mardi 7 juillet 2015

Arrivée du Tour de France à Huy

Lundi, j'ai eu l'opportunité de visiter les installations techniques de la diffusion télé du Tour de France. Arrivé sur place à 10 heures du matin, j'ai pu assister à la fin de la mise en place des équipements : des centaines de câbles étaient déjà installés mais il en restait encore un paquet à brancher. La zone technique de production ressemble à une ruche : des dizaines d'abeilles y tirent des câbles dans tous les sens afin de produire du miel des images qui seront diffusées dans le monde entier. Une fois tous les câbles tirés le goudron disparait quasiment sous nos pieds, c'est véritablement impressionnant ... et dangereux. J'ai vu plusieurs personnes se prendre les pieds dans des boucles, heureusement sans tomber.


A l'approche du direct, j'ai pu découvrir les outils utilisés pour l'affichage des données à l'écran des téléspectateurs : la distance restant à parcourir, l'écart entre les groupes, les villes traversés, les monuments filmés ... des pointeur sur une carte permettent à la régie de savoir où se trouve chaque caméra (motos et hélicos) et chaque monument préalablement repéré. D'autres écrans permettent de savoir à quelle distance de l'arrivée se trouve chaque moto, sa vitesse et d'autres paramètres qui ne sont pas souvent affichés à l'écran du grand public. Quand on regarde son poste de télévision, on n'imagine pas tout ce qu'il se passe en régie ni les difficultés qu'ils rencontrent.

(ça, c'était au début, il y en avait le triple à la fin)

Pendant la visite, nous avons vu une vieille dame déplacer les barrières restreignant l'accès à la zone technique. Elle est venue vers nous et nous as dit :
- Dis, tu sais où il est Gérard ? Je voudrais faire une photo.
- Gérard qui ?
- Gérard Holtz !
- Il n'est pas encore la, il est au départ pour le moment.
- Préviens-moi quand tu le vois et dis lui que Yvette veut le rencontrer. Le bourgmestre (NDLR : équivalent du maire) m'a dit de franchir les barrières pour venir le voir.


Cette vieille dame était un premier aperçu des gens qui se sont infiltrés dans la zone toute la journée. Il faut dire que la zone technique occupe une place de choix allant des 75 derniers mètres avant la ligne jusqu'à 100m après la ligne sur l'un des côtés. Le service de sécurité a eu fort à faire pour bloquer tous ceux qui ont "un copain juste la" ou veulent "juste jeter un coup d'oeil". Certains passaient quand même à travers les mailles de la sécurité, je les pensais donc plus futé que la moyenne ... mais le niveau de certains commentaires était atterrant. En voyant Jens Voigt faire des pompes pendant une coupure publicitaire, ils ont évoqué des restes de dopage qui nécessiteraient une fluidification du sang. Le poids de Nibali (63kg) a également été source de commentaires, son poids étant "physiologiquement impossible" selon eux pour sa taille (1m80) ... sachant que je fais désormais moins de 60kg pour la même taille que lui, il semblerait donc que je sois moi aussi à un taux qui (selon eux) me force à utiliser des produits pour ne pas me briser en petit morceaux au moindre choc. Enfin, le niveau des commentaires sur les hôtesses protocolaires qui passaient régulièrement dans la zone (car nous étions entre leurs loges et le podium) était particulièrement bas et déplacé. C'était même carrément vulgaire par moments.


Cependant, quelques mauvais comportements ne sauraient résumer l'ambiance qui régnait dans le mur de Huy. C'était festif et agréable. Il y a eu un tonnerre d'applaudissements quand la course a été neutralisée, puis des encouragements monstrueux lors du passage des coureurs. Le record de l'applaudimètre revient à Fabien Cancellara, tout de jaune et de sang vêtu, qui est très apprécié des belges. Il faut dire que l'amour qu'il porte aux classiques de début de saison fait de lui un presque-belge, le public local l'a désormais adopté comme l'un des siens.


