Lundi matin, nous avons effectué la 10ème étape du Tour, reliant Saint-Gildas-des-Bois à Saint-Malo. En réalité, puisque nous avons dormi à proximité de Redon, nous avons coupé les 25 premiers kilomètres de l'étape en partant directement de l'hôtel.
J'ai travaillé une très grande partie de la nuit et ne me suis accordé que 2 heures de sommeil. Pourtant, au réveil, je me sentais bien. Je bossais encore au petit déjeuner, je bossais tout en enfilant mon cuissard. J'ai encore bossé le midi, pendant que les autres se ravitaillaient. Combiné aux 170 kilomètres venteux de l'étape, ça m'a fait une très longue journée.
© Mickael Bougouin
Au bout de 35 kilomètres, nous avons traversé une immense caserne militaire. C'était comme dans les films : des mecs en train de courir en cadence par petits groupes, des pavillons séparés par de grandes pelouses bien tondues, des chars et des monuments, ... et un type en train de balayer un immense parking. Comme la traversée de la caserne est théoriquement interdite aux civils, nous avons été escorté par la gendarmerie tout le long.
Après la sortie de la caserne, une chute s'est produite au milieu du peloton. Elle s'est produite sur le plat, sans danger, car des guidons se sont emmêlés. 4 coureurs au sol, dont 2 bien touchés. Les médecins et les ambulanciers ont fait un excellent travail pour remettre tout le monde sur pied, les mécanos ont redressé les guidons et les dérailleurs. Tout le monde est reparti.
Le midi, nous avons fait une halte à Saint-méen-le grand, au musée Louison Bobet. Nous y avons été très bien reçu, ils ont fait une visite du musée puis ils ont mangé sous une pergola pendant que je bossais. J'ai pris à manger dans mes poches et ai pris mon repas en roulant.
© Mickael Bougouin
L'après-midi a été longue et monotone. On a traversé une foret interminable, vent de face, jusqu'à Dinan. Après Dinan, on s'est retrouvé au milieu de champs et de pâturages, sur un terrain un peu plus valloné. On a fini par rejoindre la mer du côté de Cancale.
Entre Cancale et Saint-Malo, on a longé la mer via une succession de creux et bosses. Depuis le début de l'étape, j'ai remarqué que rien n'était plat et que les bosses qu'on franchissait auraient fait la sélection dans n'importe quelle course pass'cyclisme / ufolep / fsgt auxquelles j'ai l'habitude de participer. Pourtant, pour des professionnels, cette étape est considérée comme plate. La différence de perception est assez hallucinante.
Si jusqu'à présent l'étape était monotone, la partie le long de la mer était en revanche sympathique. Le paysage était différent de ce qu'on a vu en Corse et dans le sud quand on longeait la mer, et c'était sympa de voir un paysage toujours différent. Une anglaise de 37ans, avec la peau blanche comme si elle n'avait jamais vu le soleil et venue passer ses vacances en Bretagne, s'est joint à nous. J'ai longuement discuté avec elle à l'arrière du groupe, notamment afin de savoir comment se passaient les entraînements hivernaux dans son pays.
© Mickael Bougouin
L'image qui m'a le plus marqué sur l'étape du jour, c'était la souffrance de Mounir. Il fait partie de ceux qui mettent l'ambiance en permanence, qui ne rechigne pas à prendre ses relais. Après sa chute, son épaule, son genou et ses deux poignets étaient couverts de bandages. Il peinait à tenir son guidon, la peau de ses mains ayant été rapé par le goudron. Voila pourquoi porter des gants est important. Son visage était marqué. Plus d'un à sa place serait monté en voiture, lui s'est battu toute la journée pour poursuivre l'aventure à nos côtés.
Il a été poussé, il a été encouragé. Cette étape a encore plus soudé le groupe : tout le monde a mal, certains plus que d'autres, mais personne n'ose se plaindre car on sait tous que d'autres souffrent plus que nous, et on sait tous qu'on vit une aventure incroyable. Au départ de l'aventure, je pensais que les difficultés scinderaient le groupe en clans. Par chance, c'est l'inverse qui s'est produit, le groupe s'est soutenu et renforcé.
Bilan : 171km, 6h20 de selle, 1560m de dénivelé.
Consultez mes données et notre parcours.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.
Je vais vous faire vivre au quotidien ma passion pour le cyclisme à travers mes entraînements, les compétitions auxquelles je participe, mes différents défis, ...
dimanche 14 juillet 2013
jeudi 11 juillet 2013
TDFête, poème intermédiaire
L'étape du jour (Tour - Saint-Amand-Montrond) a été pénible, nous avons roulé sur des lignes droites interminables. Pour passer le temps, dans les derniers kilomètres j'ai composé un poème que je vous livre ci-dessous. Les étapes de transition sont les plus compliquées pour moi, elles sont horriblement longues et monotones. Vivement les Alpes !
Nous sommes partis depuis quinze jours,
Nous pédalons sur les routes de notre Tour,
Nous avons franchi les Pyrénées,
Il nous reste les Alpes à traverser.
Nous avons eu quelques chutes,
A la fin du fracas et du tumulte,
Les médecins soignent les bobos,
Les mécanos réparent les vélos.
Nos pieds sont engourdis,
Nous avons mal aux fesses,
Mais jamais notre moral ne baisse,
Et nous irons tous à Paris !
A force de pédaler,
A affronter les cols et le vent,
Notre groupe s'est soudé,
Tout le monde va de l'avant.
Nous vivons une aventure extraordinaire,
Poussés par les encouragements des supporters,
Le long des bois et des champs de blé,
Leurs cris nous aident à pédaler.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.
Nous sommes partis depuis quinze jours,
Nous pédalons sur les routes de notre Tour,
Nous avons franchi les Pyrénées,
Il nous reste les Alpes à traverser.
Nous avons eu quelques chutes,
A la fin du fracas et du tumulte,
Les médecins soignent les bobos,
Les mécanos réparent les vélos.
