dimanche 20 avril 2014

Arbitre / Commissaire au Prix de Tramoyes

Ce samedi après-midi, j'étais chargé d'établir les classements des différentes catégories de la course de Tramoyes organisée par mon club. Pour établir ces classements, nous étions deux accompagnés par 3 caméras. Je peux vous dire que c'est un travail vraiment pas facile quand on a pas l'habitude. Le club a eu la chance d'avoir 280 participants. Les 2 commissaires (dont moi) ont eu le malheur d'avoir à classer 280 participants.



La chasse aux dossards mal épinglés / peu visibles
Pendant qu'on préparait nos cahiers en vue des deux premières épreuves (5ème catégorie FSGT et 4ème catégorie FSGT, partant à deux minutes d'intervalle), j'ai commencé par repérer les coureurs qui s'échauffaient et dont le dossard n'était pas lisible depuis le podium. J'ai noté leurs numéros dans un coin, puis je suis allé les voir lors de l'appel pour les aider à remettre leur dossard correctement. Ca parait bête, mais quand un dossard est mal mis on ne peut plus différencier un 1 d'un 7, un 5 d'un 3, un 6 d'un 0 ou d'un 8. Si on annonce le 18 au lieu du 76, les deux coureurs concernés risquent de ne pas vraiment apprécier.


Les abandons en cours d'épreuve
Une fois ces deux premières courses lancées, à deux minutes d'intervalle, le travail a réellement commencé. A chaque tour, on notait les coureurs échappés, ceux actifs en tête de peloton, les coureurs en queue de peloton (donc susceptible d'être lâché au tour suivant) puis les coureurs lâchés lorsqu'ils passaient sur la ligne. On a eu quelques coureurs qui sont venus nous dire qu'ils abandonnaient, d'autres dont on voyait le dossard depuis le podium car leur voiture n'était pas garée très loin. Pour la majorité, en revanche, on voyait le coureur s'arrêter à 100 mètres mais on était incapable de lire le dossard ... avoir la liste des coureurs qui se sont arrêtés simplifie le travail, notamment quand on hésite entre deux numéros. J'ai eu un cas particulier : un coureur qui m'annonce son abandon à mi-course, ce que je note sur mon cahier, puis que je revois passer aux deux tours suivants, avant qu'il ne disparaisse définitivement du circuit.


Les coureurs doublés
Quand des coureurs sont doublés et restent dans un peloton qui n'est pas le leur, la tâche se complexifie. Jojo (le deuxième arbitre) prenait les dossards noirs et moi les dossards rouges. Quand le peloton des dossards noirs passait, je lui dictais les dossards de son groupe (cf paragraphe au dessus) et je notais les quelques coureurs en rouge sur mon cahier sans annoncer leur numéro. Quand le peloton des dossards rouges passait, on faisait l'inverse : il me dictait les numéros qui me concernaient et il notait les numéros noirs sans rien me dire. Ca peut paraître simple, mais ça demande quand même une petite gymnastique mentale.


Dictaphone ou caméra ?
On a eu la chance d'avoir des arrivées pas vraiment groupées. La caméra n'a pas été nécessaire. J'avais activé le mode dictaphone de mon téléphone portable et ça a été suffisant. Après visionnage des caméras, les images étaient inexploitables car on avait pas assez de recul pour tout bien voir, d'autant plus que l'angle n'était pas le bon donc les dossards étaient pratiquement illisibles même en regardant la vidéo au ralenti et en faisant des arrêts sur image.

L'échauffement sur le circuit
Jusqu'à présent, j'ai toujours pensé qu'il ne fallait pas s'échauffer sur le circuit pour éviter de gêner les autres courses qui se déroulent. Ca m'a toujours semblé logique : "ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'ils te fassent", je ne gêne donc pas les autres courses pour éviter que les autres ne me gênent. Je n'avais jamais pensé au pauvre commissaire qui, du haut de son podium, cherche le dossard accroché dans le dos du coureur qui passe devant lui, et soit ne le voit pas (s'il y a un chasuble par dessus) soit se rends compte que le dossard n'est pas correct par rapport à l'épreuve en cours. C'est frustrant, de la haut, de perdre de l'énergie sur 150 passages (certains faisant 2 ou 3 passages) de coureurs alors qu'on est dans la partie finale des épreuves en cours.


