dimanche 16 juin 2013

Reco du final de l'étape de Lyon

Ce matin, j'ai effectué une reconnaissance du nouveau final de l'étape de Lyon. J'avais déjà effectué une reconnaissance il y a 2 mois, mais ASO (l'organisateur du Tour de France) a décidé de changer son parcours afin de le durcir.


Guillaume est passé me chercher chez moi. Nous avons remonté les quais de Saône pour nous échauffer, quand au bout de 6 ou 7 kilomètres nous avons été rejoint par un groupe d'une vingtaine de cyclistes du CSVS. Leur début de parcours coïncidait avec le notre, on s'est donc glissé dans leurs roues afin de bénéficier de l'effet de groupe.

A Lozanne, quelques kilomètres après avoir quitté le groupe, nous avons attaqué la succession de bosses qui jalonnera le final de cette 14ème étape. La première bosse est roulante (5,5km à 2,5%) et sera suivie par 11 kilomètres de faux-plat descendant. La route est très large, aussi bien à la montée qu'à la descente. Le peloton n'aura aucun mal à s'organiser, et la difficulté n'est pas suffisante pour faire péter les sprinteurs. La longue descente punira tous ceux qui essayeront de sortir dans cette bosse, toute attaque dans la côte de Lozanne sera vouée à l'échec.

La deuxième montée sera bien plus intéressante. Le spectacle se fera à cet endroit : si des puncheurs veulent sortir, ce sera ici ou jamais. La côte de la Duchère fait 1,6km à 5%, mais un replat au milieu vient fausser le pourcentage moyen. Il y a une première partie de 300m à 10%, un replat, puis de nouveau 300m à 10%. Sur le vélo, je me suis dit qu'un groupe de costaud sortirait dans la première partie, mais au vu de la faible longueur de la bosse l'écart sera très faible et le groupe aura intérêt à collaborer sans tergiverser.

La descente est courte et rapide, il y a ensuite un bon kilomètre de plat avec des ilots et des ronds-points rendant difficile l'organisation du peloton, avant d'attaquer la montée des esses de la Croix Rousse. La montée globale de la Croix Rousse fait 2km à 3,8% : il n'y a pas de quoi décrocher les sprinteurs. On file sur Cuire, puis on plonge sur le parc de la Tête d'Or, on longe le Rhône via un quai très large qui favorisera le peloton.

L'arrivée se jouera soit entre les échappées s'ils ont gardé suffisamment d'avance, soit en sprint massif. Quand on voit la vitesse à laquelle les sprinteurs passent le Poggio, bien plus long et plus difficile, après plus de 300km sur Milan - San Remo, j'ai du mal à les voir décrocher dans ce final. La seule possibilité de les battre est soit de partir dans l'échappée matinale, soit de sortir à 12 cadors qui s'entendent à la perfection, un de chaque équipe ou presque, pour que le reste du peloton se relâche ... mais sur le Tour, il y a peu de chances pour que ça se produise.

Pour en revenir à ma sortie du jour, nous avons donc passé sans encombre les différentes bosses du parcours. Tôt le matin, il n'y avait pas de circulation donc nous avons pu faire cette reconnaissance dans de bonnes conditions. On est pas allé jusqu'à la ligne d'arrivée, car le final complètement plat n'apporte pas grand chose à mon niveau : sur le Tour de Fête, l'important sera de passer les bosses sans encombres. Il n'y aura pas de victoire à jouer, pas de sprint massif à prévoir, inutile donc d'aller repérer le dernier virage avant l'arrivée.


Le retour via les quais de Saône s'est bien passé. Nous avons fait un arrêt pour observer un vélo en suspension : un vélo était accroché en l'air à un panneau de signalisation. Nous avons cherché, à l'aide d'un raisonnement pseudo-scientifique digne des mauvaises séries policières de TF1, les causes possibles à ce phénomène :
  • une crue de la Saône aurait déplacé le vélo vers le haut ?
  • voleur souhaitant prendre le vélo en le faisant monter en haut du mât autour duquel était placé l'antivol ?
  • propriétaire souhaitant éviter le vol ?
  • plaisantins voulant se distraire ?
  • oeuvre artistique ?

