jeudi 14 mai 2015

Conquist'argent des Monts d'Or

En ce jeudi de l'ascension, quoi de plus naturel pour un cycliste que d'enchaîner les ascensions dans le massif le plus proche de chez lui ? C'est ainsi que j'ai escaladé les cols des Monts d'Or en compagnie de Guillaume. Au menu du jour, un Conquist'Argent des Monts d'Or (4000m de dénivelé), le petit frère du Conquistad'Or (5000m de dénivelé) : le principe est d'accumuler un maximum de dénivelé dans les Monts d'Or au cours d'une journée.


Cette longue sortie constituait une première étape dans ma préparation des 24 heures du mans, que j'effectuerai en solitaire dans 3 mois. Pour toutes mes longues sorties de ces dernières années, que ce soit sur le Tour de Fête (2013), les classiques flandriennes ou Bordeaux-Paris (2014), mon alimentation était gérée par l'organisation. Cette première longue sortie m'a servie de test pour différentes boissons énergétiques et différents types d'alimentation : je sais par expérience que je développe une forme d'accoutumance aux parfums des boissons qui entraîne ensuite un dégoût, c'est pourquoi je prends généralement deux parfums différents de deux marques différentes pour aromatiser mes bidons. Sur 24 heures, j'ai peur que deux parfums ne suffisent pas, je voulais donc tester d'autres marques ... à plus de trois mois de l'épreuve, ça me laisse le temps de choisir ceux qui me plaisent le plus.

On a commencé notre sortie sous un grand soleil printanier. La température était douce, ni fraiche ni chaude, idéale pour pédaler. Nous n'étions pas les seuls cyclistes à nous attaquer aux Monts d'Or : on a croisé des cyclistes de tous âges et de tous niveaux. Des hommes et des femmes, des enfants et des séniors, des casqués et des cheveux au vent, des vététistes et des routiers, ... j'ai rarement vu une telle concentration de cyclistes (en dehors d'un rassemblement organisé).


Si les cyclistes ont été nombreux toute la journée, ils n'étaient pas les seuls occupants du massif. Nous avons croisé énormément de piétons, de cavaliers, quelques skaters ... les humains non motorisés étaient plus nombreux que les humains motorisés. On a également vu quelques animaux : une chèvre, des vaches, des chats (dont un magnifique chaton qui partait pic-niquer dans un champ avec ses maîtres), des chiens, des chevaux, toutes sortes d'oiseaux ... et même une vipère sur laquelle j'ai failli glisser !


Les ascensions se sont enchaînées, la fatigue est montée doucement mais surement au fil de l'accumulation du dénivelé. La fatigue s'est installée à la même vitesse que les nuages, passant d'un ciel bleu à un ciel voilé qui laissera échapper quelques gouttes de pluie en fin de sortie. Un coup d'oeil de temps en temps sur mes valeurs de puissance me permettait d'avoir une indication sur mon niveau de fatigue : j'avais choisi d'effectuer les premières ascensions à 200w ... j'ai effectué mes dernières ascensions autour de 175w, soit 13% de perte au bout de 8 heures. Ca me donne une première base de travail sur laquelle me baser pour m'améliorer en vue des 24 heures du Mans. Ca me donne également une base pour le défi des cinglés du Ventoux, que je devrais tenter dans quelques semaines.


La sortie a été intégralement effectuée en compagnie de Guillaume. Comme pour nos précédents raids (il m'avait entre-autres accompagné lors d'un Lyon - Annecy, d'une sortie autour du Ventoux et de diverses sorties dans le Beaujolais), il a calqué son allure sur la mienne. Il testait un vélo Specialized avec freins à disques ... un bijou à 9500€, soit le prix d'une voiture ! Son vélo n'était qu'un prêt pour la journée, et au vu des 8 heures de selle et 4000m de dénivelé, on peut dire qu'il aura subi un test poussé. C'est le même cas pour moi, j'ai utilisé une nouvelle paire de chaussures, mes S-works ayant un soucis (les cales sont usées, mais les vis étant abimées je ne parviens pas à les retirer) ... au vu des échauffements que j'avais sous les pieds, je sais déjà que je n'utiliserai pas ces chaussures sur les 24 heures du Mans.


