mercredi 22 juillet 2015

Des étangs pas très rafraichissants

Mercredi, j'ai chevauché mon vélo le matin plutôt qu'en fin de journée pour bénéficier d'une température plus douce. Malgré cela, il faisait quand même chaud dès 9 heures du matin, le thermomètre m'affichant déjà 26°. Avec un entraînement la veille au soir et le suivant prévu le lendemain soir, il serait intéressant de connaitre les impacts que ça peut avoir si c'était répété toute la semaine : je me retrouverais avec des périodes de récupération vraiment courtes (une nuit de sommeil) puis d'autres d'une trentaine d'heures.


J'ai commencé par sortir de l'agglomération lyonnaise avant de m'enfoncer dans la campagne environnante. C'est fou comme la partie urbanisée se développe vite : habitations, commerces, entrepôts et industries poussent comme des champignons d'année en année ... l'infrastructure routière suit le mouvement et s'adapte rapidement aux nouveaux besoins. Bon, l'infrastructure routière s'adapte aux nouveaux besoins mais oublie bien souvent les cyclistes. En 10 ans de vélo, j'ai vu des bâtiments se construire, d'autres s’agrandir et certains se faire détruire. En revanche, une fois sorti de l'agglomération, en 10 ans rien n'a changé : les habitations ne bougent pas, les commerces ne fleurissent pas, les champs restent des champs et ne se transforment pas en lotissements. Il y a une zone qui semble avancer se bétonner sur le gros plateau et l'autre sur le petit ... et le pédalier doit être un compact 34/50. Le contraste est vraiment frappant.


J'ai effectué un tour entre les étangs et les bois. La Dombes et un coin très sympa, très roulant ce qui me convenait bien pour une reprise. C'est également un endroit apaisant, les oiseaux nagent (les chanceux, ils se baignent toute la journée) sans faire de bruit, c'est vert et l'humain s'y fait tout petit. Physiquement, j'étais dans le dur : même sans grosse chaleur j'avais du mal. Au bout de deux heures, j'étais cuit. Voila deux mois que je n'ai presque plus le temps de m'entraîner, mon niveau a baissé de 30%. Ca devrait revenir progressivement mais ça me met le doute sur mon approche de la suite de la saison, sur ma manière d'aborder les 24 heures du mans, la saison de chrono puis celle de cyclocross.


J'ai déversé de chaudes gouttes de sueur sur des routes qui me rendaient le prix de mon effort en m'offrant de beaux paysages. J'étais dans le dur sur la fin, 2h15 c'était un peu long surtout que j'avais mal récupéré de la sortie de la veille.


Consultez mon parcours.

mardi 21 juillet 2015

Sortie sous la canicule lyonnaise

De retour dans la région lyonnaise, j'ai retrouvé sans trop de joie la canicule. Finalement, quitte à devoir rester enfermé à l'intérieur et à rouler dans des conditions pas terribles, je préférais les 20° et la bruine quotidienne que j'avais en Belgique depuis 2 semaines. Quand même la nuit la température ne passe pas en dessous des 25° et qu'à 10h il fait déjà 30°, ce n'est pas agréable ni pour dormir, ni pour travailler, ni pour rouler.

En fin d'après-midi, j'ai retrouvé Julien avec qui je suis allé rouler. J'hésitais entre rouler à l'ombre dans les Monts d'Or pour avoir de la fraicheur, ou rouler sur du plat pour générer du vent relatif donc de la fraicheur (elle aussi relative) ... mais au vu la température à l'ombre, c'est la seconde option qui a été retenue.

On a roulé sur les quais de Saône quelques kilomètres, l'occasion de reprendre mes marques avec le dérailleur électrique et avec le SRM. Dans les premiers kilomètres, je trouvais les valeurs anormalement basses mais j'ai mis ça sur le compte de la dérive liée à la température entre l'intérieur de mon habitation et l'extérieur. Les valeurs ayant été farfelues toute la sortie, la température élevée n'explique pas tout ... je sens poindre une 3ème casse en 14 mois, la 2ème panne en 5 mois. Pour une marque qui revendique une précision bien meilleure que ses concurrents, il serait bien que la fiabilité du matériel soit au rendez-vous !