Nos pieds sont engourdis,
Nous avons mal aux fesses,
Mais jamais notre moral ne baisse,
Et nous irons tous à Paris !
A force de pédaler,
A affronter les cols et le vent,
Notre groupe s'est soudé,
Tout le monde va de l'avant.
Nous vivons une aventure extraordinaire,
Poussés par les encouragements des supporters,
Le long des bois et des champs de blé,
Leurs cris nous aident à pédaler.
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dimanche 7 juillet 2013
TDFête repos 1
Aujourd'hui a eu lieu la première journée de "repos". Enfin, de repos relatif : on a fait 8h de trajet en bus pour relier les Pyrénées à la Bretagne. 8h de car pendant lesquelles on a tenté de dormir, de regarder des dvd, de travailler (pour certains), d'écouter de la musique ...
Les premières heures, tôt le matin, ont surtout été consacrées à la récupération des heures de sommeil manquantes. Le bus était calme, très calme. Le midi, nous avons mangé au Mc Donald un repas certes peu diététique, mais nous avons bien mérité le droit de faire un écart au régime purement sportif. L'après-midi a été plus ludique, tout le monde était réveillé et discutait.
Le midi, Ingrid est revenue parmi-nous. Elle est descendue de l'ambulance avec une minerve, sa descente a été saluée par une ovation et des applaudissements. Comme elle est timide et réservée de nature, je ne sais pas trop si son visage montrait une déception vis à vis du fait de ne pas avoir été au bout et de s'être blessée, ou une satisfaction de revenir dans le groupe.
Arrivés en milieu d'après-midi à l'hôtel, on en a profité pour faire une lessive de nos tenues. J'en ai également profité pour refaire mon sac : il est bien organisé, tout était à sa place, mais j'ai préféré tout sortir et tout re-ranger afin de m'en assurer.
Le soir, on a poursuivi la journée hautement diététique en allant manger à "la pataterie". Des patates, évidement, avec de la viande rouge. Une fois le repas terminé, j'ai travaillé une bonne partie de la nuit afin de répondre à une urgence professionnelle.
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Les premières heures, tôt le matin, ont surtout été consacrées à la récupération des heures de sommeil manquantes. Le bus était calme, très calme. Le midi, nous avons mangé au Mc Donald un repas certes peu diététique, mais nous avons bien mérité le droit de faire un écart au régime purement sportif. L'après-midi a été plus ludique, tout le monde était réveillé et discutait.
Le midi, Ingrid est revenue parmi-nous. Elle est descendue de l'ambulance avec une minerve, sa descente a été saluée par une ovation et des applaudissements. Comme elle est timide et réservée de nature, je ne sais pas trop si son visage montrait une déception vis à vis du fait de ne pas avoir été au bout et de s'être blessée, ou une satisfaction de revenir dans le groupe.
Arrivés en milieu d'après-midi à l'hôtel, on en a profité pour faire une lessive de nos tenues. J'en ai également profité pour refaire mon sac : il est bien organisé, tout était à sa place, mais j'ai préféré tout sortir et tout re-ranger afin de m'en assurer.
Le soir, on a poursuivi la journée hautement diététique en allant manger à "la pataterie". Des patates, évidement, avec de la viande rouge. Une fois le repas terminé, j'ai travaillé une bonne partie de la nuit afin de répondre à une urgence professionnelle.
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samedi 6 juillet 2013
TDFête étape 9 : Saint-Girons - Bagnères-de-Bigorre
Le départ a été moins matinal que les jours précédents car l'étape était plus courte et que demain nous bénéficierons d'une journée de "repos" (de transfert plutôt). 5 cols sont au programme du jour, il s'agit d'une étape comme je les aime : de la montagne, rien que de la montagne. Peu de plat, les ascensions s'enchaînent sans répit. Me voila enfin dans mon élément. Le départ a été donné à 9h30, avec 30 minutes de retard sur l'horaire prévu. L'étape ne faisant que 170km, personne ne s'est affolé sur le non-respect de l'horaire.
On a fait près de 30 kilomètres de remontée de vallée. Je me suis mis à l'avant du groupe car je me sentais bien et que visiblement personne n'avait très envie de se mettre devant. Les deux rudes ascensions de la veille pesaient encore dans les jambes de certains. En passant dans un village, un radar mal réglé nous a indiqué qu'on passait à 80km/h : à cette vitesse là, en légère montée, l'étape aurait du être très rapide, on aurait dû arriver à l'hôtel pour le repas du midi.
© Mickael Bougouin
La montée des deux premiers cols s'est bien passée, j'ai fait le train pour le gruppetto. La vitesse n'était pas très élevée mais au moins j'étais certain que personne n'allait exploser avant le sommet. La chaleur s'est fortement faite sentir dès la première montée. Je suis arrivé au col complètement trempé, le maillot qu'on utilise est magnifique mais sa texture n'évacue pas la sueur. C'est extrêmement désagréable. Certains ont commencé à s'arroser la tête dès le premier col. Une journée caniculaire de chasse au bidon s'annonçait.
La première descente s'est bien passée, tout le monde a été prudent et certains ont fait une pause devant la stèle Fabio Casartelli. Quand on passe au virage dans lequel il s'est tué, on ressent une sensation étrange : les poils se dressent sur les bras comme sur un gros matou voulant faire peur à un chien. La seconde descente était moins technique et plus roulante. En bas de la descente, le motard qui véhicule le caméraman s'est brisé la clavicule en manipulant sa moto à l'arrêt. Pour la première fois du séjour, le service médical qui nous accompagne a eu un vrai cas à gérer. Jusqu'à présent, leurs interventions étaient plutôt bénignes : quelques ampoules, des piqures d'insectes, des nez qui coulent … rien de bien méchant.
