vendredi 31 août 2012

Examens médicaux

Cette semaine j'ai passé une batterie d'examens médicaux afin de déterminer la (ou les) maladie(s) que je traine.


Il se trouve que je ne souffre non pas de tendinites aux genoux, mais de chondrites rotuliennes. L'origine des douleurs n'est donc pas tendineuse comme initialement diagnostiqué, mais cartilagineuse. Après 3 jours de traitement adapté, les douleurs ont nettement diminuées. Je dois observer une phase de repos de plusieurs semaines, puis faire des séances de kiné lorsque les douleurs auront disparues.

Les examens sanguins n'ont rien révélé d'anormal. Je n'ai pas de carence particulière ni de maladie grave. Mon taux d'anticorps est très élevé, ce qui prouve que mes défenses immunitaires naturelles marchent normalement. Je ne vais donc pas suivre de traitement spécifique. Pour la petite histoire, mon taux hématocrite est de 45%.

Enfin, j'ai effectué un examen cardiaque. Ma petite crise de tachycardie survenue en début de Marmotte était une simple erreur de parcours, probablement liée au stress. Mon coeur est en parfaite santé, bon pour le service sans le moindre danger. Pour l'histoire, mon pouls au repos est revenu à sa valeur habituelle : 54.

Conclusion : je suis fatigué et malade (merci la canicule et les hôtels climatisés), j'ai une chondrite rotulienne aux deux genoux, mais il n'y a rien de grave. Je dois me reposer et me soigner, et je pourrai revenir sereinement faire ma saison 2013.

mercredi 29 août 2012

Haute-Route étape 7 : de Saint-Etienne-de-Tinée à Nice

La septième et dernière étape de la Haute-Route relie Saint Etienne de Tinée à Nice via 175km et 3 cols (le col de la Couillole, le col de Saint Raphaël et le col de Vence). Le dénivelé de cette dernière étape est de 2900m.

Voici la road-map de l'étape :

Voici le profil de l'étape :

Et voici mon traditionnel récit :

Ce samedi matin j'ai pris le départ de la dernière étape de la Haute-Route. Mes genoux étaient toujours douloureux, mais je tenais vraiment à prendre part à cette étape car l'arrivée sur la promenade des anglais est un moment magique qu'on n'a pas l'occasion de vivre très souvent dans une vie de cycliste. Certains m'avaient suggéré de ne faire que les derniers kilomètres de l'étape, comme je l'avais fait jeudi, mais l'idée ne me branchait pas : une telle arrivée doit se mériter pour être appréciée à sa juste valeur. J'ai donc tenu à faire l'intégralité de l'étape.

La température était douce à 6h45 lors du départ. L'an dernier, au même endroit, je me souviens que j'étais frigorifié. Les 28 premiers kilomètres étaient neutralisés, tout s'est bien passé pour moi. J'étais dans le 3ème peloton, mais ça ne m'inquiétait pas du tout car je n'étais pas là pour jouer une quelconque performance. J'étais là pour finir l'étape dans les délais et profiter de mon dernier jour de course.

J'ai grimpé le col de la Couillolle à ma main, sans me presser. J'ai pu discuter avec quelques coureurs comme je le faisais sur les autres étapes, l'ambiance était plus décontractée mais je sentais que l'étape faisait peur car n'avait rien de facile. Alors que je venais de terminer ma conversation avec Mark Turner, j'ai Jean-Luc Botto qui m'a rejoint ... les 2 s'étaient sèchement échangés quelques désaccords de points de vue via twitter au cours de la nuit. Les voir côte à côte juste devant moi a été une image assez sympa : des désaccords n'empêchent pas une passion commune.

Je ne me suis pas arrêté au ravitaillement au col car il me restait suffisamment d'eau pour rejoindre le point de ravitaillement suivant. Idem pour la nourriture, j'avais ce qu'il me fallait. Je me suis ravitaillé dans la première partie de la descente. La deuxième partie de la descente, dans les gorges du Cians, a été splendide : j'ai rarement vu un tel paysage. On est enclavé dans dans une roche rouge clair complètement atypique. Si le paysage y est à couper le souffle, il fallait rester très vigilant : les courbes s'enchaînaient à des vitesses vertigineuses ... l'une d'entre elles coutera malheureusement la vie à l'un des coureurs de la course. (A la demande de sa famille, je ne communiquerai pas plus sur cet accident).