Par chance, si les valeurs de puissance sont farfelues, ça n'empêche pas de pédaler et de prendre du plaisir. On est allé faire quelques tours de roue dans le Beaujolais, une brève incursion pour admirer le paysage. Le ciel étant bleu, la visibilité était parfaite. On s'est régalé.


A Charnay on a pris de l'eau tempérée. Elle n'était pas fraiche, mais c'est mieux pour l'estomac. C'était surtout mieux que l'eau bouillante de nos bidons. Avec de l'eau pétillante, ça aurait pu faire un jacuzzi pour fourmi !


Dans la descente pour Lachassagne, un énorme trou n'était pas signalé dans une zone de travaux. Les travaux étaient signalés en amont, mais aucun engin ni aucun panneau ne bloquait l'accès au trou. En vélo ou en voiture, celui qui y met la roue la laisse plantée et y abime son véhicule. Comme je descendais prudemment et que personne n'arrivait en face, ça n'a pas posé de soucis.

Le retour via les quais de Saône a été rapide. On a appuyé fort sur les pédales, on a pris de longs relais ... qui m'ont par moment mis dans le dur. Je me suis donné à fond jusqu'à Saint Germain. J'ai lancé un sprint à la demande de Julien, roulant à fond jusqu'à une centaine de mètres du panneau. Quand il a accéléré, j'ai coupé mon effort, les muscles tétanisés par la violence de l'effort accompli. Quand on est lanceur, on comprend mieux les images qu'on voit à la télé sur le Tour de France (et autres courses professionnelles) avec un équipier qui s'écarte d'un coup et semble presque s'arrêter sur le bord de la route.

On est rentré tranquillement. La température était en train de baisser et il devenait plus agréable de pédaler.

dimanche 12 juillet 2015

Sortie flahute : pluie, vent et pavés

Dimanche, j'ai effectué une sortie de flahute : la journée a été marquée par le vent et la pluie, agrémentée de quelques secteurs pavés humides. J'ai repéré à l'avance un parcours de 75 kilomètres que j'ai tracé puis chargé dans mon compteur.


Les 10 premiers kilomètres ont été faits sur le ravel (voie verte) reliant Nivelles à Genappe. L'ex-voie de chemin de fer a été goudronnée il y a quelques années, le goudron est dans un parfait état puisque aucune voiture ni aucun salage corrosif n'est venu l'endommager. Bon, le premier kilomètre du ravel est assez flippant : on traverse la prison de Nivelles puis un squat dans une gare désaffectée. Ce premier kilomètre ne donne pas envie de flâner mais est vite oublié : on se laisse ensuite bercer dans un écrin de verdure, d'un calme et d'une tranquillité étonnante, sur un véritable billard. Comme on est sur une ancienne ligne de train, la voie verte est plane et ne coupe que rarement des routes. Celles-ci passent généralement dessus ou dessous, les voitures ne croisaient pas les trains donc n'entravent pas le trajet des cyclistes.


A Genappe, à la sortie du ravel, je suis tombé sur une route pavée et une ligne de sprint fraichement tracée ... en bas d'une légère descente. Sprinter en légère descente pavée, ces belges sont fous ! Un piéton m'a interpellé pour me demander si j'avais participé à l'épreuve de la veille : c'était l'équivalent d'une course Elite (1ère catégorie FFC), j'y aurais été ridicule donc je m'étais abstenu du déplacement. J'ai poursuivi ma route en direction de Wavre et de Waterloo, sur les traces des soldats prussiens et des soldats français les poursuivant : la distance parcourue par les soldats en quelques heures est absolument hallucinante. Les vallons se sont enchaînés rapidement, montées et descentes se ressemblant : courtes et raides. Une différence cependant : seules les montées me faisaient mal aux jambes, les descentes étant bien plus agréables.