On a fait un bout de vallée afin de rejoindre Bagnères de Luchon, où était prévu notre repas du midi. A quelques kilomètres du repas, notre équipe médicale a porté assistance à un Belge en difficulté. Il était arrêté sur le bord de la route, bras posés sur son guidon, tête penchée vers le bas. Les symptômes classiques du cycliste mal en point. Il est monté dans notre bus balai, ses équipiers ont poursuivi leur route. La pause repas s'est faite dans une belle bâtisse communale, grâce à la famille Lapébie (célèbre dans le milieu du cyclisme) qui nous a accueillie.
A peine le repas terminé, on a attaqué la montée du col de Peyressourde. On a cuit comme des petits pains, le thermomètre a flirté avec les 40° ! Parmi les nombreux supporters massés dans la montée, une camionnette a particulièrement attiré mon attention : elle était maquillée spécialement pour le groupe de musique AC/DC. Leur chanson "highway to hell" symbolisait bien notre ressenti du moment, nous étions en pleine route pour l'enfer. Je me sentais bien, mais je suis resté à l'arrière du gruppetto : il y avait du monde pour me remplacer au poste de chef de file, et du monde pour pousser à ma place. J'ai eu moins de travail, j'en ai quand même fait quand je sentais que les autres faiblissaient et avaient besoin d'un relais.
Nous sommes passés au col de Peyressourde vers 17 heures. Il nous restait encore 2 cols à franchir, et certains se sont (enfin !) inquiétés de l'horaire d'arrivée. La montée suivante a été expédiée à grande vitesse : il y avait beaucoup de monde pour pousser les plus faibles, du coup j'ai pu me reposer. J'ai géré mon effort, j'ai senti que mes genoux n'aimaient pas trop les séances de force que je leur imposais. Les supporters, très présents depuis l'ascension de Peyressourde, étaient encore plus nombreux ici. Les encouragements étaient quasiment continu, le public est bien rentré dans le jeu, c'était génial.
La dernière montée a été spéciale pour moi : étant parti depuis près de 10 heures, je me suis cherché un camping-car pour y trouver des toilettes. J'ai eu un refus d'un espagnol, puis un breton m'a accueilli à bras ouverts. J'ai pris mon temps, puis le temps de discuter et de lui donner un bidon en remerciement. J'ai pu lâcher les chevaux afin de rattraper le retard volontairement pris. Je me suis amusé, j'ai fait plusieurs kilomètres à 170bpm, les jambes tournaient à la perfection, le coeur répondait comme s'il était neuf. J'étais libre, j'étais heureux. Au passage, je poussais quelques dizaines de mètres les coureurs que je doublais, jusqu'à ce que je revienne dans le paquet principal. Excité par cette chasse, j'ai poussé les plus faibles jusqu'au sommet.
Dans les derniers kilomètres, c'était l'orgie au niveau des supporters. Il était près de 20h, le soleil était en train de se coucher, le public mangeait le long de la route. On nous a proposé une quantité hallucinante de bières et de boissons alcoolisées. Dans la descente, même topo : beaucoup de public en plein milieu de la route, un immense feu de bois et de la musique électro qui résonnait dans une longue combe. Je n'avais jamais vu ça, une ambiance incroyable. Le Tour a un pouvoir d'attraction incroyable, il faut le vivre pour le croire. C'était extraordinaire.
Malheureusement pour le groupe, la grande fête a été gâchée dans cette descente : une vache effrayée a traversé la route devant notre peloton. Cette vache a percuté Ingrid, dont les performances m'impressionnaient encore un peu plus chaque jour, qui m'aidait régulièrement à pousser les plus faibles, qui s'est mangé une étape de 200 kilomètres en finissant aussi fraiche que nous. Les ambulanciers l'ont mis sur le brancard et l'ont emmené aux urgences de Tarbes. Je ne souhaitais à personne de chuter, mais j'avoue que sa chute m'ennuyait particulièrement : elle était en train de démontrer, sans le savoir, ce que j'ai toujours dit : une femme a les mêmes capacités qu'un homme, une femme peut faire le Tour en entier tout comme nous. Je reste persuadé, avec ce que j'ai vu, qu'elle aurait pu le faire et prouver que j'avais raison.
L'arrivée à Bagnères de Bigorre s'est faite à 21h, soit 11h30 après le départ. Nous étions tous explosés par la longueur de la journée. Une heure de bus, un repas, et on a enfin pu se coucher.
Bilan : 172km, 8h42 de selle, 4000m de dénivelé et 126 bpm en moyenne.
Consultez mes données et notre parcours.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.
On a fait près de 30 kilomètres de remontée de vallée. Je me suis mis à l'avant du groupe car je me sentais bien et que visiblement personne n'avait très envie de se mettre devant. Les deux rudes ascensions de la veille pesaient encore dans les jambes de certains. En passant dans un village, un radar mal réglé nous a indiqué qu'on passait à 80km/h : à cette vitesse là, en légère montée, l'étape aurait du être très rapide, on aurait dû arriver à l'hôtel pour le repas du midi.
© Mickael Bougouin
La montée des deux premiers cols s'est bien passée, j'ai fait le train pour le gruppetto. La vitesse n'était pas très élevée mais au moins j'étais certain que personne n'allait exploser avant le sommet. La chaleur s'est fortement faite sentir dès la première montée. Je suis arrivé au col complètement trempé, le maillot qu'on utilise est magnifique mais sa texture n'évacue pas la sueur. C'est extrêmement désagréable. Certains ont commencé à s'arroser la tête dès le premier col. Une journée caniculaire de chasse au bidon s'annonçait.
La première descente s'est bien passée, tout le monde a été prudent et certains ont fait une pause devant la stèle Fabio Casartelli. Quand on passe au virage dans lequel il s'est tué, on ressent une sensation étrange : les poils se dressent sur les bras comme sur un gros matou voulant faire peur à un chien. La seconde descente était moins technique et plus roulante. En bas de la descente, le motard qui véhicule le caméraman s'est brisé la clavicule en manipulant sa moto à l'arrêt. Pour la première fois du séjour, le service médical qui nous accompagne a eu un vrai cas à gérer. Jusqu'à présent, leurs interventions étaient plutôt bénignes : quelques ampoules, des piqures d'insectes, des nez qui coulent … rien de bien méchant.
