Le cyclocross souffre d'un gros manque de médiatisation, malgré son succès populaire et son format spectaculaire. En Belgique, terre amoureuse du cyclisme, la foule le long du parcours est considérable. Les courses sont retransmises en direct sur les chaines publiques de télévision en Belgique, aux Pays-bas et en Allemagne ... ainsi que sur internet
(et ce de manière légale).
Le format est alléchant pour le public et pour les sportifs : la course dure 1h, il y a des revirements de situation et les écarts sont faibles ce qui permet souvent de préserver le suspens jusqu'au bout.
Je trouve que la durée d'une heure, notamment en hiver, est très intéressante car elle permet aux sportifs de se livrer à fond du début à la fin (au contraire des courses de 6h qui nécessitent de rouler une partie à l'économie), et au public de ne pas se lasser
(les premières heures étant roulées à l'économie, elles sont soporifiques pour les spectateurs) ni de se geler. A haut niveau, l'écart entre les groupes des meilleurs dépasse rarement les 20 secondes, secondes qui se gagnent et se perdent très facilement au moindre dérapage dans un virage où problème pour réenclencher ses cales après un portage.
De même,
du point de vue retransmission télévisuelle, ce format court est à mon avis très intéressant : il permet de ne pas bloquer l'antenne toute une après-midi
(comme c'est le cas lors des étapes du Tour), ce qui permet de diffuser d'autres programmes dans la journée, tout en permettant de diffuser l'intégralité de la course. Les circuits étant relativement courts, entre 2 et 3 kilomètres, il n'y a pas besoin de déployer des dizaines de caméras ni de faire voler des équipements pour la retransmission mobile des images. Les coûts de production sont donc bien moindres que pour une épreuve sur route.
Ce format d'une heure semble donc à priori très intéressant. Je lui trouve un inconvénient :
à l'heure où les courses disparaissent d'année en année et où il faut faire de plus en plus de kilomètres pour courir le week-end, ce format présente un réel inconvénient dans le ratio "temps de transport % temps de course". Si on a 1h30 de trajet à l'aller puis de nouveau 1h30 de route au retour, beaucoup
(de spectateurs comme de compétiteurs) ne vont pas faire le déplacement ! Dans un monde idéal dans lequel chaque village propose une course de vélo lors de sa kermesse annuelle, on ne fait jamais plus de 45 minutes de déplacement, et cet inconvénient disparaît ... mais malheureusement l'heure est plus à la disparition des courses qu'à leur création.
En tout cas, j'ai regardé en direct de nombreuses courses cet hiver (manches de la coupe du monde, du superprestige et du trophée GVA, les 3 épreuves les plus prestigieuses), et je peux vous assurer que je me suis régalé.
C'est une discipline vraiment attrayante et belle à voir. J'espère que les différentes instances locales, nationales et internationales vont surfer sur cette vague pour redorer l'image du cyclisme et montrer au monde entier que ce n'est pas juste un sport où les dopés se battent pour la victoire sur un Tour de France soporifique, mais un sport spectacle intéressant et sans histoires.