Enfin, le monde du cyclisme est tout petit. En me promenant autour de l'arrivée, j'ai retrouvé David Moncoutié (qui habite à 30km de chez moi, mais que je croise à 800km de chez nous) et Eric Fottorino avec qui j'avais effectué le Tour de Fête il y a deux ans. Dans les paddocks, vous pourrez  discuter avec des dizaines de champions ayant mis fin à leur carrière il y a quelques années : Cedic Vasseur, Laurent Jalabert, Richard Virenque, Sandy Casar, David Moncoutié (...) pour les français, Jens Voigt ou Robbie Mc Ewen pour les étrangers. Les ex-coureurs se prêtent très volontiers aux photos et autographes, cette proximité avec le public est vraiment exceptionnelle.


Enfin, pour ceux que ça intéresse, voici ce que donne l'ascension du Mur de Huy en caméra embarquée et à vitesse "normale" :

dimanche 5 juillet 2015

Word Flandrien : des bergs et des pavés au menu

Dimanche matin, j'ai participé à la randonnée Word Flandrien, zigzaguant dans les Ardennes flamandes pour aller y chercher différents bergs et de longs secteurs pavés qui jalonnent habituellement les épreuves printanières.


Au départ d'Herzele, non loin de Ninove (l'ancienne ville d'arrivée du Tour des Flandres), le grand parcours faisait 110 kilomètres dont une quinzaine sur pavés. 6 bergs étaient répertoriés par les organisateurs, pourtant en réalité on en a grimpé une dizaine d'autres sans les prendre en intégralité. Avec toutes ces ascensions et tous ces pavés, le nom de l'épreuve était bien trouvé : Word Flandrien signifie en effet "devenir flandrien", elle offrait un aperçu assez complet ... d'autant plus que le vent caractéristique de la région était très présent et que la pluie n'était pas loin.


J'ai passé les 40 premiers kilomètres seul dans la campagne. Les routes étaient particulièrement étroites et sinueuses, j'aurai eu du mal à croiser un véhicule ... j'avais déjà du mal à doubler les quelques cyclistes présent sur l'itinéraire en même temps que moi. J'aurai bien aimé trouver quelques cyclistes pour m'aider à affronter le vent, à défaut de m'aider à affronter la gravité, mais il n'y avait pas foule sur le parcours. Du moins, peu de cyclistes mais des marcheurs qui coupaient régulièrement l'itinéraire en début d'épreuve.


Au bout de 40 kilomètres, j'ai enfin trouvé un compagnon de route : un cycliste portant le maillot de l'Ariégeoise ... au moins, avec lui, j'avais de grandes chances qu'il parle français. Ca a été le cas, nos discussions ont permis de faire défiler plus rapidement la vingtaine de kilomètres passés ensemble, avant qu'il ne coupe certaines difficultés me laissant ainsi seul au milieu des champs. Au passage, j'ai pu remarquer à quel point j'étais mauvais dans les portions sinueuses : les bergs et les pavés ne me posaient pas de soucis, mais les successions de virages me mettaient en retrait à chaque fois.


Dans les 40 derniers kilomètres, le vent a redoublé en intensité et l'orage me talonnait. Les fortes rafales me poussaient globalement, mais au gré des 10 000 virages (au moins !) de ce parcours sinueux, il arrivait aussi qu'il me crucifie ou qu'il me déporte dans le bas-côté. L'enchaînement des bergs et des secteurs pavés s'est intensifié, cette deuxième moitié de parcours étant plus exigeante que la première.


J'ai retrouvé avec plaisir les monts les plus célèbres : Vieux Quarémont, Paterberg, Leberg, Molenberg ... et moins de plaisir certains très longs secteurs pavés dont l'interminable Haaghoek, qui martyrise autant les bras que les fesses. A l'arrivée, j'étais aussi content de ne plus avoir à subir les soubresauts de mon vélo sur les pavés que de n'avoir pratiquement pas pris de pluie.


