dimanche 12 juillet 2015

Sortie flahute : pluie, vent et pavés

Dimanche, j'ai effectué une sortie de flahute : la journée a été marquée par le vent et la pluie, agrémentée de quelques secteurs pavés humides. J'ai repéré à l'avance un parcours de 75 kilomètres que j'ai tracé puis chargé dans mon compteur.


Les 10 premiers kilomètres ont été faits sur le ravel (voie verte) reliant Nivelles à Genappe. L'ex-voie de chemin de fer a été goudronnée il y a quelques années, le goudron est dans un parfait état puisque aucune voiture ni aucun salage corrosif n'est venu l'endommager. Bon, le premier kilomètre du ravel est assez flippant : on traverse la prison de Nivelles puis un squat dans une gare désaffectée. Ce premier kilomètre ne donne pas envie de flâner mais est vite oublié : on se laisse ensuite bercer dans un écrin de verdure, d'un calme et d'une tranquillité étonnante, sur un véritable billard. Comme on est sur une ancienne ligne de train, la voie verte est plane et ne coupe que rarement des routes. Celles-ci passent généralement dessus ou dessous, les voitures ne croisaient pas les trains donc n'entravent pas le trajet des cyclistes.


A Genappe, à la sortie du ravel, je suis tombé sur une route pavée et une ligne de sprint fraichement tracée ... en bas d'une légère descente. Sprinter en légère descente pavée, ces belges sont fous ! Un piéton m'a interpellé pour me demander si j'avais participé à l'épreuve de la veille : c'était l'équivalent d'une course Elite (1ère catégorie FFC), j'y aurais été ridicule donc je m'étais abstenu du déplacement. J'ai poursuivi ma route en direction de Wavre et de Waterloo, sur les traces des soldats prussiens et des soldats français les poursuivant : la distance parcourue par les soldats en quelques heures est absolument hallucinante. Les vallons se sont enchaînés rapidement, montées et descentes se ressemblant : courtes et raides. Une différence cependant : seules les montées me faisaient mal aux jambes, les descentes étant bien plus agréables.


J'ai rejoint Waterloo et Mont Saint-Jean, le haut des positions anglaises, sous la pluie. A chaque fois que je suis passé à Waterloo à vélo, je me suis pris de la pluie sur le casque et du vent dans le nez. Je vais finir par croire que ce terrain est hostile pour les français. A côté de la ferme fortifiée, point clé de la bataille, se dresse désormais un Mc Donald. J'ai imaginé les soldats mangeant un happy-meal pour reprendre des forces entre deux assauts, ça a mis un peu de soleil dans mon esprit pour remplacer la grisaille perçue par mes yeux.


J'ai poursuivi ma route en direction de Bois-Seigneur-Isaac puis de Ittre. Au passage, j'ai roulé sur une énième route pavée, de beaux pavés bien glissants. J'ai hésité un moment entre le bas-côté et le haut du pavé, mais m'en suis tenu au centre de la chaussée que j'ai jugé moins risqué. Les pavés ont fini par disparaitre sous une épaisse couche de terre. Lors de ma toute première sortie belge, il y a un an et demi, j'avais été surpris par ces routes qui se transforment en chemin de terre ... j'en ai eu à chacune de mes sorties, je m'y suis habitué désormais.


En retrouvant du bitume (après un nouveau passage sur pavés), j'ai rencontré un cycliste local. C'est un vététiste de bon niveau qui se remet en forme après 7 mois d'arrêt suite à une grave blessure au genou. On a sympathisé et discuté : sous la pluie et dans le vent, c'est plus sympa de rouler à deux que seul. On a roulé une bonne heure ensemble, j'ai quitté mon parcours prévu pour le suivre sur le parcours que lui avait tracé. En discutant, il m'a indiqué que sur les routes belges il avait l'habitude de crever tous les 250 kilomètres ... avec ma moyenne d'une crevaison tous les 8000 kilomètres sur les 4 dernières années, je l'ai laissé rêveur. Il faut dire qu'il utilise des boyaux y compris à l'entraînement, tandis que j'utilise des pneus orientés vers la résistance plutôt que vers le rendement. Autre détail, il roulait avec des plateaux ovales sur son vélo de route ... mais avec des plateaux ronds sur son VTT. Notre discussion sur le matériel a été fort intéressante, les vélos prévus pour les chemins étant souvent en avance dans l'utilisation de certaines technologies (tubeless, freins à disques, pédalier compact et désormais mono-plateau, ...).


Je suis rentré après avoir effectué les 10 derniers kilomètres seul avec le vent de 3/4 face. La pluie me fouettait les jambes et les bras, j'ai lutté avec vigueur jusque dans les 3 derniers kilomètres où mes forces ont commencé à faiblir. Les 24 heures du Mans auront lieu dans un mois et je n'ai pas eu le temps de m'entraîner comme je l'aurais aimé. Je vais manquer cruellement d'habitude dans l'enchaînement des heures de selle, mon endurance naturelle et mon expérience ne devraient pas suffire et je pense que je vais sévèrement subir l'épreuve. Au vu de ce qui m'attend dans les 15 jours à venir, la tendance ne devrait pourtant pas s'inverser dans le bon sens.

Consultez mon parcours.

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