Le compte-tour
Le compte-tour est facile à gérer si on est bien organisé. Sur mon cahier, je sais à chaque fois quel est le numéro qui devrait être affiché et je peux contrôler régulièrement. Il faut penser à le changer un peu avant le passage de la tête de course ... mais le plus tard possible, afin que les coureurs lâchés voient le bon nombre s'afficher. Ca m'a fait mal au coeur quand, ayant changé un peu trop tôt le panneau, une féminine pensait entamer son dernier tour alors qu'en réalité il lui en restait deux à faire ... au passage suivant, quand on lui a dit qu'il lui en restait encore un (soit 6,4km) elle a préféré renoncer. Ca m'a fait de le peine pour elle, c'était une erreur bête de ma part.


Le vent et le froid
Placés en hauteur dans une espèce de cabane en bois ouverte pour bien voir les coureurs arriver, on a été exposé au vent. Assis sur un banc, sans possibilité de se lever sous peine de se cogner la tête et les genoux, c'était difficile de bouger pour se réchauffer. On est resté assis pendant près de 5 heures sur ce banc, quasiment sans bouger, à noter des suites de chiffres sur nos cahiers.


Pour conclure, je vous avoue que je ne ferai pas ça tous les week-ends. Ca a été une bonne expérience, que je referai volontiers de temps en temps mais pas trop souvent. En tout cas, ça m'a permis de découvrir une autre facette de ce milieu, ce qui est toujours enrichissant.

samedi 19 avril 2014

Vidéo de la trouée d'Arenberg

Lors du Paris-Roubaix Challenge, j'ai utilisé la caméra pour filmer la tranchée d'Arenberg.


Ne sachant pas exactement où se situait la trouée et ne voulant pas manquer le début, j'ai démarré l'enregistrement un peu trop tôt. Vous pouvez avancer la vidéo jusqu'à 8'40" pour découvrir l'entrée dans ce lieu mythique. La caméra est un peu sale mais n'empêche pas de voir régulièrement des bidons sur les pavés ... ni de ressentir les vibrations.




Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.

vendredi 18 avril 2014

Travail au Tempo

Vendredi après-midi, j'ai fait une pause au milieu de longues journées de travail pour aller m'entraîner un peu. Je me suis fixé un temps d'une heure trente et me suis cherché une séance d'entraînement correspondant au temps dont je disposais.

Après un échauffement sur les quais de Saône, j'ai commencé ma véritable séance d'entraînement. Au menu, deux intervalles de 15 minutes au tempo (z3) avec une récupération au milieu. Le premier intervalle a été fait sur de longs faux plats montant avec vent défavorable, ce qui m'a permis de rester assez constant dans mon effort. Le second intervalle a été plus compliqué, car sur du faux plat descendant avec vent favorable, le moindre coup de pédale un peu plus poussé ou un peu moins tiré fait varier considérablement la puissance.

Alors que je finissais ma séance, j'ai croisé Julien qui partait repérer le circuit de Tramoyes. On a discuté quelques minutes, avant de reprendre nos chemins respectifs. Je suis rentré chez moi satisfait : la séance s'est bien passée, l'objectif de travail a été parfaitement rempli.

Consultez mon parcours.

jeudi 17 avril 2014

Prix de Tramoyes ce samedi

Samedi, mon club organise le Prix de Tramoyes. Je suis revenu sur la région lyonnaise exprès pour donner un coup de main à mes équipiers dans l'organisation, notre club étant petit et ma présence étant donc fortement souhaitée pour la bonne tenue de l'événement.


Je serai chargé d'établir les classements, vous me retrouverez donc sur le podium des commissaires à noter les dossards des coureurs lâchés et de ceux qui passent la ligne dans les premières positions. Ayant déjà râlé contre de mauvais classements, ou des classements n'allant pas au delà de la 10ème place, je vais pouvoir me mettre à la place de ceux que j'ai (parfois mais rarement) critiqué ... et je vais croiser les doigts pour ne pas faire d'erreur.

La météo devrait être correcte, nous comptons donc sur votre présence nombreuse sur cette première édition. Pour ma part, j'espère que vous serez nombreux mais que vous passerez la ligne d'arrivée en file indienne, les uns derrière les autres, pas trop vite, sans avoir de tour de retard et avec un dossard facilement identifiable ;-)

mercredi 16 avril 2014

Le nettoyage post-classique

Après chacune des classiques flandriennes, mon vélo était sale. J'ai pris une grosse pluie lors des derniers kilomètres de Kuurne-Brussel-Kuurne, quelques averses lors d'A Travers les Flandres et beaucoup de poussière lors du Paris-Roubaix Challenge.


