dimanche 27 septembre 2015

Gentlemen de Chatillon sur Chalaronne

Ce dimanche après-midi, j'ai participé au gentlement de Chatillon sur Chalaronne avec Rémy, mon partenaire habituel sur ces épreuves en duo. C'est la 7ème année qu'on effectue des gentlemen ensemble, notre duo est parfaitement rôdé : lui devant et moi tentant de rester au plus près pour bénéficier de l'aspiration. Ou plutôt de la moindre résistance de l'air, car en réalité à 40km/h je ne me sens pas aspiré vers l'avant à devoir freiner pour ne pas le percuter, mais je suis bel et bien obligé de pédaler dans son sillage.


Après le traditionnel retrait des dossards, on est parti faire un tour de reconnaissance du circuit. Je l'avais encore parfaitement en mémoire, mais une partie des routes a été gravillonnée et quand on arrive à 40km/h dans des gravillons mieux vaut savoir qu'ils sont la. Ce tour de reconnaissance m'a permis de débuter tranquillement mon échauffement, avant de le poursuivre de manière plus intensive sur Home-Trainer pendant que les différents concurrents tournaient sur le circuit. Avec des départs toutes les deux minutes et deux tours à effectuer, il y avait de l'écart entre les équipes ce qui limitait les risques de se doubler, tout en ayant une animation régulière.


A quelques minutes du départ, on s'est rendu dans la zone prévue pour le lancement des participants. Deux rangées de barrières parallèles permettaient de prendre le départ côte à côte, ce qui est mieux à la fois pour les photos et à la fois sportivement puisque les deux coureurs s'élancent en même temps. On était bien concentrés, le starter nous a effectué le décompte du temps restant avant le départ ... 5, 4, 3, 2, 1, partez !

jeudi 24 septembre 2015

Projet Pédaleur, une box bimestrielle pour les cyclistes

Exceptionnellement, je vais vous parler d'un projet que je n'ai pas créé moi-même. Un projet en rapport avec le cyclisme, porté par deux cyclistes lyonnais du même âge que moi, inédit dans le cyclisme ... bref, un projet que j'aurai pu créer mais ce n'est pas le cas.


Pédaleur, c'est un colis "surprise" de produits divers pour les cyclistes : produits d'entretien, diététiques, textile, ... qui sera expédiée tous les deux mois à ceux qui le souhaitent.


Le projet recherche des fonds pour se lancer. Mathilde et Benjamin, le couple à l'origine de ce projet, ont mis en place un espace de pré-commande des box afin de les aider à financer les démarches initiales de création de la société : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/pedaleur-la-box-pour-les-cyclistes

Sachant bien ce que c'est que de se lancer dans le milieu de l'entrepreneuriat à 25 ans légèrement passés, toujours motivé pour parler de projets autour du cyclisme, je relaie leur projet. Pour ma part, je les accompagne dans le développement de leur site internet : mon expérience de 6 ans dans une agence spécialisée en e-commerce me permet de les conseiller dans ce domaine. Je ne les conseillerai pas dans le domaine du cyclisme, où Benjamin fait ses preuves chaque week-end de mars à octobre (coureur en DN2, vainqueur d'épreuves Elite, participation à quelques courses professionnelles en asie, ...).


N'hésitez pas à soutenir leur projet en commandant (ou en offrant) la première box qui sera expédiée en janvier : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/pedaleur-la-box-pour-les-cyclistes

dimanche 20 septembre 2015

Un arc-en-ciel de météos

Depuis dix jours les entraînements s'enchaînent à un bon rythme. Le week-end dernier je n'ai pas couru : j'ai passé le week-end en région parisienne à l'occasion des 90 ans de ma grand-mère. Elle ne les fêtera qu'une seule fois alors que j'ai des courses tous les week-ends tous les ans.

Ce week-end je n'ai pas couru non plus : mon calendrier a été allégé afin de bâtir un meilleur socle en vue des échéances à moyen terme. Cet allègement va me permettre de construire des bases plus solides, plus durables. Quand on fait une course le week-end, on effectue un déblocage la veille puis l'épreuve puis un décrassage le lendemain ce qui ne fait qu'une seule journée intensive sur une période de 3 jours. Sans courir, on peut faire 2 sorties qualitatives sur le même laps de temps et en générant la même fatigue (ou du moins une fatigue mieux répartie sur les 3 jours). Les courses vont reprendre leur enchaînement à partir du week-end prochain.