Je suis content de ma participation : le parcours était rude et beau, physique et technique. Il m'a rappelé de bons souvenirs, ceux de ma campagne des classiques flandriennes de l'année passée. Je regrette juste la faible participation, qui fait que je me suis senti (trop) seul la majorité du parcours.

Consultez mon parcours.

samedi 4 juillet 2015

Petit pavé deviendra grand

La sortie de ce samedi soir avait pour but, une fois la chaleur retombée, d'aller explorer le premier secteur pavé qu'affrontera le Tour de France mardi. Le secteur n'étant qu'à une dizaine de kilomètres de mon lieu de résidence temporaire, il était facile de faire une boucle passant par la.



Les routes étaient désertes, à l'aller comme au retour. Au vu des milliers de camping-car et caravanes belges que j'ai vu passer depuis le début du mois de juin sous le tunnel de fourvière, je pense qu'une moitié de la Belgique déserte le pays pendant l'été. Ca facilite la circulation, surtout à une heure où les gens sont habituellement chez eux. Pourtant, j'ai eu le droit à la traditionnelle voiture qui frôle et au traditionnel refus de priorité.


J'ai rejoint le secteur pavé par de belles routes au milieu des champs. J'y ai vu quelques moutons qui devaient avoir bien trop chaud sous leur laine, des vaches et des chevaux, ainsi que des gamins qui m'ont encouragé. Un champ d'éoliennes m'a indiqué que j'étais dans un secteur régulièrement balayé par le vent, ce que j'ai pu vérifier en me faisant pousser à l'aller et freiner au retour.


Le secteur pavé qu'empruntera le Tour est facile et sans danger. C'est un secteur luxueux, auquel j’attribuerai 4 étoiles pour le confort. Les pavés sont parfaitement joins, c'est large, il n'y aura pas de danger ici ... sauf si le vent est de travers comme c'était mon cas. Cependant, il est trop loin pour que des équipes décident d'y faire une bordure, ses 1800 mètres ne devraient pas changer le cours du Tour.


Sur le chemin du retour, alors que j'étais sur une route normale (et fléchée), je suis tombé sur un secteur pavé imprévu de 6 kilomètres. Le secteur a commencé en bon état mais a fini en chemin de terre défoncé par moment. Ca ne m'a pas posé de soucis, j'en ai vu d'autres surtout que c'était sec donc sans danger.


La Belgique offre des charmes particuliers, c'est toujours curieux de se retrouver sur des pavés au milieu de champs de betteraves sucrières. Pour moi qui n'en ai pas l'habitude sur les routes lyonnaises, c'est dépaysant et amusant. En revanche, pour ceux qui résident ici toute l'année, ça ne doit pas être pratique l'hiver ou les périodes humides : ça doit être glissant, stressant et ça oblige à nettoyer son vélo ... je comprend mieux pourquoi autant de belges pratiquent le cyclocross !

Consultez mon parcours.

jeudi 2 juillet 2015

A l'assaut de la citadelle de Namur et du mur de Huy

Ce jeudi, j'ai effectué une sortie sur les routes belges qu'empruntera le Tour de France dans quelques jours. Au menu du jour, la citadelle de Namur (unique ascension de l'étape n°4 de mardi) servait d'amuse-gueule avant que les 55 derniers kilomètres de l'étape n°3 servent de plat principal préparant le mur de Huy en dessert (arrivée de l'étape n°3).



En me rendant à Namur, un panneau d'affichage indiquait -60° alors que le compteur de la voiture affichait déjà plus de 30° à 10h. Je me demande comment on peut faire du vélo par -60°, mais cette température n'est pas courante en europe de l'ouest.



J'ai donc commencé ma sortie par la "route merveilleuse" montant à la citadelle de Namur. Sur la route et pendant l'ascension, j'ai inévitablement pensé à Ghislain Lambert, héros du film éponyme. La citadelle rime dans mon esprit avec ce personnage de fiction et avec le cyclocross qui s'y déroule chaque année avant Noël, bien plus qu'avec le Prix de Wallonie qui se termine la-haut.