J'ai rejoint Waterloo et Mont Saint-Jean, le haut des positions anglaises, sous la pluie. A chaque fois que je suis passé à Waterloo à vélo, je me suis pris de la pluie sur le casque et du vent dans le nez. Je vais finir par croire que ce terrain est hostile pour les français. A côté de la ferme fortifiée, point clé de la bataille, se dresse désormais un Mc Donald. J'ai imaginé les soldats mangeant un happy-meal pour reprendre des forces entre deux assauts, ça a mis un peu de soleil dans mon esprit pour remplacer la grisaille perçue par mes yeux.


J'ai poursuivi ma route en direction de Bois-Seigneur-Isaac puis de Ittre. Au passage, j'ai roulé sur une énième route pavée, de beaux pavés bien glissants. J'ai hésité un moment entre le bas-côté et le haut du pavé, mais m'en suis tenu au centre de la chaussée que j'ai jugé moins risqué. Les pavés ont fini par disparaitre sous une épaisse couche de terre. Lors de ma toute première sortie belge, il y a un an et demi, j'avais été surpris par ces routes qui se transforment en chemin de terre ... j'en ai eu à chacune de mes sorties, je m'y suis habitué désormais.


En retrouvant du bitume (après un nouveau passage sur pavés), j'ai rencontré un cycliste local. C'est un vététiste de bon niveau qui se remet en forme après 7 mois d'arrêt suite à une grave blessure au genou. On a sympathisé et discuté : sous la pluie et dans le vent, c'est plus sympa de rouler à deux que seul. On a roulé une bonne heure ensemble, j'ai quitté mon parcours prévu pour le suivre sur le parcours que lui avait tracé. En discutant, il m'a indiqué que sur les routes belges il avait l'habitude de crever tous les 250 kilomètres ... avec ma moyenne d'une crevaison tous les 8000 kilomètres sur les 4 dernières années, je l'ai laissé rêveur. Il faut dire qu'il utilise des boyaux y compris à l'entraînement, tandis que j'utilise des pneus orientés vers la résistance plutôt que vers le rendement. Autre détail, il roulait avec des plateaux ovales sur son vélo de route ... mais avec des plateaux ronds sur son VTT. Notre discussion sur le matériel a été fort intéressante, les vélos prévus pour les chemins étant souvent en avance dans l'utilisation de certaines technologies (tubeless, freins à disques, pédalier compact et désormais mono-plateau, ...).


Je suis rentré après avoir effectué les 10 derniers kilomètres seul avec le vent de 3/4 face. La pluie me fouettait les jambes et les bras, j'ai lutté avec vigueur jusque dans les 3 derniers kilomètres où mes forces ont commencé à faiblir. Les 24 heures du Mans auront lieu dans un mois et je n'ai pas eu le temps de m'entraîner comme je l'aurais aimé. Je vais manquer cruellement d'habitude dans l'enchaînement des heures de selle, mon endurance naturelle et mon expérience ne devraient pas suffire et je pense que je vais sévèrement subir l'épreuve. Au vu de ce qui m'attend dans les 15 jours à venir, la tendance ne devrait pourtant pas s'inverser dans le bon sens.

Consultez mon parcours.

mardi 7 juillet 2015

Arrivée du Tour de France à Huy

Lundi, j'ai eu l'opportunité de visiter les installations techniques de la diffusion télé du Tour de France. Arrivé sur place à 10 heures du matin, j'ai pu assister à la fin de la mise en place des équipements : des centaines de câbles étaient déjà installés mais il en restait encore un paquet à brancher. La zone technique de production ressemble à une ruche : des dizaines d'abeilles y tirent des câbles dans tous les sens afin de produire du miel des images qui seront diffusées dans le monde entier. Une fois tous les câbles tirés le goudron disparait quasiment sous nos pieds, c'est véritablement impressionnant ... et dangereux. J'ai vu plusieurs personnes se prendre les pieds dans des boucles, heureusement sans tomber.