La sortie s'est bien passée. Je me contente pour le moment de roulotter afin de garder la forme, je ferai une reconnaissance mercredi du final du Mont Ventoux (incluant l'ascension du géant de provence) afin de finir définitivement ma préparation sur ses pentes.

Consultez notre parcours.

Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.

vendredi 14 juin 2013

La corse : que la chasse aux cols commence !

Ce soir, j'ai regardé quels cols étaient au programme du Tour. Je parle ici des cols officiels (ceux recensés dans le guide Chauvot, la bible des chasseurs de cols), et non des cols recensés par ASO qui servent à l'attribution du maillot à poids.

Les statistiques sont surprenantes : 7 cols sur la première étape, 6 cols sur la deuxième, 11 cols sur la troisième. 24 cols seront donc franchis au cours de la traversée de la Corse. Le chiffre est assez inattendu, j'étais loin de me douter qu'il y en aurait autant. Au vu des dénivelés, j'avais annoncé que les étapes 2 et 3 seraient redoutables (plus de 2500m de dénivelé sur environ 150km à chaque fois), ces nombreux petits cols confirment donc qu'elles seront casse-pattes.


J'ai déjà franchi 188 cols différents au cours de mes périples à vélo. Le col le plus bas que j'ai franchi est le col de Bougnon, culminant à 145m d'altitude dans le Var. J'ai également franchi le col des Balîtres (165m) dans les pyrénées-orientales, et le col du Manet (170m) dans les Yvelines. Quand je vois l'altitude de certains cols (19m, 27m), il s'agira probablement des cols les plus facile que nous aurons à franchir au cours de notre aventure estivale.

Je vais poursuivre mon enquête sur les étapes suivantes, afin de déterminer combien de nouveaux cols je pourrai ajouter à mon palmarès. Mon record est de 87 cols différents franchis en une année, vais-je le battre ? Je pense que oui.

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jeudi 13 juin 2013

Lyon - Semnoz - Annecy

Hier, j'ai fait un nouveau raid : au départ de Lyon, à vélo évidemment, j'ai rejoint le Semnoz avant de plonger sur Annecy. Je tenais à faire une reconnaissance du Semnoz : il y a un mois j'avais reconnu le reste de l'étape (lire ici l'article). La grimpée du semnoz sera la dernière difficulté du Tour, elle arrivera à la fin d'un triptyque des alpes qui sera terrible : double ascension de l'alpe d'huez l'avant veille, et une étape de plus de 200km avec 5000m de dénivelé la veille. Je serai épuisé au départ de cette dernière étape des alpes, chaque point de repère pris à l'avance sera utile afin de gérer au mieux le peu de force qu'il me restera.


Je suis parti de chez moi au lever du jour. Les lunettes de soleil glissées dans le casque, mes poches étant déjà pleines car contenant de la nourriture pour 8h d'efforts et le matériel classique de réparation, j'ai commencé à pédaler dans la pénombre. A 5h30, quelques minutes après mon départ, j'ai retrouvé Guillaume : il prend goût aux longs efforts en montagne, et l'idée d'une sortie originale le branchait. Ensemble, on a rejoint le plateau de la Dombes depuis lequel nous avons assisté au lever du soleil. Ceux qui me connaissent savent que le lever et le coucher de soleil sont mes deux moments préférés de la journée. J'ai des centaines de photos prises d'un peu partout en Europe, depuis la mer ou depuis la montagne en passant par le hublot d'un avion.


Quand le soleil s'est levé, le vent a suivi le mouvement. Nous l'avons pris en pleine face pendant une quinzaine de kilomètres, avant de bifurquer et de le prendre de côté. Plus l'heure avançait et plus nous nous éloignions de Lyon. Au niveau de la circulation, c'était idéal : nous avions la route pour nous, le flux de voiture allait dans le sens opposé au notre. Nous avons fait 50km de phase d'approche jusqu'au pied du premier col du jour.