Les abords de Namur sont plutôt moches, c'est gris et sale, ça ne donne pas envie d'y pédaler. Par contre, en arrivant vers la citadelle, la ville offre un autre visage en même temps qu'on prend de la hauteur. Vu du dessus, depuis les remparts, ça devient une jolie ville. Les pavés qui composent l'ascension sont magnifiques, dans un meilleur état que certains routes goudronnées sur lesquelles je m'entraîne autour de Lyon. Dans la deuxième épingle, j'ai reconnu le départ du cyclocross, habituellement particulièrement boueux mais dont le parcours devait être sec vu la canicule de ces derniers jours.


Après une descente sans danger, j'ai rejoint les bords de la Sambre puis ceux de la Meuse. Les anciens chemins de hallage ont été transformés en ravel (l'équivalent belge des voies-vertes françaises) qui permettent de pédaler tranquillement entre la rivière et la route. Le ravel entre Namur et Huy est généralement large et ombragé, particulièrement calme et agréable. En revanche, des sablonnières jalonnent régulièrement le parcours et forcent à passer sur un mélange de sable et de cailloux, parfois arosé afin de créer un revêtement glissant. Bref, j'ai craint à plusieurs reprises de crever mais cet espace était quand même plus sympa et bucolique que la route automobile.


A Andenne, j'ai quitté la piste cyclable qui longeait la Meuse pour rejoindre le tracé de la 3ème étape du Tour. Peu après la première des quatre ascensions du final s'est présentée sous mes roues. Ou plutôt, devant mon nez car le premier kilomètre est pentu ... mais rien d'insurmontable (surtout quand on grimpe ensuite le Mur de Huy). Tout le long de l'ascension, j'ai été convaincu d'être sur la mauvaise route : ça ne ressemble pas du tout aux routes empruntées habituellement par la grande boucle. C'était étroit, sur un goudron défoncé, avec des branches basses ... je ne sais pas comment va faire la caravane pour passer ici. Plus haut, la route était en travaux, des ouvriers étaient en train de refaire le goudron; eux devraient être dans les temps. Après vérification, je suivais bien le bon itinéraire.


En haut, je me suis retrouvé sur une sorte de plateau balayé par le vent. La traversée du plateau a été longue et difficile : c'était en réalité une succession de petits vallons particulièrement usants. Pour un peloton organisé et lancé à pleine vitesse, la difficulté sera moindre que pour moi qui étais seul face au vent. Le goudron était partiellement refait, les morceaux "anciens" étant plutôt en bon état. La ligne de sprint placée à Havelange aurait plutôt du être répertoriée comme une côte de 4ème catégorie, car il ne restera plus aucun vrai sprinteur.


Après les montagnes russes vent de face, j'ai apprécié de trouver un terrain moins escarpé et plus roulant avec un vent de travers n'entravant plus ma progression. J'ai profité de cette portion pour initier ma compagne (qui assurait mon assistance) au changement de bidon "à la portière". J'ai échangé 2 bidons vides qui contenaient de l'eau chaude contre deux bidons pleins avec de l'eau tempérée. Il faut dire qu'avec une température de 35°, le niveau d'eau dans les bidons baissait régulièrement.


La côte suivante m'a scié les jambes. Ce n'était qu'une côte de 4ème catégorie mais avec la chaleur et un début d'insolation j'ai eu l'impression que je grimpais le col du Glandon. La descente était une fausse descente puisque deux raidards la découpait. J'ai reconnu l'endroit où Philippe Gilbert est tombé cette année lors de la Flèche Wallonne, coupant le souffle d'une moitié du pays. Il faut dire que si le cyclisme belge ne se porte pas trop mal, le cyclisme wallon a plus de mal au plus haut niveau de l'échelle. Philippe Gilbert est l'arbre qui cache le désert (en World Tour). Pour ma part, pas de chute mais une vitesse ascensionnelle frisant le ridicule. J'étais en travers de la route, sans forces, mais encore lucide pour éviter les nombreux pièges et rester sur mes deux roues. Ce ne sera pas le cas de tous les coureurs je pense.