A l'approche du direct, j'ai pu découvrir les outils utilisés pour l'affichage des données à l'écran des téléspectateurs : la distance restant à parcourir, l'écart entre les groupes, les villes traversés, les monuments filmés ... des pointeur sur une carte permettent à la régie de savoir où se trouve chaque caméra (motos et hélicos) et chaque monument préalablement repéré. D'autres écrans permettent de savoir à quelle distance de l'arrivée se trouve chaque moto, sa vitesse et d'autres paramètres qui ne sont pas souvent affichés à l'écran du grand public. Quand on regarde son poste de télévision, on n'imagine pas tout ce qu'il se passe en régie ni les difficultés qu'ils rencontrent.

(ça, c'était au début, il y en avait le triple à la fin)

Pendant la visite, nous avons vu une vieille dame déplacer les barrières restreignant l'accès à la zone technique. Elle est venue vers nous et nous as dit :
- Dis, tu sais où il est Gérard ? Je voudrais faire une photo.
- Gérard qui ?
- Gérard Holtz !
- Il n'est pas encore la, il est au départ pour le moment.
- Préviens-moi quand tu le vois et dis lui que Yvette veut le rencontrer. Le bourgmestre (NDLR : équivalent du maire) m'a dit de franchir les barrières pour venir le voir.


Cette vieille dame était un premier aperçu des gens qui se sont infiltrés dans la zone toute la journée. Il faut dire que la zone technique occupe une place de choix allant des 75 derniers mètres avant la ligne jusqu'à 100m après la ligne sur l'un des côtés. Le service de sécurité a eu fort à faire pour bloquer tous ceux qui ont "un copain juste la" ou veulent "juste jeter un coup d'oeil". Certains passaient quand même à travers les mailles de la sécurité, je les pensais donc plus futé que la moyenne ... mais le niveau de certains commentaires était atterrant. En voyant Jens Voigt faire des pompes pendant une coupure publicitaire, ils ont évoqué des restes de dopage qui nécessiteraient une fluidification du sang. Le poids de Nibali (63kg) a également été source de commentaires, son poids étant "physiologiquement impossible" selon eux pour sa taille (1m80) ... sachant que je fais désormais moins de 60kg pour la même taille que lui, il semblerait donc que je sois moi aussi à un taux qui (selon eux) me force à utiliser des produits pour ne pas me briser en petit morceaux au moindre choc. Enfin, le niveau des commentaires sur les hôtesses protocolaires qui passaient régulièrement dans la zone (car nous étions entre leurs loges et le podium) était particulièrement bas et déplacé. C'était même carrément vulgaire par moments.


Cependant, quelques mauvais comportements ne sauraient résumer l'ambiance qui régnait dans le mur de Huy. C'était festif et agréable. Il y a eu un tonnerre d'applaudissements quand la course a été neutralisée, puis des encouragements monstrueux lors du passage des coureurs. Le record de l'applaudimètre revient à Fabien Cancellara, tout de jaune et de sang vêtu, qui est très apprécié des belges. Il faut dire que l'amour qu'il porte aux classiques de début de saison fait de lui un presque-belge, le public local l'a désormais adopté comme l'un des siens.


Enfin, le monde du cyclisme est tout petit. En me promenant autour de l'arrivée, j'ai retrouvé David Moncoutié (qui habite à 30km de chez moi, mais que je croise à 800km de chez nous) et Eric Fottorino avec qui j'avais effectué le Tour de Fête il y a deux ans. Dans les paddocks, vous pourrez  discuter avec des dizaines de champions ayant mis fin à leur carrière il y a quelques années : Cedic Vasseur, Laurent Jalabert, Richard Virenque, Sandy Casar, David Moncoutié (...) pour les français, Jens Voigt ou Robbie Mc Ewen pour les étrangers. Les ex-coureurs se prêtent très volontiers aux photos et autographes, cette proximité avec le public est vraiment exceptionnelle.