Notre parcours a emprunté diverses routes classiques, ou tout du moins connues, mais également quelques nouveautés. Parmi ces nouveautés, j'ai découvert totalement par hasard la Montée des Ecureuils ... pour le coup, ce n'est pas un nom fantaisiste que j'ai donné à une rue, mais bien un nom de rue officiel. La découverte de cette montée a été d'autant plus surprenante qu'on y est passé par erreur : on a tourné une roue trop tôt sur la droite ... bon, au final, comme tous les chemins mènent à Rome au sommet, on est arrivé la où on le souhaitait.


La sortie s'est achevée après 8 heures d'efforts et un peu plus de 4000 mètres de dénivelé. Le repas a été bien mérité : j'étais loin d'être au bout de mes forces, j'aurais encore pu faire quelques ascensions mais pour la progressivité de l'entraînement, une sortie de 10 heures n'aurait pas été très utile à plus de 3 mois de l'évènement.

Consultez notre parcours.

mercredi 13 mai 2015

Encadrement dans les Monts d'Or

Ce mercredi, j'ai effectué ma traditionnelle sortie d'encadrement des minimes. Comme la semaine passée, le parcours se déroulait dans mon jardin, les Monts d'Or, empruntant les bosses que je connais par coeur car elles sont situées autour de mon habitation.


Pour éviter la lassitude, pour les enfants comme pour moi, j'ai tracé un parcours reprenant quelques éléments qu'ils connaissent déjà mais la majorité du parcours était inédite pour eux. Puisque seuls 6 minimes et 7 cadets étaient présents, le départ s'est fait groupé : le début de la sortie étant nouveau, me suivre était plus simple que de suivre un GPS. Et puis ça renforce l'esprit de club : les minimes 2 vont se retrouver avec les cadets 1 dans quelques mois, sachant que ces cadets 1 étaient les minimes 2 l'année dernière donc étaient déjà avec les ex-minimes 1 devenus minimes 2 cette année. Bref, rouler de temps en temps ensemble sur un début de sortie, quand le groupe n'est pas trop imposant, favorise les échanges entre les jeunes.

La sortie s'est bien déroulée, le parcours semble avoir plu au groupe. J'avais eu l'autorisation de la part de l'entraîneur de leur faire prendre des raidards, je leur ai donc fait découvrir deux belles bosses dans lesquelles ils ont pu s'expliquer à la pédale. Ils m'ont fait mal, leur explosivité étant meilleure que la mienne. J'ai bénéficié de mon expérience et de ma connaissance du terrain, ce qui m'a permis de répondre à leurs accélérations.

La chaleur (31° en moyenne !) combinée aux pollens printaniers a provoqué une défaillance, l'un des jeunes a fait son chemin de croix dans les ascensions. Comme la semaine dernière, j'ai prévu un itinéraire bis lui permettant de couper (avec un éducateur) l'une des ascensions.

J'ai quitté le groupe à quelques kilomètres du vélodrome : il restait 5 enfants et deux autres éducateurs étaient présents pour les ramener à bon port. Il ne leur restait moins de deux kilomètres, sur des routes bien connues, je suis donc rentré chez moi reprendre le travail. Avec les jours fériés de ce mois de mai, j'ai pris du retard dans mes projets donc gagner 30 minutes m'arrangeait.

Consultez notre parcours.

mardi 12 mai 2015

Triple verdun fractionné

Une semaine après une première tentative de fractionné en 30/15 sur les pentes du Mont Verdun, j'ai retenté ma chance ce mardi en début de soirée. Si la semaine dernière je m'étais loupé sur les exercices à réaliser, partant sur une base nettement trop haute et n'ayant pas réussi à aller au bout, cette semaine j'ai mieux lu les consignes.