On a fait un bout de vallée afin de rejoindre Bagnères de Luchon, où était prévu notre repas du midi. A quelques kilomètres du repas, notre équipe médicale a porté assistance à un Belge en difficulté. Il était arrêté sur le bord de la route, bras posés sur son guidon, tête penchée vers le bas. Les symptômes classiques du cycliste mal en point. Il est monté dans notre bus balai, ses équipiers ont poursuivi leur route. La pause repas s'est faite dans une belle bâtisse communale, grâce à la famille Lapébie (célèbre dans le milieu du cyclisme) qui nous a accueillie.
A peine le repas terminé, on a attaqué la montée du col de Peyressourde. On a cuit comme des petits pains, le thermomètre a flirté avec les 40° ! Parmi les nombreux supporters massés dans la montée, une camionnette a particulièrement attiré mon attention : elle était maquillée spécialement pour le groupe de musique AC/DC. Leur chanson "highway to hell" symbolisait bien notre ressenti du moment, nous étions en pleine route pour l'enfer. Je me sentais bien, mais je suis resté à l'arrière du gruppetto : il y avait du monde pour me remplacer au poste de chef de file, et du monde pour pousser à ma place. J'ai eu moins de travail, j'en ai quand même fait quand je sentais que les autres faiblissaient et avaient besoin d'un relais.
Nous sommes passés au col de Peyressourde vers 17 heures. Il nous restait encore 2 cols à franchir, et certains se sont (enfin !) inquiétés de l'horaire d'arrivée. La montée suivante a été expédiée à grande vitesse : il y avait beaucoup de monde pour pousser les plus faibles, du coup j'ai pu me reposer. J'ai géré mon effort, j'ai senti que mes genoux n'aimaient pas trop les séances de force que je leur imposais. Les supporters, très présents depuis l'ascension de Peyressourde, étaient encore plus nombreux ici. Les encouragements étaient quasiment continu, le public est bien rentré dans le jeu, c'était génial.
La dernière montée a été spéciale pour moi : étant parti depuis près de 10 heures, je me suis cherché un camping-car pour y trouver des toilettes. J'ai eu un refus d'un espagnol, puis un breton m'a accueilli à bras ouverts. J'ai pris mon temps, puis le temps de discuter et de lui donner un bidon en remerciement. J'ai pu lâcher les chevaux afin de rattraper le retard volontairement pris. Je me suis amusé, j'ai fait plusieurs kilomètres à 170bpm, les jambes tournaient à la perfection, le coeur répondait comme s'il était neuf. J'étais libre, j'étais heureux. Au passage, je poussais quelques dizaines de mètres les coureurs que je doublais, jusqu'à ce que je revienne dans le paquet principal. Excité par cette chasse, j'ai poussé les plus faibles jusqu'au sommet.
Dans les derniers kilomètres, c'était l'orgie au niveau des supporters. Il était près de 20h, le soleil était en train de se coucher, le public mangeait le long de la route. On nous a proposé une quantité hallucinante de bières et de boissons alcoolisées. Dans la descente, même topo : beaucoup de public en plein milieu de la route, un immense feu de bois et de la musique électro qui résonnait dans une longue combe. Je n'avais jamais vu ça, une ambiance incroyable. Le Tour a un pouvoir d'attraction incroyable, il faut le vivre pour le croire. C'était extraordinaire.
Malheureusement pour le groupe, la grande fête a été gâchée dans cette descente : une vache effrayée a traversé la route devant notre peloton. Cette vache a percuté Ingrid, dont les performances m'impressionnaient encore un peu plus chaque jour, qui m'aidait régulièrement à pousser les plus faibles, qui s'est mangé une étape de 200 kilomètres en finissant aussi fraiche que nous. Les ambulanciers l'ont mis sur le brancard et l'ont emmené aux urgences de Tarbes. Je ne souhaitais à personne de chuter, mais j'avoue que sa chute m'ennuyait particulièrement : elle était en train de démontrer, sans le savoir, ce que j'ai toujours dit : une femme a les mêmes capacités qu'un homme, une femme peut faire le Tour en entier tout comme nous. Je reste persuadé, avec ce que j'ai vu, qu'elle aurait pu le faire et prouver que j'avais raison.
L'arrivée à Bagnères de Bigorre s'est faite à 21h, soit 11h30 après le départ. Nous étions tous explosés par la longueur de la journée. Une heure de bus, un repas, et on a enfin pu se coucher.
Bilan : 172km, 8h42 de selle, 4000m de dénivelé et 126 bpm en moyenne.
Consultez mes données et notre parcours.
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vendredi 5 juillet 2013
TDFête étape 8 : Castres - Ax 3 Domaines
La nuit a encore été courte, très courte : moins de 5 heures. Réveil à 6h, transfert en bus puis départ de l'étape à 7h30. La gestion du sommeil est le vrai point noir de cette aventure : on a très peu de temps de récupération, on fait des journées de 18 heures, ça induit une fatigue nerveuse. Finalement, ce qui me fatigue le plus, ce n'est pas la partie vélo mais la longueur des journées. Hier matin, quand on roulait au pas dans les bouchons montpelliérains, je chantais "on dirait le Sud, les trajets durent longtemps, les étapes durent surement plus d'un million d'années". Ce matin, la chanson était plutôt "debout les gars réveillez-vous, il va falloir rouler un coup, debout les gars réveillez vous on va au bout d'la France".
Le départ a été donné à 7h30 par une température fraiche : on a fait les premiers kilomètres avec des gilets et des manchettes. La température est montée très vite : à 10 heures il faisait déjà 28°, à 11h on dépassait les 32°. Le parcours étant peu vallonné et le vent étant légèrement favorable, on a couvert les 120 premiers kilomètres en 4 heures. On est arrivé au ravitaillement vers 12h30, c'était la première fois qu'on mangeait aussi tôt.