A Lagnieu, nous nous sommes attaqué au Calvaire de Portes, un col long de 15km à 5,5%. De quoi nous mettre en jambes. Les premiers kilomètres ont été effectués sur une route gravillonneuse, ce qui n'était pas agréable. Hormis les premiers kilomètres avec quelques points de vue sympa, le reste de la montée se passe en foret : nous étions au frais et à l'ombre dans les arbres, ce qui nous a fait économiser de l'eau pour la suite du périple. Si le premier ravitaillement après 2h d'efforts a été choisi, le deuxième ravitaillement s'est fait par hasard : une grosse mouche a voulu visiter ma cavité buccale, profitant du fait que je discutais, et est allé directement se loger dans mon oesophage. J'ai tenté tout ce que j'ai pu pour la faire remonter, mais ai été contraint de l'avaler contre mon gré. La nature, c'est sympa mais ça a parfois des inconvénients !

La descente a été longue, très longue, notamment car il y avait un looooooong replat au milieu. Elle a également été animalière : d'abord une biche le long de la route, qui souhaitait traverser mais a changé d'avis en nous voyant arriver, puis un écureuil qui s'est jeté dans mes roues. Un écureuil marron foncé cette fois, pas un écureuil roux. J'ai fait un freinage brusque pour éviter de lui rouler dessus, mais c'est passé tout près : il a eu le réflexe de lever la queue, sans quoi il la perdait. Guillaume m'a fait remarquer qu'en ce moment j'avais beaucoup d'histoires avec les écureuils ... il faudra que je songe à apprendre leur langue si ça se perpétue.

En bas, on a rejoint Culoz via de petites routes paisibles et une succession de petites bosses. Nous passions dans des endroits relativement sauvages, dans des espaces ouverts où aucune clôture ne délimite les parcelles de terrain. Après Culoz, nous avons traversé le Rhône (le fleuve), afin de rentrer dans notre 3ème département du jour : après le Rhône, après l'Ain, nous sommes rentrés en Savoie. La Haute-Savoie allongera la liste quelques kilomètres plus loin.


Une fois le Rhône traversé, nous nous sommes attaqué au deuxième morceau du jour : le col du Sapenay, 10km à 6,5%. La première partie est assez sympa, on a bénéficié du soutien de quelques spectatrices bovines et de quelques points de vue sur la fin du lac du bourget. Ensuite, on s'est enfoncé dans des lacets en foret. Les vaches ont laissé place aux serpents : j'en ai vu 7 qui étaient écrasés sur la route ... de quoi nous rappeler que la nature est maitre et qu'il faut rester prudents. Le col a fini par arriver, j'étais content d'en terminer car je ne l'ai pas trouvé très plaisant.


En haut j'ai perdu mon papier avec la liste des routes à prendre : il a du tomber de ma poche quand j'ai sorti mon téléphone pour faire des photos. J'avais minutieusement noté chaque route à prendre (D32, D54, ...) avec le kilométrage de chaque changement, les villages à traverser, ... j'ai perdu mon roadbook à l'ancienne, du coup la suite de la navigation s'est faite avec le GPS du téléphone. Ca nous a contraint à faire 3 petites pauses, la manipulation d'un téléphone et le chargement des cartes étant nettement mois rapide que la lecture d'une fiche papier !


En poursuivant notre raid sur des petites routes sauvages, nous sommes passés devant une ferme équipée d'un nombre hallucinant de capteurs photovoltaïques. Je n'avais jamais vu une telle surface de panneaux solaires ... toute la toiture des bâtiments de la ferme en étaient couverts. Un peu plus loin, nous avons doublé un sportif un peu particulier : il faisait du skateboard en se faisant tirer par un gros chien. Probablement une variante moderne des chiens de traineaux. Quand tu es au milieu de nulle part, à des kilomètres de tout village, tu ne t'attends pas à rencontrer un truc pareil.


On a poursuivi notre route jusqu'au pied du Semnoz. A la sortie de Quintal, dans les plus forts pourcentages, Guillaume s'est détaché : il a eu raison de monter à son rythme et de me laisser monter au mien. La montée est exigeante, j'ai été surpris par sa rudesse. Elle m'a vraiment fait mal, et j'ai commencé à le payer à 3km du sommet : je tenais mon rythme entre 900 et 1000m/h de vitesse ascensionnelle, quand j'ai senti que mon corps ne répondait plus de manière normale. J'ai reconnu mes symptômes classiques du "coup de bambou" : quand je me met à beaucoup boire, c'est que la fringale guette. Comme je me connais, j'ai su faire ce qu'il fallait pour stabiliser immédiatement la situation. Je ne me suis pas écroulé, j'ai juste faibli.