Pour me rendre au pied de ma montée fétiche, que j'avais à escalader 3 fois aujourd'hui, je n'ai pas emprunté mon itinéraire habituel : si la rocade des Monts d'Or n'est pas trop fréquentée en temps normal, à 18 heures j'ai préféré ne pas m'y risquer. J'ai préféré me rendre sur place en passant par un itinéraire plus relevé mais totalement désert. J'ai du voir 3 voitures au cours de la première demi-heure de la sortie, mon choix était le bon.

En sortant de chez moi, je suis tombé sur un cycliste qui cherchait sa route. Ou plutôt, il cherchait UNE route, qu'il avait pris il y a quelques années mais dont il cherchait en vain le début. Coup de chance pour lui, c'était justement celle que je comptais prendre pour mon échauffement, j'ai donc adapté mon allure à la sienne, ce qui m'a permis de discuter tranquillement jusqu'à ce que je commence mes exercices spécifiques.


J'ai attaqué mes 3 ascensions, bien calé sur les bips de mon compteur m'indiquant le début et la fin de chaque phase. 13 accélérations étaient prévues sur chaque montée, mais lors de la première ascension je me suis retrouvé au sommet à la fin de la 12ème. Du coup, j'ai attaqué les 2 séries suivantes un peu plus bas, dans le village de Limonest, ce qui m'a permis d'effectuer les deux ascensions suivantes de manière complète (avec les 13 accélérations).

Avec cette fois un effort bien calibré, ou en tout cas mieux calibré, l'exercice a été difficile mais pas insurmontable. J'ai réussi à terminer à chaque fois en ayant l'impression d'être en mesure de faire une 14ème accélération si besoin. J'étais plutôt content, me demandant si cette fois je n'étais pas parti sur une base légèrement trop basse, mais lors du retour en voulant accélérer sur une relance après un rond-point j'ai compris que mes muscles n'étaient pas du même avis que mon cerveau.

Cet entraînement en début de soirée était très agréable : il y avait peu de voitures. En revanche, j'ai croisé beaucoup de cyclistes, dont certains qui effectuaient comme moi plusieurs ascensions de cette course de côte. Il faut dire qu'avec un bon vent du sud, c'était une journée à battre ses records en profitant de l'aide d'Eole.

Consultez mon parcours.

dimanche 10 mai 2015

Championnat départemental FSGT

Dimanche, j'ai pris le départ du championnat départemental FSGT. Il est amusant de noter que deux jours après un championnat départemental FFC conjointement organisé par le Rhône et l'Ain, le championnat départemental FSGT du Rhône concernait les coureurs du Rhône et ceux de ... l'Ain. Si la FFC n'organisait qu'une course mais décernait deux titres, un pour chaque département, sur l'épreuve du jour un seul titre était décerné puisque les coureurs de l'Ain sont officiellement considérés comme des coureurs du Rhône.

En dehors de ce parallèle départemental, les lieux retenus pour les championnats départementaux étaient géographiquement très proches : 8 kilomètres seulement séparaient les 2 villages accueillant les championnats départementaux. Au vu de la superficie des départements du Rhône et de l'Ain, la probabilité d'une telle proximité était assez faible.


Je me suis échauffé pour reconnaître le parcours. J'avais effectué une reconnaissance virtuelle du parcours préalablement, l'ensemble du tracé étant disponible sur Google Maps. Cette reconnaissance numérique m'avait rassurée sur les 2 épingles du parcours, qui visiblement se passaient plutôt bien ... mais une reconnaissance sur le terrain reste toujours meilleure qu'une reconnaissance numérique. L'échauffement m'a permis de constater que le tracé était plus dur que ce que montrait le profil, donc plus dur que ce à quoi je m'attendais. J'ai été agréablement surpris, cette difficulté accrue n'étant pas pour me déplaire : ça change des parcours presque plats qui sont souvent proposés. Les courses difficiles ayant beaucoup d'abandons, les coureurs n'y reviennent pas et ces épreuves disparaissent au fil des années. Pour en revenir au parcours du jour, celui-ci était tracé dans les vignes, ce qui combiné au grand ciel bleu dégagé, permettait de voir au loin le Mont Blanc.


