mercredi 2 avril 2014

Ultime reconnaissance des bergs du RVV

Ce mercredi midi, je me suis préparé un parcours afin de relier deux mythes du Tour des Flandres (RVV, Ronde Van Vlaanderen) : le Koppenberg qui sert d'épouvantail sur le parcours actuel et le Muur de Grammont qui servait d'épouvantail sur l'ancien parcours (de 1975 à 2011).

J'ai laissé ma voiture en Wallonie picarde et en quelques kilomètres je me suis retrouvé dans les Ardennes flamandes. Je me suis échauffé une trentaine de minutes sur de grosses routes pas trop pentues. La température était douce (une quinzaine de degrés) et un petit vent soufflait.

Le long de la route menant au pied du Koppenberg se trouvaient plusieurs bergs à emprunter samedi sur l'épreuve cyclo, dont 4 sur les 5 que je n'avais pas encore franchis, le 5ème étant justement le Koppenberg. Plutôt que de rouler sur les grosses routes, j'avais donc chargé sur mon GPS un parcours passant par ces bergs pour profiter de routes calmes tout en effectuant une reconnaissance. La technologie étant parfois capricieuse, mon GPS s'est mis à planter complètement avant le premier berg : l'appareil s'éteignait systématiquement dès que j'affichais la carte. Dans une région avec de minuscules routes de partout et tournant dans tous les sens, ça sentait la galère à plein nez !


Par chance, j'ai aperçu de grosses flèches roses comportant le logo du Tour des Flandres. Euréka, le parcours était déjà fléché ! Ca a été du pain béni, je n'ai eu qu'à suivre les grosses flèches roses tel le petit poucet suivant ses cailloux dans la forêt, avec en plus l'assurance d'emprunter le vrai parcours. Je n'avais plus qu'à me laisser guider.

C'est ainsi que j'ai enchaîné le Kanarieberg (un nom qui va bien avec la couleur des tenues de mon club), le Kruisberg et le Karnemelbeek. Seul le Kruisberg est pavé, les deux autres sont goudronnés. Frais ils s'enchaînent plutôt bien, mais samedi ils arriveront après 202, 210 et 216 kilomètres. Ce sera donc une autre histoire, je risque de les trouver nettement moins accueillants.



J'ai ensuite rejoint le Paterberg, que j'ai grimpé pour la troisième fois et dans lequel se trouvaient de nombreux photographes. J'ai été assez surpris car j'ai fondu rapidement sur l'équipe Lotto qui était en reconnaissance sur ce mont. Il est à noter que les barrières étaient déjà en place pour éviter que les pros ne grimpent dans la rigole d'écoulement des eaux, comme ils l'ont fait lors des épreuves précédentes (ce qui facilite considérablement l'ascension). C'est une bonne initiative, mais samedi certains cyclos risquent de maudire la présence de ces barrières.


Après quelques kilomètres de plat sur une piste cyclable dans un état impeccable, j'ai rejoint le pied du Koppenberg. Le Koppenberg est au Tour des Flandres ce qu'est la trouée d'Aremberg à Paris-Roubaix : un monstre sacré, un lieu qui fait peur et qui fascine en même temps, un endroit où la malchance sévit avec plus de virulence qu'ailleurs. Le Koppenberg en est surnommé "la salle des tortures", si le sujet vous intéresse je vous recommande la lecture de cet article très complet sur le sujet.

J'ai attaqué le Koppenberg comme j'ai attaqué les autres monts depuis le début : prudemment mais avec la ferme volonté d'arriver en haut sans trop subir. Au plus dur de la pente (22%) se tenaient de nouveau quelques photographes. Alors que j'arrivais lentement à leur hauteur, les pavés n'étant pas en très bon état et la gravité n'étant pas dans le bon sens pour m'aider à prendre de la vitesse, ils se sont tous mis à déclencher leur appareil photo. Je voyais bien que ce n'était pas moi qu'ils prenaient et je sentais que ma présence les gênaient. Un petit coup d'oeil derrière moi pour voir ce qu'il se passait, et je découvrais Tom Boonen grand sourire dans ma roue. Il m'a doublé tranquillement avec ses équipiers, je me suis mis sur le côté pour laisser passer sa voiture et j'ai poursuivi ma route normalement.