Il m'a à chaque fois fallu plus d'une heure pour que le tas de boue redevienne un vélo propre. Les professionnels ont de la chance d'avoir quelqu'un qui leur lave leur vélo à l'arrivée de ces classiques, à fortiori lorsqu'il y en a deux le même week-end (Kuurne-Brussel-Kuurne et le Het Nieuwsblad, puis le GP E3 et Gent-Wevelgem) donc que chaque heure de récupération est importante (sachant qu'eux en plus n'ont pas à conduire pour aller et revenir).


Sur chacune de ces épreuves, le nettoyage du vélo a été fait en profondeur car la saleté rentrait de partout. Sur les épreuves "sèches" du Het Nieuwsblad, de Gand-Wevelgem, du Grand Prix E3 et du Tour des Flandres, un simple coup de chiffon et une inspection détaillée des pneus a suffi.


Sur ces épreuves "sèches", la saleté était composée d'un simple filet de poussière, qu'un passage de chiffon permettait d'éliminer afin que ma monture retrouve de l'éclat.


Je ne suis pas du genre à laver mon vélo en permanence. Je ne suis pas de ceux qui estiment le niveau d'un cycliste en fonction du niveau de propreté de son vélo. En revanche, je suis impliqué dans l'entretien de mon vélo : j'aime rouler sans bruit mécanique (les couinements de chaine ou de pédale me rendent dingue) et j'aime éviter les problèmes mécaniques évitables. Un vélo régulièrement entretenu est un vélo qui dure.


Mon principal point d'attention vient des roues et des freins. Avoir des pneus en bon état permet d'éviter les crevaisons : je crève tous les 2500 kilomètres en moyenne. La piste de freinage sur la jante et les patins de freins méritent une attention régulière afin d'éviter tout problème en cas de freinage d'urgence. Une roue qui freine mal, c'est un risque de chute idiot.


Je ne suis pas mécontent que ces classiques ce terminent, je ne serai plus obligé de laver mon vélo 2 fois par week-end. Mais en même temps, c'est aussi ça qui marque ces classiques !


Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.

dimanche 13 avril 2014

Paris-Roubaix Challenge : récit

Samedi avait lieu le Paris-Roubaix Challenge, une épreuve proposant un parcours de 170 kilomètres dont 50 kilomètres sur pavés, le parcours étant rigoureusement identique à celui des professionnels. J'avais déjà effectué cette épreuve lors de sa première édition, en 2011.

Je me suis rendu à Roubaix le vendredi après-midi afin de récupérer ma plaque de cadre et les différentes affaires liées à l'inscription. L'espace autour du vélodrome m'a paru très restreint par rapport à la zone des partenaires du Tour des Flandres, et par rapport à l'espace lors de la première édition de cette même épreuve. Je trouve curieux qu'une épreuve si prestigieuse, forte de 3500 participants, n'ait pas plus de partenaires dans son village départ.

J'ai passé la nuit sur Roubaix afin de m'éviter le désagrément du réveil trop matinal avant de prendre la navette. Au lieu de me lever à 3 heures du matin, j'ai pu mettre le réveil à 4h15. Sauf que dès 3 heures du matin, l’hôtel est rentré en ébulition : portes qui claquent, chasses d'eau et baignoires qui coulent, pas bruyants dans les couloirs ... le cycliste n'est pas un exemple de discrétion ni de respect du sommeil des autres !

Le trajet en navette a été épique. Le chauffeur s'est d'abord perdu dans Roubaix, puis s'est trompé d'autoroute, puis il a fait demi-tour au bout d'une heure, puis de nouveau demi-tour (revenant ainsi dans le premier sens de circulation), avant de se retrouvé coincé au péage car il n'aurait pas du y en avoir s'il avait pris la bonne autoroute donc il n'avait pas prévu de carte bancaire ... dernière péripétie, la boite de vitesse ne voulait plus fonctionner, on est resté arrêté une longue minute avant de repartir. 2h30 de trajet au lieu d'1h30. Mais on est arrivé à bon port dans la joie, le stress et la bonne humeur.


Sur place, j'ai retrouvé Nicolas, l'auteur du blog lameilleurecyclosportivedevotrevie.com. Le temps de se saluer et on est parti rouler pour se réchauffer. 5° au compteur (voir un peu moins) et une brume épaisse, les conditions étaient loin d'être agréables pour rouler. On a quand même rigolé sur cette absence de visibilité, je remarquais que si les professionnels avaient ce temps les commentateurs ne pourraient pas parler des monuments culturels le long du parcours (ces châteaux, ponts et moulins séculaires, ...) ni montrer les décorations immenses des spectateurs visibles uniquement du ciel. Ils se retrouveraient obligé de commenter la course, et seulement la course, ce qui ne serait pas dans leurs habitudes.