Un peu avant le départ, un appel des coureurs a eu lieu. Cet appel a été un peu long, la sono ayant quelques soucis, mais cet acte est nécessaire car vu le parcours celui qui voudrait resquiller un tour (ou plusieurs) serait nettement plus frais dans les derniers tours et fausserait le classement. La longueur de l'appel a fait prendre un peu de retard a l'épreuve ce qui a exaspéré certains spectateurs. Les critiques envers des bénévoles sont toujours faciles à prononcer, en revanche quand il faut des bénévoles pour organiser (et donc essuyer les critiques potentielles) il n'y a plus foule. Un diction dit que l'art de détruire est plus facile que l'art de construire ...


J'ai pris un départ un peu timide, ayant un peu de mal à chausser au départ. D'entrée de jeu, un coureur du VC Caladois a pris la poudre d'escampette. Il a été immédiatement pris en chasse par l'équipe d'Oullins, qui a mis le peloton en file indienne pour favoriser les dessins de son leader David Rabot (que je plaçais en favori pour la victoire, mais il ne gagnera pas). Sur la première épingle, mon équipier Lionel a loupé son virage et s'est offert un peu de cyclocross. Etant derrière lui au moment où il s'est réinséré sur le bitume je l'ai taquiné : les jambes tournaient bien et la bonne humeur était de mise aussi bien pour lui que pour moi. Pas très bien placé, je me suis dit qu'il était temps de remonter vers l'avant, ce que j'ai fait sans difficulté au moment même où David Rabot passait à l'offensive. J'ai profité de ma lancée vers l'avant pour m'échapper moi aussi et partir à sa poursuite, flanqué d'un de ses équipiers qui a sauté dans ma roue. Revenu à portée de fusil des 3 échappés, et sentant que je plafonnais mais tout en ayant fait le break sur le peloton, j'ai incité mon suiveur à s'associer à mes efforts : ils se retrouveraient à 2 coureurs sur 5 échappés et la position leur serait confortable. Il n'a pas joué en ma faveur et m'a laissé faire le boulot seul pour rentrer, arrivant ainsi encore plus frais pour aider son leader. C'est la course, j'aurais probablement fait comme lui dans une telle situation.


Notre échappée à 5 n'aura pas duré longtemps, puisqu'au moment où je suis rentré j'ai vu quelques cadors me fondre dessus. En regardant qui se trouvait là je me suis dit que c'était le bon coup mais tout le peloton est revenu sur nos talons. Le premier tour s'est terminé avec un peloton groupé. Dans le dur, je me suis fait décrocher sur la fin de l'ascension suivante. Je ne le savais pas encore, mais je venais de battre mon record de puissance sur toute la durée allant de 1'04" à 11 minutes ... si battre des records est bien, le faire en début de course n'est pas une stratégie très efficace.


Je me suis fait éjecter du peloton sur le haut de la bosse suivant le premier passage sur la ligne. En basculant dans la descente, le peloton était en file indienne une centaine de mètres devant ... j'ai eu l'envie de me mettre à plat ventre pour rentrer, mais les jambes ont fait grève. J'ai enragé, me disant que c'était idiot de s'échapper et de ne pas être ensuite capable de rester dans le peloton. En 3 kilomètres je suis passé du statut d'éclaireur à celui de lanterne rouge. Les deux statuts ont un rapport avec la lumière, le rouge de la lanterne étant assorti avec le Beaujolais ... et les coups de soleil attrapés par certains spectateurs.