J'ai formé un groupe autour de moi dans les derniers kilomètres de descente. J'ai ainsi obtenu un soutient important dans une portion d'un peu moins de 10km à plat, vent de face. Un motard incompétent est venu faire exploser à 3 reprises mon groupe, à la 4ème fois je suis monté à sa hauteur lui expliquer ce que je pensais de son comportement. En plein effort, et passablement énervé car je venais de boucher 4 fois le trou qu'il avait créé, j'ai pas été par 4 chemins pour lui demander de dégager de la sans attendre son reste. Quelques kilomètres plus tard, j'ai eu le droit à une réflexion acerbe d'un marseillais qui n'a même pas osé venir me dire en face ce qu'il avait à me dire ... les mecs restent planqué dans les roues, et ils se permettent ensuite de critiquer. C'est beau l'esprit sportif.

La montée du col de saint-raphaël a été une des meilleures de la semaine : les douleurs se sont atténuées, je me sentais bien. J'ai pu accélérer et m'amuser à ma guise. J'avoue avoir pris beaucoup de plaisir dans cette montée. J'ai rempli mes bidons au ravitaillement, et me suis lancé dans la descente. Sur la première partie de la descente, je me suis ravitaillé : ça ne descendait pas franchement, le vent était défavorable, et j'étais seul. J'ai attendu un groupe, dans lequel j'ai retrouvé Vinzz (lecteur belge de ce blog, déjà croisé sur les premières étapes) en compagnie de qui j'ai poursuivi mon chemin. J'ai fait toute la 2ème partie de la descente en tête, sur un terrain qui m'avantageait nettement plus. J'ai visiblement fait forte impression puisque 2 coureurs sont venus me demander si j'habitais dans le coin pour faire une descente aussi propre.

La montée du col de Vence m'a surpris par sa longueur : en réalité elle faisait 35km. Elle se monte en plusieurs paliers, avec des zones de faux plat descendant au milieu. Au fil des kilomètres, le groupe d'une vingtaine de coureurs dans lequel j'étais a explosé. Certains ont pris le large, d'autres ont sombré. J'ai pris un gros coup de mou au bout de 15km, et ai terminé péniblement l'ascension. J'étais scotché au bitume sur une pente pourtant relativement faible (3 à 4%). C'est le genre de pente qu'en temps normal j'aurai passé en 52x19, mais que j'ai grimpé en 30x17 ... il commençait à faire chaud, et la distance commençait à me peser dans les jambes.

Le chrono était arrêté au col de Vence. J'ai fait la descente sur Vence sans soucis. De même, la liaison entre Vence et la promenade des anglais s'est bien passée et a été un moment assez fort ... mais pas aussi fort que l'an dernier. J'avais un gout d’inachevé. Je n'étais pas un finisher de l'épreuve, et ça croyez-moi ça enlève une bonne partie de la saveur de l'instant. Mais le moment était rendu sympa par tous ces coureurs autour de moi qui souriaient, qui discutaient dans toutes les langues, qui se félicitaient mutuellement alors qu'une semaine plus tôt ils ne se connaissaient nullement ...


NB : je ne donnerai pas mon classement sur l'étape, par respect pour les autres coureurs qui eux ont fait toute la semaine alors que j'ai bénéficié de jours de repos. Il faut comparer ce qui est comparable, et ma place ne peut pas être comparée à la leur.
NB 2 : je dresserai le bilan global de l'épreuve ce week-end.


Consultez les détails de la course sur Strava.

Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés à la Haute Route.

lundi 27 août 2012

A coeur et à corps ouvert

Je suis bien rentré de la Haute-Route ce week-end. Comme certains l'ont vu dans les classements, j'ai pris part à la dernière étape, pour laquelle je n'ai pas encore pris le temps d'écrire mon habituel compte-rendu. Si l'heure n'est pas encore au bilan de cette deuxième édition, j'ai quand même besoin d'écrire pour faire sortir ce qui me ronge depuis quelques jours.


