'effort dans les Monts d'Or pour mesurer de nouvelles valeurs qui serviraient de référence. Mais je n'ai aucune envie, pour le moment, de repartir sur des entraînements calibrés et millimétrés.

Je choisis de recommencer à rouler pour ce qui me semble le plus important sur un vélo : le plaisir. J'enregistre les données car je sais qu'elles me seront utiles dans le futur, mais je ne les utilise pas. Pas encore. Je roule au rythme qui me plait, doucement quand j'ai envie, et je donne tout dans une bosse si j'en ai envie. Bon, en vrai, quand j'ai envie de passer une bosse à fond je me rassois très vite sur ma selle et je regarde mes chaussures comme si j'étais dans le dernier kilomètre du Galibier.


Cette "pause" avec peu de vélo m'a également redonné l'envie d'écrire et de partager ce que je vis. Mon blog, très alimenté autrefois, ne l'était plus beaucoup ces dernières années. J'aimais bien écrire et j'y ai repris goût. Je me suis rendu compte que ça me manquait.


Promis, cette fois je ne vous laisse pas 14 mois sans nouvelles !