J'ai terminé le deuxième tour tranquillement, en attendant le peloton des coureurs de 3ème catégorie, qui m'a repris un peu après avoir passé la ligne. Je me suis glissé dans leurs roues, restant sagement en queue de paquet tout en restant vigilant car à chaque tour quelques coureurs lâchaient prise. Le rythme de cette catégorie me convenait mieux, mais lors de certaines accélérations j'étais dans le dur ... par chance, ces accélérations ne duraient pas très longtemps. Si le rythme me convenait mieux en 3ème catégorie, la nervosité du peloton ne me convenait pas trop : j'ai assisté à plusieurs incidents inutiles, les chutes ayant été évitées de peu. En 2ème catégorie, il n'y a jamais de tels incidents, les chutes y sont très rares.


A mi-course, dans l'ascension principale du circuit, le rythme s'est élevé et le peloton s'est scindé en deux. J'ai fait un premier gros effort pour rentrer seul, mais la bataille faisant toujours rage j'ai commencé à perdre mètre après mètre sur le coureur qui me précédait. Une grappe de coureurs chassant derrière le peloton m'a doublé puis laissé sur place. L'envie n'y était plus, j'étais dépité de m'être fait sortir à la pédale par des coureurs de la catégorie inférieure à la mienne.

C'est ainsi que j'ai abandonné. Mon dernier abandon, en dehors de 2 crevaisons en course, datait du 21 août 2012 soit 992 jours. Je me suis arrêté en plusieurs points du circuit pour discuter avec des amis ou des lecteurs de mon blog, dont les propos m'ont réconforté. Le vélo, c'est une grande famille que je ne souhaite pas quitter et dont la convivialité m'incite à me remettre en selle, à m'entraîner encore plus dur pour me remettre au niveau. Je suis d'autant plus déçu de ma contre-performance que j'affectionne ce genre de parcours, qui offre des opportunités aux gabarits légers afin qu'ils y fassent la différence. Félicitations au vainqueur du jour dans ma catégorie, Florent Gleizal, qui monte sur la plus haute marche du podium en FSGT 48 heures après avoir pris la deuxième place sur l'épreuve FFC.

Consultez mes données et les photos prises par ma compagne.

vendredi 8 mai 2015

Championnat Rhône / Ain Pass'cyclisme

En ce 8 mai, jour férié en France donc théoriquement sans réveil qui sonne le matin, celui d'une soixantaine de coureurs Pass'Cyclisme a sonné tôt. La faute à un départ matinal, le coup d'envoi étant fixé à 9h au coeur du Beaujolais. Une fois sur place, après avoir récupéré mon dossard et fixé le transpondeur servant au chronométrage, je me suis échauffé en faisant un tour de reconnaissance du circuit. Celui-ci, bien qu'usant, s'est révélé moins corsé que prévu puisque tout se passait sur la plaque si on le voulait.


J'ai pris le départ dans le premier tiers du peloton, mais j'ai eu un peu de mal à conserver ma place lors des premiers hectomètres. Je me suis laissé déborder par un certain nombre de coureurs : tout le monde voulait remonter aux avant postes, puisque tout le monde avait repéré que le circuit était assez étroit et que deux virages en épingle se passaient quasiment à l'arrêt. Un coureur, remontant par le trottoir et se ré-insérant dans le peloton en bousculant le coureur présent sur la chaussée, a connu une crevaison quelques centaines de mètres plus loin ... malheureusement, malgré ce concurrent en moins, il restait encore beaucoup trop de monde devant moi. Dans ce premier tour, j'ai réussi à remonter une partie du peloton pour me replacer au milieu, mais je n'ai pas réussi à me replacer vers l'avant.