Ces derniers jours, j'ai eu le droit (comme l'ensemble des cyclistes de la région) à toute la palette des météos possibles. Du vent couchant les arbres à la petite brise, du soleil à peine voilé au déluge; tout l'éventail des possibilités et des combinaisons s'est produit. En levant les yeux, on voit que les oiseaux se regroupent ... en les baissant on constate que les feuilles viennent recouvrir le bitume et que les bogues de marrons font leur apparition. Les cyclocross ont débuté, les jambières s'ajoutent aux manchettes. Pas de doutes, l'automne commence à s'installer.

Cette météo capricieuse m'a forcé à faire deux des entraînements sur le Home-Trainer. Devant un film, les séances passent plus rapidement ... j'ai remarqué en regardant un film de guerre que j'écrasais légèrement plus (environ 15 à 20w) les pédales lors des scènes de combat que lors des scènes intermédiaires. Après le choix de parcours adaptés en roulant sur route, il faudra que je me penche sur le choix de films adaptés aux séances en intérieur ... cependant, trouver des films avec des combats pendant 30 secondes puis 30 secondes sans combat puis de nouveau 30 secondes de combat ... risque d'être compliqué. D'ailleurs, sur du 30/30, je doute qu'il soit facile de suivre un film qu'on ne connait pas déjà, le regard devant se poser sur le compteur autant que sur l'écran.


La forme monte petit à petit, contrairement à mon pouls au réveil qui diminue petit à petit. J'ai toujours énormément de travail en ce moment, donc peu de temps pour écrire, mais ce surplus est à la baisse. Dans deux semaines, le Tour du Lac de Paladru me donnera une idée plus précise de mon niveau actuel ... mes temps tournaient autour des 21'30" (2009, 2011, 2013), l'an dernier j'ai réalisé 21'10". J'espère passer sous la barre des 21 minutes cette année si les conditions sont "normales".

jeudi 10 septembre 2015

Test et reconnaissance de la grimpée d'Yzeron

Jeudi après-midi j'ai effectué un test d'effort sur 20 minutes sur le vélo de chrono. Avec ma faible performance de dimanche sur le chrono de Corbas, l'objectif était de voir si la position que j'ai sur cette machine ne provoque pas une perte de puissance. Un test d'effort était le meilleur moyen de le vérifier.

Alban (mon entraîneur) m'a demandé de trouver un parcours ressemblant à mes prochaines échéances. Quoi de plus ressemblant à la grimpée d'Yzeron que la grimpée elle-même ? J'ai ainsi pu faire d'une pierre deux coups : le test demandé et une reconnaissance du parcours. L'épreuve n'aura lieu que dans 6 semaines, ce qui me laisse le temps d'oublier une partie des infos récoltées, mais c'est toujours bon de se le remettre en mémoire.

Après plusieurs jours de moins bien, de samedi à hier, les sensations sont revenues. Je me suis échauffé tranquillement jusqu'au pied de la grimpée, puis de manière plus intense sur les premiers kilomètres du parcours. A mi-parcours j'ai attaqué le test d'effort sur 20 minutes qui s'est terminé 50 mètres avant le sommet de l'ascension. Si j'avais voulu faire exprès de faire aussi précis je n'aurai pas réussi.

La récompense après l'effort valait le coup : la vue depuis les crêtes est toujours magnifique. Le point de vue sur l'agglomération lyonnaise est bien connu dans le coin, un parking a été aménagé pour ceux voulant faire une pause devant le paysage. J'ai savouré ce bref instant avant de plonger dans la descente me ramenant vers ma voiture. La deuxième récompense de la journée vient des valeurs obtenues sur le test : elles confirment que ma prestation de dimanche ne reflète pas mon niveau actuel. Elles montrent également que j'ai une marge de progression à aller chercher tout au long des 6 semaines à venir pour être au top le jour de la course.

Consultez mon parcours.

lundi 7 septembre 2015

Chrono de Corbas

Ce dimanche avait lieu le traditionnel chrono de Corbas, épreuve servant à décerner le titre de champion du Rhône FSGT de contre-la-montre mais ouvert à tous les participants quelle que soit leur fédération et leur département. La succession de François Lamiraud, vainqueur l'an dernier quelques mois avant de conquérir la meilleure performance française contre l'heure, était ouverte aux quelques coureurs prétendants à la victoire. Ce n'était pas mon cas, cette épreuve n'était qu'un galop d'essai, une prise de repères pour de futures échéances.



