mardi 2 juillet 2013

TDFête étape 5 : Cagnes-sur-Mer - Marseille

Nous avons pris le départ à 8h du centre de Cagnes sur Mer. La nuit a encore été courte car j'ai mal dormi : merci la climatisation du ferry, merci la maladie ! Je ne me sens pas bien dès le petit déjeuner, j'ai trop chaud et une légère nausée. Heureusement, l'étape ne fait "que" 230 kilomètres et ne devrait faire "que" 2500m de dénivelé. C'était l'une des étapes sur lesquelles il valait mieux avoir toutes ses forces. Mais bon, on fait tous ce qu'on peut avec ce qu'on a.

Dès le départ, après la traditionnelle photo pour satisfaire la presse locale qui couvre notre périple, on a récupéré un belge flamand qui fait seul les étapes du Tour, en étant suivi par son père. J'en ai profité pour discuter avec lui, ça m'a fait oublier mes soucis et j'ai pu parler d'une de mes régions préférées en terme de cyclisme. Plus loin on a récupéré un groupe de 4 belges wallons qui font eux aussi le Tour un jour avant, avec une plus forte logistique (une voiture, un camping-car ...). J'en ai également profité pour discuter avec eux, je me sentais mieux.

J'ai continué mon rôle de chien de berger à l'arrière du peloton, à pousser les coureurs qui lâchaient quelques mètres, afin de rassembler le troupeau. A partir du 90ème kilomètre, j'ai commencé à me sentir mal. De grosses bouffées de chaleur, une nouvelle envie de vomir. Ca a duré près de 80 kilomètres, ça a été dur, mais je n'ai rien voulu lâcher. Je suis remonté au milieu du paquet afin de bénéficier d'un meilleur abri, et ai laissé ma place à l'arrière à d'autres.


La pause repas s'est faite dans un endroit super agréable. Les personnes en charge de l'intendance nous ont trouvé un lieu ombragé le long d'un lac. C'était impeccable, nous étions au frais avec une belle vue. Les choses se mettent en place petit à petit, l'organisation progresse au fur et à mesure de nos remontées, c'est super agréable. Nous progressons sur le vélo vers les Champs Elysées, ils progressent hors-vélo vers la perfection.

Après la pause déjeuner, nous avons bénéficié d'un peu de soutien de la part du public. Le matin, les gens croisés n'avaient rien à faire de notre présence. On pouvait crier, on pouvait lever les mains ou faire ce qu'on voulait, il était dur de décrocher un simple sourire. En revanche, l'après-midi nous avons vu un certain nombre de camping-cars, principalement belges, installés dans les côtes du final. C'était agréable de retrouver une partie de la chaleur humaine ressentie en Corse. On était loin de la foule en délire lors du passage des coureurs professionnels, mais on sentait qu'il y avait quelques vrais passionnés au bord de la route.

Dans le final, Rémi P (une connaissance habitant la région) nous a rejoint. A peine arrivé dans le groupe, il a pu constater la bonne ambiance : il s'est fait chambrer sur son look ressemblant à Contador. J'ai eu une bonne phase, les jambes semblaient revenir. On a un peu discuté, puis il a fourni des indications au groupe sur les ascensions à venir.

 © Mickael Bougouin

En fin d'étape, la montée du col de la Ginestre m'a été fatale. J'ai explosé en vol, mes muscles fessiers étant tétanisés. Ces muscles sont importants dans le mouvement de pédalage, car ils relient les cuisses au dos. Assis ou en danseuse, j'étais collé au goudron. Une horreur. Dans la descente, j'étais frigorifié, ce qui ne va pas arranger mon état. Comme le matin il faisait très chaud, je n'avais pas pris de coupe-vent, qui aurait pu me protéger du froid dans la descente.


A Marseille, l'arrivée a été lente à cause de la circulation. Nous ne pouvions pas nous faufiler à travers les bouchons, car nous devions rester au coeur de nos véhicules d'encadrement. Une fois la ligne d'arrivée franchie, après une longue ligne droite face à la mer, nous avons pu bénéficier d'un peu de repos.

Bilan : 228km, 8h25 de selle, 2600m de dénivelé, 128bpm en moyenne.
Consultez mes données et notre parcours.

Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.

lundi 1 juillet 2013

TDFête étape 4 : Nice - Nice

Hier soir, on a passé une soirée à l'image de la Corse : humaine et chaleureuse. On mangeait dans un restaurant, on a chanté pour l'anniversaire d'Isidore (en charge du montage des vidéos quotidiennes). Allez savoir pourquoi, il s'est mis à chanter la Marseillaise, et tout le groupe a poursuivi en coeur. Au coeur de la Corse, ce n'était pas forcément la meilleure des idées.

On a alors demandé aux locaux du restaurant de nous chanter l'hymne Corse. Ils ont refusé mais une femme nous a interprété deux chansons magnifiques. Il y avait un silence de cathédrale, on retenait presque tous notre souffle quand elle chantait. Pourtant, vu l'ambiance dans le groupe, pour obtenir deux fois deux minutes de silence complet, ça semblait mission impossible.

On s'est couché tard, bien après le coucher du soleil. On s'est levé tôt, bien avant le lever du soleil. Le matin on a fait une liaison en bus pour rejoindre Bastia, où nous avons pris le ferry pour revenir sur Nice. La boucle corse de la grande boucle était bouclée. Pendant le trajet en ferry, j'ai attrapé froid : on est passé de plusieurs heures par plus de 30° à 5h de traversée par 18°. C'est le genre de chose qui ne pardonne pas.

La Corse me laissera un excellent souvenir : les gens y sont très chaleureux, nous avions beaucoup d'encouragements spontanés sur le bord de la route. Personne n'est venu spécialement pour nous, mais les gens dans la rue ou aux restaurants applaudissaient à notre passage. Certains filmaient ou prenaient des photos, d'autres levaient les bras et criaient. En dehors du vélo, c'était pareil : des gens super sympas, accueillants, ... et des paysages magnifiques. En 3 jours, c'est compliqué de se faire une véritable idée, mais en tout cas j'aimerai y retourner plus longuement un jour. Avec ou sans vélo ? Je ne sais pas encore !

On est arrivé vers l'hotel à 16 heures. Pas de vélo aujourd'hui, la promenade des anglais étant trop compliquée à sécuriser pour qu'on puisse passer dans de bonnes conditions. Ce sera la seule étape du véritable Tour qu'on ne fera pas, mais on avait compensé en faisant trop de kilomètres en Corse, lors de liaisons pour aller / revenir de l'hôtel.

J'ai profité des quelques heures de quartier libre pour donner des nouvelles à mes amis, régler quelques détails, et pour récupérer. Mais ces trois heures de liberté sont passées trop rapidement, j'aurai aimé faire beaucoup plus de choses. Certains de mes compagnons d'aventure sont allé se baigner, d'autres sont allé acheter des accessoires qui leur manquaient.

Demain, reprise des choses sérieuses avec l'une des plus longues étapes, près de 230 kilomètres entre Cagnes et Marseille. Un gros morceau, de longues heures de selle en perspective.

Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.

dimanche 30 juin 2013

TDFête étape 3 : Ajaccio - Calvi

Le départ ce matin a encore été donné tôt, très tôt. On est parti de l'hôtel vers 8h, on a fait une photo en bord de mer, puis on a pédalé jusqu'à Ajaccio. On a alors rejoint l'itinéraire du Tour en passant par une petite bosse qui n'était pas prévue au programme des professionnels : nous aimons tellement le vélo que nous en faisons plus que les pros ;-)

© Mickael Bougouin

Une fois sur l'itinéraire "normal", on s'est retrouvé dans une longue montée roulante. On a grimpé groupé, tout au train. Certains ayant du mal à relancer la machine après une étape difficile, j'ai eu pas mal de boulot à l'arrière pour pousser à tour de rôle ceux qui lâchaient prise. Si ça continue, je vais finir avec le bras droit deux fois plus musclé que le gauche.

© Mickael Bougouin

Pendant près de 150km, on a longé la mer, c'était incroyablement beau. Les calanques de Piana sont classées au patrimoine mondial de l'Unesco, et on a compris pourquoi : ce coin de terre ressemble à un coin de paradis. Des plages dignes des Seychelles au milieu de roches roses dignes de la Casse Déserte (les derniers kilomètres de l'Izoard). La montagne dans la mer, la mer dans la montagne. Quand on passe la-dedans, on se sent tout petit face aux éléments.