Dans le deuxième des 10 tours à effectuer, j'ai réussi à conserver ma place au milieu du paquet. Les sensations n'étaient pas trop mauvaises mais soit le rythme était trop soutenu pour que je puisse me rapprocher de la tête, soit la route était bouchée devant moi et je ne pouvais pas passer. Du moins pas sans prendre de risques, ce que certains font en passant dans l'herbe ou en poussant les coureurs qui les précèdent ... risques que je ne souhaite pas prendre ni faire prendre aux autres. Sur la deuxième relance arrêtée, j'ai déchaussé par inadvertance, ce qui m'a fait perdre beaucoup de places et m'a forcé à faire un effort soutenu pour me remettre dans les roues. Plusieurs coureurs étaient en train de lâcher prise et j'ai eu à faire plusieurs fois l'effort pour combler le trou qu'ils laissaient. C'est justement pour ne pas avoir à faire ce genre d'efforts que je voulais être devant.


A l'entame du 3ème tour, j'ai lâché prise pratiquement en même temps que Bruno. J'ai recollé aux roues du peloton une dernière fois avant d'être contraint physiquement de relâcher mon effort. Une analyse des données en rentrant chez moi m'a montré que sur la vingtaine de minutes de ces deux premiers tours, j'ai quasiment égalé mon record. J'étais arrivé à mes limites physiques, contrairement à une quarantaine de coureurs qui eux étaient encore présents dans le peloton. Parmi les coureurs qui agitaient la proue du navire, mon ami Rémy et mon coéquipier Olivier n'étaient pas avares d'efforts pendant qu'à la poupe je sombrais.


Nous avons alors roulé à 3 pendant plusieurs tours : Bruno, moi et un coureur de Belleville qui était plus à la peine que nous mais qui a montré une bonne volonté pour prendre des relais. Bruno a le même profil de puissance que moi : nous faisons le même poids à 300g près, notre PMA est identique et nous avons la même puissance au seuil. On s'est fait lâcher au même moment, ce qui d'un côté me rassure car ça veut dire que mes évictions du peloton ne sont pas que psychologiques, mais ce qui m’inquiète aussi quand je vois le nombre de coureurs qui eux sont capables de suivre. On a roulé à 3 de manière régulière, notre entente a été bonne.


On s'est fait reprendre par le peloton des D3/D4, parti deux minutes après nous, dans le 6ème tour. Juste avant la jonction une commissaire sur la moto nous a demandé de ne pas rester dans les roues du groupe ... elle est venue vérifier deux minutes plus tard si on s'était bien laissé décrocher. Dans l'opération, on a récupéré d'autres coureurs de notre catégorie qui eux avaient profité de cet autre peloton pour nous rejoindre.


On s'est retrouvé à 8 et curieusement plus personne ne voulait prendre de relais. J'ai fait pratiquement un tour complet devant le groupe, avant de décider de lâcher prise en vue du championnat départemental FSGT qui aura lieu dimanche. Après plus d'une heure d'efforts, alors qu'il y avait une quarantaine de coureurs devant et que j'étais loin d'eux, il ne servait pas à grand chose de poursuivre à fond alors qu'une seconde chance se présentera dans 48 heures.


J'ai fait exprès de me faire prendre un tour par les coureurs de ma catégorie. J'ai été surpris de constater que le peloton n'avait pratiquement pas perdu d'autres éléments et qu'ils étaient encore nombreux à pouvoir se disputer la victoire. Ca me conforte dans mon jugement : le parcours n'était pas si sélectif que ça. J'ai fini tranquillement pour récupérer.


Je suis classé à une anecdotique 50ème place, à un tour du vainqueur. Pour le championnat FSGT dimanche, j'avoue être sceptique sur mes chances de bien figurer au classement : le parcours s'annonce moins sélectif car il est plus roulant que le championnat FFC.


Consultez mes données et les photos prises par ma compagne.

mercredi 6 mai 2015

Encadrement des minimes du 6 mai

Mercredi après-midi, après 3 semaines de coupure (dont deux semaines de vacances scolaires), j'ai repris ma place au sein de l'encadrement du Lyon Sprint Evolution. J'ai commencé par rejoindre Olivier à côté de chez lui, pour ensuite rejoindre le Parc de la Tête d'Or ensemble en discutant.