Après avoir retiré mon dossard, le 99, je me suis échauffé. J'ai commencé par un tour de reconnaissance du circuit, notamment pour voir l'incidence du vent sur chaque section. Ca m'a notamment permis de changer de roues : avec le vent fort et mon poids de 60kg, les roues de 88mm étaient difficiles à tenir. L'utilisation de roues de 50mm était plus adapté et je n'ai pas regretté mon choix ensuite. Le vélo s'est révélé plus stable malgré un vent plus fort pendant l'épreuve.



La suite de l'échauffement s'est fait sur Home-Trainer. Ca prends quelques minutes, le temps de changer l'axe de la roue arrière (ou la roue), mais ça permet d'avoir des conditions constantes pour s'échauffer. En revanche, le modèle que j'utilise étant uniquement commandé via Bluetooth, ça nécessite d'avoir de la batterie sur son téléphone portable. C'est moins pratique à l'utilisation qu'un bon vieux câble, mais l'absence de ce câble rend le transport plus pratique. Je reste donc partagé sur l'utilisation de ces Home-Trainer connectés.



A quelques minutes du départ, j'ai rejoint la zone tranquillement. Les départs ayant été retardés en raison d'un accident, j'ai patienté sagement en roulotant afin de minimiser la perte de l'échauffement. J'en ai profité pour discuter un bref instant avec mon poursuivant, François P partant une minute après moi. L'an dernier il m'avait battu de 2'15", je supposais qu'il me doublerait à la fin du premier tour.


J'ai pris un départ correct en veillant à ne pas me mettre dans le rouge directement. Le vent étant plutôt favorable dans la première moitié du circuit, j'ai tourné les jambes et enroulé le braquet avec souplesse mais détermination. J'ai perdu quelques secondes dans les rares virages du circuit, préférant assurer mes trajectoires en restant bien en ligne. Mon poursuivant m'a doublé au tiers de l'épreuve, à la fin de la longue ligne droite faux plat descendant (3,2km à -1%) : j'ai été surpris de la voir revenir si vite. En terminant la première boucle, un coup d'oeil sur le chrono m'a indiqué que je n'étais pas dans un bon jour : j'étais plus d'une minute au dessus du temps de mon record ... et j'étais déjà à fond (ou presque).



Pas très content des différentes valeurs affichés sur mon compteur (le chrono était trop gros, la puissance et le rythme cardiaque pas assez) j'ai tenté de hausser légèrement le ton dans le second tour. Je n'ai pas réussi, au final le deuxième tour sera quasiment identique au premier (6 secondes de moins, 3w de perdus, fréquence cardiaque identique) alors que je voulais accélérer.


Je termine dans les profondeurs du classement avec mon plus mauvais temps sur cette épreuve.
J'ai été régulier mais visiblement je n'avais pas les jambes des grands jours : la puissance n'est pas montée mais ne s'est pas écroulée non plus, le coeur a fait de même. Il n'y a pas à se cacher derrière le vent, je n'étais clairement pas au niveau pour cette épreuve. J'ai pu mesurer la profondeur du fossé qui me sépare des autres compétiteurs. Les échéances approchent doucement mais restent lointaines, inutile de paniquer et continuons à travailler les gammes sans mettre les chaussures avant les chaussettes.

mercredi 2 septembre 2015

La préparation secrète

Depuis une dizaine de jours, le blog est sous silence (ou presque). Rassurez-vous, je n'ai subi aucune censure du gouvernement, je ne cache pas mes données à mes adversaires et n'ai signé aucune clause de confidentialité sur ce sujet. J'ai simplement énooooooormément de travail en ce moment, je n'ai pas de temps pour écrire ma prose habituelle.


Les séances s'enchaînent bien en ce moment. Je pédale 5h30 par semaine, 2 sorties de deux heures qualitatives avec une sortie d'1h30 de récupération entre les deux. Je pédale presque autant le week-end, avec généralement deux sorties qualitatives de 2 à 3 heures. L'enchaînement des séances est fluide, je me sens globalement moins fatigué et en meilleure forme que quand je m'entraînais par moi-même. Les sorties me laissent moins de traces dans l'organisme.