La journée a été chaude, très chaude. La chasse aux bidons a fait rage : en 170 kilomètres, j'ai du vider 8 bidons ! (dont deux pour m'arroser). J'ai déjà connu pire, mais c'était quand même costaud, surtout que les deux journées précédentes nous avions déjà cuit au soleil. Quand le soleil brule de la peau déjà brulante, c'est terriblement douloureux. Grégoire, le plus touché par ce phénomène, a souffert du soleil bien plus que de la répétition des ascensions.

© Mickael Bougouin

La journée a été placée sous le signe des animaux : on a commencé par des chiens qui courraient au milieu de la route à la sortie d'Ajaccio, et on a terminé par une vache ou un taureau qui se reposait à l'ombre au bord de la route. Entre temps, on a vu pas mal de chèvres, des papillons très colorés, un poisson se débattre au bout de la ligne d'un pêcheur ...

© Mickael Bougouin

La journée s'est bien passée, je me sentais bien. J'ai fait le train dans les ascensions pour le groupe du milieu. Les féminines m'ont impressionnées : hier elles ont grimpé le long col dans le groupe de tête, aujourd'hui elles grimpaient également à un excellent niveau ... elles semblent se régaler elles aussi. Parmi les garçons, certains découvrent la "montagne" (bien que les bosses corses n'aient rien à voir en terme de difficulté par rapport aux Pyrénées et aux Alpes) et se découvrent un talent de grimpeur.

© Mickael Bougouin

De manière globale, l'ambiance est excellente dans le groupe. C'est super plaisant de rouler en compagnie de gens toujours prêts à déconner, chambreurs, sans prise de tête ... chacun semble s'amuser à son niveau. Pourvu que ça dure !

Bilan : 166km, 7h de selle, 2400m de dénivelé, 122bpm en moyenne.
Consultez mes données et notre parcours.

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samedi 29 juin 2013

TDFête étape 2 : Bastia - Ajaccio

© Mickael Bougouin

Ce matin, nous avons fait une liaison en bus afin de rejoindre le col de Teghime. Pendant le trajet, j'ai bénéficié d'un massage des épaules et de la nuque par Alex car j'avais de grosses contractures. Aujourd'hui, il n'était pas possible de partir du centre de Bastia : la gendarmerie commençait à bloquer les routes, la circulation aurait été compliquée et dangereuse. Le départ de notre étape a donc eu lieu 800m avant le col de Teghime, sur les hauteurs de Bastia.

© Mickael Bougouin

© Mickael Bougouin

J'ai été choisi pour commenter l'étape du jour dans le reportage quotidien diffusé sur le site du Tour de Fête (http://tourdefete.lequipe.fr/). Il a fallu faire plusieurs prises car je parlais (beaucoup) trop. Du coup, j'ai à peine eu le temps d'enfiler mes chaussures et mon casque avant de m'élancer pour les 800m de montée précédant la plongée dans la descente.

© Mickael Bougouin

La descente était sympa, la vue était magnifique. Cependant, il fallait rester très vigilant car le goudron était mauvais par endroits. On a eu la présence de chèvres sur le côté gauche de la route, mais elles n'ont pas traversé. Quelques participants se sont fait peur, du coup on a fait une longue pause au milieu de la descente, ils ont demandé à ce qu'on descende moins vite. La suite de la descente a été faite entièrement sur les freins, je déteste ça mais c'était pour la sécurité globale du groupe donc j'ai rongé utilisé mon frein.

© Mickael Bougouin

Le contournement de Bastia a été long et pénible nerveusement. Quand on vient de faire une descente magnifiquement sinueuse face à la mer, la traversée d'une zone industrielle sur une 4 voies rectiligne est particulièrement frustrant. Avec Mounir, on a pris les devants pour aller arroser un palmier : ayant été sollicité pour le reportage vidéo, je n'avais pas eu le temps avant de monter sur selle. On a biffurqué sur la droite afin de prendre la direction de Corte via une route très large qui remontait longuement les gorges d'une rivière.

© Mickael Bougouin

On a grimpé un premier col, avant Corte, en gardant un groupe compact. Dans le deuxième col, situé à la sortie de Corte, le groupe s'est scindé. J'ai grimpé au train en discutant avec les autres, un groupe de 6 est parti devant tandis qu'un autre groupe était un peu derrière. Au col, on a vu revenir une fusée dans notre dos : Ingrid, l'une des féminines du groupe, a monté à un rythme impressionnant car l'écart était important et elle l'a comblée seule. Chapeau.

