Avant de vous rédiger la suite de nos aventures étape par étape, puis une série d'articles un peu plus transversaux (sur les spectateurs, sur les accompagnateurs, sur mes compagnons de route, sur notre vie au quotidien ...), je vais dresser un bilan à chaud de l'opération.
© Mickael Bougouin
Le bilan sportif :
21 sorties à vélo, 3393km, 136h 46min de selle, 49871m de dénivelé. Cela nous fait une moyenne de 161 kilomètres pour 2375m de dénivelé par sortie, à 24,8km/h de moyenne. 62kg au départ, 62kg à l'arrivée. Cardiaquement parlant, je n'ai jamais été mis en difficulté. La dernière semaine, j'en ai profité pour faire du travail au seuil en vue de prochaines échéances sportives. Musculairement, je n'ai jamais subi non plus. J'ai eu 3 séances de massage, deux du dos et une des jambes, mais je n'en avais pas vraiment besoin et j'aurai largement pu m'en passer.
Sur le plan personnel, le bilan sportif est excellent puisque je sors de ce Tour en parfaite condition physique, sans fatigue particulière. Sur le plan du groupe, (presque) tout le monde est allé au bout sans poser pied à terre. 18 garçons sur 21 ont réalisé l'intégralité des étapes sur le vélo. Les filles ont réalisé des étapes incroyables, elles ont été impressionnantes.
Le bilan humain :
Notre groupe comptait un petit peu moins de 50 personnes, quand on y regroupe les cyclistes et les accompagnateurs. Quand l'aventure a commencé, j'avais 50 inconnus autour de moi. Je suis reparti hier avec 50 amis. Le bilan humain a été incroyable. Pour s'en rendre compte il aurait suffi de mesurer le taux d'humidité (lié aux larmes), d'écouter le nombre de reniflements et de regarder le temps pris pour faire les adieux. Personne n'avait envie de partir, tout le monde a cherché à rester avec les autres jusqu'au dernier moment.
Cette aventure était pour moi un test sociologique. Une sorte de loft-story version cyclisme. "Ils sont 50, ils ne se connaissent pas, ils vont vivre ensemble pendant 4 semaines, qui gagnera ?". Selon mes expériences passées, j'étais convaincu que les difficultés scinderaient le groupe en clans bien définis, et que ces clans se tireraient dans les jarrets. Des tensions sont apparues au bout d'une semaine, quand la fatigue a commencé a se faire sentir et que tout le monde manquait de sommeil. Ce que je prédisais s'est mis en place, il y a eu quelques légères tensions. Mais contrairement à ce que je pensais, les difficultés ont soudé le groupe et les petits conflits se sont arrangés en un tour de pédale. Pour moi qui adore la sociologie et étudie énormément le comportement humain, j'avoue avoir pris une véritable leçon.
Le bilan de l'intérêt des étapes :
Si je devais donner mes étapes préférées, je choisirai :
- l'étape Ajaccio - Calvi, pour la beauté des paysages traversés (ce fut la plus belle incontestablement)
- l'étape Saint-girons - Bagnères-de-bigorre, pour la ferveur du public (le public y a été le plus bouillant et le plus proche de nous)
- l'étape de Saint-pourçain à Lyon car j'y ai retrouvé 2 amis proches et mes parents, et que j'ai fini sur mes routes d'entraînement
- l'étape de Bourg d'Oisans au Grand-bornand, car ce fut la plus longue en temps de selle et que j'étais sur des routes que j'adore
- l'étape de Givors au Mont-Ventoux, car c'était la plus longue en terme de distance et qu'on est parti de ma région
- l'étape d'Avranches au Mont-Saint-Michel, car on a pas tous les jours l'occasion de rouler sur une digue avec un tel panorama
- l'étape finale, avec les Champs Elysées, car c'était la fin et un lieu sacré du cyclisme
- celle de Porto-vecchio à Bastia, car elle était longue, que le groupe cherchait ses marques, sur des grosses routes et que les nuages bouchaient le paysage
- celle d'Aix-en-provence à Montpellier, car plate et monotone
- celle de Saint-gildas à Saint-malo, car on y a eu un vent défavorablement pénible tout le long
- celles de Fougères à Tours et de Tours à Saint-amand-montrond, car horriblement longues et horriblement monotones (ce sont les 2 pires étapes que j'ai passé)
Le bilan global :
Ce fut une aventure extraordinaire, qui a été encore plus palpitante et plus incroyable que tout ce que j'avais pu imaginer. J'ai trouvé que le parcours du Tour n'était dans le fond pas si difficile que ça, quand il est fait à une allure raisonnable, avec un bon encadrement, et un groupe au sein duquel tout le monde rigole et va de l'avant. Ce que j'ai dit à la majorité de mes compagnons de route, c'est qu'après avoir réussi une telle aventure, on a désormais acquis une confiance en nous qui nous permettra de rebondir dans la vie quoi qu'il nous arrive. On est tous sorti vainqueurs de ce Tour, de notre Tour. Pas des vainqueurs sur le plan sportif, mais des vainqueurs sur le plan personnel et humain.
Je tiens à remercier tous les participants de ce projet pour leur bonne humeur, élément essentiel sans lequel rien de tout cela n'aurait été possible. Si le groupe a su aller ensemble au bout, c'est parce que tout le monde a su garder le sourire même dans la difficulté. Un immense merci à vous tous, compagnons de route et de galère, pour cet état d'esprit.
Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.








