Vous savez ce qui me manque dans le fait de ne plus faire de vélo ?
Ce sont mes trajets quotidiens pour aller bosser (et revenir du boulot). Ce qu'on appelle couramment le "velotaf".
En 6ans dans mon ancienne boite,
j'ai fait un peu plus de 11000km. N'ayant pas de voiture avant le mois de février de cette année,
le vélo était le moyen le plus efficace pour me rendre sur mon lieu de travail. Je n'avais jamais de bouchons, je n'avais jamais d'horaires
(de bus) à respecter, je n'avais pas à me serrer pendant le trajet ni à supporter la musique
(ou les paroles) des gens autour.
Mon trajet de vélotaf quotidien, c'était mon moment privilégié de la journée :
même quand il gelait, même quand il neigeait, même quand il pleuvait ... mes collègues me voyaient arriver de bonne humeur, chantant à tue tête des chansons de saison. "Vent frais, vent du matin" était parmi mes préférées car adaptées de l'automne au printemps
(en passant par l'hiver). "Il pleut bergère"
(les jours de pluie), "Ne pleure pas jeannette", "j'ai du bon tabac", "il était un petit navire" et autres chansons pour gamins étaient également de grands classiques. J'arrivais au boulot avec le sourire jusqu'aux oreilles, en chantant, après avoir pris un grand bol d'air pur .
Le trajet que j'avais à faire faisait entre 20 minutes
(quand j'étais chez mes parents) et 5 minutes
(quand j'ai acheté ma propre habitation).
Ces quelques minutes de transport étaient un moment privilégié : c'était la transition entre ma vie perso et ma vie pro. Ca permet de bien marquer les frontières. Je changeais de tenue 5 fois : tenue chez moi, tenue de vélo, tenue de boulot, tenue de vélo, tenue chez moi. Quand on vient en voiture ou en bus, on ne se change pas
(du moins, pas dans mon secteur d'activité), le fait de changer de tenue permet vraiment de marquer une rupture entre le boulot et le reste. Tout comme quand on va s'entraîner : quand on enfile son cuissard, on oublie le reste et on passe en mode "vélo".
Depuis quelques semaines, je vais travailler en voiture à cause de ma blessure. Je peux vous garantir que le principe du vélotaf me manque. Pour les raisons que j'ai décrites ci-dessus, et pour le côté écologique de la chose.
Ces quelques minutes de grand air, d'exercice physique léger, c'était mon bonheur quotidien. J'ai hâte de pouvoir à nouveau chevaucher ma monture pour reprendre mes courts trajets et mes chansons débiles. Vivement décembre.