De retour à Huy, par 38° et avec les effets de l'insolation, j'ai préféré esquiver la montée de Cherave. J'ai attaqué directement l'ascension du chemin des chapelles, plus connue sous le nom de "mur de Huy". Vu mon ascension, à zigzaguer dans la pente malgré un braquet de 30x28, je propose de renommer cette montée en "calvaire de Huy". J'ai réussi à faire l'ascension sans mettre pied à terre, je m'attendais à ce que cette ascension soit pire que ce que j'ai eu sous mes roues. La première moitié est accessible, la deuxième moitié est en revanche un supplice à partir de la portion à 26%.



Je suis déçu d'avoir du écourter ma sortie à cause de la chaleur, car c'était un beau parcours physiquement et historiquement. Je suis également surpris par la portion qu'empruntera le Tour dans quelques jours : il n'y a aucune décoration et les routes sont mal entretenues.

Consultez mon parcours.

mardi 23 juin 2015

Reconnaissance de l'étape du Tour

Aujourd'hui, j'ai effectué une sortie en Maurienne sur un circuit basé sur le parcours de l'étape (cyclosportive) du Tour. Deux modifications cependant ont été apportées au tracé : le col de Chaussy a été grimpé par les lacets de Montvernier, puis le morceau de vallée a été coupé afin d'entamer l'ascension du col du Glandon directement après la descente du col de Chaussy.


Réveillé à 4h30 par la pluie, je me suis subitement souvenu qu'il y a presque 10 ans, fin juin 2005, j'avais pris le départ du BRA (Brevet de Randonneur des Alpes). Les 260 kilomètres pour 4600m de dénivelé effectués ce jour la (à l'époque l'épreuve partait du palais des sports de Grenoble) sont restés pendant très longtemps mon record. Malgré plusieurs sorties entre 220 et 240 kilomètres, il aura fallu attendre 2014 pour que je batte ce record à 2 reprises : 284km lors de Liège-Bastogne-Liège puis 622km lors de Bordeaux-Paris.


On est parti de Saint Jean de Maurienne en direction d'Hermillon. Le départ se fait sur une grosse route très large. Pendant 2,5 kilomètres, les cyclistes participant à l'étape du Tour pourront évoluer sans danger jusqu'au pied de la première ascension. On a pris des relais vent de face pour ne pas trainer sur cette grosse route, pourtant peu fréquentée quand on y est passé. A Hermillon, au lieu d'attaquer la montée vers le col de Chaussy prévue pour l'étape du Tour, on a poursuivi dans la vallée pour rejoindre Pontamafrey, pied des lacets de Montvernier.


Après un détour sur un chemin de terre pour éviter des travaux dans le village, on a attaqué la montée. C'est beau quand on approche, c'est un chef d'oeuvre technique dans la réalisation de cette route, mais une fois en haut j'ai trouvé que le tapage médiatique est démesuré. C'est une route étroite, tracée dans la falaise : quand on est dedans on comprend parfaitement pourquoi les spectateurs y étaient interdits sur le Dauphiné (et le seront également lors du Tour de France). J'avoue que même pour les voitures suiveuses, ça sera compliqué : si un coureur crève il aura du mal à être dépanné, l'ouverture de la portière bloquera les coureurs qui suivront et il sera impossible pour les voitures de doubler des cyclistes pour remonter vers un leader qui en aurait besoin. Les favoris passeront cette difficulté sur la plaque, mais en cas d'incident mécanique pour l'un d'entre eux l'addition sera très salée à la fin de l'étape.