La descente a été pénible : la chaussée était en cours de gravillonnage/collage, du coup le goudron fondu se collait sur nos pneu et les gravillons restaient accrochés ... c'est pas terrible. Une fois à Annecy, nous avons longé le lac puis rejoint la gare SNCF. 3 minutes après l'achat des billets, le train partait ... on a bien fait de ne pas s'attarder au sommet !

Une fois arrivé à Lyon, nous avons traversé la ville en diagonale pour rentrer chez nous. Rien qu'au cours des 1900 premiers mètres, on s'est fait doubler par 10 fois plus de voitures qu'en 190km plus tôt dans la journée ! Le retour s'est bien passé, nous avions un bon coup de pédale malgré un petit vent défavorable.

Le bilan de la journée est bon : plus de 200km et plus de 4000m de dénivelé. Mon coup de mou sur la fin du Semnoz ne m’inquiète pas vraiment : j'ai fait une petite erreur de ravitaillement. Par contre, ce week-end je me suis fait une petite blessure (hors vélo) à la cheville gauche, qui me gêne et m'oblige à désaxer mon genou quand je pédale. Sans ressentir de vraies douleurs, je sens que mon genou n'a pas aimé cette situation. Du coup, je vais me ménager un peu plus que prévu : je suis en forme, il serait con d'aggraver une blessure bénigne alors qu'un peu de repos suffira à la soigner.

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dimanche 9 juin 2013

Sortie test de récupération

Ce matin je suis allé rouler avec mon équipier Sylvain. Etant rentré tard (20h) et trempé de ma sortie hier, mon temps de récupération a été très réduit. Prendre une douche, me faire à manger, nettoyer mes affaires et mon vélo ... j'ai juste eu une courte nuit de sommeil, un petit déjeuner, et me voila reparti sur les routes de la région.

Au départ, j'avais quelques courbatures. Les premiers tours de roue n'ont pas été agréables, j'ai senti que j'avais fini fort la veille et mes muscles contenaient encore plein de toxines. D'autant plus que j'ai préféré dormir plutôt que m'étirer, ce qui n'a pas aidé à les faire partir.

J'ai roulé une demi-heure avant de retrouver mon équipier. Ensemble, on est parti dans la Dombes. Rapidement, 4 cyclistes du club de Manissieux nous ont doublé, on s'est mis dans leurs roues afin de bénéficier de leur aspiration et de leur itinéraire. Ca tombait bien, on ne savait pas trop où aller. On est resté avec eux pendant 30 kilomètres, avant de leur fausser compagnie car ils rentraient chez eux et allaient dans une direction qui ne nous arrangeait pas.

On a repris le chemin de la Dombes, en passant par une montée que je n'avais jamais emprunté. Je commençais à avoir mal aux jambes, et mon coeur ne montait pas autant qu'hier. J'en ai profité pour me tester dans les différentes bosses qui se sont présentées sur notre route. Ca m'a permis de récolter des données sur ma dérive cardiaque en fonction de la fatigue, ces informations me seront utiles lors du Tour de Fête afin de gérer mes efforts au fil des jours.

Au bout de 90km en commun, nos routes se sont séparées à notre point de départ. Je suis rentré par des routes bosselées, afin de voir comment mon corps réagissait. Si hier je m'amusais en jouant avec mon corps, cette fin de sortie était le retour de bâton. Je ne me suis pas trop désuni, je n'étais pas à ramasser à la petite cuillère, mais j'étais quand même beaucoup moins aérien et efficace. Il me reste encore du travail à faire en terme de récupération en vue du Tour : j'aurai clairement été incapable d'enchaîner correctement 2 étapes de montagne !

Ca m'a fait une sortie de 114km, 4h10 de selle et 885m de dénivelé. Ca m'a fait 260km en moins de 24h. Cette semaine, je compte effectuer mon dernier gros bloc d'entraînement avant d'alléger nettement les sorties sur les 15 derniers jours avant le Tour. Tels les pros qui peaufinent cette semaine leur condition physique sur le Tour de Suisse, je vais également peaufiner la mienne avant de laisser place à la récupération.