Après seulement 14 kilomètres (soit une vingtaine de minutes) d'échauffement, le premier secteur pavé (n°28, le numéro du secteur étant décroissant jusqu'à l'arrivée) s'est présenté à nous. La guerre a commencée. Je vous le donne en avance : les pavés ont gagné la bataille et m'ont fait vivre un enfer. Au vu du nombre de bidons au sol dès les 100 premiers mètres de pavés, la bataille devait faire rage depuis un bon moment. La journée sera un carnage de bidons et de chambres à air, du fossé gauche au fossé droit en passant par le centre du pavé.


Les 4/5 premiers secteurs se sont bien passés. La poussière volait et, à cause de l'humidité liée à la brume, restait collée sur le vélo comme sur l'équipement. J'ai abordé ces premiers secteurs relativement confiant, restant bien au centre des pavés sur la portion la moins défavorable. Ma confiance venait de mes succès lors de la campagne de Belgique : sur les pavés flamands, j'avais réussi à rouler sans subir, j'étais parfaitement maitre de mon sujet. J'avais malheureusement oublié que les pavés français ne sont pas les pavés flamands, que leur conception comme leur entretien est radicalement différent.

Entre les secteurs, avec Nicolas, nous trouvions à chaque fois des groupes. Parfois nous roulions devant sans avoir de soutien, d'autres fois le groupe s'organisait et passait des relais sur 2 files (montante et descendante). Le vent soufflant du nord vers le sud et notre itinéraire étant du sud vers le nord, on a eu un vent défavorable toute la journée. Chaque renfort était le bienvenu.


A partir de la trouée d'Arenberg (secteur n°18), j'ai compris toute la signification de l'Enfer du Nord. J'avais déjà mal aux mains avant de l'aborder. Après 8 minutes de bataille sur des pavés incroyablement impraticables, j'en avais déjà marre de ces fichus pavés. Sur la partie finale de cette ligne droite interminable, j'ai pensé "je veux bien monter 20 fois le Koppenberg ou le Paterberg, mais je ne repasserai plus jamais la trouée d'Arenberg". Pour vous dire la longueur de la tranchée et le temps nécessaire pour la parcourir, j'ai eu le temps de me demander si je préférais monter 20 fois le même ou 10 fois chacun des deux. Tout était bon pour occuper mon esprit et lui éviter de penser à ces secousses insupportables, à la douleur ressentie dans les bras, à cette tranchée qui ne semblait plus avoir de fin.


J'ignorais que mon calvaire ne faisait que commencer. Les secteurs pavés se sont enchaînés, les parties asphaltées paraissant trop courtes et les secteurs pavés paraissant trop longs. J'ai commencé à quitter le haut du pavé dans le secteur numéro 12 ou 13. Un secteur dans lequel j'avais chuté, justement car je passais sur le bas côté, lors de la reconnaissance que j'avais faite 3 semaines avant l'épreuve en 2011. Mon cerveau tournait à plein régime pour se remémorer tous les pièges qu'il avait enregistré à l'époque. Je me suis souvenu des petites margelles en béton qu'il fallait éviter sur le bas côté, puis des petites plaques de goudron sur la fin du secteur.


J'ai tenu la douleur sans trop me plaindre jusqu'au ravitaillement du moulin de Vertain. J'en avais franchement marre, j'avais envie que ça s'arrête, mais la douleur était encore supportable. Lorsqu'on est reparti après 10 minutes d'arrêt au ravitaillement, j'étais incapable de tenir mon guidon. Les avant-bras, les poignets et les doigts étaient devenus durs comme du bois et chaque vibration est devenue une torture. Je voulais rester au centre du pavé mais j'étais incapable de tenir plus de 5 mètres. J'ai fait tous les derniers secteurs en passant sur le côté autant que je le pouvais. Je préférais rester derrière quelqu'un de plus lent plutôt que remonter pendant quelques mètres sur le pavé pour le doubler. Je n'avais jamais ressenti, jusqu'à présent, une douleur physique aussi violente sur de l'instantané. Je sais ce que fait une douleur vive et longue, comme une brulure qui est vive d'abord puis s'estompe petit à petit. Mais une telle douleur sur un mode ON/OFF/ON/OFF chaque seconde, je n'avais jamais connu ça. Un enfer, à en pleurer sur son vélo. Un enfer que je me suis juré de ne plus jamais revivre.