Le plus compliqué réside dans le choix des parcours. Autrefois je choisissais un parcours selon le temps dont je disposais, le vent et mon envie du jour. Une fois sur le parcours, je regardais comment l'exploiter pour progresser. Désormais c'est l'inverse : on me donne une séance à réaliser, à moi ensuite de trouver le parcours le plus adapté en fonction des exercices, de la durée de la séance, de la circulation, ... le challenge est différent mais pas déplaisant.


Au niveau des exercices justement, chaque semaine a une thématique spécifique : la force maximale, l'endurance de force, le seuil ... chaque séance contient des exercices permettant d'améliorer mes capacités dans la thématique de la semaine. Du coup, les exercices sont très diversifiés : ça m'oblige à me creuser la tête pour trouver le meilleur parcours à chaque fois, mais ça me permet de ne pas rentrer dans une routine.


Ces sorties sont toujours l'occasion de découvrir de nouveaux points d'eau et de nouvelles routes. J'ai encore repéré quelques embranchements que je préfère aller découvrir sur mes 2 roues plutôt que via GoogleMaps ou des cartes IGN.


Mon premier contre-la-montre aura lieu dimanche à Corbas. J'ai récemment investi dans du nouveau matériel : mon vélo de chrono est désormais équipé d'un capteur de puissance (power2max) et de roues profilées. Ce premier chrono ne constitue pas du tout un objectif, il me servira à tester mon matériel et à prendre des repères. Je vais utiliser les chronos du mois de septembre comme rampe de lancement avant le mois d'octobre, avec une première échéance importante le 3 octobre autour du Lac de Paladru. Le dernier objectif en solitaire contre le temps sera la grimpée d'Yzeron fin octobre.

mercredi 26 août 2015

24 heures du Mans : la course

Pour lire toute la phase d'approche avant le départ de la course, consultez cet article "24 heures du Mans : avant le départ".


Le départ de l'épreuve est atypique : 491 vélos d'un côté, 491 cyclistes de l'autre côté du bitume. Comme je le racontais dans mon article précédent, il a fallu se placer très tôt sur la ligne de départ, on s'est donc regroupé entre coureurs solos pour discuter. C'était mieux pour passer le temps. Le drapeau a été baissé à 400 mètres de nous, pendant qu'on discutait, sans qu'on soit prévenus par un signal sonore. Même en étant attentif, il aurait fallu de bons yeux pour voir le signal de départ. Un coup de trompette n'aurait pas été superflu. Nous discutions donc quand d'un coup on a vu les cyclistes se mettre à courir. On a fait de même, courant sur du goudron avec nos chaussures et nos cales pas du tout prévus pour ça. J'ai fait une course rapide, j'ai sauté sur mon vélo par l'arrière comme en cyclocross, les pédales se sont clipsées en un éclair et me voila remontant à gauche comme une fusée pour revenir sur les groupes en train de se former devant. Le cyclocross m'a bien aidé pour le départ, le saut sur vélo étant devenu un geste naturel.






Après une énorme remontée, les 10 premières minutes ayant été faites à fond sans se poser de question, j'ai rejoint le 2ème peloton. Pour prendre place à l'intérieur, il m'aura fallu faire un gros effort, les coureurs avec qui je me suis retrouvé étant placés 200/300m devant moi sur la grille de départ. Bien que faisant l'épreuve en solo, je savais que je ne ferai qu'une partie de l'épreuve donc je me suis permis cette remontée violente et brutale. Ce qui m'as le plus marqué au cours des premiers tours, c'est le bruit assourdissant des spectateurs. C'est incroyable : du début de la ligne droite des paddocks jusqu'au sommet de la côte Dunlop, on n'entendait même plus le sifflement des roues en carbone de la centaine de coureurs du groupe dans lequel j'étais.