Voici la vidéo de l'ascension :
A Montvernier, on a retrouvé la route du col de Chaussy que prendront les coureurs de l'étape du Tour. L'ascension jusqu'au col est longue et irrégulière : les passages roulants alternent avec d'autres qui le sont moins. La route est généralement large, les groupes de niveau pourront s'établir sans soucis, il ne sera pas trop compliqué de doubler les coureurs plus lents ou de se faire doubler par des coureurs plus rapides. Pour les amateurs de beaux paysage, l'ascension est très sympa : la route alterne entre pâturages, bosquets et falaises. Le ciel était couvert quand on est monté mais je pense qu'en plein soleil ça doit être encore plus beau. Les habitants ont fait de gros efforts pour la décoration, certaines maisons étaient très belles avec des vélos multicolores sur les clôtures, portails et/ou façades.


La descente est piégeuse : la route est étroite et sinueuse. Dans certains virages, les maisons sont placées en plein dans la mauvaise trajectoire donc certains habitants auront des cyclistes sur leur terrasse ou dans leur garage. J'ai effectué une descente très prudente, presque au ralenti, pourtant je me suis fait surprendre à plusieurs reprises. Les cyclistes qui se seront mis dans le rouge lors de l'ascension du col de Chaussy, qui aborderont la descente avec une lucidité réduite et autant d'adrénaline que de toxines, risquent d'y laisser des morceaux de peau. Deux petites remontées, pas bien méchantes, se passent sur la plaque sans trop de soucis. La fin de la descente s'effectue sur la route du col de la Madeleine, sur une route très large sans danger.


On a attaqué directement l'ascension du Glandon, sans passer la partie de vallée que devront effectuer les coureurs de l'étape du Tour. A part à ajouter des kilomètres en cours d'étape et à vendre un sprint bonification à une localité lors du passage des professionnels, je ne vois pas trop l'intérêt de cette section de vallée que nous avons évitée.


J'ai géré l'ascension du col du Glandon au train, comme je l'avais fait dans le premier col. Mes compagnons du jour ont filé tout doucement devant, le point de mire qu'ils m'offraient se camouflant tout doucement au milieu du paysage. La première moitié de l'ascension se fait dans les arbres et n'est pas très agréable. Le petit replat de Saint Colomban des Villards est le bienvenue pour relancer l'allure ou pour récupérer. On grimpe ensuite dans les alpages, la nature devient de plus en plus sauvage et minérale ... et la pente de plus en plus dure. les bornes kilométriques placée à chaque kilomètre indiquent systématiquement une pente entre 9 et 11%. La dernière fois que j'ai franchi ce col, c'était lors de la Haute-Route et j'avais mis pied à terre à plusieurs reprises, vaincu par la chaleur et des problèmes de genoux. j'ai pris ma revanche, grimpant jusqu'en haut sans me mettre dans le rouge sur mon 39x28. Cette ascension fait partie des plus difficiles de France (sur route) et je comprends pourquoi : la fin est terrible, les derniers kilomètres étant les plus pentus et ne passant pas sous les 10%.



Après 300 mètres de descente, on a attaqué la fin du col de la Croix de fer. Quand on a le vent dans le dos, comme ça a été notre cas, les 3 kilomètres d'ascension ne sont qu'une formalité. Si le vent souffle de face c'est plus compliqué mais comme la pente est régulière à 6% cette partie est loin d'être insurmontable. Au col, la vue sur les alentours est magnifique. Les cyclistes épuisés pourront se ressourcer psychologiquement avant d'attaquer la descente jusqu'au pied du col du Mollard. Cette descente a été endommagée au cours de l'hiver, j'espère que les nombreux trous dans le goudron seront bouchés avant le passage des cyclistes sinon il risque d'y avoir une multitude de gamelles et de crevaisons. Le paysage lors de la descente est magnifique, mais il est dangereux d'en profiter. Mieux valait s'arrêter au col (comme nous l'avons fait) pour en profiter pleinement, avant de profiter pleinement de la descente.