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samedi 8 juin 2013

Ridin' in the rain

Cet après-midi, je suis parti pour un raid comme je les aime : une traversée du Beaujolais, des Monts du Matin puis des Monts du Lyonnais. J'aime bien partir pour des distances autour des 140 kilomètres : ça laisse beaucoup plus de possibilités de visiter des coins différents, et d'emprunter des routes pittoresques, que quand on fait des sorties de 60km. La distance reste quand même abordable, car faisable en une après-midi, ce qui laisse toute la matinée de libre.

Je me suis échauffé pendant 20 kilomètres en remontant les quais de Saône vent de dos. Une fois à Anse, je me suis testé dans la montée de Lachassagne : si le pied a été difficile, comme d'habitude puisque j'ai toujours du mal à le passer, plus la montée avançait et mieux je me sentais. Le chrono confirmera mes bonnes sensations : j'y signe ma 3ème meilleure performance, à plus de 1000m/h de vitesse ascensionnelle.

En contournant Villefranche par des routes vallonnées, je suis passé à proximité de deux belles demeures (des petits châteaux) où des réceptions de mariage étaient en cours. Le décalage entre les invités, bien habillés et la tête haute, et ma tenue jaune flashy, dandinant de la tête et tout transpirant, était assez saisissant. En voyant les enfants jouer dans l'herbe, je me suis dit que mon terrain de jeu, le goudron, était assez atypique et dans le fond assez étrange : je suis comme emprisonné par une bande de pétrole de 4m de large ! Le point commun entre eux (adultes comme enfants) et moi ? Le bonheur d'être la, et un grand sourire sur les lèvres.

J'ai poursuivi ma sortie, en enchaînant les montées : Cogny d'abord, puis l'enchaînement des cols de St Bonnet, de Vieille Morte, de Parasoir et de St cyr le chatoux. J'ai profité de la descente pour me ravitailler, avant d'enchaîner sur la trilogie des cols de la croix papin, du joncin et du chêne. C'est au col du chêne, après 65km, que la pluie a fait son apparition.

La pluie ne me dérange pas. Je n'avais rien pour me protéger, étant parti en tenue courte sans équipement, mais ça ne m'a pas empêché de poursuivre l'itinéraire que je m'étais fixé. A part en fin de sortie où j'étais sous un véritable déluge, la pluie ne m'a pas dérangé.

La descente du col du chêne a été compliquée : un épais manteau de gravillons recouvrait la route. La théorie économique de l'abondance fait qu'il est moins cher de recouvrir une route de 5cm de graviers en hauteur sur 4km en longueur, plutôt que reboucher individuellement les quelques trous. L'important surplus de graviers finit dans le bas côté, c'est écologiquement catastrophique et c'est du gaspillage insensé, mais c'est économiquement plus rentable. Bref, pour en revenir à cette descente, les gravillons étaient particulièrement glissants dans les virages. Malgré toute la prudence qui me caractérise, j'ai fini deux fois à la limite du fossé. Je suivais une voiture qui galérait encore plus que moi ... et qui a fini par basculer complètement dans le fossé. C'était surréaliste, je n'avais jamais vu ça.

Après un ravitaillement en eau à Oingt, j'ai poursuivi ma descente en direction de l'Azergues. J'ai traversé la rivière, et ai entamé la montée classique sur Sarcey puis St romain de popey. La pluie s'est intensifiée, mais j'ai poursuivi mon ascension. Direction St julien sur Bibost, en passant à proximité du Crêt d'Arjoux (point goudronné le plus haut des Monts du Matin). La descente sur la vallée de la Brévenne a été assez fraiche : avec la vitesse, j'avoue avoir eu froid aux mains.

Une fois la Brévenne traversée, je me suis attaqué à la montée de la Croix du Ban. Après plus de 100km d'efforts et plus de 2000m de dénivelé, sous la pluie, j'y signe mon meilleur chrono avec une vitesse ascensionnelle proche des 1000m/h. Je m'y sentais bien, j'étais en confiance. J'avais de très bonnes sensations, des sensations en montée que je n'avais pas ressenties depuis près d'un an. De quoi avoir du soleil à l'intérieur de la tête.