Mon premier relais avec moi-même a duré un peu moins de 3 heures. 90 kilomètres sous une forte chaleur (il faisait encore 30° à 21h !). Ma compagne et mon ami Stéphane m'encourageaient depuis les paddocks, j'entendais facilement leur voix car au bout de 20 minutes le public massif du départ est retourné à ses occupations. En passant devant les stands, on n'entendait plus que des consignes d'équipe : "4 tours, 3 tours, 2 tours, dernier tour". J'ai levé le pied au bout de 40 minutes : le rythme était trop élevé par rapport à mon envie. Les premiers tubes de gels ont fait leur apparition sur le goudron à ce moment là, au même moment j'ai vu les premiers concurrents rentrer aux stands.


A ma grande surprise je me suis fait rattraper par un gros peloton dans lequel j'ai retrouvé quelques amis qui m'ont encouragé. Je pensais qu'ils me prenaient un tour alors qu'en réalité ils ne faisaient que combler leur retard pris au départ. Je suis resté dans les roues quelques tours, le temps de discuter avec Jonathan Martial, mon compagnon de chambre des premiers jours du Tour de Fête il y a 2 ans. Puis quelques mots supplémentaires avec Julien Tarissan, en compagnie de qui j'avais effectué le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège l'année dernière.


Je me suis de nouveau laissé décrocher, préférant rouler à un rythme plus léger et surtout plus régulier. Au bout d'une grosse heure, les premiers m'ont pris un tour. Un trio m'a doublé à grande vitesse, je me suis écarté pour ne pas les gêner. Le premier peloton m'a doublé quelques minutes plus tard, le paquet était imposant mais tout s'est bien passé car je me suis de nouveau écarté. L'orchestre qui jouait de la musique en haut de la côte Dunlop a disparu à peu près à cet instant : moi qui pensais qu'ils joueraient toute la nuit pour donner du baume au coeur des pédaleurs, qu'ils iraient jusqu'aux dernières minutes de l'épreuve tel l'orchestre du Titanic jouant pendant que le navire sombrait. Je me trompais. Une heure de musique, c'était suffisant : le Titanic n'avait pas besoin de musique pour rejoindre doucement le fond de l'océan.


J'ai donc fait ma première pause après 90 kilomètres, à peu près dans les temps que j'avais prévu. Je n'avais plus d'eau, il était temps de rentrer aux stands : l'hydratation est vraiment importante lors de ce genre d'épreuve, une déshydratation peut vite avoir des conséquences profondes. Je me suis arrêté à temps, j'ai refait le plein des bidons, mangé un peu et me suis reposé trente minutes comme je l'avais prévu. J'avais déjà commencé mon alimentation sur le vélo dès la première heure de course, sans jeter mes emballages au sol contrairement à d'autres.



J'ai repris la piste pour deux heures supplémentaires. La course avait débuté depuis 3h30 et pour certains la côte Dunlop devenait vraiment dure. Pour ma part, si je l'ai franchie sur le gros plateau lors des premiers tours, j'ai préféré utiliser systématiquement le petit plateau ensuite afin de conserver une cadence de pédalage plus élevée et ainsi ménager mes genoux. J'avais l'impression d'être une tortue dans l'ascension quand je me faisais doubler par un gros peloton, mais j'avais l'impression d'être un lièvre par rapport à d'autres concurrents qui étaient déjà à la limite de poser pied à terre. Je ne m'attendais pas à autant de défaillances aussi tôt dans l'épreuve.


Je ne m'attendais pas non plus à voir l'ambulance intervenir aussi souvent. Sur mes 5 heures en piste, je l'ai vu intervenir 5 fois pour évacuer des coureurs incapables de repartir sur leurs deux pieds ou leurs deux roues. Quand on voit chaque heure un concurrent se faire déposer sur une civière, sous une couverture de survie, parfois avec une perfusion en cours ... on se pose des questions. Ces questions, je me les suis d'autant plus posées en voyant le comportement de certains irresponsables qui m'ont mis des coups de coude alors qu'on est que 2 de front sur une piste qui fait 10 à 15m de large. J'ai vu une fille d'1m50 et 40kg se faire projeter dans les vibreurs puis dans l'herbe au moment où elle se faisait doubler. Je me suis fait doubler par un type qui a préféré passer dans l'herbe alors que longeais le bord du goudron et que tout le reste du peloton passait sans incident à côté de moi. J'avais une folle envie de mettre des coups de casques à certains irresponsables, mais ça aurait mis en danger d'autres coureurs et ce n'est pas dans ma mentalité de répondre par les gestes à ce genre de choses. J'ai fait des centaines de courses, dans différentes catégories (de la 2ème FFC aux cyclosportives, en passant par l'Ufolep et la FSGT) mais je n'ai jamais vu une telle agressivité inutile. Que ça joue des coudes sur des routes étroites et sinueuses je le comprends. Que ça joue des coudes sur un circuit aussi large, j'ai en revanche beaucoup de mal à le comprendre.