Toute la matinée, les relais tournaient bien à l'avant et la vitesse semblait convenir à tout le monde puisque j'ai eu très peu de travail à l'arrière. Tout le monde suivait sans forcer, c'était impeccable. Les tensions internes de ces derniers jours, extrêmement palpables hier soir et ce matin, se sont dissipées au fil des kilomètres et ne sont pas réapparues en cours d'étape.
© Mickael Bougouin
Après le repas, on a fait 15 kilomètres d'approche jusqu'au pied du Port de Pailhères, via une route encaissée dans de profondes falaises et le long d'un ruisseau. Malgré la fraicheur apportée par la végétation et le ruisseau, il faisait encore très chaud. C'était assez atypique, on est passé sous des arches en pierre, mais la vue n'était pas très dégagée et le goudron n'était pas d'excellente qualité. Dommage.
Le port de Pailhères a été franchi sans encombres. J'ai laissé à d'autres le soin de gérer le rythme du gruppetto. J'ai géré le train d'un groupe intermédiaire composé de 5, puis 4, puis 3, puis 2 personnes (en me comptant). Dans une montée de 15 kilomètres à 8% de pente moyenne, il était compliqué de faire rouler plusieurs personnes au même train. Du coup, j'ai navigué entre les différentes personnes pour leur apporter de l'eau. J'ai encore musclé mon bras droit, en poussant régulièrement. Je songe à pousser avec la main gauche pour équilibrer ma musculature.
© Mickael Bougouin
Tout au long de la montée, on a bénéficié du soutien de personnes garées en camping-car le long de la route. C'était loin de la marée humaine montrée par les caméras lors du passage des pros, mais c'était sympa quand même d'entendre des applaudissements et des encouragements.
En haut, j'ai récupéré de quoi rester au chaud car il faisait assez frais. A 2000m d'altitude, avoir de quoi se couvrir pour attendre était recommandé. On a attendu les derniers quelques minutes, le temps de refaire le plein des bidons, puis on s'est lancé dans la descente. J'ai laissé filer le groupe devant, afin de pouvoir faire ma descente proprement sans me faire gêner ni par les kamikazes, ni par les mauvais descendeurs. La descente était belle, sans aucun piège, un vrai régal. Il fallait juste faire attention à quelques plaques de gravillons, mais rien de dangereux.
L'ascension du plateau de Bonascre s'est enchaînée directement. La montée m'a fait mal, car elle est assez irrégulière. On alterne des pentes à 12% avec d'autres à 6%. Ca change assez souvent, on ne peut pas y prendre de vrai train. J'ai poursuivi mon assistance jusqu'à la ligne d'arrivée, et ai continué ensuite seul jusqu'au sommet de la station afin d'aller voir le paysage.
Justement, en terme de paysage, la montée du Port de Pailhères était très sympa. C'était diversifié, on était tantôt dans des rochers, tantôt dans des bois, parfois dans de longues combes et parfois dans des lacets. La vue était agréable, j'ai eu le temps d'admirer le paysage. En revanche, la montée du plateau de Bonascre (Ax 3 domaines) se fait dans les bois, on ne voyait rien en dehors des arbres et des nombreux supporters.
Cette étape pyrénéenne était différente des autres. D'une part par son profil, puisqu'on abordait la montagne, mais d'autre part par sa chaleur humaine. Jusqu'à présent, nous avions eu pas mal de badauds en Corse, puis quelques belges passionnés tout le long de la traversée entre Nice et Albi. Nous avons vu très peu d'écritures au sol. Aujourd'hui, le public était plutôt espagnol et allemand, et la peinture était encore fraiche. On a bien mieux ressenti l'ambiance du Tour.
Bilan : 192km, 8h15 de selle, 3200m de dénivelé, 122 bpm de moyenne.
Consultez mes données et notre parcours.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.
Le départ a été donné à 7h30 par une température fraiche : on a fait les premiers kilomètres avec des gilets et des manchettes. La température est montée très vite : à 10 heures il faisait déjà 28°, à 11h on dépassait les 32°. Le parcours étant peu vallonné et le vent étant légèrement favorable, on a couvert les 120 premiers kilomètres en 4 heures. On est arrivé au ravitaillement vers 12h30, c'était la première fois qu'on mangeait aussi tôt.
Toute la matinée, les relais tournaient bien à l'avant et la vitesse semblait convenir à tout le monde puisque j'ai eu très peu de travail à l'arrière. Tout le monde suivait sans forcer, c'était impeccable. Les tensions internes de ces derniers jours, extrêmement palpables hier soir et ce matin, se sont dissipées au fil des kilomètres et ne sont pas réapparues en cours d'étape.
© Mickael Bougouin
Après le repas, on a fait 15 kilomètres d'approche jusqu'au pied du Port de Pailhères, via une route encaissée dans de profondes falaises et le long d'un ruisseau. Malgré la fraicheur apportée par la végétation et le ruisseau, il faisait encore très chaud. C'était assez atypique, on est passé sous des arches en pierre, mais la vue n'était pas très dégagée et le goudron n'était pas d'excellente qualité. Dommage.
Le port de Pailhères a été franchi sans encombres. J'ai laissé à d'autres le soin de gérer le rythme du gruppetto. J'ai géré le train d'un groupe intermédiaire composé de 5, puis 4, puis 3, puis 2 personnes (en me comptant). Dans une montée de 15 kilomètres à 8% de pente moyenne, il était compliqué de faire rouler plusieurs personnes au même train. Du coup, j'ai navigué entre les différentes personnes pour leur apporter de l'eau. J'ai encore musclé mon bras droit, en poussant régulièrement. Je songe à pousser avec la main gauche pour équilibrer ma musculature.
