samedi 29 mars 2014

Gent-Wevelgem cyclo : récit

Ce matin se tenait l'épreuve cyclo de Gent-Wevelgem. Le parcours faisait 200 kilomètres (et même un peu plus en réalité), avec les principales difficultés traditionnelles de cette épreuve : le mont Cassel (Casselberg), le mont des Cats (Catsberg, Katsberg) et mont Kemmel (Kemmelberg). La température était clémente dès le départ, à 9h du matin il faisait déjà 15° avec un beau soleil et un léger vent. Une belle journée de vélo en perspective.

Cette épreuve a la particularité d'être franco-belge, ou belgo-française. Le premier et le dernier quart du parcours sont en Belgique, les deux quarts du milieu sont en France. Une particularité qui résume bien ma situation actuelle : une roue dans un pays, la seconde roue dans l'autre.


Après la traditionnelle inscription, que je remplis désormais sans soucis malgré l'utilisation unique du néerlandais, j'ai pris le départ. Un bip de déclenchement de la puce de chronométrage au passage sous l'arche et c'est parti ! Les barrières, les tribunes et les cabines des commentateurs étaient déjà en place pour les épreuves professionnelles masculines et féminines du lendemain. La peinture au sol était fraiche, elle avait dû être faite au petit matin.


Je me suis échauffé tranquillement, quelques cyclistes m'ont emboité le pas. Le circuit sortait directement de la ville, en 3 kilomètres on s'est retrouvé au milieu de vastes champs. Au bout de 7 ou 8 kilomètres, un petit groupe nous a repris. Je me suis glissé dans leurs roues.

J'ai ainsi fait une quarantaine de kilomètres en leur compagnie, jusqu'au premier point de ravitaillement. J'ai passé quelques relais mais c'était assez compliqué de maintenir l'allure : ils utilisaient des vélos de triathlon, les mains posées sur les prolongateurs, et écrasaient les pédales à plus de 40km/h par moments. Même si le vent était globalement favorable, il faut pouvoir tenir ensuite dans les roues après avoir pris son relais.


Jusqu'au premier point de ravitaillement, on a pris de petites routes sinueuses. Ca tournait dans tous les sens, comme toujours dans cette région. Après le ravitaillement, on est passé en France sur des routes nettement plus larges mais également plus fréquentées. Franchement, le passage d'un pays à l'autre s'est fait avec une facilité étonnante : je m'en suis rendu compte grâce au panneau d'entrée dans un village, les gros panneaux blancs avec un cadre rouge indiquant le retour dans mon pays de naissance. Je m'attendais à tomber sur un petit poste de frontière, ou au moins un panneau comme ceux qu'on voit à chaque fois qu'on change de région "Bienvenue en Rhône-Alpes" ou "la région Auvergne vous remercie de votre visite". Rien de tout ça, pas même une rupture dans le goudron. Ce sera la même chose au retour.

Revenons-en au côté sportif : après le ravitaillement, j'ai roulé avec deux cyclistes flamands qui parlaient un français impeccable. On a passé une heure à discuter vent de travers, on est revenu sur un duo composé d'un autre flamand parlant français et d'un italien parlant français. On s'est retrouvé à 5 au moment de bifurquer et de prendre le vent de face en direction du Mont Cassel. On a pris des relais sur une ligne droite interminable de 11 kilomètres, fonçant droit sur la première véritable difficulté du jour. Cassel était face à nous, la butte grossissait un peu plus à chaque coup de pédale qui nous menait vers elle.

La première ascension du Mont Cassel n'a pas été trop compliquée, même si elle était pavée sur la fin. Les pourcentages étaient standards. Une fois au sommet, une descente très large et bien goudronnée m'a mené au pied de la seconde ascension de ce mont. Une ascension bien plus raide comportant un passage à 24%. Sur le 39x23, ça passait sans avoir besoin de slalomer dans la pente. Des lignes indiquent le passage d'autres courses, dont des arrivées au sommet pour lesquelles je doute qu'il y ait besoin d'une photo-finish pour déterminer le vainqueur.


J'ai poursuivi ma route dans divers petits groupes de flamands et néerlandais. Les ascensions se sont poursuivies régulièrement : Mont des Cats (encore au delà des 20%) et chemin des Cats, Mont de Boeschepe, Kraaiberg, Gildeberg, Meseberg ... rien de bien compliqué, les ascensions étant entrecoupés par de longs morceaux de plaine exposée au vent. C'était usant, les kilomètres commençaient à s'accumuler mais les jambes tournaient bien et la prise de relais était efficace.

A l'approche du Mont Kemmel, j'ai retrouvé les camping-cars du Tour. Des dizaines de camping-cars, drapeau belge et/ou flamand flottant au vent. Avec une vingtaine de degrés, les barbecues étaient également de sortie, l'odeur de viande grillée venant me chatouiller le nez. J'aurai volontiers troqué une ou deux barres de céréales contre un morceau de pain et une merguez. Ca me faisait plus saliver que les biscuits proposés aux ravitaillements.


Le Monteberg et ses 23% m'a bien préparé au mont suivant, le plus célèbre de cette épreuve. Dans le Kemmelberg, je me suis fait doubler par un couple de quinquagénaires sur des vélos à assistance électrique. Je ne vous explique pas l'humiliation qu'on ressent quand on a déjà plus de 150 kilomètres dans les jambes, qu'on tente de hisser sa carcasse sur une pente pavée autour de 20%, et qu'on se fait doubler par des gens en jean+baskets qui pédalent sans forcer. Le mont Kemmel n'est finalement pas si dur que ça quand on a pris l'habitude de grimper d'autres monts pavés du même acabit : le Paterberg me semble plus dur que le Kemmel. C'est pentu, mais ce n'est pas monstrueux.


Après le Mont Kemmel, le parcours s'est poursuivi par une quarantaine de kilomètres à plat en direction d'Ypres puis de Wevelgem. Jusqu'à Ypres, j'ai tout fait en tête sans demander le moindre relais. Vent de travers sur une piste cyclable étroite et en mauvais état, avec 170 kilomètres au compteur, j'ai préféré être devant à voir chaque trou plutôt que derrière à voir les dangers au dernier moment. C'était plus sécurisant sans me couter trop d'énergie.


Le passage au centre de Ypres a été superbe, on est passé à l'intérieur de la ville. Ca a ajouté un long morceau pavé, du petit pavé de ville dans un état impeccable. Après Ypres, on a pris le vent de 3/4 pendant une trentaine de kilomètres jusqu'à l'arrivée. Le groupe s'est emballé, ça s'est mis à attaquer dans tous les sens et à faire des bordures en permanence. Je me suis fait violence pour rester dans les roues jusqu'au 195ème kilomètre, avant de lâcher prise et de laisser les 4/5 cyclistes restants filer devant. Je commençais à en avoir marre de faire chaque relance à fond, de devoir répondre aux attaques, de devoir me placer dans les éventails. Il me restait une dizaine de kilomètres, je les ai fait en duo avec un flamand et c'était mieux ainsi.

J'ai terminé l'épreuve avec 209 kilomètres au compteur et 7h25 de selle. J'étais fatigué mais il me restait encore de l'énergie. C'est de bon augure en vue des 250 kilomètres du Tour des Flandres qui aura lieu samedi prochain. Si la météo est aussi bonne ce sera parfait !

Consultez le parcours.


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