La particularité de cette épreuve, c'est que beaucoup de niveaux différents cohabitent. Il y a des coureurs de haut niveau, dont c'est quasiment le métier, et à l'inverse des débutants. Lors de la reconnaissance du circuit le matin, une fille a failli tomber et a dit à l'homme qui l'accompagnait "c'est dur à utiliser des pédales automatiques". C'était la première fois qu'elle s'en servait. Un peu plus tard lors de cette reconnaissance, j'ai expliqué à un homme que les 4 épingles ne devaient pas être accrochées en haut du dossard mais être réparties sur les 4 côtés ou les 4 coins. Avec 4 épingles en haut, son dossard flottait à l'horizontale, je n'avais jamais vu ça. Pendant l'épreuve, je me suis donc fait doubler par des coureurs expérimentés et j'ai doublé des personnes en short + tshirt + baskets sur des VTT à pédales plates. J'ai aussi été doublé par quelques personnes en baskets et pédales avec cale-pieds à sangle, ce qui m'a fait bizarre.


J'ai terminé ma première journée 5 heures 45 après le départ. Avec 150 kilomètres parcourus en 5h de selle, j'avais ma dose. Je comptais initialement repartir pour deux heures, mais au bout d'une heure trente j'en avais déjà marre de tourner en rond. Je peux trouver 50 raisons pour lesquelles j'aime le vélo, mais tourner en rond sur anneau si large sans jamais freiner, c'est pas du plaisir pour moi. C'est même plutôt une torture. J'ai stoppé à la tombée de la nuit et je suis allé prendre mon repas tranquillement. J'avais l'esprit serein, j'étais convaincu d'avoir pris la bonne décision.



Ca m'a permis de découvrir les coulisses de l'épreuve : les paddocks, les spectateurs, le village exposant, ... tout ce que je n'aurais pas pu voir si j'avais pédalé en solitaire. Ca m'as permis de dormir correctement, même si l'orage m'a réveillé vers 4h30 : des seaux d'eau se sont déversés sur la piste, accompagnés par un vent violent et des éclairs. Je n'aurais pas aimé être dessous.


Le matin, il a plu une partie de la matinée avant que le ciel bleu ne fasse son retour. Je comptais reprendre la piste pour quelques heures, le temps d'un décrassage, mais je n'avais aucune envie. Tourner en rond de cette manière ne me procure absolument aucun plaisir. Je me suis dit que je serais mieux à faire mon décrassage à Lyon, à prendre du plaisir sur de petites routes de campagne étroites et sinueuses. A voir le paysage défiler sous mes yeux, un paysage qui change régulièrement. J'ai rendu la puce de chronométrage, j'ai rangé mes affaires et j'ai repris l'autoroute pour rentrer sur Lyon.


Je ne regrette absolument pas mon abandon. Au final, avec 150km à 30km/h de moyenne, c'est comme si j'avais fait une cyclosportive normale. Je ne regrette pas cet abandon notamment car je ne prenais aucun plaisir pendant l'épreuve en dehors de la première heure de course, et car je tiens vraiment à être performant sur les contre-la-montre puis les cyclocross. L'effort consenti ce week-end ne va pas trop m'handicaper dans ma préparation : ce n'est pas l'effort idéal mais ce n'est pas non plus un effort trop perturbant. Je me suis arrêté au bon moment je pense. Je remercie ceux qui m'ont encouragé en pleine épreuve (ma compagne qui m'a assistée tout le week-end, Jonathan, Julien, Stéphane, Laurent X 2, Didier, les quelques lecteurs de mon blog qui sont venus me parler) et ceux qui m'ont envoyé des messages (ma famille et mes amis). Un immense bravo à tous les solos qui ont bouclé cette épreuve, du premier au dernier ils méritent le respect.


Je ne suis pas déçu, ne le soyez pas non plus. De belles performances vont venir dans les 4 mois qui arrivent, j'en suis certain !

Consultez mes données et les photos prises par ma compagne.