D'abord physiquement : je suis démoli. J'ai le corps entier qui hurle de douleur. Les douleurs ressenties aux genoux au quotidien sont presque une routine, qui s'est étendue au reste du corps. J'ai perdu une bonne sensibilité de mes pieds, au point que quand mon chaton plante ses dents dedans je ne ressente pas grand chose. Mon dos, mes bras et mon cou me tirent en continu, mes poignets et mes chevilles semblent bloqués. Mes fesses sont douloureuses. Je n'ai plus de voix. Si les saignements de nez de ces derniers jours sont passés, j'ai quand même des bouffées de chaleur et des brulures d'estomac. Mes cycles de sommeil et mon alimentation semblent complètement déréglés. Mon corps me fait vivre un véritable enfer. Je crois qu'il va me falloir faire plus qu'une IRM des genoux, mais bien un check-up complet de mon organisme.


Psychologiquement, c'est également très dur. Je me suis préparé pendant 1 an pour cette épreuve, et j'ai échoué. Ce n'est pas le premier échec de ma vie, mais c'est probablement le plus traumatisant. Pour la première fois de ma vie, je me suis rendu compte que j'avais des limites. J'ai toujours eu la chance de pouvoir compter soit sur mon physique quand mon mental baissait la garde, soit sur mon mental quand mon physique me lâchait. La, les deux sont partis.

J'ai toujours vécu sans limites : je fais ce qu'il me plait quand il me plait. Même les lois humaines ne me préoccupent pas. J'ai toujours volé au dessus, avec pour seules limites ma conscience et mes envies. Les gens qui me connaissent savent que je suis capable du pire comme du meilleur. Cette semaine, j'ai compris que je ne pouvais pas faire toute ce qu'il me plaisait : il y a un moment où l'on paie la note de ses excès.

Je crois que ce qui me traumatise le plus, ce n'est pas tant l'échec en lui-même, mais plutôt le fait d'avoir compris que je ne suis pas si libre que je ne le pensais. Je garde toujours mes distances vis à vis des gens car je refuse de me sentir attaché. Idem avec les objets. La liberté est la chose la plus importante à mes yeux. Je choisis ce que je veux faire, quand je veux le faire, comment je veux le faire ... je ne veux aucune contrainte. Or, dans cet échec, j'ai pris conscience que mon corps était une contrainte. Et c'est une contrainte dont je ne peux me débarrasser.



Bref, c'est dur physiquement et mentalement. Je me sens démoli. Il va me falloir du temps pour me relever sur les 2 plans et pour revenir, mais j'ai toujours l'envie. Je suis loin de vouloir quitter le cyclisme, mais j'ai besoin de temps pour me remettre en selle. La première des étapes va être de me soigner physiquement, je vais consulter des médecins et faire des tests dans les jours à venir. En parallèle, je vais poursuivre mes investigations sur les origines des différents problèmes afin de les solutionner. 2013 sera l'année du renouveau, je songe à orienter ma carrière différemment : j'ai des idées derrière la tête dont je vous parlerai dans les mois à venir.

vendredi 24 août 2012

Haute-Route étape 6 : de Risoul à Auron

La sixième étape de la Haute-Route relie Risoul à Auron via 110km et 3 montées (le col de Vars, la cime de la Bonette et la montée d'Auron). Le dénivelé de cette sixième étape est de 3200m.

Voici la road-map de l'étape :

Voici le profil de l'étape :

Et voici mon traditionnel récit :

Toujours handicapé par mes problèmes de genoux, je n'ai pas pris le départ de l'étape. Heureusement, mes coéquipiers assurent et me permettent de vivre l'étape par procuration. Si hier j'étais fortement frustré de ne pas prendre le départ de l'étape, ce matin en revanche j'étais bien content de profiter un peu plus longtemps du lit. Comme hier, j'ai fait le trajet en voiture et ai encouragé les coureurs que je connais, et ai aidé les personnes au ravitaillement afin que les coureurs soient servis plus vite.