© Mickael Bougouin
Tout au long de la montée, on a bénéficié du soutien de personnes garées en camping-car le long de la route. C'était loin de la marée humaine montrée par les caméras lors du passage des pros, mais c'était sympa quand même d'entendre des applaudissements et des encouragements.
En haut, j'ai récupéré de quoi rester au chaud car il faisait assez frais. A 2000m d'altitude, avoir de quoi se couvrir pour attendre était recommandé. On a attendu les derniers quelques minutes, le temps de refaire le plein des bidons, puis on s'est lancé dans la descente. J'ai laissé filer le groupe devant, afin de pouvoir faire ma descente proprement sans me faire gêner ni par les kamikazes, ni par les mauvais descendeurs. La descente était belle, sans aucun piège, un vrai régal. Il fallait juste faire attention à quelques plaques de gravillons, mais rien de dangereux.
L'ascension du plateau de Bonascre s'est enchaînée directement. La montée m'a fait mal, car elle est assez irrégulière. On alterne des pentes à 12% avec d'autres à 6%. Ca change assez souvent, on ne peut pas y prendre de vrai train. J'ai poursuivi mon assistance jusqu'à la ligne d'arrivée, et ai continué ensuite seul jusqu'au sommet de la station afin d'aller voir le paysage.
Justement, en terme de paysage, la montée du Port de Pailhères était très sympa. C'était diversifié, on était tantôt dans des rochers, tantôt dans des bois, parfois dans de longues combes et parfois dans des lacets. La vue était agréable, j'ai eu le temps d'admirer le paysage. En revanche, la montée du plateau de Bonascre (Ax 3 domaines) se fait dans les bois, on ne voyait rien en dehors des arbres et des nombreux supporters.
Cette étape pyrénéenne était différente des autres. D'une part par son profil, puisqu'on abordait la montagne, mais d'autre part par sa chaleur humaine. Jusqu'à présent, nous avions eu pas mal de badauds en Corse, puis quelques belges passionnés tout le long de la traversée entre Nice et Albi. Nous avons vu très peu d'écritures au sol. Aujourd'hui, le public était plutôt espagnol et allemand, et la peinture était encore fraiche. On a bien mieux ressenti l'ambiance du Tour.
Bilan : 192km, 8h15 de selle, 3200m de dénivelé, 122 bpm de moyenne.
Consultez mes données et notre parcours.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.
jeudi 4 juillet 2013
TDFête étape 7 : Montpellier - Albi
La nuit a encore été courte, le départ de l'étape a été donné à 7h30. Au réveil, mon téléphone m'affiche quelques messages de "bonne fête". Avoir sa fête sur le Tour de fête, ce n'est pas tous les jours. Pourtant, au cours des premiers kilomètres, je n'étais pas à la fête : gros vent de travers puis de face, c'était pénible. Je déteste le vent : c'est pire qu'affronter des côtes, car dans les côtes une fois qu'on est en haut on sait qu'on peut se reposer dans la descente.
Le début de l'étape, via la traversée de Montpellier, a été pénible. 12 kilomètres parcourus en une heure à cause des bouchons. On a eu un léger accrochage avec un automobiliste : "vous nous faites chier avec le Tour de France, toutes les années c'est pareil". J'aurai pu répondre "vous nous faites chier avec vos véhicules, tous les jours c'est pareil". Mais on ne se plaint pas, nous.
Une fois sortis de l'agglomération de Montpellier, j'ai passé le début de l'étape à l'arrière du groupe dans mon rôle traditionnel de chien de berger. Vent de travers puis vent de face, je n'étais pas dans mon élément. Aux alentours du 65ème kilomètre, j'ai retrouvé mon équipier Sébastien qui nous accompagnera pendant plus de 60km. Comme il connait bien la région il nous donnera de précieuses informations lors de la montée des deux premiers cols.
Dans les deux premières ascensions, le col de Treize vent et celle du col de la Croix de Mounis, j'ai fait le train du gruppetto pour que tout le monde suive. C'est un rôle que j'aime bien.
On a eu des loupés sur les ravitaillements intermédiaires le matin, si bien que dans les derniers kilomètres avant le repas du midi on était plusieurs à être à la limite de la fringale. En mangeant seulement 2 barres et quelques cerises en 6h de selle, ça faisait peu. Eric m'a fait peur, à la fin il zigzaguait au milieu du peloton et semblait à la limite de l'hypoglycémie. La pause pour le repas du midi n'a jamais été autant attendue !
On a pris notre repas en présence d'un député et d'une quarantaine de cyclotouristes qui nous attendaient pour nous accompagner jusqu'à l'arrivée. Du coup, on avait du monde qui déambulait au milieu de nous, ce n'était pas très agréable : quand on a faim et qu'on est fatigué, qu'on a envie de profiter d'un peu de répit, on a pas envie que des gens viennent nous gêner.
L'après-midi, la route nous a été ouverte par la gendarmerie, qui a assisté les 3 motards habituellement en charge de notre sécurité. J'ai refait le train pour éviter les innombrables à-coups que mettent certains. J'ai pris beaucoup de vent, j'espère que ça ne m'handicapera pas dans les prochaines étapes. Sur la quarantaine de cyclotouristes présents, un petit noyau (5 / 6) se comportait comme des cons : ils allumaient dans chaque bosse. Quand des mecs frais, avec des sacs à dos, t'attaquent dans une montée que tu gère au train afin que tout le monde suive, c'est extrêmement désagréable. L'un d'entre eux, le premier à avoir attaqué, m'a tellement énervé que je l'ai pris en grippe la 3ème fois et j'ai fait l'effort pour aller lui faire remarquer que son comportement était anormal. Des mecs de son club m'ont dit que c'était une ancienne gloire locale avec "beaucoup de victoires" … j'espère que sa gloire locale n'est pas à attribuer uniquement au fait de laisser sur place des gens qui ont fait plus de 1000km en une semaine !