Enfin, pour ceux que ça intéresse, voici ce que donne l'ascension du Mur de Huy en caméra embarquée et à vitesse "normale" :

dimanche 5 juillet 2015

Word Flandrien : des bergs et des pavés au menu

Dimanche matin, j'ai participé à la randonnée Word Flandrien, zigzaguant dans les Ardennes flamandes pour aller y chercher différents bergs et de longs secteurs pavés qui jalonnent habituellement les épreuves printanières.


Au départ d'Herzele, non loin de Ninove (l'ancienne ville d'arrivée du Tour des Flandres), le grand parcours faisait 110 kilomètres dont une quinzaine sur pavés. 6 bergs étaient répertoriés par les organisateurs, pourtant en réalité on en a grimpé une dizaine d'autres sans les prendre en intégralité. Avec toutes ces ascensions et tous ces pavés, le nom de l'épreuve était bien trouvé : Word Flandrien signifie en effet "devenir flandrien", elle offrait un aperçu assez complet ... d'autant plus que le vent caractéristique de la région était très présent et que la pluie n'était pas loin.


J'ai passé les 40 premiers kilomètres seul dans la campagne. Les routes étaient particulièrement étroites et sinueuses, j'aurai eu du mal à croiser un véhicule ... j'avais déjà du mal à doubler les quelques cyclistes présent sur l'itinéraire en même temps que moi. J'aurai bien aimé trouver quelques cyclistes pour m'aider à affronter le vent, à défaut de m'aider à affronter la gravité, mais il n'y avait pas foule sur le parcours. Du moins, peu de cyclistes mais des marcheurs qui coupaient régulièrement l'itinéraire en début d'épreuve.


Au bout de 40 kilomètres, j'ai enfin trouvé un compagnon de route : un cycliste portant le maillot de l'Ariégeoise ... au moins, avec lui, j'avais de grandes chances qu'il parle français. Ca a été le cas, nos discussions ont permis de faire défiler plus rapidement la vingtaine de kilomètres passés ensemble, avant qu'il ne coupe certaines difficultés me laissant ainsi seul au milieu des champs. Au passage, j'ai pu remarquer à quel point j'étais mauvais dans les portions sinueuses : les bergs et les pavés ne me posaient pas de soucis, mais les successions de virages me mettaient en retrait à chaque fois.


Dans les 40 derniers kilomètres, le vent a redoublé en intensité et l'orage me talonnait. Les fortes rafales me poussaient globalement, mais au gré des 10 000 virages (au moins !) de ce parcours sinueux, il arrivait aussi qu'il me crucifie ou qu'il me déporte dans le bas-côté. L'enchaînement des bergs et des secteurs pavés s'est intensifié, cette deuxième moitié de parcours étant plus exigeante que la première.


J'ai retrouvé avec plaisir les monts les plus célèbres : Vieux Quarémont, Paterberg, Leberg, Molenberg ... et moins de plaisir certains très longs secteurs pavés dont l'interminable Haaghoek, qui martyrise autant les bras que les fesses. A l'arrivée, j'étais aussi content de ne plus avoir à subir les soubresauts de mon vélo sur les pavés que de n'avoir pratiquement pas pris de pluie.


Je suis content de ma participation : le parcours était rude et beau, physique et technique. Il m'a rappelé de bons souvenirs, ceux de ma campagne des classiques flandriennes de l'année passée. Je regrette juste la faible participation, qui fait que je me suis senti (trop) seul la majorité du parcours.

Consultez mon parcours.

samedi 4 juillet 2015

Petit pavé deviendra grand

La sortie de ce samedi soir avait pour but, une fois la chaleur retombée, d'aller explorer le premier secteur pavé qu'affrontera le Tour de France mardi. Le secteur n'étant qu'à une dizaine de kilomètres de mon lieu de résidence temporaire, il était facile de faire une boucle passant par la.



Les routes étaient désertes, à l'aller comme au retour. Au vu des milliers de camping-car et caravanes belges que j'ai vu passer depuis le début du mois de juin sous le tunnel de fourvière, je pense qu'une moitié de la Belgique déserte le pays pendant l'été. Ca facilite la circulation, surtout à une heure où les gens sont habituellement chez eux. Pourtant, j'ai eu le droit à la traditionnelle voiture qui frôle et au traditionnel refus de priorité.