Au pied de l'ascension du col du Mollard, j'ai rencontré un cycliste belge préparant un reportage pour le site cycling.be, site très pratique quand on roule au pays des frites, des croquettes de crevettes et des pavés. J'ai passé toute la montée à discuter avec lui, dans un français impeccable alors qu'il est flamand. De manière générale, au fil de mes séjours la-bas, j'ai remarqué que les flamands parlaient souvent un très bon français, bien meilleur que l'anglais que la majorité des français baragouinent. La conversation avec lui (et avec eux en général) était fluide, le vocabulaire même très poussé était acquis. Bref, je n'ai pas vu le temps passer ! En revanche, j'ai bien senti que le pied était facile alors que les deux derniers kilomètres faisaient mal aux jambes.


La descente vers Saint Jean de Maurienne a été un véritable régal. Le goudron a été refait, la route est large et sans danger. Les courbes s'enchaînent avec une bonne visibilité et aucune circulation. Cette section était très plaisante, j'adore ces courbes serrées qui s'enfilent les unes à la suite des autres et qu'on passe en balançant le vélo tantôt à droite, tantôt à gauche, dans un mouvement de balancier fluide. A la fin de la descente, un petit morceau de faux-plat montant ramène vers Saint jean de maurienne et vient rappeller qu'il va falloir pédaler pour se hisser jusqu'à La Toussuire.


A Saint jean de Maurienne, nous avons perdu un élément. Nous étions 5, nous ne sommes monté qu'à 4 à La Toussuire. Les premiers kilomètres sont horribles : la pente est à plus de 8%, sur une grand ligne droite au milieu des arbres. La seule vue qu'on a, c'est du macadam (refait à neuf ici aussi) et des arbres moches. La suite de l'ascension n'est pas beaucoup mieux, la montée n'étant pas spécialement marrante ni très belle. On a fait une petite erreur de parcours : on a grimpé directement vers le village sans faire le détour par Villarembert mais ça ne change pas grand chose. J'ai fini l'ascension au courage, car j'avais surtout envie de faire demi-tour et d'en finir avec cette montée. Par principe, j'ai tout de même continué jusqu'au panneau d'entrée dans la station, où j'ai retrouvé mes compagnons du jour pour savourer rapidement la réussite de notre défi du jour.


Le retour vers la voiture n'a été qu'une formalité. On était tous très content d'en terminer après 7h de selle et 4200 mètres de dénivelé. Pour ma part, j'ai fini rincé : ça fait 1 mois que je ne roule presque plus, me contentant de 50 kilomètres le mercredi et 70 le dimanche. Le manque d'entraînement, sur ce genre de sortie, ça se ressent très rapidement. J'ai compensé cette lacune grâce à mon expérience et à ma connaissance du terrain, mais mes compagnons du jour ont tout de même eu à m'attendre en haut de chaque col. Sans cette gestion de l'effort, ils m'auraient attendu nettement plus longtemps en haut du Glandon et je pense que je n'aurai pas atteint La Toussuire.


Merci à Mathias, Marc, Maté et Jean-Luc pour leur participation et leur bonne humeur. Et pour m'avoir attendu également. Bon courage à tous les participants de l'étape du Tour, un beau parcours vous attends.

Consultez notre parcours.

samedi 20 juin 2015

4 mariages, 1 entraînement

Au cours de l'entraînement ce samedi, j'ai croisé quatre mariages. Le premier était devant une mairie, les 3 autres devant des églises.


Quand on s'entraîne, certains signes permettent de savoir facilement la saison : quand les cyclistes se font rares et se cachent derrière d'épais vêtements, c'est qu'on est en hiver. Quand on croise des voitures bruyantes à pompons et que nos papilles gustatives s'éveillent à l'odeur d'un barbecue plus appétissant qu'une barre de céréales, généralement accompagné par des boissons plus attractives que les boissons énergétiques, c'est qu'on est en été. Quand on croise un mix de cyclistes parfois très habillés et parfois très découverts, c'est qu'on est au printemps ou à l'automne.