Si quelques gouttes d'eau éparses sont tombée pendant le briefing, c'est sous le soleil (et dans le vent) que se sont déroulées les sorties des différents groupes. Comme il faisait doux et que le soleil était au rendez-vous, que c'était un mercredi après-midi, le parc était particulièrement fréquenté : entre les jeunes cyclistes pas complètement maitres de leur vélo, et les parents de gamins de 5/6 ans sur des trottinettes qui n'ont aucune conscience du fait qu'il y a du monde autour d'eux, il y a eu quelques remarques désobligeantes qui ont volé. C'est fou ces luttes permanentes entre les modes de déplacement, chacun voulant prendre toute la place et ayant toujours raison. Le piéton oublie qu'il est automobiliste lorsqu'il traverse une route n'importe-ou, le cycliste oublie qu'il est piéton lorsqu'il frôle un bras, l'automobiliste oublie qu'il est parent lorsqu'il refuse une priorité à des gamins sur un vélo ...

La séance du jour s'est déroulée dans les Monts d'Or, sur un parcours que j'ai tracé afin d'emprunter des routes désertes. L'objectif de la séance était l'endurance de force, utiliser des routes sans circulation permet de s'entraîner en toute sécurité. Bon, travailler l'endurance de force en groupe est un peu compliqué pour des enfants : ils se toisent et se livrent bataille pour arriver en haut en premier. D'ailleurs, ceci est aussi valable avec certains adultes, qui eux aussi préfèrent montrer leur force sur la montée quitte à moins bien effectuer la séance. Bon, pour des enfants, je préfère les laisser "jouer" entre eux : le vélo doit rester un plaisir, les sorties doivent être ludiques et ils ont encore beaucoup d'années devant eux pour faire de l'endurance de force.

Le parcours initialement tracé comportait 4 ascensions, mais comme la progression du groupe était plus rapide que je ne l'avais prévu, j'ai ajouté en cours de route une ascension supplémentaire. Sébastien, qui encadrait le groupe avec moi, est resté avec les deux enfants les plus faibles sur une boucle facile que je lui ai montré, afin qu'ils nous attendent en roulant pendant qu'on faisait notre boucle escarpée.

Un peu plus loin, nous avons essuyé notre premier envoi de liquide lave-glace de l'année. Si c'était une première cette année pour un incident de ce genre, pour la voiture qui s'est placée sur la voie de gauche à l'entrée du rond-point alors qu'elle a pris la première sortie sur la droite en nous coupant sauvagement la route, ce n'était pas une première. La sécurité d'un groupe, à fortiori d'enfants / adolescents, est le point le plus complexe à gérer et celui qui me laisse le plus de craintes.


Après le briefing de fin de séance, je suis rentré chez moi tranquillement en tournant les jambes. A un feu rouge, j'ai remarqué une voiture dont la trappe d'accès au réservoir était ouvert. Je l'ai signalé à l'automobiliste, qui m'a courtoisement remercié. Je suis rentré chez moi avec une soixantaine de kilomètres au compteur et trois heures d'exposition aux UV. Je ne sais pas si ça me donnera un cancer de la peau dans quelques années ni si ça accentuera mon bronzage dans quelques jours, mais sentir la chaleur du soleil sur ses jambes et ses bras est l'un des plaisirs qu'offre le cyclisme.

Consultez notre parcours.

mardi 5 mai 2015

Fractionné 30/15 au Verdun

Ce midi, j'ai testé un entraînement de fractionné en 30/15 : 30 secondes à fond (ou presque) et 15 secondes de récupération. Pour cet exercice, j'ai choisi mon ascension traditionnelle de la course de côte du Mont Verdun.