Pour parler de la Haute-Route, car c'est le sujet actuellement, je me suis amusé à compiler des statistiques sur les nationalités des coureurs. Selon les chiffres bruts communiqués par l'organisation, le pays le plus représenté est le Royaume-Uni avec 32% des coureurs, devant la France (15%) et la Suisse (8%). Le canada, l'Australie et le Brésil suivent en apportant chacun 4 à 5% des participants. 34 pays sont représentés, 25 d'entre-eux ayant 2 coureurs ou plus, 13 ayant plus de 10 coureurs.

A partir des chiffres bruts, j'ai établi mes propres statistiques :
- 73% des coureurs ne sont pas francophones
- 77% des coureurs sont européens au sens continental du terme
- 67% des coureurs sont issus de l'Union Europpéenne
- 71% des coureurs n'utilisent pas l'Euro habituellement
- 63% des coureurs sont venus en avion
- 42% des participants viennent d'une île
- 6% des participants sont originaires de l'Océanie
- 13% des participants sont originaires du continent américain
- 79% des coureurs ne sont pas issus d'un des pays "historique" du cyclisme (Belgique, France, Italie, Espagne)

Pour avoir d'autres chiffres sur la Haute-Route, je vous invite à (re)lire mon article "la Haute-Route en chiffres humains".


Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés à la Haute Route.

jeudi 23 août 2012

Haute-Route étape 5 : de l'Alpe d'Huez à Risoul

La cinquième étape de la Haute-Route relie l'Alpe d'Huez à Risoul via 136km et 4 montées (le col de Sarenne, le col du Lautaret, le col d'Izoard et la montée de Risoul). Le dénivelé de cette cinquième étape est de 3700m.

Voici la road-map de l'étape :

Voici le profil de l'étape :

Et voici mon traditionnel récit :

Aujourd'hui je n'ai pas pris de départ de l'étape. Ma tendinite me fait toujours souffrir et me dérange. J'ai pourtant effectué une petite sortie, sur la fin de l'étape, afin de me lancer dans une nouvelle carrière : le mannequinat cycliste. En quoi ceci consiste ? Tout simplement à être un mannequin, comme ceux qui défilent sur des podiums pour présenter les dernières robes des grands couturiers ... mais sans robe. Sans bijoux, sans coiffure et sans talons hauts. Il ne faut pas déconner : je ne suis pas un travesti !

A la place de tout ceci, je porte une tenue cycliste, des gants, un casque, un vélo ... et tout l'attirail traditionnel du bicyclède. Le podium brillant est remplacé par du goudron rugueux. En revanche, les flashs des photographes sont bien présents.

Avant le shooting, j'ai fait le trajet en voiture en compagnie du père de mon équipier Florian. En attendant à un ravitaillement, j'ai tendu des gobelets d'eau et de coca aux coureurs qui passaient. J'ai du distribuer pas loin de 100 verres, et comme je l'ai déjà fait remarquer je n'ai eu le droit à des remerciements que de la part des coureurs étrangers. La politesse n'est visiblement pas le point fort des coureurs français. Au col de l'Izoard, je me suis changé, ai pris mon vélo et ai entamé la descente.

Avec Manu, un des meilleurs photographes sportifs français (selon des connaisseurs), on a cherché le bon endroit où faire notre shooting. Ou plutôt : IL a cherché le bon endroit, car sur ce point c'est son côté artistique qui prime. Une fois le lieu trouvé et la mise en scène placée, j'ai fait une dizaine de passages devant son objectif afin de trouver le bon angle, la bonne trajectoire, la bonne expression du visage, le bon relâchement, ...


Une fois la bonne photo prise, son motard m'a escorté sur la fin de la descente puis je me suis calé dans son aspiration pendant une partie de la vallée du Guil. J'ai doublé quelques coureurs qui ont du m'insulter, à me voir ainsi passer en profitant "illégalement" de l'aide d'une moto. Ils ne pouvaient pas savoir que je n'étais plus en course. De même, comme je faisais exprès de ne pas passer sur les tapis de contrôles, les coureurs venaient me parler et ne comprenaient pas pourquoi je ne passais pas dessus.

