lundi 8 octobre 2018

Tour du lac de Paladru

Ce samedi a eu lieu le traditionnel Tour du lac de Paladru, un rendez-vous incontournable pour les spécialistes de l'effort contre-la-montre. L'épreuve rassemblant chaque année environ 250 participants, il s'agit de l'épreuve la plus prisée du calendrier Rhône-Alpin.

J'y ai participé pour la 7ème fois. Sur les 10 dernières éditions de l'épreuve je n'ai manqué ce chrono qu'en 2010, 2012 et 2017. Je commence à bien connaître le parcours, même si je ne parviens toujours pas à le dompter et qu'il me malmène à chaque fois.

Cette année, je participe aux différentes épreuves de fin de saison pour le plaisir, sans pression. La veille au soir, je montais des meubles en prévision de l'arrivée d'un enfant en fin d'année. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus reposant à la veille d'une épreuve. Le matin, avant de charger le vélo dans la voiture, j'ai porté des végétaux au point de collecte local de la déchèterie. Ce n'est pas ce qui est recommandé quelques heures avant une épreuve. Mais quand on vient avec pour seule ambition de s'amuser, ça n'a pas la plus grande importance.

Je me suis échauffé en effectuant un premier tour du lac, dans le sens de l'épreuve, avant les premiers départs. Je retrouve petit à petit ma routine d'échauffement habituelle, que j'avais un peu oubliée, même si cette fois j'ai été un peu pris par le temps et que j'ai été obligé de la raccourcir. J'ai rejoint la zone de départ environ 10 minutes avant l'heure prévue et j'ai fini mon échauffement à proximité après l'habituelle vérification de l'heure utilisée par l'organisation. Quand le concurrent me précédant est parti, à 30 secondes de mon propre départ, je me suis rendu compte que je n'étais pas sur un braquet adapté, ce que j'ai rectifié sans paniquer. Cinq, quatre, trois, deux, déclenchement du compteur, un, je lâche la barrière, PARTEZ !

Le départ était vent de face, je me suis retrouvé directement collé au goudron. J'étais tellement persuadé que la roue arrière frottait contre le frein que j'ai songé à m'arrêter pour vérifier pendant les deux premières minutes. Mais je me suis dit que sur 14 kilomètres et 20 minutes d'effort, un frein qui frotte légèrement allait me couter environ 30 secondes (2 secondes au kilomètre / 2,5% du temps) soit autant de temps que celui perdu pour freiner, s'arrêter, vérifier, régler le problème puis repartir. S'il y avait un problème, je n'aurai pas gagné de temps ... s'il n'y en avait pas eu, j'aurai perdu du temps inutilement. Comme je n'avais rien décelé à l'échauffement, j'ai préféré oublier la gêne et me concentrer pleinement sur mon effort.


J'ai passé les premières bosses du parcours en écrasant fort les pédales. Quand le vent est favorable ces bosses ne sont déjà pas faciles à aborder ; Avec le vent défavorable cette année, c'était encore moins évident. J'ai écrasé les pédales sans me poser de questions et en sachant que la partie "retour" serait plus facile cette année grâce à l'appui du vent. Autant lâcher les chevaux, se faire plaisir, mais tout en gardant à l'esprit qu'il faudra tenir 20 minutes.

A Charavines, le village au bout du lac, j'arrivais lancé à pleine vitesse dans la descente quand au rond-point à l'entrée du village une auto-école est restée plantée à l'entrée du rond-point. L'élève-conducteur a du se retrouver coincé entre les gestes du signaleur, les instructions du moniteur et ma présence dans son rétroviseur. Je n'ai pas voulu prendre de risques inutiles, j'ai préféré freiner fortement et attendre qu'il libère la route avant de passer. La poignée de secondes que j'ai perdues dans l'opération valent largement mieux que la convalescence après avoir percuté bêtement une voiture. Mon plaisir c'est de rouler sur deux roues, pas de rouler en boule sur le goudron.

J'ai fait un retour rapide vers l'arrivée. Mon meilleur retour du point de vue du chrono, un peu aidé par le vent. Mais surtout aidé par ma progression physique au fil du temps, le vent n'étant pas assez fort pour me ramener sans que je n'ai à fournir d'efforts. Par rapport aux autres années, où j'ai en mémoire la douleur de ces interminables faux-plat montants avec les jambes lourdes et un vent qui freine, c'était bien plus agréable cette année. Je livre une prestation solide par rapport à mes capacités du moment, même si dans les dernières minutes je n'étais plus pleinement lucide et que j'ai commis quelques petites erreurs. J'ai quand même retrouvé un éclair de lucidité juste avant le dernier virage, un bel angle droit sur la gauche à moins de 20 mètres de la ligne d'arrivée ... je suis souvent resté planté dans ce virage car je ne changeais pas de braquet. Mon éclair de lucidité m'a fait penser à changer de vitesse juste avant le virage, ce qui m'a permis de relancer proprement jusqu'à la ligne.

Je boucle l'épreuve en 20'54", soit 16 secondes de plus que mon record. Je suis 126ème sur 231 participants, soit mon plus mauvais résultat. Je ne suis même pas dans la première moitié du classement, ce qui ne m'était arrivé qu'une seule fois en 2013.



Je ne suis fait plaisir, j'ai tout donné et je n'ai pas de regrets. Merci aux organisateurs, qui comme chaque année ont fait un travail impeccable. Bien sur, certains humains font des erreurs et d'autres sont stupides, donc comme chaque année quelques participants ont mal vécu la cohabitation avec les autres usagers de la route, mais ce n'est pas la faute des organisateurs.

Consultez mes données et le classement.

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