Après une petite descente, nous avons mangé le midi sur un campement installé par l'équipe d'organisation. Des tables et des chaises nous attendaient sur la place du village. Les personnes de l'intendance avaient tout prévu pour nous, c'était impeccable. Quelques améliorations restent à faire pour que tout soit parfait, mais on est tous la pour progresser et les détails seront réglés dans les jours à venir. Le repas a encore été rapide, mais ça ne me dérange pas : je n'aime pas trop trainer en route, plus on arrive tôt à l’hôtel, plus on bénéficie de temps de récupération.

© Mickael Bougouin

Après le ravitaillement, on avait 2 cols à grimper qui s'enchaînaient. Près de 15km d'ascension continue. Le groupe s'est scindé en deux dès le pied : j'ai pris en charge le second groupe. J'ai fait le train, Meidhi et Michel se sont relayés pour me tenir la conversation en tête de groupe. On a maintenu un rythme qui permette à tout le monde de suivre, afin de ne laisser personne seul. J'ai motivé l'arrière garde, en donnant des infos sur la distance et le pourcentage. J'ai également fait des rappels classiques "pensez à manger, pensez à boire" : je sais par expérience que quand on est en difficulté on oublie ce genre d'automatismes, et on le paie cher derrière.

La pause en haut du col a été un peu trop longue à mon gout. Il faisait frais et il y avait du vent. On a fait trois pauses dans la descente : une sur chute (sans aucune gravité), une sur une erreur de direction (sans gravité non plus), une pour enlever les vestes mise pour ne pas attraper froid dans la descente. Après cette dernière pause, j'ai attendu Yanisse afin de faire la fin de la descente à deux : on s'est fait une courte partie de manivelles bien sympa, qui nous a permis de lâcher les chevaux dans la descente.

© Mickael Bougouin

On a filé sur Ajaccio à une bonne allure malgré le vent de face. A l'entrée de la ville, nous n'avons pas rejoint la ligne officielle d'arrivée : on a bifurqué à gauche afin de rejoindre à vélo le palace dans lequel nous allons passer la nuit. Le trajet s'est fait en longeant la mer, la vue était sympa mais l'étape ayant été usante, on a rejoint l’hôtel sans prendre trop de temps pour admirer le paysage. On a pu mieux en profiter après la douche et le repas.


Bilan : 168km, 6h25 de selle, 2100m de dénivelé, 127bpm en moyenne.
Consultez l'ensemble de mes données et le parcours.

Voici la vidéo dont je parle au début de l'article :



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vendredi 28 juin 2013

TDFête étape 1 : Porto-Vecchio - Bastia

Au réveil ce matin je me sentais bien. La nuit a été bonne et récupératrice, je me sentais d'attaque pour affronter cette première étape du Tour. Quand il faut y aller, il faut y aller, le grand jour était enfin arrivé ! 3 mois de préparation pour 3 semaines d'aventure.

© Mickael Bougouin

Après le petit déjeuner, on a rejoint le quartier général de l'équipe afin de récupérer nos vélos et remplir nos bidons. Tous les vélos étaient alignés le long des barrières. Les bouteilles d'eau étaient à notre disposition à proximité des barres et gels énergétiques, des fruits secs, et de toute nourriture utile pour les premiers kilomètres. Les personnes chargées de nous assister durant ce périple avaient parfaitement fait leur travail, nous n'avions plus qu'à nous préparer et à pédaler.

© Mickael Bougouin

Le départ devait être donné à 8h30. Nous étions prêts mais nous avons dû patienter 30 minutes en attendant les représentants d'ASO et de Porto-Vecchio, qui tenaient à baisser eux-même le drapeau (corse) du départ. En attendant de serrer la main à Christian Prudhomme, qui a salué chacun d'entre nous, j'ai discuté avec Spikky, un australien bien connu des journalistes et du personnel d'ASO, car il effectue chaque année les étapes du Tour 3h avant les pros.

© Mickael Bougouin

Une fois le départ donné, la gendarmerie nous a ouvert la route sur une quarantaine de kilomètres. Notre rythme en début d'étape a été très bas, ce qui m'a fait craindre le pire : 22km/h de moyenne sur des routes sans véritable difficulté, sur une étape de 220km ça allait nous faire 10h de selle dans la journée ... comme un bouchon se formait derrière nous, la gendarmerie nous a forcé à faire des pauses pour laisser passer les automobilistes. Ca nous a permis de faire le plein des bidons et vider nos vessies, selon le principe des vases communicants. L'encadrement de la gendarmerie nous a été utile : ils se sont occupés du cas d'un mec qui nous a doublé comme un cochon (cet animal est l'équivalent Corse de nos écureuils, il vit en totale liberté ici).