Une fois le carrefour de l'arbre franchi, je savais que c'était presque terminé. Je n'ai pas vu Nicolas s'arrêter à la fin du secteur, j'ai continué au sein du groupe dans lequel j'étais. J'avais encore de bonnes jambes, j'ai pu prendre mes relais sans rechigner, mais chaque plaque d'égout ou ralentisseur à passer me donnait envie de me couper les bras. Les 2 derniers kilomètres avant l'entrée sur le vélodrome, dans Roubaix, ont été effectués au milieu de la circulation automobile pour la première fois depuis le départ.




Juste avant la flamme rouge du dernier kilomètre, alors que j'étais arrêté à un feu rouge, une automobiliste a baissé sa vitre pour me demander si j'étais un professionnel en reconnaissance avant la course du lendemain. Ca m'a fait sourire, je lui ai répondu que non, et que vu ce que je venais de subir, il était hors de question de recommencer le lendemain. Le dernier secteur pavé, en bon état, était juste avant l'entrée sur le vélodrome. Je l'ai esquivé en passant sur la route goudronnée jusqu'au bout. J'ai franchi la ligne d'arrivée sur le vélodrome avec les deux bras levés, comme la semaine dernière à Oudenaarde. Sur le vélodrome, je n'ai pas pris de risque en restant sur la ligne d'azur et dans le couloir de sprint.


J'étais heureux d'en avoir terminé avec cet enfer, et satisfait d'avoir bouclé les 7 classiques flandriennes sans connaitre d'incident. Malgré la douleur ressentie, j'étais pleinement heureux d'avoir réussi cette épreuve. Je ne la ferai pas toutes les années, mais je ne regrette absolument pas de l'avoir faite cette année, à fortiori dans le cadre de mon défi.

Consultez le parcours.


Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés aux classiques flandriennes.

jeudi 10 avril 2014

Journée sur le Tour des Flandres pro

Ce dimanche, j’étais à Oudenaarde, au cœur des festivités de la fête nationale officieuse du nord de la Belgique : le Ronde van Vlaanderen.


Depuis le changement de parcours en 2010, la ville voit le peloton passer en son centre vers midi, avant d’accueillir l’arrivée un petit peu à l’écart de la bourgade, à quelques centaines de mètres du musée du Tour des Flandres (que je vous avais présenté en décembre).


Arrivé peu avant le passage des professionnels, mes deux guides expérimentées ont réussi à accéder au centre-ville pour se garer à 20 mètres de l’itinéraire. Et ce, sans avoir le moindre bouchon ! Moi qui pensais qu’on devrait se garer à 2 kilomètres et marcher longuement, ça n’a pas été le cas (pour moi mais en revanche, pour d’autres, ce sera bien le cas).


Le passage des professionnels a été salué par deux rangées de foule compacte et enthousiaste. Les trottoirs étant étroits, et des barrières protégeant la route afin de la laisser entière aux coureurs et voitures de course, se frayer un chemin n’a pas été des plus simples. En jouant des coudes, j’ai fini par rejoindre l’endroit où je souhaitais me rendre.

En quelques minutes seulement, la place s’est vidée à la fois de ses spectateurs et de ses barrières. L’efficacité du personnel chargé du démontage a été hallucinante. Trois minutes après le passage de la dernière voiture, il ne restait plus que les bus des équipes au centre d’une place déserte, ainsi que quelques fanions (jaunes avec un lion noir, évidemment) sur le sol.

Nous avons pris notre repas dans l’un des restaurants de la place. Certains d’entre eux avaient installé des écrans géants et servaient des bières en grande quantité. Nous avons préféré un établissement plus calme, légèrement en retrait mais d’où je pouvais observer tout ce qui se passait autour de cette place. Les supporters de diverses nationalités ont défilé, plus ou moins alcoolisés et plus ou moins déguisés. Il est à noter que les restaurants conservent leurs tarifs de tous les jours, qu'ils ne proposent pas de tarifs spécialement majorés pour l'occasion ...