J'ai effectué la montée de Risoul à ma main, sans forcer. Elle a l'avantage de ne pas être trop dure quand elle est faite seule. Mes genoux m'y ont encore fait souffrir, ce qui m'a confirmé que j'ai eu raison de ne pas prendre le départ de l'étape. J'ai fini sous une petite pluie, qui a eu le don de me rafraichir et de salir mon vélo. Ca tombe bien, demain je ne roule pas, j'aurai donc le temps de le nettoyer.


Consultez les détails de la course sur Strava.

Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés à la Haute Route.

mercredi 22 août 2012

Haute-Route étape 4 : de Bourg d'Oisans à l'Alpe d'Huez

La quatrième étape de la Haute-Route relie Bourg d'Oisans à l'Alpe d'Huez via 15km et 1 montée (l'Alpe d'Huez). Le dénivelé de cette quatrième étape est de 1100m.

Voici la road-map de l'étape :

Voici le profil de l'étape :

Et voici mon traditionnel récit :

Ayant abandonné la veille, ayant toujours des douleurs (une tendinite, ça ne passe pas en un claquement de doigts) et ayant déjà fait 3 fois la montée de l'Alpe d'Huez cette année, je n'ai pas pris le départ de l'étape.

Je suis allé me faire masser le dos et le cou, qui me faisaient particulièrement souffrir et m'empêchaient de dormir correctement. Allongé, mon cou se mettait dans une position particulièrement inconfortable. Il a fallu 35 minutes au kiné pour débuter la remise d'aplomb. J'étais particulièrement tendu, ça a été complexe et douloureux. Je pense qu'il va falloir que j'y retourne demain car tout n'est pas complètement rétabli. Du côté musculaire, mes jambes sont impeccables : comme toujours, les masseurs sont impressionnés par la souplesse de mes muscles. Il semblerait que peu de coureurs s'étirent après les étapes ...

Je suis allé encourager mes équipiers à proximité de l'arrivée, et ai passé l'après-midi au calme dans la zone presse. Ca m'a permis de finir la rédaction des articles des jours précédents, et de récupérer les photos sur lesquelles j'apparais. Malheureusement, j'apparais sur beaucoup moins de photos que l'an dernier car je suis beaucoup moins souvent devant.


Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés à la Haute Route.

mardi 21 août 2012

Haute-Route étape 3 : de Courchevel à l'Alpe d'Huez

La troisième étape de la Haute-Route relie Courchevel à l'Alpe d'Huez via 138km et 3 montées (le col de la Madeleine, le col du Glandon et la montée de l'Alpe d'Huez). Le dénivelé de cette troisième étape est de 4700m.

Voici la road-map de l'étape :

Voici le profil de l'étape :

Et voici mon traditionnel récit :

La nuit a été très courte, impossible de dormir à cause de la chaleur et du bruit. J'ai dormi moins de 3h. En discutant avec d'autres coureurs, apparemment beaucoup de monde à eu le même problème. J'ai de nouveau eu envie de vomir dès le réveil, et n'avais pas grand appétit pour le petit déjeuner.

Le départ neutralisé se passe bien. Je navigue aux alentours de la 80ème place sans soucis. Les visages autour de moi sont relativement soucieux, on sent bien que l'étape fait peur à beaucoup de monde. Ou, à défaut de faire peur, elle impose au moins le respect et incite à la prudence. Le coeur monte quand même haut au moindre coup de pédale. C'est toujours pareil quand on ne dort pas : le coeur monte à la moindre petite difficulté.


Je gère la montée du col de la Madeleine, afin de ménager mes forces. Comme tous les jours depuis le départ, j'ai eu le droit à un défilé de salutations de la part de coureurs qui me connaissent. L'ambiance qui règne entre les coureurs est vraiment sympathique, notamment les coureurs étrangers qui font l'effort d'encourager les coureurs en français et de remercier les signaleurs / organisateurs en français.