Voyant qu'ils ne roulaient pas plus vite que moi sur la partie goudronnée, je me suis glissé dans leurs roues pour profiter d'un peu d'abri face au vent. Ca n'a duré que quelques minutes, j'ai tourné à droite pour suivre le parcours cyclo tandis qu'ils ont filé tout droit pour suivre le parcours pro. Le parcours cyclo coupe de 2 ou 3 kilomètres pour éviter une grosse route. J'ai enchaîné avec le Steenbeekdries et ses 3 kilomètres de pavés interrompus (une vrai cochonerie ce truc, ça secoue dans tous les sens) puis avec le Taaienberg.

J'ai retrouvé dans ce mont les coureurs de l'équipe Quick Step et quelques photographes. Cette fois, Tom Boonen et ses équipiers étaient en plein exercice, même avec la meilleure volonté du monde je n'aurai pas pu prendre leur roue. J'ai poursuivi ma reconnaissance en suivant les flèches du parcours jusqu'au sommet du Kaperij. C'est ainsi que j'ai monté 8 des 15 monts du parcours de samedi, ce qui me permet de tous les avoir gravis au moins une fois avant le grand jour. Nul doute que je n'ai jamais été aussi bien préparé que pour cette épreuve.

Sans carte et sans trop savoir où j'étais, j'ai suivi mon instinct et je me suis servi du soleil pour me guider. Je savais que Grammont (Gerardsbergen) se trouvait à l'est de ma position, j'ai donc roulé sur une route en essayant de garder le soleil à ma droite vu qu'il était 14h (midi en heure solaire). En roulant à l'instinct, j'ai fini par arriver sur un panneau indiquant que Grammont était à 10 kilomètres. La route était un peu vallonnée et j'avais le vent de face, mais j'étais heureux d'être là et soulagé que tout se passe aussi bien depuis le début de ma campagne.



J'ai alors découvert le fameux Kapelmuur, le mur de Grammont en français, l'ancien juge de paix de l'épreuve. C'est ici que la course se jouait toutes les années, ici que les plus forts attaquaient et filaient définitivement vers la victoire. La montée n'est pas si dure que ça sauf dans les 300 dernières mètres : les pavés deviennent très mauvais, le chemin devient étroit et la pente y est à son maximum (20%). En haut, j'ai fait quelques photos de la chapelle et j'ai discuté avec des cyclistes locaux. Quand on me demande d'où je viens, que je réponds que je viens de Lyon, les yeux sont toujours grand équarquillés et la question suivante est systématiquement "et tu viens juste pour XXX ?" (remplacez XXX par un nom d'épreuve ou, dans le cas présent, par "le mur de Grammont"). Quand j'explique mon projet, les yeux deviennent encore plus grands, je me demande si je suis pris pour un type à moitié fou ou un type complètement fou.


J'ai pris de grosses routes pour rejoindre l'endroit où j'avais garé ma voiture. J'étais garé à Lessines, dans la partie francophone, mais je me trouvais dans la partie néerlandaise. J'ai suivi les panneaux "Lessen", par instinct et non par certitude, c'était ce qui ressemblait le plus phonétiquement. J'ai quitté les Ardennes flamandes et je suis retombé en Wallonie picarde.

J'ai mis fin à ma sortie après 80 kilomètres et 9 bergs. Je n'ai pas trop forcé afin de ne pas m'user à 72 heures de l'échéance. Je suis parfaitement prêt pour samedi, seul un incident mécanique pourrait m'empêcher d'aller au bout. Je connais chaque berg et chaque secteur pavé, j'ai la distance dans les jambes, mon matériel est adapté (il a fait toute la campagne de classiques à mes côtés sans le moindre incident).

Consultez mon parcours.


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