La boucle au sud de Porto-Vecchio était superbe, on est passé dans de très beaux paysages. On roulait doucement, on a donc eu le temps d'en profiter. Le panorama était varié : forêts sèches, bord de mer, villages atypiques. Les routes étaient belles, mais elles se méritaient : c'était casse pattes, il fallait franchir beaucoup de petites bosses. Rien de méchant pour un professionnel, mais cette sorte de "tôle ondulée" était usante pour nous.

© Mickael Bougouin

Cette première partie d'étape de 60km en boucle au sud de Porto-Vecchio était la plus agréable. Après, on a filé sur Bastia via une route très large en longues lignes droites vent de face. On s'est fait doubler et on a croisé quelques coureurs pros. Les coureurs de la FDJ se sont tous arrêtés pour nous saluer et nous souhaiter bonne chance. On s'est arrêté dans un restaurant à la moitié de l'étape, afin de manger des lasagnes. On a à peine eu le temps de s'assoir qu'il fallait déjà repartir. Notre faible vitesse en début d'étape et les nombreuses pauses nous ont mis en retard sur notre planning, il fallait donc faire vite pour en rattraper une partie.

© Mickael Bougouin

Après le repas, on s'est pris deux ou trois averses sur le casque. Elles ont sali nos vélos et nos vêtements, tout en nous proposant un petit rafraîchissement. La fatigue s'est faite sentir petit à petit : étant globalement à l'arrière du groupe, je voyais de moins en moins de coureurs remonter des bidons aux autres, et de plus en plus qui faisaient des étirements ou décrochaient petit à petit des roues du groupe. Dans les derniers kilomètres, le rythme s'est accéléré. J'ai poussé deux de mes compagnons de galère qui commençaient à faiblir, afin de les replacer à l'abri du vent.


On est arrivé à Bastia après une longue étape : les jambes tirent un peu après plus de 200km, mais ça allait. J'ai géré mes efforts sans jamais me mettre dans le rouge : la route sera encore longue avant les Champs Elysées, il ne servait à rien de s'exciter sur cette première étape. On a fait une photo globale sur la ligne d'arrivée, qui sera endommagée le lendemain par le bus d'Orica GreenEdge. On doit faire partie des rares cyclistes à l'avoir franchie en bon état.

© Mickael Bougouin

Après l'étape, nous avons confié nos vélos aux mécanos qui se sont chargés de les ranger pendant que les personnes en charge de l'intendance nous donnaient des sandwichs et des verres de jus de fruit. On a ensuite fait une liaison en bus pour rejoindre Saint Florent, en passant par le col de Teghime. On a cette fois bénéficié d'une vue magnifique, sans mettre un coup de pédale et sans efforts.

Bilan : 214km, 7h25 de selle, 1500m de dénivelé, 132bpm en moyenne.
Consultez l'ensemble de mes données et du parcours.


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jeudi 27 juin 2013

TDFete : J - 1

Ce matin, le réveil a sonné tôt. On s'est couché à 2h30, j'ai mal dormi (il faisait un peu trop frais dans la chambre, et j'avais la nuque et les épaules assez raides), j'aurai bien profité plus longuement de mon lit. Mais le petit déjeuner, au bord de la mer et face aux montagnes, m'a fait oublier le confort (relatif) du lit que je venais de quitter.


De 9h à 12h30, on a eu un briefing global sur l'aventure, puis on s'est occupé du matériel. On a récupéré notre paquetage (maillots et cuissards, casques, lunettes) et réglé nos vélos. Les maillots sont magnifiques, et leur coupe semble avoir été faite sur mesure pour moi. Ils me moulent le corps à la perfection, c'est du bonheur. Le vélo par contre est trop grand, j'ai l'impression de conduire un tracteur. J'ai placé mon équipement classique : mon compteur, le capteur de vitesse et la capteur de cadence, afin de bénéficier de tous les paramètres qui me servent habituellement à réguler mes efforts.