J'ai rejoint le secteur pavé par de belles routes au milieu des champs. J'y ai vu quelques moutons qui devaient avoir bien trop chaud sous leur laine, des vaches et des chevaux, ainsi que des gamins qui m'ont encouragé. Un champ d'éoliennes m'a indiqué que j'étais dans un secteur régulièrement balayé par le vent, ce que j'ai pu vérifier en me faisant pousser à l'aller et freiner au retour.


Le secteur pavé qu'empruntera le Tour est facile et sans danger. C'est un secteur luxueux, auquel j’attribuerai 4 étoiles pour le confort. Les pavés sont parfaitement joins, c'est large, il n'y aura pas de danger ici ... sauf si le vent est de travers comme c'était mon cas. Cependant, il est trop loin pour que des équipes décident d'y faire une bordure, ses 1800 mètres ne devraient pas changer le cours du Tour.


Sur le chemin du retour, alors que j'étais sur une route normale (et fléchée), je suis tombé sur un secteur pavé imprévu de 6 kilomètres. Le secteur a commencé en bon état mais a fini en chemin de terre défoncé par moment. Ca ne m'a pas posé de soucis, j'en ai vu d'autres surtout que c'était sec donc sans danger.


La Belgique offre des charmes particuliers, c'est toujours curieux de se retrouver sur des pavés au milieu de champs de betteraves sucrières. Pour moi qui n'en ai pas l'habitude sur les routes lyonnaises, c'est dépaysant et amusant. En revanche, pour ceux qui résident ici toute l'année, ça ne doit pas être pratique l'hiver ou les périodes humides : ça doit être glissant, stressant et ça oblige à nettoyer son vélo ... je comprend mieux pourquoi autant de belges pratiquent le cyclocross !

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jeudi 2 juillet 2015

A l'assaut de la citadelle de Namur et du mur de Huy

Ce jeudi, j'ai effectué une sortie sur les routes belges qu'empruntera le Tour de France dans quelques jours. Au menu du jour, la citadelle de Namur (unique ascension de l'étape n°4 de mardi) servait d'amuse-gueule avant que les 55 derniers kilomètres de l'étape n°3 servent de plat principal préparant le mur de Huy en dessert (arrivée de l'étape n°3).



En me rendant à Namur, un panneau d'affichage indiquait -60° alors que le compteur de la voiture affichait déjà plus de 30° à 10h. Je me demande comment on peut faire du vélo par -60°, mais cette température n'est pas courante en europe de l'ouest.



J'ai donc commencé ma sortie par la "route merveilleuse" montant à la citadelle de Namur. Sur la route et pendant l'ascension, j'ai inévitablement pensé à Ghislain Lambert, héros du film éponyme. La citadelle rime dans mon esprit avec ce personnage de fiction et avec le cyclocross qui s'y déroule chaque année avant Noël, bien plus qu'avec le Prix de Wallonie qui se termine la-haut.


Les abords de Namur sont plutôt moches, c'est gris et sale, ça ne donne pas envie d'y pédaler. Par contre, en arrivant vers la citadelle, la ville offre un autre visage en même temps qu'on prend de la hauteur. Vu du dessus, depuis les remparts, ça devient une jolie ville. Les pavés qui composent l'ascension sont magnifiques, dans un meilleur état que certains routes goudronnées sur lesquelles je m'entraîne autour de Lyon. Dans la deuxième épingle, j'ai reconnu le départ du cyclocross, habituellement particulièrement boueux mais dont le parcours devait être sec vu la canicule de ces derniers jours.


Après une descente sans danger, j'ai rejoint les bords de la Sambre puis ceux de la Meuse. Les anciens chemins de hallage ont été transformés en ravel (l'équivalent belge des voies-vertes françaises) qui permettent de pédaler tranquillement entre la rivière et la route. Le ravel entre Namur et Huy est généralement large et ombragé, particulièrement calme et agréable. En revanche, des sablonnières jalonnent régulièrement le parcours et forcent à passer sur un mélange de sable et de cailloux, parfois arosé afin de créer un revêtement glissant. Bref, j'ai craint à plusieurs reprises de crever mais cet espace était quand même plus sympa et bucolique que la route automobile.