La place a repris vie quelques minutes lors de l’arrivée des voitures de ravitaillement. La voiture se garait à proximité du bus de son équipe, ouvrait le coffre, déchargeait une glacière et l’ouvrait. En moins d’une minute, la glacière était vidée et son contenu par des enfants et adolescents. Descendu au milieu de la place, j’avais l’impression d'être au milieu d’une horde de vautours dépeçant jusqu’aux os chaque proie (glacière) qui s’aventurait sur leur terrain de chasse. J’avoue ne pas avoir été très à l’aise dans ce spectacle où les personnes ne recevaient même pas un « merci / thank you / dank u ». Certains avaient tellement de bidons que ça en devenait presque indécent, ils avaient du mal à tous les tenir.



Venons-en à l’organisation des bus sur la place. Les quatre grosses équipes (Trek, OPQS, Lotto et Sky) avaient installé des cordons pour réserver un espace privé à leurs coureurs. Chez les autres équipes, on pouvait circuler librement.


L’arrivée des féminines s’est faite pendant que nous étions au milieu des bus des équipes masculines. Nous avons alors fait un saut d’une centaine de mètres pour rejoindre la place où étaient parqués les véhicules des équipes féminines. Ici, pas de bus ni de cordon de sécurité : les filles se reposent en plein air, se changent à l’arrière d’une camionnette ou dans un camping car pendant que le (faible) public déambule librement. On sent une différence criante de budget et de moyens tout comme une médiatisation presque inexistante. Les premières n’étaient suivies par aucun journaliste et aucune caméra ne leur courait après.


On s'est ensuite rendu sur la ligne d'arrivée afin de regarder l'ambiance. Depuis plus de deux heures, je voyais des groupes entiers de personnes se diriger en direction de l'arrivée et je tenais à voir aussi bien l'ambiance que l'organisation. Une exposition de dessins faits par des enfants de l'école d'Oudenaarde était sur notre chemin, j'en ai profité pour les admirer et les prendre en photo. Vous pouvez consulter la galerie complète ici. Au niveau de l'ambiance, alors qu'on était dans la dernière heure de course, c'était d'un calme déconcertant. Autant de monde, autant de bières et aussi peu de bruit. Etait-ce pour mieux entendre les commentaires (néerlandais) de Sporza, la chaine diffusée sur les écrans géants à proximité de l'arrivée ?


Alors que la course n'était pas encore décantée, j'ai fait un pari : celui d'aller dans la brasserie "Le Flandrien", siège du fan-club de Cancellara. Je savais qu'en cas de victoire ou de défaite, l'émotion serait au rendez-vous. Quelques minutes après notre arrivée, le coureur helvète plaçait une accélération dans le Oude Kwaremont puis revenait sur la tête de course quelques minutes plus tard en haut du Paterberg. Alors qu'un groupe de 4 se dirigeait vers l'arrivée sans qu'aucun coureur ne se dégage, la tension se lisait sur les visages dans les derniers kilomètres. Je parle bien des visages des personnes présentes dans la salle, je suis certain que sur son vélo le coureur était moins tendu que ses fans.

Lorsqu'il a passé la ligne d'arrivée victorieux, un simple cri commun à retenti. Un cri rapide et étouffé. Une sorte de "Ouf", mais rien de plus. Les gens se sont levés calmement et sont sortis pour rejoindre les bus, dans un silence presque religieux. Je m'attendais à des grandes accolades, à des discussions endiablées pour ré-écrire l'histoire, à des verres qui tinteraient à n'en plus finir, des chants qui résonneraient à ne plus en entendre les cloches de l'église toute proche ... mais non, rien. La salle s'est vidée en un rien de temps. Hallucinant. Seule une dame était à fond, imitant plusieurs fois le geste de son champion les bras levés à chaque ralenti proposé par la télévision. Une dame touchante.


Nous avons fini par quitter le lieu devenu presque désert pour rejoindre les bus. Les barrières de protection mises en place par Trek et OPQS étaient utiles. Celles de Lotto auront vite été retirées, peu de monde s'y est pressé. La masse de personnes devant les bus des deux grandes équipes était impressionnante. Les autres équipes étaient au calme, les coureurs discutaient tranquillement devant leurs bus sans que personne ne vienne leur adresser la parole. J'ai du mal à comprendre comment on peut rester en 4ème rang devant un bus d'équipe, à ne rien voir du tout, pendant une heure alors qu'à quelques mètres des coureurs, certes moins connus mais très sympathiques, discutent volontiers avec vous si vous leur faites un sourire.


Une fois les bus partis, nous avons rejoint notre véhicule pour rentrer. Contrairement à l'arrivée, la sortie d'Oudennarde était embouteillée et pour éviter de rester une heure dans le bouchon, on a pris de petites routes désertes.