Après le repas, on s'est rendu à la conférence de presse de l'équipe FDJ, au cours de laquelle notre équipe a été présentée. La FDJ soutient le projet depuis le départ, et souhaitait le présenter en prélude de son équipe professionnelle. On a fait quelques photos, puis on a enfourché nos vélos afin de tester les réglages.


On a fait un peu moins de 30 kilomètres. Ca a été le bazar : l'ambiance était détendue, trop détendue. Niveau sécurité c'était pas terrible, par contre niveau paysage c'était sympa : on a longé la mer par de petites routes sinueuses en creux et bosses. Au retour, on s'est arrêté pour regarder le début de la présentation des équipes, avant de rentrer prendre une douche et manger. Désormais, place au repos avant la longue étape de demain (plus de 220km, si on inclut les kilomètres du départ fictif).

Consultez le tracé de notre sortie.

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mercredi 26 juin 2013

TDFete : en route pour l'aventure

Aujourd'hui, j'ai fait le trajet afin de rejoindre Porto-vecchio, en passant par Nice où était fixé le rendez-vous avec le reste de l'équipe.

Tôt ce matin, mes parents m'ont conduit au coeur de Lyon. J'ai alors pris le tram en direction de l'aéroport. Mon sac étant parti dès lundi avec les véhicules d'assistance, j'ai voyagé léger : un sac à dos avec ma brosse à dents, mes papiers et mon ordinateur portable. Dans le tram, seul, j'ai vécu une dizaine de minutes assez stressantes. D'un coup, je me suis retrouvé avec la boule au ventre : "dans quoi me suis-je lancé ?", "pourquoi ai-je accepté ?" … pour la première fois depuis le démarrage du projet, je me suis retrouvé en plein doute.

Une fois à l'aéroport, après avoir passé les contrôles de sécurité, j'ai sorti l'ordinateur et ai regardé un sketch humoristique pour me changer les idées. Tous mes doutes se sont envolés en dix secondes. David Moncoutié est arrivé avec sa femme, sa présence a fini de me rassurer. Dans l'avion, j'étais assis à côté de deux des "jeunes" avec qui je vais pédaler : Mounir et Vincent. Faire tout le trajet à bavarder, ma spécialité, a permis de faire connaissance avec mes premiers compagnons de (future) galère. A la descente de l'avion, on s'est retrouvé à 6 (Jonathan était également dans le même vol que nous, mais isolé un peu plus loin dans l'appareil), ce qui a permis de continuer la série de questions "t'es qui ? tu fais quoi dans la vie ? quel niveau as-tu ?" et de rigoler. Ambiance détendue, le trajet commençait bien.


A Nice, on a rejoint les autres membres de l'équipe. Le groupe était d'une trentaine de personnes. Quand on s'est dit bonjour, j'avoue n'avoir retenu pratiquement aucun des prénoms. J'étais un peu comme un élève arrivant en classe de sixième avec seulement quelques copains issus de son école primaire : lors de la phase d'appel du professeur principal, les prénoms défilent trop vite pour pouvoir les retenir. On a bu un coup, on est allé manger, puis on a rejoint le ferry à pieds : pendant 6h avant l'embarquement, on a pu continuer à faire connaissance petit à petit. C'est un peu comme la première récréé lors de la rentrée : on essaie de communiquer avec les autres élèves de la classe pour se faire des amis, voir avec qui on a des affinités. Pour le moment, les encadrants, sorte de professeurs de notre "classe", sont sympa … on verra si ça se confirme quand on leur rendra nos premières copies !


Le trajet en ferry a été long, très long. La température était un peu fraiche, mais la mer était calme donc tout s'est bien passé. Le ferry avait 3h30 de retard, j'ai dormi un peu après le repas du soir, pendant que le ferry naviguait vers Bastia. Chaque opportunité pour récupérer est à saisir. On a débarqué vers 23h, on a pris le bus en direction de Porto-vecchio, avec un chauffeur assez plaisantin. Ambiance calme, tout le monde a essayé de dormir un peu pendant le trajet.

On est arrivé vers 2h du matin à Porto-vecchio. On a récupéré les clés de nos chambres, pris une douche et on a enfin pu dormir. La journée a été longue et j'ai fini avec pas mal de courbatures aux épaules : j'ai porté sur les épaules un lourd carton de l'organisation, en plus de mon sac-à-dos. J'étais bien content de pouvoir enfin m'allonger et me reposer.

Vous pouvez consulter ici l'ensemble des articles consacrés au Tour de Fête.