L'arrivée au coeur d'Albi s'est bien passée. les routes étaient dégagées et le renfort de la gendarmerie nous a permis de franchir les carrefours sans marquer d'arrêt. Le seul truc pénible, c'est que la consigne était claire : "notre groupe devant, les cyclos derrière". Malgré une consigne facile à comprendre et à appliquer, les mecs restaient devant et certains étaient à la limite de nous faire tomber quand on cherchait à remonter.
L'étape a été longue et usante. On a passé la barre des 200 kilomètres pour la 3ème fois de la semaine et le vent défavorable une grande partie du parcours n'a pas simplifié notre tâche. On est arrivé tard à Albi, on est sorti tard du restaurant le soir. La récupération avant la première étape de montagne, demain, n'est pas idéale. La fatigue se fait de plus en plus sentir, mais je me sens toujours relativement bien. On arrive sur mon terrain de chasse, mais je ne pourrai pas m'y exprimer pleinement puisqu'il va falloir faire le train pendant les montées.
Bilan : 216km, 8h50 de selle, 2700m de dénivelé, 123bpm en moyenne.
Consultez mes données et notre parcours.
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Le début de l'étape, via la traversée de Montpellier, a été pénible. 12 kilomètres parcourus en une heure à cause des bouchons. On a eu un léger accrochage avec un automobiliste : "vous nous faites chier avec le Tour de France, toutes les années c'est pareil". J'aurai pu répondre "vous nous faites chier avec vos véhicules, tous les jours c'est pareil". Mais on ne se plaint pas, nous.
Une fois sortis de l'agglomération de Montpellier, j'ai passé le début de l'étape à l'arrière du groupe dans mon rôle traditionnel de chien de berger. Vent de travers puis vent de face, je n'étais pas dans mon élément. Aux alentours du 65ème kilomètre, j'ai retrouvé mon équipier Sébastien qui nous accompagnera pendant plus de 60km. Comme il connait bien la région il nous donnera de précieuses informations lors de la montée des deux premiers cols.
Dans les deux premières ascensions, le col de Treize vent et celle du col de la Croix de Mounis, j'ai fait le train du gruppetto pour que tout le monde suive. C'est un rôle que j'aime bien.
On a eu des loupés sur les ravitaillements intermédiaires le matin, si bien que dans les derniers kilomètres avant le repas du midi on était plusieurs à être à la limite de la fringale. En mangeant seulement 2 barres et quelques cerises en 6h de selle, ça faisait peu. Eric m'a fait peur, à la fin il zigzaguait au milieu du peloton et semblait à la limite de l'hypoglycémie. La pause pour le repas du midi n'a jamais été autant attendue !
On a pris notre repas en présence d'un député et d'une quarantaine de cyclotouristes qui nous attendaient pour nous accompagner jusqu'à l'arrivée. Du coup, on avait du monde qui déambulait au milieu de nous, ce n'était pas très agréable : quand on a faim et qu'on est fatigué, qu'on a envie de profiter d'un peu de répit, on a pas envie que des gens viennent nous gêner.
L'après-midi, la route nous a été ouverte par la gendarmerie, qui a assisté les 3 motards habituellement en charge de notre sécurité. J'ai refait le train pour éviter les innombrables à-coups que mettent certains. J'ai pris beaucoup de vent, j'espère que ça ne m'handicapera pas dans les prochaines étapes. Sur la quarantaine de cyclotouristes présents, un petit noyau (5 / 6) se comportait comme des cons : ils allumaient dans chaque bosse. Quand des mecs frais, avec des sacs à dos, t'attaquent dans une montée que tu gère au train afin que tout le monde suive, c'est extrêmement désagréable. L'un d'entre eux, le premier à avoir attaqué, m'a tellement énervé que je l'ai pris en grippe la 3ème fois et j'ai fait l'effort pour aller lui faire remarquer que son comportement était anormal. Des mecs de son club m'ont dit que c'était une ancienne gloire locale avec "beaucoup de victoires" … j'espère que sa gloire locale n'est pas à attribuer uniquement au fait de laisser sur place des gens qui ont fait plus de 1000km en une semaine !
L'arrivée au coeur d'Albi s'est bien passée. les routes étaient dégagées et le renfort de la gendarmerie nous a permis de franchir les carrefours sans marquer d'arrêt. Le seul truc pénible, c'est que la consigne était claire : "notre groupe devant, les cyclos derrière". Malgré une consigne facile à comprendre et à appliquer, les mecs restaient devant et certains étaient à la limite de nous faire tomber quand on cherchait à remonter.
L'étape a été longue et usante. On a passé la barre des 200 kilomètres pour la 3ème fois de la semaine et le vent défavorable une grande partie du parcours n'a pas simplifié notre tâche. On est arrivé tard à Albi, on est sorti tard du restaurant le soir. La récupération avant la première étape de montagne, demain, n'est pas idéale. La fatigue se fait de plus en plus sentir, mais je me sens toujours relativement bien. On arrive sur mon terrain de chasse, mais je ne pourrai pas m'y exprimer pleinement puisqu'il va falloir faire le train pendant les montées.
Bilan : 216km, 8h50 de selle, 2700m de dénivelé, 123bpm en moyenne.
Consultez mes données et notre parcours.
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mercredi 3 juillet 2013
TDFête étape 6 : Aix-en-Provence - Montpellier
Ce matin, nous avons pu bénéficier d'une grasse matinée relative : on a pu se réveiller à 7h ! Ca change des 5h30 / 6h habituels. Malheureusement pour moi, j'ai bossé la nuit pour répondre à une urgence professionnelle. J'ai fait un gros morceau du boulot jusqu'à 2h du matin, puis j'ai apporté les dernières touches pendant le petit déjeuner.
Le départ d'Aix en Provence a eu lieu sous la pluie. On s'est pris de petites averses pendant la première heure, la suite de la journée sera couverte puis le soleil pointera son nez. Etant victime d'un refroidissement depuis plusieurs jours, j'ai passé la majeure partie de la journée avec mes manchettes et mon coupe-vent imperméable, afin de maintenir mon corps le plus au chaud possible. Je dois être le dernier à avoir enlevé mes équipements, en toute fin d'étape.