J'ai commencé par m'échauffer pendant 30 minutes pour rejoindre la montée retenue pour mes exercices. Pendant cet échauffement, j'ai aperçu un ouvrier de chantier complètement saoul le long de la route. Il peinait à rester debout, le mur de soutènement contre lequel il s'appuyait ne faisait donc pas que retenir la terre côté amont, mais le retenait lui du côté aval. A peu près en même temps, un IVNoC (Insecte Volant NOn Commestible) est venu profiter de l'ouverture de ma bouche pour faire une visite. Pas de doutes, le printemps (et ses nombreux IVNoC) est arrivé.


Ma première série de 10 accélérations a été difficile mais j'ai réussi à me battre jusqu'au bout. Ca m'a permis d'égaler mon record sur cette ascension, en 7'53", alors que ce n'était pas l'objectif et que j'ai fini l'ascension "à ma main" vu que l'exercice était terminé. Je peux vous dire que 15 secondes de récupération c'est minuscule : cette phase ne porte de récupération que le nom car on ne récupère pas du tout ! Mon compteur est configuré pour émettre des bips lors des 5 dernières secondes de chaque phase ... j'avais à peine le temps de m'asseoir sur ma selle que les bips de fin de récupération retentissaient et qu'il me fallait déjà retourner sur le champ de bataille.

J'ai découvert récemment l'outil de planification des entraînements de Garmin Connect. J'avoue que cet outil est particulièrement pratique pour le fractionné : il émet des bips à la fin de chaque phase, ce qui permet de se concentrer sur la route et sur la puissance développée ... pas besoin d'avoir un oeil sur le chronomètre. C'est plus sécurisant à la fois physiquement (on passe plus de temps à regarder devant soi) et qualitativement (on ne loupe pas le début de chaque phase).

La deuxième ascension a été plus dure. J'ai réussi à tenir le même rythme sur les 6 premiers efforts, le 7ème a été fait au bord de l'explosion ... j'ai craqué au milieu du 8ème. Je me suis fait violence psychologiquement et physiquement pour accélérer une 9ème puis une 10ème fois, mais la performance n'y était plus. J'étais encore capable de rouler à un rythme soutenu mais régulier si je le souhaitais, mais j'étais incapable de produire les changements de rythme requis pour cet exercice.

Je suis rentré tranquillement chez moi en tournant les jambes. Dans le dernier kilomètre, une voiture a forcé le passage pour traverser devant moi ... mais sa manoeuvre a été punie par l'automobiliste venant de l'autre côté. Elle était tellement concentrée sur le fait de traverser la route avant mon arrivée qu'elle n'a pas regardé si une voiture venait dans l'autre sens. Je l'ai évité de justesse, elle n'a pas évité le choc avec le véhicule en face. Il n'y a eu aucun blessé, je vous rassure.


En regardant les données de l'exercice, je me suis rendu compte que j'avais explosé mes records sur la période allant de 2 minutes à 7 minutes. Les courbes ci-dessus représentent mes records de puissance des années 2013 (en jaune, seulement depuis septembre), 2014 (en bleu) et 2015 (en rouge). Sur la période allant de 2 minutes à 7 minutes, les 3 courbes étaient quasiment superposées avant la sortie du jour. L'écart est assez important, de l'ordre de 8%, ce qui me laisse penser que j'ai une bonne marge de progression sur les autres valeurs de cette courbe.

Dernier détail concernant cet exercice : j'ai commis une erreur dans les puissances que je cherchais à atteindre. Je me suis trompé : je pensais qu'il fallait réaliser les phases d'accélération à 150% de la PMA (soit à peu près 490w pour moi) ... ce qui me semblait inatteignable, j'ai donc réduit à 450w mon objectif. En réalité, il ne fallait atteindre que 100% de la PMA, soit environ 325w (pour moi) ... ce qui explique que j'ai eu tant de mal à la fin des séries. Il faudra que je prenne le temps de bien lire la fiche de l'exercice avant de le réaliser la prochaine fois.

Consultez mon parcours.