J'ai commencé par une traversée des Monts d'Or par la rocade. A 13h30, les routes étaient désertes. Je n'ai relevé aucun incident en près de 4 heures, ce qui est assez rare. Rien à enregistrer dans les statistiques que je tiens depuis le début de l'année. En franchissant l'autoroute en bas de Limonest, j'ai quitté les Monts d'Or et je suis rentré dans les Monts du Lyonnais. Pour ceux qui ne le savent pas, la séparation entre ces deux massifs se fait au niveau d'une faille géologique ... sur laquelle l'autoroute passe désormais.


En arrivant à La Tour de Salvagny, j'ai assisté à une scène étrange : devant l'église, assise sur un banc, une mariée se tenant la tête dans les mains. A côté d'elle deux personnes, un homme et une femme. Probablement ses parents. La porte de l'église était fermée, il n'y avait aucune voiture sur les parkings alentours, personne dans la rue à part 3 ou 4 enfants dans un square mais habillés de manière classique. La scène m'a mis une grande claque : en vélo, on capte beaucoup d'émotions. On vit des victoires, on vit des frayeurs, on voit du sang (en dehors de mes propres chutes, j'ai vu 4 corps agonisant dans une twingo venant de prendre de face un camion sur une route à 90km/h ... ça calme !). On voit des drames, on entend des cris qui vous glacent le sang (sur la course de Charvieu, je me souviens avoir été tétanisé par les cris stridents d'un coureur tombé au sol, je me souviens aussi des hurlements de désespoir d'une femme venant de trouver son caniche écrasé). Voir une mariée seule devant une église déserte, ça marque dans un autre registre.


A Saint-Bel, après une bonne heure d'échauffement, j'ai attaqué mon premier exercice du jour : 47 minutes d'ascension jusqu'au crêt d'arjoux à une puissance légèrement sous le seuil. Un peu avant le sommet, de magnifiques points de vue justifient le fait de monter sur une petite route étroite sur un revêtement typique des routes de montagne. A 1 kilomètre du sommet, la route prend une autre tournure : la pente moyenne passe à 11%, le revêtement est dégueulasse ... j'ai tenu à monter jusqu'en haut, pensant pouvoir bénéficier d'un panorama à 360° sur les alentours. La panorama à 360° est bien présent mais seulement sur de hauts arbres entourant des restes de goudron faisant le tour d'un pilone métalique. Franchement, passez votre chemin et ne grimpez pas jusqu'au sommet, ça ne sert strictement à rien. La peine est triple : la montée est pénible, la vue au sommet est inexistante puis la descente sur gravillons et feuilles est casse gueule.


Une fois de retour sur des routes moins dangereuses, j'ai pu me ravitailler avant d'attaquer le second bloc de travail du jour. La descente vers la vallée de la Brévenne n'a été qu'une formalité : le goudron est granuleux et la pente est très douce, ce qui nécessite de pédaler continuellement. A peine la rivière franchise, la montée a attaqué par une pente douce. La petite route permettant de rejoindre Saint Pierre la Palud par les anciennes mines, que j'emprunte depuis 10 ans, a été empruntée cette année par les 3 cols. Je crois que plusieurs concurrents ont été surpris par le petit raidard à l'entrée du village, 400m à 11% alors qu'on était sur une route paisible le long d'un ruisseau. J'ai poursuivi mon ascension jusqu'au col de la Croix du Ban, ce qui m'a permis de réaliser un bloc de 25 minutes supplémentaires légèrement sous mon seuil.


Au col, j'ai accueilli avec satisfaction la descente : les jambes commençaient à tirer et les forces à diminuer. Le retour, effectué en un peu plus d'une heure, était composé d'une succession ininterrompue de bosses jamais très longues mais particulièrement usantes. J'ai fini la sortie fatigué, n'ayant plus l'habitude de faire de sorties aussi longues et aussi exigeantes. Pourtant, avec les 24 heures du Mans qui approchent (2 mois encore), il va falloir que je trouve du temps pour effectuer de longues sorties.

Consultez mon parcours.