En haut, je savais qu'il me restait encore une quarantaine de kilomètres à parcourir. Je savais aussi que j'avais de super sensations. Ca a été 40 kilomètres de pur bonheur : j'ai lâché les chevaux dans les ascensions, j'ai lâché les chevaux sur le plat ... je jouais avec mon corps et avec mon coeur. La pluie et la circulation automobile qui se densifiait à l'approche de Lyon ne me préoccupaient pas. J'étais comme un gamin qui vient de retrouver un jouet qu'il a perdu : j'ai cherché à en profiter le plus possible.

Je suis rentré sous le déluge. Dans les derniers kilomètres, je ne voyais pas à plus de 250m devant moi. 146km au compteur, 5h40 de selle, 3300m de dénivelé. 26km/h de moyenne sur la sortie, et une vitesse ascensionnelle tournant entre 900 et 1000m/h pour les montées significatives. Une belle sortie, au cours de laquelle j'ai pris énormément de plaisir. Bon sang, que ça fait du bien de retrouver un niveau correct quand ça grimpe. Que ça fait du bien de pouvoir jouer, accélérer quand on veut, se remettre au train quand on veut. Le vélo est une passion, un loisir, un jeu, du plaisir. Et ça, tous les oranges du monde ne pourront pas me l'enlever.

Consultez mon itinéraire.

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vendredi 7 juin 2013

Tour de fête : la préparation administrative

Hier et aujourd'hui, je me suis occupé des démarches administratives nécessaires pour la préparation du Tour de Fête. Avant de pédaler, il faut penser à s'organiser.


Hier, au Théâtre du Rond Point, le projet a été présenté à la presse. Le maillot a été dévoilé, et le site internet a été lancé. Vous pouvez retrouver ici le compte-rendu du site Citizenside, et ici le compte-rendu du site du projet. NB : le site est encore en chantier, les différentes rubriques seront complétées dans les jours à venir, n'hésitez pas à le visiter régulièrement.

Ma préparation physique suit son cours et je commence à m'organiser. J'ai rempli les formalités indispensables au périple :
  • informations médicales, convention sur les droits à l'image, ...
  • billet de transport pour retrouver le reste de l'équipe
  • liste des objets à prendre dans mes bagages
  • prise des derniers rendez-vous avant le départ (épilation, coiffure, kiné, ...)
  • création des fiches à coller chaque jour sur mon cadre (voir cet article)
  • gestion de mon habitation en mon absence (pour arroser les fleurs par exemple)

J'essaie d'anticiper un maximum de choses, afin de pouvoir gérer sereinement les imprévus qui pourraient survenir dans les derniers jours avant le départ. Ca me permet à la fois d'éviter de stresser dans les derniers jours, puisqu'un certain nombre de choses auront déjà été réglées, tout en montant doucement en pression. Chaque démarche que je fais me rapproche un peu plus de la date du départ, je sens que la fête approche à grands pas.

Dans 3 semaines, à cette heure, nous aurons déjà parcouru les routes de la 1ère étape. Il ne nous reste plus que 3 semaines pour nous préparer. Il ne nous reste plus que 3 semaines à patienter. Dans 6 semaines, nous serons à la porte des Champs Elysées. 6 semaines pour passer par tous les états : calme et stress, chaleur et froid, bonheur et abattement, fête et pleurs.


Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.

mercredi 5 juin 2013

Le contre-la-montre du Dauphiné

La journée a été placée sous le signe du contre-la-montre. A peine réveillé, je me suis pressé car mon planning de la matinée était chargé. Très chargé. Vers 11h, alors que j'étais en train de fermer proprement les dossiers sur lesquels je planchais, un des sites a connu un crash. Je me suis changé d'une main, l'autre main étant occupé à la remise en service du site. Mon premier contre-la-montre de la journée a été perdu, je n'ai pas eu le temps de faire tout ce que je voulais.


Tenue cycliste enfilée, pneu gonflés, je suis sorti de chez moi. Bruno m'attendait sagement. Direction Villars les Dombes et le Parc des Oiseaux, afin d'assister au Critérium du Dauphiné. Au passage, nous avons récupéré Rémy. J'ai passé la première moitié du trajet devant, bouche grande ouverte pour discuter avec Bruno. J'ai passé la seconde moitié, bouche grande ouverte mais sans discuter, pour rester dans le sillage de Rémy qui a imposé un gros train. Pour lui qui est employé par la SNCF, mener des trains à grande vitesse est habituel.