© Mickael Bougouin
Au départ, le médecin m'a donné un médicament. Au vu des étapes à venir, j'ai préféré solliciter le corps médical, afin qu'ils me donnent ce qu'il faut pour me guérir. J'avais hésité à le faire plus tôt, mais je voulais voir comment évoluait la situation. Je n'étais pas très bien les 2 premières heures, puis je suis monté à l'avant prendre des relais, signe que j'allais nettement mieux. Ce soir, je ressens toujours une petite gêne mais moins que les deux soirs précédents.
Guillaume, mon ami lyonnais dont les parents habitent à quelques kilomètres du parcours, s'est joint à nous une quarantaine de kilomètres. Habillé avec sa tenue du VC Caladois, il a d'abord été pris pour l'un des coureurs de l'équipe Elite. La supercherie a vite été démasquée. Ca m'a fait plaisir de le voir, ça m'a permis de lui donner des nouvelles sans que ça ne prenne de temps sur mes rares moments de récupération. Les appels téléphoniques, sms, tweets, emails, ... c'est bien, mais c'est usant même si on est allongé dans son lit !
Après la pause repas, j'ai assisté à la première engueulade du séjour : on roulait à une bonne allure, sur faux plat descendant, mais quelques cyclistes voulaient lever le pied. Le débat a fait rage entre "plus on roule vite, plus on arrive tôt, plus on a de temps pour récupérer" et "plus on roule tranquillement, moins on a besoin de récupérer". Le cessez-le-feu a permis de déboucher sur un compromis de vitesse qui a satisfait à peu près tout le monde.
La fin de l'étape a été marquée par le vent de travers. Plus la journée avançait, plus le vent forcissait. Le vent m'a usé plus que la distance ou le temps de selle. De même, la dernière heure nous n'avons couvert que 8 kilomètres car les rues de Montpellier étaient bouchées. On a fait plein de départs / arrêts qui sont particulièrement fatiguant musculairement et nerveusement, car on a l'impression de piétiner et de ne pas avancer. Les arrivées en ville, ce n'est pas terrible.
Cette étape de 180 kilomètres relativement plats, que les journalistes sportifs appellent "de transition" (un synonyme de "facile" dans leur vocabulaire), n'est pas difficile si on la fait de manière isolée. Par contre, après 6 jours d'efforts dont deux étapes de plus de 200 kilomètres, elle fait mal quand même. Cette étape était certes plus courte et moins difficile, mais elle n'était pas facile pour autant. On sent que la fatigue s'accumule, et le plus dur arrive ...
Bilan : 185km, 6h30 de selle, 910m de dénivelé, 117bpm en moyenne.
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Le départ d'Aix en Provence a eu lieu sous la pluie. On s'est pris de petites averses pendant la première heure, la suite de la journée sera couverte puis le soleil pointera son nez. Etant victime d'un refroidissement depuis plusieurs jours, j'ai passé la majeure partie de la journée avec mes manchettes et mon coupe-vent imperméable, afin de maintenir mon corps le plus au chaud possible. Je dois être le dernier à avoir enlevé mes équipements, en toute fin d'étape.
© Mickael Bougouin
Au départ, le médecin m'a donné un médicament. Au vu des étapes à venir, j'ai préféré solliciter le corps médical, afin qu'ils me donnent ce qu'il faut pour me guérir. J'avais hésité à le faire plus tôt, mais je voulais voir comment évoluait la situation. Je n'étais pas très bien les 2 premières heures, puis je suis monté à l'avant prendre des relais, signe que j'allais nettement mieux. Ce soir, je ressens toujours une petite gêne mais moins que les deux soirs précédents.
Guillaume, mon ami lyonnais dont les parents habitent à quelques kilomètres du parcours, s'est joint à nous une quarantaine de kilomètres. Habillé avec sa tenue du VC Caladois, il a d'abord été pris pour l'un des coureurs de l'équipe Elite. La supercherie a vite été démasquée. Ca m'a fait plaisir de le voir, ça m'a permis de lui donner des nouvelles sans que ça ne prenne de temps sur mes rares moments de récupération. Les appels téléphoniques, sms, tweets, emails, ... c'est bien, mais c'est usant même si on est allongé dans son lit !
Après la pause repas, j'ai assisté à la première engueulade du séjour : on roulait à une bonne allure, sur faux plat descendant, mais quelques cyclistes voulaient lever le pied. Le débat a fait rage entre "plus on roule vite, plus on arrive tôt, plus on a de temps pour récupérer" et "plus on roule tranquillement, moins on a besoin de récupérer". Le cessez-le-feu a permis de déboucher sur un compromis de vitesse qui a satisfait à peu près tout le monde.
La fin de l'étape a été marquée par le vent de travers. Plus la journée avançait, plus le vent forcissait. Le vent m'a usé plus que la distance ou le temps de selle. De même, la dernière heure nous n'avons couvert que 8 kilomètres car les rues de Montpellier étaient bouchées. On a fait plein de départs / arrêts qui sont particulièrement fatiguant musculairement et nerveusement, car on a l'impression de piétiner et de ne pas avancer. Les arrivées en ville, ce n'est pas terrible.
Cette étape de 180 kilomètres relativement plats, que les journalistes sportifs appellent "de transition" (un synonyme de "facile" dans leur vocabulaire), n'est pas difficile si on la fait de manière isolée. Par contre, après 6 jours d'efforts dont deux étapes de plus de 200 kilomètres, elle fait mal quand même. Cette étape était certes plus courte et moins difficile, mais elle n'était pas facile pour autant. On sent que la fatigue s'accumule, et le plus dur arrive ...
Bilan : 185km, 6h30 de selle, 910m de dénivelé, 117bpm en moyenne.
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