J'atteins le col un poil en retard par rapport à ce que je pensais, mais globalement dans les temps par rapport aux délais. La montée est toujours aussi longue que d'habitude, et le paysage y était toujours aussi beau. Beau, mais chaud : il faisait déjà 28° au col à 10h ! J'ai maudit la DDE qui a mis des bornes kilométriques farfelues tout le long de la montée : les distances sont bonnes, mais les altitudes et pourcentages sont souvent faux ... c'est particulièrement pénible quand on souffre et que la seule chose qui nous rattache au sommet ce sont ces fameuses bornes.

La descente est sympa, belle propre et dégagée, cependant je me fais légèrement chahuter dans 2 ou 3 virages. Rien de dangereux, j'étais prudent. Sur la fin de la descente, alors que j'étais à plus de 60km/h, des gamins tendaient des bidons ... c'était super sympa de leur part, mais je doute que quelqu'un soit capable de les attraper, surtout en pleine courbe. En revanche, 3 coureurs y ont laissé des lambeaux de chair : je leur souhaite un bon rétablissement.

La montée du col du Glandon a été un long chemin de croix. Mon corps a lâché petit à petit. Mon nez a explosé dès les premiers kilomètres, je me suis retrouvé avec du sang plein les genoux. Ma "fiche de course" récapitulant les pourcentages et distances des différents cols est devenue illisible. Puis mon genoux droit a cédé à 6km du sommet, je me suis retrouvé à pédaler seulement sur la jambe gauche. Ce qui devait arriver arriva, quand on pédale sur une seule jambe dans des pentes à 10%, la jambe restante finit par céder à son tour. Je me suis retrouvé à pieds à 1km du sommet. Etant serré par rapport aux délais, j'ai marché à pieds. Mon unique obsession : monter coûte que coûte. Je sais parfaitement que rester sur place c'est renoncer, quoi qu'il arrive il faut rester en mouvement vers l'avant.

J'ai fini par atteindre le sommet, me suis correctement ravitaillé, et me suis lancé dans la descente. J'étais short sur les délai, mais j'étais encore dans les délais. Du moins par rapport à mon niveau affaibli de ces derniers jours. Malheureusement la descente n'a pas été de tout repos : mes jambes refusaient de tourner et restaient en position d'angle droit entre mon tibia et mon fémur. Dès que je voulais pédaler pour relancer en sortie de virage, je sentais mes tendons se tendre douloureusement. Les premiers mètres de montée de l'Alpe d'Huez ont confirmé la tendance, je ne réussissais pas à pédaler.

J'ai mis fesses à terre peu après le point de contrôle au pied de l'Alpe. Assis dans l'herbe, j'ai attendu le bus balai pour la première fois de ma vie. Cette attente a été terrible psychologiquement : ça fait un an que je me prépare, ça fait 1 an que je me suis fait tous les scenarii possibles allant de la victoire d'étape (on peut toujours rêver, non ?) au décès dans une des descentes (un dixième de seconde d'inattention) ... mais je n'ai jamais imaginé une seule seconde monter dans le bus balai. Je peux vous assurer que je me sentais minable, en pleurs de devoir renoncer. Dégouté de devoir mettre pied à terre sans avoir pu me livrer jusqu'au bout, sans avoir pu montrer de quoi j'étais capable. Dégouté car j'avais largement le niveau pour finir. Dégouté d'avoir été aussi bête, car tout ceci n'est que ma faute.

Je suis monté honteusement dans ce bus. Curieusement, les 26 passagers m'ont applaudi ... ce que je n'ai pas très bien pris. J'aurai tellement donné pour avoir les applaudissement des spectateurs au bord de la ligne d'arrivée, qu'en avoir dans un tel moment ne m'a pas spécialement réconforté. 2h30 après mon abandon, j'arrivais à l'Alpe d'Huez. Un passage auprès du staff médical m'a rassuré : j'ai bien une tendinite mais elle ne s'aggrave pas. Il n'y a pas d'épanchement ni d'inflammation aiguë.

Bilan : je suis éliminé du classement général, j'ai mal y compris quand je suis allongé dans mon lit, et j'ai pris un très gros coup au moral. Le plus important maintenant va être de me soigner convenablement et de trouver les origines de cette tendinite afin qu'elle ne revienne pas me perturber dans le futur.

Consultez les détails de la course sur Strava.

Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés à la Haute Route.