Arrivé sur place, on a fait un tour au milieu des bus des équipes. J'ai été agréablement surpris par le nombre d'enfants : c'est une excellente idée de mettre ce chrono le mercredi. Certains semblaient découvrir le vélo (une gamine est venue nous demander un autographe !), d'autres semblaient déjà mordus et posaient des questions pertinentes aux mécaniciens. Jean et Elie nous ont rejoint au milieu des paddocks. A nous déplacer de bus en bus, nous avons atterri à proximité de la zone de départ, où nous avons pu observer le manège des coureurs venant faire valider leur vélo puis tourner en rond en attendant que leur heure vienne.


Nous avons poursuivi notre visite touristique en nous rendant sur la ligne d'arrivée. Nous avons vu passer une dizaine de coureurs, mais le point de vue n'était pas très intéressant car l'arrivée était en courbe donc ne permettait pas de voir les coureurs au loin. De plus, la puissance des hauts-parleurs et le flot continu de paroles du speaker ne nous permettait ni de profiter du calme de la région, ni de discuter entre nous. Nous avons remonté le circuit, nous nous sommes placés à proximité de la flamme rouge mais nous nous sommes faits déloger par un gendarme légèrement zélé. Son motif : nous avions le droit d'être là, mais nous avons traversé la route à vélo alors que nous aurions dû la traverser à pieds. Il nous a demandé de la retraverser à pieds, nous menaçant d'appeler ses collègues ... on a préféré partir voir si l'étang d'à côté était plus vert.

Nous nous sommes arrêtés un peu plus loin, dans un endroit encore plus favorable que le premier, après avoir demandé sagement aux forces de l'ordre l'autorisation de traverser. Le coin était très vert, mon cuissard (qui était) blanc peut le prouver : 50 minutes passées assis dans l'herbe, par un grand soleil, face à un étang, à discuter avec des amis et encourager des coureurs, ça laisse des traces. De bronzage d'une part, d'herbe sur le cuissard d'autre part.


Une fois le dernier coureur passé, nous avons enfourché nos montures et avons roulé sur les traces des champions jusqu'à la ligne d'arrivée. Pas à la même vitesse, et sans que le speaker ne donne notre nom une fois la ligne franchie. Au podium, pendant la cérémonie protocolaire, nous avons retrouvé Maxime, Valentin et Dorian. Il est à noter que le spectateur le mieux placé pour assister à la remise des prix était une cigogne, perchée sur un arbre face au podium. C'était celle qui avait la meilleure vue, et qui semblait s'en moquer le plus. Elle nettoyait son plumage sans se soucier d'autre chose. Il faut dire que le speaker parlait uniquement en français, et que Nelson Monfort était à Rolland Garros donc ne pouvait pas lui faire la traduction.


Le retour a été rapide. A 8, même si la majorité de la troupe était jeune et insouciante ( © Laurent Fignon) donc avait du mal à maintenir un train sans a-coups, ça a roulé du début à la fin. Enfin, jusqu'à ce que je ne file avec Rémy : j'ai été contacté pour une intervention urgente et ai dû rentrer le plus rapidement possible chez moi pour résoudre le problème. J'ai tellement l'habitude de rouler avec Rémy que nos relais étaient fluides et efficaces. J'ai écrasé les pédales autant que j'ai pu jusqu'à ma porte d'arrivée, et ai commencé un nouveau contre-la-montre pour identifier et réparer le problème. Un contre-la-montre en tenue cycliste, n'ayant pas le temps de me changer car chaque seconde comptait. Un contre-la-montre que j'ai gagné.

Le Dauphiné est une épreuve vraiment sympa, sur laquelle on retrouve les mêmes coureurs qu'au Tour de France mais où ils sont complètement accessibles. On peut assister au départ ou se placer dans les 100 derniers mètres sans jouer des coudes, on peut aller au contact des coureurs sans avoir besoin de franchir 5 rangées de barrières et sans avoir 3 badges autour du cou et 2 bracelets au poignet. Journalistes, VIP, passionnés et badauds sont mélangés. J'y vais chaque année, et une journée telle que celle-ci m'incite à y revenir l'année prochaine.

Consultez notre parcours.