A Andenne, j'ai quitté la piste cyclable qui longeait la Meuse pour rejoindre le tracé de la 3ème étape du Tour. Peu après la première des quatre ascensions du final s'est présentée sous mes roues. Ou plutôt, devant mon nez car le premier kilomètre est pentu ... mais rien d'insurmontable (surtout quand on grimpe ensuite le Mur de Huy). Tout le long de l'ascension, j'ai été convaincu d'être sur la mauvaise route : ça ne ressemble pas du tout aux routes empruntées habituellement par la grande boucle. C'était étroit, sur un goudron défoncé, avec des branches basses ... je ne sais pas comment va faire la caravane pour passer ici. Plus haut, la route était en travaux, des ouvriers étaient en train de refaire le goudron; eux devraient être dans les temps. Après vérification, je suivais bien le bon itinéraire.


En haut, je me suis retrouvé sur une sorte de plateau balayé par le vent. La traversée du plateau a été longue et difficile : c'était en réalité une succession de petits vallons particulièrement usants. Pour un peloton organisé et lancé à pleine vitesse, la difficulté sera moindre que pour moi qui étais seul face au vent. Le goudron était partiellement refait, les morceaux "anciens" étant plutôt en bon état. La ligne de sprint placée à Havelange aurait plutôt du être répertoriée comme une côte de 4ème catégorie, car il ne restera plus aucun vrai sprinteur.


Après les montagnes russes vent de face, j'ai apprécié de trouver un terrain moins escarpé et plus roulant avec un vent de travers n'entravant plus ma progression. J'ai profité de cette portion pour initier ma compagne (qui assurait mon assistance) au changement de bidon "à la portière". J'ai échangé 2 bidons vides qui contenaient de l'eau chaude contre deux bidons pleins avec de l'eau tempérée. Il faut dire qu'avec une température de 35°, le niveau d'eau dans les bidons baissait régulièrement.


La côte suivante m'a scié les jambes. Ce n'était qu'une côte de 4ème catégorie mais avec la chaleur et un début d'insolation j'ai eu l'impression que je grimpais le col du Glandon. La descente était une fausse descente puisque deux raidards la découpait. J'ai reconnu l'endroit où Philippe Gilbert est tombé cette année lors de la Flèche Wallonne, coupant le souffle d'une moitié du pays. Il faut dire que si le cyclisme belge ne se porte pas trop mal, le cyclisme wallon a plus de mal au plus haut niveau de l'échelle. Philippe Gilbert est l'arbre qui cache le désert (en World Tour). Pour ma part, pas de chute mais une vitesse ascensionnelle frisant le ridicule. J'étais en travers de la route, sans forces, mais encore lucide pour éviter les nombreux pièges et rester sur mes deux roues. Ce ne sera pas le cas de tous les coureurs je pense.


De retour à Huy, par 38° et avec les effets de l'insolation, j'ai préféré esquiver la montée de Cherave. J'ai attaqué directement l'ascension du chemin des chapelles, plus connue sous le nom de "mur de Huy". Vu mon ascension, à zigzaguer dans la pente malgré un braquet de 30x28, je propose de renommer cette montée en "calvaire de Huy". J'ai réussi à faire l'ascension sans mettre pied à terre, je m'attendais à ce que cette ascension soit pire que ce que j'ai eu sous mes roues. La première moitié est accessible, la deuxième moitié est en revanche un supplice à partir de la portion à 26%.



Je suis déçu d'avoir du écourter ma sortie à cause de la chaleur, car c'était un beau parcours physiquement et historiquement. Je suis également surpris par la portion qu'empruntera le Tour dans quelques jours : il n'y a aucune décoration et les routes sont mal entretenues.

Consultez mon parcours.